RUSSIA ahahaha !! (part 2/2)

Me revoici, nous revoilou! Je m’en étais donc arrêtée à Moscou…

Ainsi que je l’écrivais hier, nous avons aimé Moscou et nous étions un peu tristes de nous dire que nous l’avons si vite arpenté et pas beaucoup connu… mais il en est ainsi des voyages au long cours, il faut sélectionner car le budget n’est pas illimité et Moscou n’est pas spécialement bon marché. Mais nous reviendrons, voir l’université, d’autres points de vue de la ville et quelques musées un jour… L’avantage, c’est que la Russie européenne n’est pas si loin de chez nous!

Nous voici donc au grand matin, une grande étape de notre voyage, l’attente pour le transsibérien! Il partira à une heure de l’après-midi, à onze heures nous sommes sur les quais, patientant avec d’autres voyageurs… Le soleil brille à nouveau (il a fait magnifique et doux à Moscou) et nous sommes impatients car cette fois ça y est on part loin et longtemps! Et le voilà qui arrive, notre grand train mythique, il s’arrête et nous attend. Check des billets par wagon, toujours l’admirable organisation russe, à chaque wagon ses hôtesses! Nous voici à la recherche de nos couchettes (nous les avons choisies en hauteur pour ne pas être embêtés par les vas et vient des voyageurs la nuit et surtout pour éviter qu’on squatte nos banquettes le matin lorsque nous voulons dormir!), ça y est, numéro 22 et 24, il y a 6 couchettes dans notre compartiment. Nous sommes, bien sûr, en troisième classe et en troisième classe il n’y a aucune porte entre les différents compartiments ce qui donne un mélange de vie absolument détonnant! Nos premiers colocs de compart’ sont Ahsan, Valery, Anna, et une autre demoiselle dont j’ai été absolument incapable de retenir le prénom parce que je suis incapable de le prononcer honte à moi… Tout de suite ou presque on sent que ça va bien se passer, ce voyage de quatre jours que les Russes détestent apparemment en majorité! En effet, nos hôtes à Moscou, lorsqu’ils ont gentiment commandé les tickets par internet pour nous nous ont demandés: « Vous êtes VRAIMENT sûrs que vous ne voulez pas descendre entre Moscou et Irkoutsk? Parce que c’est long!! »

Non, on veut pas, nous on veut le Baïkaaaaaaal on se tient plus d’impatience et en plus, oui oui, on VEUT passer quatre jours dans ce train, expérience inédite du genre humain!

Liliya me fera remarquer: « Nous autres les Russes, on arrive pas à comprendre ce qui fait que vous, les étrangers, vous êtes tous impatients de prendre ce train! C’est quatre jours, c’est long et pas forcément confortable! ».

En fait je suis d’accord, mais parfois on est un peu maso (et fier après de se dire: et tac je l’ai fait HAN, même pas peur d’abord!) on VEUT le machin inconfortable, pas cher avec plein de bruits et de gens pendant quatre jours!

Bref, c’est parti les kikis, direction l’Asie! Je pense qu’au bout de même pas dix minutes, nous avons commencé à discuter avec Anna et Ahsan qui parlent anglais tous les deux. Anna est du nord de la Russie, près du cercle polaire (ça nous fait rêver aussi) et Ahsan est Afghan, réfugié au Turkménistan avec sa famille depuis quelques années. Ils sont gentils, intelligents et on a l’impression de se connaître depuis plus longtemps au bout d’un quart d’heure de discussion. Les deux autres ne parlent pas un mot d’anglais mais! Merci Anna, merci Ahsan (qui parle 6 langues) de traduire de l’anglais au russe, nous finissons par nous connaître! Valery est un monsieur d’un quarantaine d’année et la copie conforme de Jules-Marie (pour ceux qui ne connaissent pas ma famille, il s’agit du frère de ma mère:-) un gai luron adorable!) , dès que je l’ai vu je me suis dit « oooooooh on dirait Jules-Marie, je parie qu’on va boire de la bière je le sens il va pas rester au café! », quant à la jeune demoiselle-dont-je-ne-me-rappelle-pas-le-nom, elle est aussi très discrète, adorable et jolie!

Et… en effet! Au bout d’une heure, chacun sort ses petites provisions. Alors évidemment, et on le constatera encore dans les jours qui viennent, nous on fait pitié. On a pris des pâtes à chauffer dans l’eau bouillante (chaque train russe est équipé d’un « samovar », qui distribue de l’eau chaude à tout moment) et des biscuits pour le matin… Hum. Les Russes, eux, n’y vont pas par quatre chemins, ils sortent de leurs bagages fruits, légumes, pâtes grasses, thé, café, biscuits etc etc etc… et… Valery paf sort une bière! (AH!) Temps de pause du décapsulage. Temps de pause pendant qu’il nous regarde. Temps de pause tout court. Paf, il sort deux bières (je le savaiiiiiiiiis):-)) Evidemment qu’on dit pas non (de toutes façons on ne dit pas non à un Russe qui propose de la bière quand on est un étranger, c’est comme ça que les liens se créent:-)) ) Anna et demoiselle-sans-nom déclinent le breuvage, Ahsan refusera la première. Bon, nous voilà à trois en train de boire, sans parler le même langage mais pendant les 24h suivantes, je répèterai « DAVOY VIPIEM » (traduction phonétique belge du russe pour dire « santé! ») à tire larigot, Valéry exige que je trinque en le disant distinctement. Il me reprendra environ 200 fois, moi et l’accent russe hein… En plus, ça ne se dit pas pareil pour les hommes et pour les femmes, devinez le plus difficile? Bruno lui à juste à dire « DAVOY!!! » la partie la plus simple pff..

Nous passerons la première journée avec eux, mais Anna nous quittera tôt le lendemain matin et Valery tôt dans l’après-midi. Demoiselle-sans-nom et Ahsan restent avec nous jusqu’à Irkoutsk ou presque pour demoiselle-sans-nom. La soirée fut excellente, je pense que nous avons bu 6 bières (en demi je répète, les Russes ne boivent pas les 25cl). Je suis la seule fille à boire, évidemment et je t’invoque mentalement, Catherine Patris, pendant toute la soirée! Tu m’as manquée, tu aurais revendiqué la fête avec moi! Nous mangerons également la nourriture russe, il est hors de question pour Anna, Valery, Ahsan et demoiselle-sans-nom de nous laisser manger les bêtes pâtes à l’eau! Allons-y pour le caviar sur tartine beurrée, les cornichons et les patates sautées, sans parler des biscuits et des pains fourrés à la viande bien grasse qu’ils vendent dans le train!

Nous nous endormons rapidement (bienfait de la bière…) et le lendemain au réveil, Anna a déjà disparu nous laissant un mot tellement gentil que j’ai décidé qu’on irait la voir dans le nord un jour, c’est sûr! Nous nous tortillons sur nos couchettes, privilège du train où le temps s’arrête, tu peux passer ta journée à dormir si tu le souhaites! Mais je vois l’oeil de Valery nous surveiller, je le vois qui nous guette, l’oeil pétillant, c’est que lui aussi descend dans quelques heures et il a encore envie de nous « parler » via Ahsan… La veille, le seul mot qu’il a appris d’anglais c’est « exam!! » parce que pour lui il nous faisait passer un test de bière! Je pense que nous l’avons réussi haut la main! 20/20 à l’examen! Bruno n’est cependant pas très en forme la deuxième journée, que ce soit les bières, la chaleur du train ou la nourriture grasse de la veille, ou tout à la fois, il ne peut rien avaler pendant quelques heures. C’est ainsi que, lorsque nous descendons de nos couchettes vers midi (une heure de décalage supplémentaire pendant la nuit), Valery nous tend l’indispensable bière du petit déjeuner:-))) Bruno devient vert et s’enfuit et moi je fais signe à Valery que je vais d’abord me rafraîchir et on verra « après ». Tu parles Charles! Lorsque je reviens des toilettes et que je me re-hisse sur ma couchette me disant « baaaah il va m’oublier… » erreur ma vieille, il me tend la bière avec insistance et un grand sourire tellement gentil que je descend et capitule, allons y pour la bière au déjeuner! Ahsan m’expliquera que puisqu’il nous quitte dans deux heures, il tient vraiment à encore boire avec nous et discuter! C’est trop mignon, en plus c’est reparti pour le défilé de nourriture, quand les Russes insistent pour que tu manges c’est difficile de refuser! Mais c’est super bon, donc pas de problème, en plus ça m’évitera d’être saoule 30 minutes après mon réveil! Par contre, Bruno doit refuser, il est blanc comme un p’tit goéland et c’est demoiselle-sans-nom qui explique à Valery qu’il est malade et donc en gros « fous lui la paix avec tes bières et la bouffe! »:-)) Mais ça ne dure pas:-)) Au bout d’une heure, Bruno va mieux, il a mangé, l’estomac est en place, hop, opération bière round deux:-)) Valery est ravi!

Il nous quittera vers quatorze heures, on l’accompagnera tous sur le quai et c’est vraiment avec beaucoup d’émotions qu’on se sépare, le transsibérien c’est le train de l’amitié, en quelques heures de parfaits inconnus deviennent les gens les plus proches de toi car ils partagent la promiscuité, la nourriture, la bière, le sommeil avec toi… Et tu les aimes très fort pendant peu de temps finalement… J’ ai demandé à Valery « go to Irkoustk with us! Don’t leave us! » et il a vraiment réfléchi!:-) Mais il descend pour des raisons familiales importantes, avant de partir, je lui glisse le Graal, c’est-à-dire des noms de bières belges incontournables et indispensables et je lui fais comprendre via Ahsan qu’il y en a quelques unes en Russie, il faut qu’il goûte! Eux qui ne connaissaient pas la Belgique avant de nous rencontrer, les voilà servis!:-)  Il part en nous faisant de grands signes et c’est à présent vide sans lui, il prenait la place avec son grand sourire, son babillage russe tellement chantant et ses bières qui pleuvent plus vite que des gouttes de pluie!

A la place d’Hanna et Valery, deux messieurs, un qui ronflera toute la journée avant de nous quitter le soir et le deuxième qui nous accompagnera jusqu’à Irkoutsk, il est discret et très gentil, on ne saura pas son nom mais il est médecin et il nous comprend un peu lorsque nous parlons anglais et français! Nous avons également attiré à nous deux autres belges, deux limbourgeoises qui vont étudier à Irkoutsk. Nous parlons en Anglais ce qui a fait beaucoup rire Ahsan et Valery, que nous ne parlions pas la même langue dans notre petit pays. Sur le quai, à un des arrêts, nous rencontrons également Barbara, petit bout de femme française partie seule à la conquête de l’Asie et de l’Amérique du Sud pendant un an. Nous nous entendons immédiatement, elle est dans notre wagon, mais tout au bout et elle aussi est entourée de Russes qui veillent sur elle comme un dragon femelle veillerait sur ses petits:-) Elle a une babouchka et un protecteur russe qui ne la perdent pas de vue et attention à celui qui lui manquerait de respect! Les Russes sont adorables, gentils et c’est dans ce genre de voyage qu’on le remarque et qu’on le vit. Un bout de notre coeur est resté dans ce train, avec les souvenirs accrochés aux couchettes et au paysage qui défile…

Les trois jours suivants se passeront au fil des discussions avec Ahsan, Barbara et Tim (un autre français qui monte dans le train à mi-chemin). Nous écoutons les Russes rire de notre langage, nous vivons au milieu de sourires, des yeux qui pétillent de bonne humeur, de gentillesse et de curiosité à notre égard. Demoiselle-sans-nom et monsieur docteur veillent sur nous d’un oeil bienveillant et continue de nous proposer à manger et de grands sourires. Parler le même langage peut aider c’est certain mais lorsqu’on sent que le coeur parle avec les yeux, alors on sait qu’on est en confiance et l’on peut profiter de ce voyage exceptionnel…Tous ces gens que nous n’avons fait que croiser vivent à présent dans mon coeur jusqu’à la fin, jusqu’à ce que mes souvenirs meurent… Nous avons gardé les mails de Valery, Anna et Ahsan. Nous leur écrirons et leur enverrons les photos que nous avons pris ensemble. Ils ont tous repris leur vie, nous continuons le voyage mais pendant quelques jours, quelques heures, nos vies étaient unies, réunies, uniques et mêlées en un train magique qui nous emmenait à l’autre bout de la Russie, en Sibérie, en terre d’Asie. Je ne peux décrire le transsibérien avec nos émotions parce qu’il faut monter dedans et le prendre quelques jours pour comprendre. Si vous le faites, n’ayez pas peur et prenez la troisième classe. N’allez pas vous enfermer en première ou deuxième classe, là où les compartiments sont cloisonnés et où vous vous sentirez coincés peut-être avec des gens pas très agréables… Prenez la Vie, la vraie, la culture Russe brassée avec les étrangers, n’ayez pas peur, embarquez, embarquez, cela vous fera rêver et aimer…

Notre wagon!

Le train

On se quittera comme on s’est connu, très vite et avec beaucoup d’émotions. Ahsan nous attend sur le quai pour nous serrer virilement la main et nous serrer dans les bras, qu’à cela ne tienne je lui colle fémininement un gros bisou sur la joue  (je l’avais prévenu, c’est comme ça en Belgique!) on se promet de s’écrire, on le fera!

Et dans notre sillage, les pieds à Irkoutsk et la tête encore dans le transsibérien, nous entraînons Barbara avec nous dans notre périple jusqu’au Baïkal. Nous sommes ensemble jusqu’à Pékin après quoi, nos trajets vont différer un peu. Mais nous n’y sommes pas encore, chaque jour sa saveur d’Asie… Nous resterons une nuit à Irkoutsk, dans une auberge du bonheur où nous ne rencontrons que des gens sympas et de partout dans le monde. Irkoutsk est un point où tous les voyageurs du transsibérien se rejoignent, ceux qui viennent de Chine, de Vladivostok et de Moscou! La plupart font comme nous, départ le lendemain matin pour l’île d’Olkhon, d’où la vue sur le Baïkal est apparemment la meilleure!

Irkoutsk

Nous voilà à dix dans un petit bus pour un trajet de cinq heures (pfff c’est court, trop facile:-) ). C’est ici que nous expérimentons la conduite russe. La conduite sauvage. La conduite brute. La conduite rapide et assurée des gens de Sibérie habitués aux plaines sauvages, désertes et aux routes-sentiers. Nous cahotons, nous bifurquons, nous rigolons:-) Nous ferons un transit par bateau pendant une vingtaine de minutes, le Baïkal n’est pas encore gelé, mais à la nage c’est un peu trop froid quand même! Nous voilà sur l’île, nous arriverons enchantés, ça y est le Baïkal est sous nos yeux! Nous sommes logés dans une auberge réputée, pension complète. Ce n’est pas bon marché pour la Russie, mais cela reste raisonnable et puis le paysage vaut tous les euros du monde! Nous resterons trois jours et nous allons tous simplement en prendre plein la vue… Premier jour, nous nous baladons, nous rêvons en haut des rochers et nous faisons connaissance avec les chiens sauvages de l’endroit. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, ils ne sont pas dangereux, ils sont nourris par les gens de la « ville » Khoujir. Et ils sont beaux!

Un des Loulou!

Vous vous en doutez hein? Je les appelle tous « Loulou » parce que vraiment ils me rappellent tous mon gros lapin, ils ont le même regard fier, la même tête avec cette espèce de pedigree des chiens sauvages que personne n’arrive jamais vraiment à dompter… Et puis ils sont gentils, protecteurs et joueurs bref des Loulou!! Mais le vrai, l’unique me manque toujours autant…

Le deuxième jour, c’est parti pour l’excursion du nord de l’île. Si vous vous renseignez un peu, vous verrez que Olkhon est un lieu réputé sacré et un centre  du chamanisme. Nous verrons lors de notre excursion de hauts lieux de prières et de légendes, les rochers des trois frères, le rocher de l’Amour (célèbre pour ses pouvoirs de fertilité), d’innombrables arbres de prière et également le reste d’un goulag… il n’en reste rien, juste le dessin sur le sol via les structures, mais comme toujours on sent le lieu chargé du passé, bon-papa j’ai pensé à toi, un autre côté de l’inhumanité, les goulags de Staline sur ces lieux froids et isolés de tous…

Et bien sûr… les paysages… impossible de vous décrire le Baïkal. Aucun mot ne peut résumer sa grandeur, sa beauté, sa magnificence sur la terre. Aucune émotion ne peut se transmettre lorsqu’on se trouve face à lui, le respirant, le touchant du haut des rochers et de ses plaines désertes… Le Baïkal, j’en suis persuadée, est un des plus beaux endroits au monde, calme, serein, empli de prières et de sérénité… Le Baïkal, il faut le voir, il faut marcher le long de ses plages et de ses terres… Il faut regarder les chevaux, les vaches se balader, courir librement à ses côtés car ici, ce n’est plus l’être humain qui domine, c’est la nature qui vous envahit… Je sais que nous avons choisi une excellente période, sans trop de touristes, et nous en sommes heureux. En été, l’endroit est envahi, on peut y camper et le charme doit être amoindri… Ici, dans notre excursion à trois avec quatre grands finlandais taiseux (impossible de leur soutirer un mot mais ils savent sourire:-) ), et deux mamans françaises aventurières, nous pouvons respirer et ressentir… Parfois, on croise d’autres jeeps avec d’autres touristes mais c’est tellement grand, il y a tellement d’espaces qu’on arrive à se sentir toujours en harmonie avec le paysage et chacun respecte le ressenti de l’autre… Tout le monde est bercé par la magie, l’énergie de l’eau claire, limpide et scintillante du lac… Le soleil était de la partie, lorsque ses rayons rentrent dans la danse et se reflètent sur le lac, on se dit qu’on vivrait bien là, sans bouger, pour l’éternité…

Instants éternels que nous n’oublierons jamais…

Une des vues…

Je tiens également à saluer, plus prosaïquement, la conduite de notre chauffeur, les photos vous montreront les « routes » il a conduit comme un pro, on a fait des bonds dans tous les sens mais voilà quelqu’un qui sait conduire! Nos routes goudronnées vont nous paraître bien fades désormais et les autoroutes belges des promenades de santé!

Sympa la route non?

Le dernier jour, nous resterons à trois le long du Baïkal, sans personne d’autre sauf les chiens qui veillent sur nous. Nous osons avancer dans l’eau, Monsieur Baïkal j’aurai voulu me baigner, vraiment mais là c’était trop froid pour moi!

Je pense que l’eau n’était pas à plus de trois ou quatre degrés, selon la légende russe,s’y baigner rallonge l’espérance de vie de 5 ans, moi je m’y suis mise presqu’à moitié, jusqu’en haut des cuisses, j’ai gagné deux ans et demi vous croyez?

Autre particularité de l’île, il n’y a pas de douches. Nous tâtons des bania, les saunas russes! Pour nous, ils sont emménagés, nous restons dans le sauna et ensuite, nous attendent un immense bac d’eau froide et un robinet d’eau chaude nous pouvons mélanger les deux ou tester l’eau froide! C’est excellent pour la santé, Bruno et moi on ne se dégonfle pas, chacun a pris une grande barquette, l’a remplie d’eau froide et… une…deux…trois PLAAAAAF sur la tête, les épaules et le torse et le reste… on recommence l’opération quelques fois et nous prenons de temps en temps un peu d’eau tiède pour réchauffer un peu tout de même (Bon, je reprend sous la remarque hautement virile de Brubru, LUI n’a mis que de l’eau froide. Bien. Ce garçon fera un vrai Russe un jour, vous verrez!). Mais croyez-nous, ça fait du bien! Le sauna fait transpirer la peau, l’eau froide nous revigore et lorsqu’on sort de là, on se sent frais, propre et prêt à vaincre l’univers! Mais ce n’est rien à côté des Russes, les vrais, les durs. Un jeune homme rencontré à l’auberge nous racontera qu’il en a vu se jeter dans le Baïkal à la nuit tombée et s’y flageller après être resté plusieurs temps dans le sauna. Je savais que cette coutume existait, les Russes adorent ça, ça revigore et fouette le sang (au sens propre comme au figuré) et j’aurai voulu y assister, tant pis j’en aurai au moins entendu parler…

Nous assisterons à un concert également, un vieux monsieur joue dans l’auberge, il appartient à cette île et entonne des chansons russes, anglaises, françaises (jo dassin encore bien!), espagnols pour nous faire plaisir, à nous tous venus d’ailleurs! Une dame prend sa suite et sa voix un peu enrouée par le froid nous chante des songes russes sous la nuit qui s’avance…tant de rencontres d’un instant qui se figent à jamais dans le temps…

Le soir venu, nous partirons jusqu’au Baïkal y regarder les étoiles… Les plus belles et les plus nombreuses que j’ai jamais vu auparavant… Cet endroit n’a pas d’obstacles, le ciel est ouvert pour nous, il n’y a presque pas de lumières autour de nous, juste le rougoiement d’un feu sur la plage, quelques lumières de la petite ville, mais si peu (l’électricité y coûte très cher)… Rien sauf Barbara, Bruno et moi et Croc Blanc (oui un Loulou blanc et doux, voire la photo ci-dessus) sous les étoiles, sous le ciel dégagé… Nous nous allongerons dans le noir pendant plusieurs minutes, Loulou Blanc s’affalera à côté de moi (au grand dam de Bruno dixit l’intéressé « Il-a-piqué-ma-place! »:-) ) et nous ne bougerons pas, sous le vent froid, les lueurs pâles et multiples de beauté scintillantes, étincelantes au dessus de nos petits êtres, si petits sous la voie lactée et le firmament… Grand frère tu le sais, il ne manquait que toi à mes côtés;-)

Allez encore une 🙂

Et c’était le dernier jour au pays de l’intemporel… Nous voilà le lendemain de retour vers Irkoutsk et de là, nous sauterons quelques heures plus tard dans un train qui nous mènera vers Oulan-Oudé, d’où nous prendrons un bus vers la frontière… Mongolia… Russia… Mais ceci est une autre histoire…

Lac Baikal

Russie, chère Russie, nous reviendrons et laisse nous te dire merci. Nous te connaissons si peu, mais nous t’aimons déjà. Merci pour ta culture, tes habitants et leurs coutumes,tes jolies femmes juchées sur leur hauts talons, tes babouchkas rondes au yeux remplis de tendresse et aux poches remplis de vivres…Tes hommes et damoiselles qui aiment la bière parfois pour leur perte, parfois pour de jolis moments chargés de chaleur russe et d’amitié…merci pour leur gentillesse, leur curiosité. Merci pour les rencontres, les paysages, ton alphabet incompréhensible, merci pour les dorures des immeubles qui scintillent sous le soleil, merci à votre côté soviétique, unique, chargé d’histoire, parfois de douleur parfois de terreur mais aujourd’hui qui semble plus heureux et épanoui… Merci pour le transsibérien, pour tes paysages enchanteurs, parés de l’automne aux mille couleurs. Merci pour la Vie, merci Monsieur Baïkal qui a transformé un rêve en un magnifique souvenir… Merci…il nous reste tant à voir de toi, en Sibérie et au Nord, notre vie est un voyage infini…

Je vous laisse les amis-famille, nous avançons, nous nous aimons, nous rencontrons, nous vivons… Ce n’est plus nous seulement qui faisons un voyage mais ce sont tous ces instants, ces moments, ces gens, ces paysages qui le font avec nous… Autant de souvenirs figés pour autant de moments à vivre en avant, à respirer, à incorporer… La Vie est un Voyage et le Voyage est la Vie peu importe celui que l’on choisit…

Gros bisous à vous, soyez heureux, épanouis, aimez la Vie!

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Catégories : Russie | 7 Commentaires

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7 réflexions sur “RUSSIA ahahaha !! (part 2/2)

  1. Maman

    Splendide, émouvant et grandiose… Je voyage avec vous… J’adore ta façon de raconter les gens et les paysages…Que du bonheur partagé.

  2. Maryse

    Bien d’accord avec Catherine, j’adore ta plume ! Très émouvant, chaleureux,.. On entend tes rires et mimiques entre les phrases, que du bonheur de vous lire !
    Bon voyage et merci pour le partage 
    Bisous Bisous

  3. Marraine

    Je n’ai pas de mots…c’est toi qui les as, Elodie. Merveilleux, ce que tu nous racontes et décris avec tant d’émotion…Poursuivez votre route avec le même entrain, la même passion. Plein de gros bisous de nous tous!

  4. Que dire ? Tant d’émotion passe par ce récit…J’en reste sans voix et sans inspiration hélas pour mieux commenter mon ressenti. Heureuse de vous voir toujours aussi heureux et avides de découvrir le monde et les gens (pas toujours du même côté de la lorgnette).

  5. Cécile

    Tu racontes ça magnifiquement Elo. Les voyages en train ont toujours été mes préféré et ce transsibérien que tu décris donne bien envie de l’emprunter.

  6. J’ai pas bien compris le passage sur l’île où ils ont dit « Oh, le con ! » (prononcez « Ohlkon »)… :-))) Mais c’est fantastique ce voyage ! A+ … loin encore.

  7. Arnaud

    Je viens de lire les deux articles russes d’un coup, et ça fait franchement rêver.

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