Mongolia bayarlalaa!

Et voici nos épopées en terre de Mongolie, terre sacrée, terre unique, terre libre ou presque de nos déviances mondiales…

Reprenons donc… Passons d’un train à un autre, d’un lac à un autre, d’un pays à l’autre… Après Monsieur Baïkal, nous revenons en coup de vent à Irkoutsk, le temps de réserver le train pour le soir même en direction d’Oulan Oudé, la ville avec la grosse tête de Lénine (ceci au sens propre du terme) et surtout la ville transit pour la Mongolie…

Après quelques heures passées dans un resto-café en face de la gare d’Irkoutsk, nous voilà embarqués, Bruno, Barbara et moi dans la queue du train, le compartiment pour les pauvres en place assise pour la nuit. Mais notre compartiment est vide, à l’exception de deux jeunes garçons Mongols et il y a toujours quatre couchettes! Nous pourrons donc dormir relativement bien, Bruno et moi partageons la même couchette, laissant à Barbara la couchette du dessus, de plus la pauvre est vite malade en train si elle n’est pas dans le sens de la marche, cette fois ci elle peut profiter de sa nuit!

Arrivée aux environs de 6 heures du matin à Oulan Oudé, nous commençons à marcher durant 15 minutes à la recherche de la gare des bus. Facilement trouvée, nous voilà en train de chercher si il y a un guichet d’ouvert pour acheter des tickets. Evidemment non. Il est beaucoup trop tôt, le peuple Russe dort encore sur ses dignes oreilles. Nous rencontrons un jeune homme charmant, du nom de Juan, qui embarque aussi dans le bus mais lui a des tickets. Bon, nous verrons. Arrive le bus et commence ici l’organisation Mongol. C’est-à-dire que nous embarquons sans tickets, à grands renforts de gestes, le chauffeur nous fait signe que pas de problème, il y a de la place embarquez jeunesse! Sauf que certains ont des places déjà réservées et qu’à la fin du compte, Bruno, Barbara et Elodie se retrouvent à trois sur deux sièges! Oh confort, oh bonheur des bus sur les sentiers non goudronnés de la Sibérie! Le trajet dure dix heures en tout mais nous nous arrêtons à la frontière au bout de cinq heures. Je peux vous dire qu’on a tout essayé, Barbara s’est glissée par terre à nos pieds pendant une heure (les gens ont pris des photos devant le phénomène dont on ne voyait plus que le bonnet et quelques mèches de cheveux pendant que j’étalais mes jambes sur Bruno, lui-même relativement bien installé mais ne pouvant pas bouger), ensuite la route étant trop mauvaise, Barbara prend une place et je me mets sur les genoux de Bruno. Pendant deux heures de plus cela m’est égal mais après cela, la mauvaise humeur me gagne, pas question de rester 10 heures comme ça nom de nom surtout pour le prix de trois places assises! Mais c’est ainsi, pas le choix je relativise en me disant qu’au moins on a eu le bus (car il n’y en a qu’un seul par journée) et que, en ce soir du 22 septembre, nous serons dans de bons lits. Arrive le passage de la frontière, qui nous prendra trois heures à partir du moment où le bus s’arrête. Si c’est beaucoup pour vous, dites vous que si nous avions pris le train direct jusqu’à Oulan Bator, nous aurions du attendre facilement le double du temps, au plus il y a de passagers et de bagages, au plus l’attente est longue…

D’abord, il faut attendre que cette frontière soit ouverte (car je pense que nous sommes arrivés au temps de dîner des officiers russes). Cela prendra une petite heure, car une fois ouverte, les douaniers font d’abord passer les petites voitures, cela va plus vite pour eux, ils sont moins nombreux. Arrive notre tour, c’est reparti pour la danse des frontières: les sacs dehors, tout le monde en file avec son passeport à portée de main… et attention, ne pas dépasser la ligne de démarcation au sol, sinon cela vous vaut un regard autoritaire du douanier russe qui  vous fait bien comprendre que c’est un sacrilège, on est toujours en Russie, discipline s’il vous plaît!  Cela nous prend une bonne demi-heure d’attente de plus je remarque que les Mongols ne sont pas très patients, c’est à celui qui te poussera pour passer avant toi, alors qu’il faut quand même attendre tout le monde mais bref…

Une fois que les Russes sont d’accord, c’est bon vous pouvez sortir les gars, nous voilà dans le bus pour… une centaine de mètres, qu’on appelle communément un « no man’s land »! Aha, c’est que ce n’est pas fini, bienvenue à la frontière Mongole les amis! Hop, petite danse des frontières numéro deux, on re-sort les sacs, on se re-met en file et on attend. Sauf que cette fois, pas besoin de file (les Mongols s’en fichent), on forme un gros tas humain qui rentre par groupes de dix. Et c’est lent. Une petite heure d’attente, les douaniers Mongols sont peinards et pas stressés. Les chauffeurs du bus, oui, ainsi que les passagers Mongols qui étaient dans le premier tas humain à passer. Au bout de 45 minutes, nous sommes devant les douaniers (nous sommes dans les derniers)et je vois les chauffeurs qui s’énervent et les engueulent gentiment, leur signalant qu’ils n’ont pas que ça à faire, ils attendent et ont encore de la route à faire, EUX! (Traduction belge simultanée des gestes Mongols et de la tête dépitée du douanier). Ceci étant, voilà qu’un autre tas humain de Mongols s’approche et dépasse notre file, nous prenant un des deux douaniers qui contrôle nos passeports. Cela rallonge encore l’attente, les chauffeurs roulent des yeux bridés en direction du douanier du tas humain, douanier qui n’ose plus intervenir, il a pourtant essayé de faire respecter une ligne mais ahaha, ce n’est plus la discipline russe et le peuple, c’est-à-dire le tas humain, s’en fout! Même nous commençons à nous énerver sur les faces bridées qui ont osé nous dépasser. Mais eux s’en fichent, de toutes façons ils rentrent chez eux et ne comprennent pas un mot de ce qu’on dit, nous pouvons toujours vociférer cela ne change absolument rien. Nous roulons également des yeux (mais ronds) au pauvre douanier qui évite de nous regarder… Apparemment ici, c’est le peuple qui décide!

Nous finissons par passer (les chauffeurs campent jusqu’au bout à côté des douaniers d’un air de plus en plus menaçant) hop hop hop, vite tout le monde en route. Je ne suis pas ravie, cela signifie le retour de nos trois postérieurs sur deux places assises… Mais miracle, une dame descend au bout de dix minutes, apparemment elle habite tout près de la frontière, ouf ça y est on peut enfin profiter du paysage et du confort, ça y est, bienvenue en Mongolie, attention les yeux, attention le coeur, vous allez en prendre pleiiiiiiiiiiiiiin la vue!!

S’ il m’a fallu quelques jours pour que la Russie m’apprivoise, il ne m’a fallu que quelques secondes pour tomber sous le charme de la Mongolie… A peine entrevue les steppes, l’espace immense et les chevaux galopant sous le vent, c’était fait, c’était dit, nous aimons la Mongolie. Et ce n’était que le début… Durant les quatre heures de route restantes, je reste le nez collé à la fenêtre, écoutant d’abord la musique Mongol sur leur télé (aaaah la musique kistch asiatique cela m’avait manqué, Chuong ou Thuy si vous me lisez, cela m’a rappelé votre père chantant devant la télé), au bout de deux heures, je passe néanmoins à mon Mp3 histoire de rêver un peu sur ce paysage et ce ciel si bleu… Car oui, la Mongolie, c’est « the blue sky’s country », plus bleu, plus grand, plus libre…

Une route en Mongolie, c’est ça!

Le soir venu, il est 20h nous voici à Oulan Bator, Ulaan Baatar, le soleil est couché, il fait sombre et nous voilà à la recherche d’une guesthouse réputée dans tous les guides des blancs du bus! Nous marchons à 6 (nous trois plus les deux mamans françaises et aventurières du Baïkal et Juan). Nous finirons par trouver mais ahaha, pas de bol, plus de place évidemment, naÏfs que nous sommes d’imaginer qu’à 6 il y aurait encore de la place… Le Konghor guesthouse nous indique donc un petit hôtel juste en face. Effectivement, il y a de la place, nous voilà répartis, les deux mamans ensemble et nous quatre jeunes dans une autre chambre. Ceci n’est pas une guesthouse, c’est un véritable petit hôtel Mongol, et nous allons découvrir qu’ils ne bénéficient pas des mêmes privilèges que les petits blancs des guesthouses. D’abord, pas d’internet (mais il y en a dans le restaurant juste au dessus), ensuite presque pas d’eau chaude et les sanitaires sont…relativement propres… à notre arrivée. Mais ce n’est pas cher, on est en Mongolie, on est heureux pas de soucis! Nous irons dare dare manger au restaurant du dessus, mmmmm la nourriture Mongole quel bonheur! Bruno et moi nous adorons, Barbara suit le mouvement, Juan ne prendra qu’une bière pour ce soir. Les soupes sont délicieuses, remplies de viande et de légumes. La Mongolie est un pays de viande essentiellement, surtout l’hiver mais je raconterai cela plus tard.  Toujours est-il que c’est bon, ça fond dans la bouche et ça réchauffe! Il ne fait pas très froid mais plus au point de se balader tee-shirt et tongs dehors!

Le lendemain, c’est dimanche et nous passons notre journée au restaurant, à remplir nos blogs et chercher les conditions d’accès au visa chinois, que nous comptons aller demander le lendemain matin. En fait, c’est essentiellement pour Barbara, elle est française et tous les sites indiquent que les ambassadeurs chinois rechignent un peu au passage des français dans leur grand et chinois pays. (Relations diplomatiques bonsoir fallait pas critiquer la mainmise du Tibet monsieur Sarkozy… ) La journée passe très vite, nous écrivons, nous trions les photos, nous entassons des papiers pour le consulat et voilà le soir est arrivé! Les serveuses nous aiment, nous avons mangé midi et soir et bu plein de thés Mongols toute la journée (et quelques bières pour la soirée). Pour ceux qui s’inquiéteraient, la Mongolie n’est vraiment pas chère, si vous allez dans les restaurants vraiment typiques, c’est ridicule, on a payé 7 euros chacun pour toute la journée…  Vive la Mongolie!

Ainsi arrive l’épisode que nous nommons désormais TFCV (The Fucking Chinese Visa). Nous voilà, plein de bonnes volontés devant l’ambassade le lundi matin. Nous avons des réservations d’hôtel, des réservations d’avion bidon, des passeports en règle  et les photocopies de nos assurances rapatriement. Plus une photocopie du compte en banque pour Barbara (les chinois veulent savoir ce que les français gagnent avant de les laisser entrer apparemment). Sans oublier l’indispensable et très curieux (au sens propre du terme) formulaire chinois demandant un million de renseignements sur nos humbles personnes.

Nous voilà devant dame ambassadrice au petit nez très curieux. Elle regarde nos passeports, nos réservations d’avion et nous demande combien de temps nous voulons rester en Chine. Un mois dîmes-nous en coeur. Dame ambassadrice au nez curieux nous demande alors notre invitation. Une invitation, quelle invitation, nous n’allons pas voir de la famille mais bien se balader en touriste dans le pays. Nous montrons les réservations d’hôtel. Dame ambassadrice n’est pas d’accord et nous explique que nous avons besoin d’une invitation. Nous argumentons, nous ne connaissons personne en Chine comment-qu’on-fait-alors?? Elle a l’air embêté (juste l’air) et nous dit qu’il faut passer par des hôtels en Chine ou des organismes pour en obtenir une. Et sous-entendu, payer très cher évidemment. Nous sommes dépités. Pas contents. Nous râlons et passons le reste de la journée (retour au restaurant QG) à recompulser internet, c’est-quoi-ce-bordel nul part sur le site de l’amabassade belge il n’est noté qu’il faut absolument une invitation pour les touristes belges. Et finalement, nous trouvons des témoignages sur les forums de voyage. Depuis juillet-août 2012, ils sont devenus trèèèèèèèèès emm…ennuyants à l’ambassade chinoise d’Oulan Bator . Il faut une invitation pour tout le monde, à partir du moment où l’on veut passer un mois là-bas. TFCV. Nous cherchons des solutions, courant dans les guesthouses demander de l’aide, personne ne sait  nous indiquer un endroit où acheter des fausses invitations. La seule possibilité est d’acheter un tour guidé à Pékin (trèèèèès cheeeeer) afin que l’organisme du tour envoie l’invitation en quatre jours. Nous râlons de plus belle, c’est pas possible, c’est quoi ce gouvernement! Je tente un mail à un ami de Cath en Chine, peut-être peut-il nous envoyer une invitation pour trois dans la semaine? En effet, il le fera (merci Zic) mais malheureusement, en parlant avec William (pour ceux qui ne connaissent pas William, c’est un ami parti faire le tour du monde il y a déjà plus de deux ans maintenant) sur face de bouc, il me fait comprendre que même si j’ai l’invitation, mon contact doit la faire valider par le canton où il vit avant de l’envoyer chez nous, cela prend en gros… un mois. Damned. Fucked. TFCV.

Nous pestons. Il va falloir réserver un tour à Pékin et payer cher. Nous décidons d’attendre le lendemain, nous sommes fatigués de cette journée. Et nous changeons d’hôtel le lendemain, Juan nous quitte pour une expédition, le prix de la chambre devient moins intéressant. Gentiment, il nous a orienté dans une belle guesthouse, se renseignant même sur les places avant de nous quitter. Merci Juan! Car en effet…

Lorsque nous arrivons dans notre nouveau dortoir, la propriétaire, absolument gentille et serviable (que nous avions mise au courant de nos déboires chinois la veille), nous met directement en contact avec deux français dans la guesthouse (laquelle  est en effet bondée de français). Le miracle se fit, eux aussi ont ramé pour TFCV et connaissent un endroit où l’on peut faire une invitation bidon pour 10 dollars! (Au lieu des 80 euros pour le tour guidé chinois). AAAAAAAAAAAAH. Soulagement. Nous fonçons au petit centre chinois des fausses invitations. Cela prend une demi-heure, nous décrivons un itinéraire, les deux dames chinoises magouilleuses nous fabriquent une invitation avec cartes d’identité chinoise à l’appui. Parfait. En plus, elles nous offrent le thé et des bonbons. On commence à se réconcilier avec la Chine. Après cela, nous refaisons des fausses réservations d’avion. Et décidons de jouer les abrutis à l’ambassade le lendemain devant la tonne de questions que Dame ambassadrice au-nez-curieux ne manquera pas de nous demander. En effet, nous sommes prévenus, Dame ambassadrice (réputée pour être beaucoup plus emm.. ennuyante que son collègue masculin qui est malheureusement absent lorsque nous nous rendons à l’ambassade), Dame ambassadrice donc, va nous demander qui est la personne qui nous invite, comment on la connaît, ce qu’on compte faire en Chine et par où on repart. Nos deux amis français de l’auberge, eux, se sont fait refoulés une deuxième fois parce qu’apparemment le numéro de téléphone sur l’invitation n’était pas correct. Ils sont repartis dare-dare voir les deux dames magouilleuses qui leur ont donné un autre numéro. Un autre gars apparemment s’est fait poliment envoyé paître parce que son itinéraire sonnait faux. Monsieur ambassadeur lui aurait sorti une carte chinoise en lui montrant que, matériellement, il n’aurait jamais le temps de faire tout son itinéraire en un mois. Tournez les talons donc, et refaites-moi-un-itinéraire-plausible. TFCV. Moralité, si vous voulez aller en Chine un mois et que vous souhaitez faire votre visa à Ulaan Baatar, préparez-vous à être refusé au moins une fois. C’est pour le principe. Il y aura toujours quelque chose qui n’ira pas, ils aiment vous faire un peu ramer.

Notre stratégie est au point, nous déléguons à Barbara le soin de parler car… chers amis français, je suis vraiment désolée, mais votre anglais est… assez désastreux… (Merci gouvernement français de leur donner des cours d’anglais un peu plus stricts et où vous leur apprenez correctement la phonétique!).  Je me considère moi-même comme une nouille anglaise comparée à la plupart de mes amis et surtout aux flamands, dont leur accent et leur vocabulaire me donnent des complexes. Mais même moi qui n’ait jamais beaucoup étudié je m’en sors bien comparé à tous les jeunes backpackers français dont j’ai déjà croisé la route…

Nous revoilà dans la file de l’ambassade, nous papotons avec un jeune Canadien et son père pour passer le temps, en français, ce sont des Québécois, aaaah l’accent grand nord canadien ça m’avait manqué…  Mais attention, voilà notre tour, Dame Ambassadrice nous attend, l’oeil inquisiteur et commence la salve des questions, Barbara joue à merveille l’abrutie qui ne comprend strictement rien à ce qu’elle demande, lui fait répéter trois fois chaque phrase et sort juste quelques mots d’anglais pour faire correct. « Yes-yes-dizis my-mouther-frend-yes-yes-I-know-her-a-little. » … « What? I-m-sorrry-I-don’t-understaaaand-cud-you-repiiiit-slowly-pleaase? » « yes-yes we want stay teuurty days ».Si vous avez des jeunes amis français, vous comprendrez tout de suite ce que je veux dire par l’accent … C’est bien simple, le jeune Canadien et son père se tiennent les côtes de rire devant son accent et même les Mongols et Chinois de la file veulent nous aider. Personnellement, je fais semblant de gronder le jeune Canadien pour lui donner un peu de crédibilité. Bruno et moi jouons le rôle de jeunes traducteurs pour Barbara, nous faisant passer nous-mêmes pour des zéros pointés en anglais. De guerre lasse, un sourire au coin des lèvres (Dame ambassadrice a du se dire que nous sommes trop bêtes pour vouloir envahir la Chine), elle nous prend nos passeports « you-can-come-back-next-friday-ok? » « okaayyyyyyyy »! Youhou ça y est, on peut y aller! Merci Barbara d’être française et d’avoir joué l’andouille encore plus avec son niveau d’anglais!

Le sourire au lèvre, nous voilà prêt à profiter de la Mongolie! Nous avons en effet réservé un tour avec guide et chauffeur dans le centre de la Mongolie. Barbara et Bruno ont négocié le prix pendant trois jours (j’admire en silence leur persévérance, n’ayant jamais négocié de ma vie), une quatrième demoiselle se joint à nous pour l’expédition, parfait, au plus on est, au moins on paye! Nous sommes mercredi, nous partons vendredi! Youpiii! En attendant, nous changeons d’hôtel pour deux nuits (problème de réservation, il n’y a pas de place pour nous), pas compliqué le nouveau se situe juste en face du premier! Ils ont tellement de monde que les guesthouses s’envoient mutuellement leurs clients en trop. On profite des deux journées restantes pour clôturer le blog version Russie et ensuite, Bruno et moi partons nous balader jusqu’au monastère Gandantegchilin, le plus important de Mongolie, en plein centre d’Ulaan Baatar. C’est le centre du bouddhisme Mongol. En même temps, nous profiterons pour réellement nous balader et plus courir d’un endroit à l’autre pour chercher des solutions pour TFCV. Tout le monde dit, Ulaan Baatar c’est moche, ça pue, c’est pollué. Certes, il y passe des centaines de voitures au klaxon vociférant (parfois pour rien, juste pour le fun), certes leur façon de conduire fait peur (vraiment vraiment ils ne freinent pas volontiers pour les piétons) mais… c’est une capitale, une jeune capitale et je préfère les capitales sans trop de buildings. Certes, ce n’est pas Vienne, pas Rome, Ulaan Baatar n’est pas européenne et chargée de vieille Europe, de vieux buildings avec une histoire magnifique d’architecture derrière ses maisons, ses routes. C’est une jeune capitale, entourée des steppes, qui regroupent quelques grands buildings qui servent de poste, de supermarché, de grandes surfaces. Il y a aussi plein de petites maisons, pleins de petits sentiers cachées derrière les grosses routes goudronnées. Ulaan Baatar a aussi une grande place, devant le palais du gouvernement. Une belle place en fait, avec les collines qui se dressent juste derrière et des statues de guerriers Mongols, sans oublier Genghis Khan qui trône en bonne place devant le palais. Le problème d’Ulaan Baatar c’est qu’une semaine maximum suffit pour l’explorer et surtout, surtout, tous les touristes veulent les steppes et la liberté. Tous veulent partir en expédition et tous trépignent à Ulaan Baatar avant d’y aller. Pauvre Ulaan Baatar qui paye pour l’envie de liberté des curieux venus explorer la Mongolie…

Vue de la grand place d’Oulan Bator

Nous avons par ailleurs aimé le monastère, tout d’un coup, dès qu’on pénètre en son sein, le calme se fait. Il regroupe 5 temples, tout y est coloré, respectueux et silencieux. Une centaine de moines y vive. Les boîtes dorées qui entourent chaque temple sont des boîtes à prière, il faut les faire tourner trois fois en pensant à ce que l’on souhaite. Si mes souvenirs sont bons, elles sont remplies d’écrits bouddhistes.  Nous y resterons une heure, à flâner, prendre nos premières photos et puis nous rentrerons à notre maison-auberge.. La vie dans les auberges est un fourmillement incessant de gens, de différentes nationalités, d’échanges de voyage et de rencontres d’un instant… C’est toujours intéressant, mais parfois il y a beaucoup de monde comme ce soir, et l’on peut se sentir étouffé par cette promiscuité. Mais ce n’est pas grave, cela fait simplement partie de la magie du voyage…

En route vers le centre!

Voilà notre grand jour, le vendredi 28 septembre, le départ vers les steppes Mongols et ses merveilles! Notre guide vient nous chercher à la guesthouse, elle se nomme Ulzii et elle va devenir notre meilleure amie pour la semaine. Nous sommes quatre, Charlotte qui est anglaise, Barbara, Bruno et moi. A notre surprise, dans la voiture nous attendent deux personnes supplémentaires, Loïc et Jessie, deux français. Ils ont demandé au Konghor Hostel (là où nous avons réservé le tour) de les ajouter à notre équipée. Encore mieux, nous payerons encore moins cher! Ils sont également en couple et font un tour du monde via avion durant une année également. Charlotte est donc la seule anglophone du groupe, nous devrons y faire attention.

C’est parti pour la chevauchée fantastique. Notre chauffeur ne parle pas anglais mais il a une bonne bouille, un grand sourire et nous nous rendrons vite compte que c’est un mécano hors pair! En effet, ici comme en Sibérie, les routes sont rudes et il est courant d’avoir des problèmes de voiture sur la route des steppes. Nous en sommes donc au

Jour 1: Beaucoup de route à faire, nous partons à neuf heures du matin, nous arrêtant d’abord pour qu’Ulzii fasse les courses, en effet elle sera notre chef cuistot durant une semaine! Nous sommes nombreux, nous ne pouvons donc entasser toute la nourriture pour une semaine en une fois, nous ferons donc les courses plusieurs fois durant la semaine. De plus, Charlotte est végétarienne et au pays de la viande, il vaut mieux qu’Ulzzi le sache! Après l’étape-course, nous sortons d’Ulaan Baatar direction Karkhorum, la ville que nous atteindrons ce soir, vers dix huit heures et l’ancienne capitale Mongole. Nous ferons une pause vers treize heures, pour manger dans un petit resto au bord de la route. De la nourriture et du lait Mongol miaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam!! Nous sommes ravis, surtout Bruno et moi, en fait nous commençons à nous rendre compte que nous sommes extrêmement faciles pour la nourriture, nous goûtons tout et finissons tout. Contrairement aux autres. Peut-être avons-nous des gênes Mongols quelque part…

Le soir, nous nous baladerons, aux alentours du camp de ger. Il en sera ainsi tout au long du voyage, les expéditions sont organisées de façon à ce qu’une famille nous accueille chaque soir. Ce sont des familles qui possèdent des ger pour les invités, et qui sont bien sûr payés pour nous héberger. Mais nous sommes hors saison, il y a peu de touristes et c’est très bien ainsi. Les ger, je le répète, sont les yurts Mongols. Les Mongols n’aiment pas le mot Yurt qui vient du Russe (relation diplomatique du passé toujours…). Si vous voulez leur faire plaisir, prononcez donc « ger » avec tout votre coeur!  Notre première soirée est paisible, devant nous se dresse le monastère de Karkhorum, le deuxième plus grand et ancien de Mongolie.  Nous irons le visiter le lendemain, il est trop tard pour y entrer aujourd’hui. Nous profiterons donc d’une petite balade aux alentours Bruno et moi (chacun dans le groupe choisit sa propre direction), nous verrons un magnifique coucher de soleil, entourés des biquettes, des moutons, de la lune pâle dans le ciel et de l’espace autour de nous déjà si grand… Pourtant, nous sommes à l’entrée de la ville.

Première nuit dans une ger également, Ulzii nous a prévenus, il va faire froid mais Bruno et moi sommes équipés pour le pôle Nord, ça ne nous posera pas de problèmes, contrairement aux autres qui vont avoir froid toutes les nuits, malgré les couvertures supplémentaires qu’Ulzii leur trouvera. Il y a toujours un poêle à feu au centre d’une ger, nous l’alimenterons le plus possible mais en plein milieu de la nuit il est bien évidemment éteint. Il n’y a plus qu’à rentrer sa tête sous les couvertures et hiberner. Il ne fait pas horriblement froid, je pense que nous sommes descendus jusqu’à -10 degrés maximum durant la nuit (d’ailleurs je reste un peu sur ma faim, moi qui voulais endurer les -20 mais il fait encore bon en terre Mongole, ce sera pour le Népal sans doute!). Bref, première nuit, premiers pas, nous sommes heureux c’est parti pour le…

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Jour 2: Réveil à neuf heures, départ à dix heures après un splendide déjeuner. Ulzii nous soigne, c’est notre petite maman pour la semaine! En route vers le monastère Erdene Zuu! La visite durera jusque passé midi, c’est immense et Ulzii remplit à merveille son rôle de guide. Nous visiterons tous les temples dédiés aux différentes divinités du bouddhisme Mongol. Vous devez savoir qu’en Mongolie, ils ont énormément de respect pour tous les éléments de la terre: l’eau, le feu, la terre. Ils sont également profondément croyants, tiennent compte des évènements passés, du présent qui dessinera notre futur et donc nos prochaines vies. Si nous pratiquons le mal dans cette vie, nous devrons le payer dans la suivante. Les divinités sont là pour nous protéger, chacune a son rôle à remplir, que ce soit pour la santé, pour nous protéger contre nos mauvais côtés, pour la jeunesse et la vieillesse. Chaque divinité est couleur, masque et représentation des éléments de notre terre. Les divinités bleus portent le pouvoir de l’eau, le rouge pour le feu, le vert pour la nature et la jeunesse féminine, le blanc pour les dames âgées… La femme est conception de l’être, il est important qu’elle soit protégée. En Mongolie, tout est équilibre, entre homme et femme, terre et eau. Le soleil est mâle, la lune y est femelle. Tout est respect. Je commence à peine à découvrir la philosophie bouddhiste, il me reste beaucoup à en apprendre mais déjà je l’aime pour sa magie, ses légendes et ses couleurs…  Dans les temples, nombreuses sont les représentations du Dalai Lama évidemment… Le temple principal est d’ailleurs celui qui porte son nom, avec les statues hautement symboliques du temps passé, présent et futur. C’est pourquoi les Mongols ont énormément de respect envers les moines, qui ont le pouvoir de la connaissance et de l’enseignement. Ce sont les métiers qui ont le plus de valeur à leur yeux. Ulzii nous indiquera des parties de temple fermées aux visiteurs car seuls les moines, qui possèdent la connaissance et savent lire les écrits anciens (souvent, il s’agit de l’ancienne écriture tibétaine) y ont accès. Elle ajoutera qu’elle ne peut y aller non plus car elle est une personne « normale » selon ses propres termes. Je ne peux vous décrire tout ce que nous avons vu, c’est une farandoles de couleurs, d’enseignement bouddhiste sous le soleil du matin…Et nous terminerons la visite en assistant au début d’une cérémonie tenue par les moines du monastère. Ils chantent en lisant, tandis que d’autres font sonner les gongs,ou jouent d’autres instruments… Un moine ne bouge pas dans un coin, il semble en méditation, les yeux fermés, de temps en temps il les rouvre sur le monde avant de retourner à ses pensées… Nous ferons le tour de la pièce avant de ressortir (il est interdit de revenir sur ses pas et de tourner le dos aux divinités), Ulzii fera tourner les boîtes à message, chaque Mongol le fait à chaque fois, tourner trois fois la boîte en pensant à ses prières…

Un des temples

Nous voilà ressortis, la tête pleine de nouvelles pensées. Nous rembarquons dans notre jeep direction le White Lake, mais il est encore loin de là, et nous ferons un arrêt à la sortie de Karkorum. Ulzii nous emmène voir l’évolution de la Mongolie en trois cartes, trois cartes représentées sur trois pans de mur immenses en haut d’une colline. Sur ces cartes nous voyons l’extension de la Mongolie jusqu’aux conquêtes de Genghis Khan, impressionnant et nous en apprendrons plus par la suite… Nous croisons des enfants, ils sont heureux et nous suivent du regard en criant « Hello hello!!! » et rigolant.. Oui, depuis que nous sommes arrivés sur ses terres, la Mongolie nous observe en riant, en nous suivant, en nous saluant… Nous les hommes blancs de passage chez eux, nous devenons leur attraction. Mais ce peuple est beau, gentil et dans leur yeux brille toujours une lueur d’amusement et de respect. Je les ai aimés dès la première seconde…

Nous voilà embarqués pour des heures de jeep sur les sentiers de Mongolie. Nous roulerons toute l’après-midi, et ferons encore un arrêt dans une  grosse ville Tsetserleg où Ulzii achètera des provisions pour nos futurs repas! Nous en profiterons pour nous balader avec elle dans le marché, elle nous fera goûter des spécialités Mongols, à base de lait (grande spécialité Mongol) et durci en petit fromage que Bruno et moi seront les seuls à aimer… Après cela, encore un arrêt sur le site d’une immense pierre sacrée « Thaikar stone » dont je vais vous conter la légende. La traduction de ce site s’apparenterait à « le site du serpent ». Dans les temps anciens, filait sur ces plaines un immense serpent qui terrorisait le monde. Il fallut que les lutteurs Mongols, doués de force, s’y mettent à plusieurs afin de le capturer et de le faire glisser dans un trou. Trou ensuite rebouché par une énorme pierre, toujours poussé par les lutteurs Mongols. La même pierre qui se dresse à présent devant nous. Il paraît que l’homme qui réussit à jeter une pierre d’un bout à l’autre du rocher sera un homme comblé et heureux. Ils ont essayé, les trois mâles de notre troupe et en fait ils ont réussi… Bruno, je dois être honnête, a du s’y reprendre à plusieurs fois et trouver le bon côté de la pierre pour que son caillou passe:-) Loïc, qui est un professeur d’escalade, commencera une petite ascension mais ne la terminera heureusement pas, Ulzii lui précisant par la suite que ce rocher est sacré et que les habitants des ger environnantes n’aiment pas voir des étrangers y monter, cela leur a amené des malheurs par les temps passés. Nous continuons ensuite notre route et nous arriverons au White Lake passé huit heures du soir, on a faim et il fait tout noir! Heureusement, les Mongols nous attendent, le repas est chaud et nous partageons un bout de soirée avec eux, dans la pièce cuisine, une petite maison en bois. Nous sommes tous serrés sur les banquettes, ils regardent la télévision (je ne sais pas si vous vous imaginez le contraste, l’espace immense et vide mais ils ont réussi à faire passer l’électricité et le câble pour garder un contact sur le monde de l’audiovisuel), cela nous fait rire… Ensuite, direction la ger, aaaah on est fatigué, la lune brille haute et forte dans le ciel, on aperçoit le lac à quelques mètres sous nos pieds, il apparaîtra dans toute sa beauté dès les premières lueurs du jour… J’ajouterai la petite note rustique de la steppe Mongole qui sont… Les toilettes! Si, la veille, nous étions dans des ger plus touristiques avec un petit bâtiment adapté: toilettes à l’européenne et douche si nous le voulons (mais il faut payer donc non pas besoin on fait à la dur!) et bien ce soir ahaha bienvenue chez les nomades, pas de douche du tout (mais nous le savions) et les toilettes sont l’habituel trou dans le sol dans une cahute en bois. Nous l’avons expérimenté quelques fois depuis la Sibérie mais cela ne nous inspire toujours pas confiance, à chaque fois nous tâtons le les planches en bois sur le sol pour attester de la solidité de notre toilette. Cela a l’air d’aller, ok, les ablutions terminés, brossage de dents au clair de lune hop tout le monde au lit car le…

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Jour 3: est arrivé et avec lui… La chevauchée équestre en Mongolie! Nous ne sommes pas vraiment rassurés, Jessie et Barbara ont déjà fait du cheval mais Charlotte, Loic, Bruno et moi jamais… Nous avons entendu des histoires pas très sympas, en gros, prépare-toi à te casser la figure, les chevaux ici c’est pas de la rigolade!  Ulzii veut nous rassurer et nous dit « Ne vous en faites pas, ils ne sont pas sauvages, juste demi-sauvages. » Ahaha, je ris, là je suis complètement confiante on va vraiment se marrer…hum hum… Les voilà qui se dressent devant nous, nos chevaux de l’après-midi, en tout nous partons pour quatre heures de cheval avec une bonne heure d’arrêt. Chacun choisit le sien, je me retrouve avec le plus peureux, mais ça je ne le sais pas encore… Les chevaux Mongols sont plus petits que les chevaux de chez nous mais ils ont encore ce regard insoumis et d’ailleurs… Je remarque vite au bout de quelques mètres que Goulaf- oui je l’ai baptisé ainsi, la bête voulant tout le temps brouter l’herbe et ne pas avancer- Goulaf donc n’en a rien à cure de mes « TCHOU TCHOU » (« Avance!! » en langage chevalin), c’est comme si je n’existais pas, par contre lorsque le guide et maître des chevaux (un jeune homme avec une casquette de travers, les pieds engoncés dans de bonnes bottes mongoles et un regard de maître) arrive près de lui sur son propre cheval-je l’ai baptisé commandant-en-chef- le mien se met à trotter sans problème et obéit sans discuter. Bon. Je ne suis pas Mongole donc il ne m’obéira pas ça va j’ai compris. Je suis toujours derrière, le guide derrière moi qui le cravache un peu de temps en temps pour que Goulaf avance et arrête de brouter. Celui de Bruno semble paisible, il l’appellera Cataclop parce qu’effectivement il cataclop cataclop… Celui de Charlotte, Loic et le mien semblent bien s’entendre, tandis qu’il y a un clan de chevaux entre Bruno, Jessie et Barbara. Si Goulaf s’approche d’eux, ils essayent de le mordre ou de lui donner des coups de tête (je soupçonne Goulaf de leur avoir volé leur nourriture), je me tiens donc à distance de ces mauvaises têtes… Surtout celui de Jessie que j’appelle ‘Bourricot » cette sale bête veut être devant et ne laisse personne le dépasser, surtout pas Goulaf qui vraiment vraiment n’est pas dans ses bonnes grâces. Mais au moins Bourricot est sûr de lui…

Elo et Goulaf!

Premier arrêt auprès de grottes appelées « grottes des chiens jaunes » car dans les temps anciens, vivait sur cette plaine un monsieur très important qui avait des chiens jaunes pour le protéger.. Cet endroit est superbe, désertique, triste et splendide à la fois.. Ce sont des paysages arides où l’on se sent seul si vite et pourtant on y est si bien…Mongolie dont nous tombons amoureux un peu plus à chaque pas… L’étape suivant sera le plus grand volcan de Mongolie, encore une bonne heure de marche-trot. C’est là que Goulaf me donne sa première frayeur, on ne sait pas trop pourquoi quelque chose lui fait peur (Bruno maintient que c’est le cheval d’Ulzii qui a un peu dérapé et fait jaillir quelques cailloux sur la route), bref il sursaute et s’emballe pour un galop. Pas question, en quelques secondes, j’ai le temps de m’imaginer voler dans les airs car jamais je ne saurais tenir un cheval au galop, surtout pas en Mongolie et pour ma première fois, et donc dans un réflexe, je tire sur les rênes, comme on me l’a dit pour l’arrêter, avec en échos derrière moi les cris du guide et d’Ulzii qui sûrement en Mongol lui crie  » Ca suffit Goulaf couché! ». Goulaf trépigne, tournicote sur lui-même mais ralentit et s’arrête. Ouf!!! Je n’ai pas bien réalisé, le guide me fait descendre, pour calmer le cheval, Ulzii me félicite (beuh j’ai rien fait, j’ai lutté pour mes fesses c’est tout!) et me demande si je veux changer de cheval? Non, non je reste sur Goulaf, par fierté et puis hein, qui va vouloir de mon cheval maintenant que le reste de la troupe a assisté à son manège? Je remonte donc, en selle! J’ai par contre droit à la selle du guide et maître qui est un peu plus confortable et qui glisse moins d’après ce que je ressens. Les selles Mongoles sont impossibles pour les occidentaux elles sont très dures (ils sont toujours debout sur leurs étriers car ils sont très souvent au galop), nous nous avons un espèce de mix entre les deux, les nôtres et les leurs.

Pause déjeuner, bien mérité, j’ai mal aux fesses ça muscle d’arrêter un cheval au début de galop et le trot n’est pas de tout repos non plus. Après un superbe lunch sur l’herbe, nous voilà repartis en direction du volcan le cratère de Khorgo. Une petite ascension pour nous délier les jambes et nous voilà, surplombant les steppes par grand vent dans un paysage détonnant, déroutant, fascinant… Nous y resterons une petite heure, à respirer sans fin cette terre Mongole au charme divin…

Le retour se fera plus dur, Goulaf me redonne une frayeur, il prend peur au bruit d’une moto qui passe le long du sentier et je le vois qui s’arrête et recommence à tournicoter sur lui-même, pas content et apeuré. Mais là je suis fatiguée, en plus je suis sûre qu’il sent ma propre frayeur et cela ne fait rien pour le calmer évidemment. Mais le guide-et-maître et commandant en chef ne me lâchent plus d’un sabot depuis le premier incident et je vois dans son regard Mongol qu’il comprend que j’en ai ras le popotin, il me fait signe qu’il prend la longue rêne, désormais c’est lui qui conduit Goulaf! Ouf, me voilà rassurée, mais nous voilà au trot car les autres sont loin devant et croyez moi le trot dans les steppes Mongoles c’est éreintant… j’ai besoin de toute mon énergie restante pour ne pas descendre et rentrer à pied au moins mes fesses seraient sauves mais non allez, jusqu’au bout sur Goulaf! Nous allons rentrer avec un autre guide  des gers voisines et deux australiens qui eux, ont l’air de maîtriser l’art du cheval. Un jour, peut-être…

Bonheur d’être rentré pour tout le monde, les autres ont tous aimé leur expérience, finalement je suis très fière d’être restée sur mon cheval apeuré mais je ne suis pas sûre de recommencer l’expérience tout de suite. Nous passerons notre soirée au repos dans la ger et nous irons photographier le coucher du soleil qui est bien sûr magnifique sur le white lake et les plaines environnantes… moments d’éternité paisibles que rien ne vient troubler… Et puis nous voilà au

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Jour 4: Ulzii nous emmène dans les gers voisines voir sa famille, son oncle et sa tante et leurs enfants et petits-enfants. Ce sera une matinée superbe, nous assisterons à la confection de la crème Mongol, du lait Mongol, de la pâte Mongole et nous goûterons également à la vodka des gers, Bruno et moi.

Miam Miam!

Nous aimons tout, nous admirons cette famille au grand sourire, fiers de leurs racines et de leurs plaines.Ils sont bien sûrs nomades, bougent quatre fois l’an en fonction des saisons, l’hiver ils ne mangent quasiment pas de légumes, rien ne pousse et c’est le moment où les bêtes des troupeaux sont tués en plus grand nombre. Nous n’assisterons pas à l’abattage des bêtes, tant mieux je n’y tenais pas. Au marché, la vision d’une tête de cheval jetée à terre m’avait déjà fortement secoué. Mais c’est ainsi, il faut bien se nourrir et puis c’est dans ce pays que les bêtes ont le plus de liberté et sont heureuses de vivre… Nous n’avons pas de cadeaux à leur offrir, nous aimerions tellement mais nous n’avons rien, je leur donne un briquet, la petite fille de l’oncle d’Ulzzi aime les compter et regarder leurs différentes couleurs, elle a trois ans et est adorable. Et puis un briquet c’est toujours utile dans une ger au feu permanent… L’après-midi, nous nous reposons, nous nous baladons dans les collines environnantes pendant qu’Ulzii encore et toujours nous confectionne des bons repas… Elle ne s’arrête jamais, nous admirons cette jeune femme de 24 ans qui fait découvrir son pays aux étrangers, avec un sourire et une énergie infatigable, peut-être l’énergie avec laquelle naissent les gens d’ici, quand souffle le vent pour les porter sur les chevaux dès l’âge de trois ans et les emmener partout dans ces plaines, ces collines, ces montagnes et ces lacs qui peuplent la Mongolie…Tout doucement nous arrivons au…

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Jour 5: Cette fois, debout tout le monde à huit heures, nous quittons cet endroit paradisiaque pour nous diriger vers les sources d’eaux chaudes de Tsenkher, il s’agit d’un camp de ger pour touristes mais le plus important c’est que nous pouvons nous y doucher!!! Yihaaa, après quatre jours de lingettes, l’eau chaude de ces sources, mêlée de soufre est une approche du paradis sur terre… Il y a également deux piscines extérieures où nous irons nous étendre une bonne heure, qui aurait cru que l’eau nous manquerait tellement?

C’est la fête, nous buvons des bières, nous rigolons, nous discutons, autour de nous tout est toujours aussi beau, pourquoi partir d’ici me serine une petite voix au fond de moi… Je la repousse, nous n’y sommes pas encore, encore, encore, des jours Mongols dans la steppe, nous sommes drogués nous en voulons toujours plus! Cette journée se passe sous le signe de l’eau et nous glisse vers le…

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Jour 6: Après une matinée à nous balader dans les environs enchanteurs des sources, nous voilà repartis vers les chutes d’eau d’Orkhon. Nous roulons beaucoup, parfois nous devons nous arrêter, problème technique, mais Dema notre chauffeur est le meilleur et nous patientons jamais très longtemps avant de repartir, le maximum fut une petite heure. L’après-midi nous voilà dans une plaine, nous nous installons dans notre ger et Ulzzi nous entraîne, oh surprise, quelques centaines de mètres plus loin un énorme fossé où coule à grand torrent la chute d’eau au milieu d’arbres, de rochers, de feuilles jaunies par la saison et nous voilà qui gambadons…

Toujours émerveillés, cette terre n’en finira jamais de nous étonner, nous descendons jusqu’au pied du torrent, nous profitons juste de l’instant présent… Loic remontera par les rochers plus périlleux, il assouvit un peu sa soif d’escalade en passant… Nous escaladons aussi mais le chemin est plus évident que le sien! Et c’est une soirée paisible encore qui nous mènera au dernier jour…

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Jour 7: Aujourd’hui, direction les dunes! En chemin, nous récolterons des pierres pour le feu, car ce soir c’est barbecue Mongol! Le barbecue c’est toujours pour les occasions spéciales en Mongolie, et voilà c’est notre dernier jour, une bonne raison pour Ulzii de nous en faire goûter un! Avant cela, nous découvrirons un paysage splendide et lunaire, des dunes, des dunes et notre ger… Nous sommes accueillis ce soir par une famille chamane, leur ger est très importante pour la communauté environnante. Nous découvrirons maints objets chamans, il ne faut jamais leur tourner le dos dans la ger. Après une heure de chameaux (braves bêtes, calmes et confortables comparés aux chevaux!), nous mangerons et boirons avec Ulzii pour notre dernier soir, un barbecue Mongol se cuit dans la ger, dans le poêle, une couche pour le feu, une couche pour la viande et cuisez moutons!

Ulzii nous parle un peu de sa famille, discute beaucoup avec Charlotte qui enseigne le bouddhisme et lui parle de l’Inde et du bouddhisme là-bas. C’est notre dernière soirée et nous en sommes tristes. Vraiment tristes mais voyager ici en hiver coûte de l’argent, si nous restons nous nous ruinons… Et voici qu’arrive, finalement…

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Jour 8 et le retour… Avant de rentrer à UB (pour les intimes:-) ), nous passerons encore part Khogno Khan, où se dressent encore les vestiges de temples maintes fois détruits et reconstruits. Le bouddhisme a été insufflée en Mongolie par les chinois et les temples ont fait les frais de la guerre entre les deux pays. C’est un endroit particulier, où l’on peut apercevoir aussi bien les montagnes rocheuses que les dunes de sable, harmonie audacieuse de paysages…

Il n’y a qu’en Mongolie qu’on peut rêver autant… Ensuite, ce sera le dur retour à la réalité, le retour à la ville, nous sommes à nouveau livrés à nous mêmes, c’est avec beaucoup d’émotions que nous nous séparons d’Ulzii et de Dema. Elle nous demande de revenir un jour dans le nord, là où vit sa famille, qu’elle puisse nous accueillir cette fois « for free!! ». Nous reviendrons, nous promettons, de toutes façons depuis que j’ai mis les pieds ici, j’ai compris qu’il faudrait que je revienne pour découvrir ses autres merveilles, le lac du nord et ses steppes, le désert de Gobi et ses dunes chantantes et puis tout simplement, respirer à nouveau l’espace et la liberté, peut-être remonter à cheval, à chameau et vivre… simplement… C’est avec deux gros bisous bien belges que nous les lâcherons, entre émotions et rires, là au pas de notre hôtel…

Une vidéo de la route du retour

Ce sont nos dernières journées à Ulaan Baatar, il faut se décider à partir sinon nous sommes prêts à réserver un tour dans le Gobi et cela va vraiment entamer nos économies. Courage, fuyons Mongolie, tu nous as attrapés, nous avons tellement de mal à te quitter…

Photos du dernier jour

Les derniers jours, nous irons, Bruno, Barbara et moi, visiter le musée national de Mongolie, oh combien intéressant! Si vous passez un jour à UB, allez y faire un tour, le musée se dresse sur trois étages et reprend l’histoire depuis les traces des dinosaures… Nous traversons le temps, la tête encore emplie des steppes, en lisant les conquêtes de Genghis Khan et de ses fils, les monopoles russes et chinois qui suivirent, sans oublier la partie consacrée aux traditions vestimentaires Mongoles, leur bijoux, leur ger, leur culture… Saviez-vous que si c’est le pays le moins peuplé au monde, c’est aussi celui où il existe la plus grande diversité de tribu? Et à chaque tribu ses apparats, ses caractéristiques.

La Mongolie est un jeune pays, les chinois et les russes les ont vraiment lâchés à la fin du communisme, ils construisent leur propre identité depuis le début des années nonante seulement. Cela explique pourquoi ils idéalisent Genghis Khan, seul et unique grand guerrier de leur histoire, qui, même si il a conquis par le sang et le feu, fut aussi celui qui réunit tout le monde sous le même empire en préservant les différentes religions et les différentes cultures. Cela explique aussi pourquoi UB ne plaît pas aux étrangers car elle est encore empreinte de culture soviétique, de vieux bâtiments, et les jeeps des steppes sont toujours russes. Moi, j’ai aimé UB comme elle venait, avec son concert de klaxons qui vous tape sur le système au bout d’une heure, avec son brouhaha de gens, de rires, de voitures qui filent dans tous les sens sans regarder qui est à côté. Je l’ai aimé avec ses vieux bâtiments soviétique et ses rares buildings, avec sa grand place qui brille sous le soleil et les statues de Genghis Khan et ses généraux qui ornent l’entrée du parlement. Nous l’avons aimé parce que nous savons qu’elle va changer et nous voulons nous en rappeler comme elle est maintenant, tant que des entrepreneurs étrangers ne l’ont pas encore envahis, tant que les touristes ne s’y installent pas en toute saison, quand elle sera devenue plus attractive, remplie de bâtiments modernes, de piscines dans la cour et de grands supermarchés à l’occidental. UB est peut-être moche pour tout le monde, pour nous elle est unique car elle est jeune, à l’état brut, les collines et les steppes sont là, à sa sortie, promesse de Mongolie…

Nous irons voir un spectacle le « Tumen Ekh », artistes Mongols réunissant le chant, la danse, le spectacle et les contorsions. C’était sublime, nous voilà encore pour une soirée plongés au coeur de leur identité… C’est notre dernier soir, nous sommes avec Charlotte et Barbara bien sûr et nous rejoignons Jessie et Loic à la sortie (eux ont déjà vu le spectacle la veille, nous aurions bien été avec eux mais nous avons cherché l’entrée pendant une heure en vain! En Mongolie, les joyaux se cachent toujours, il faut connaître le bon chemin pour les trouver). Nous irons manger Mongol pour la dernière fois, tous ensemble c’était très sympathique! Et c’est l’ultime soirée à l’auberge, l’utime dodo en terre Mongol, le coeur un peu lourd mais la curiosité en éveil. Nous partirons le lendemain après-midi, le neuf octobre. Nous saluerons chaleureusement les hôtes de l’auberge, oh combien gentils et prompts à nous aider au moindre problème.

Nous voilà en route vers la gare, la Chine est à nous, tout bientôt, toute proche… Avant d’embarquer, un souvenir Mongol qui va sûrement nous servir, des chaussettes en poils de chameaux et en poils de yacks, c’est chaud, c’est doux, çà nous rappelle les steppes, ses animaux et ses nomades… Mais comment pourrait-on oublier ce qu’on ne cessera jamais d’aimer? Dans le train qui nous emmènera, dernier cadeau de ce pays, nous admirerons le désert de Gobi que nous traversons, le soleil s’y lèvera, un ultime au revoir aux trois voyageurs qui partent vers d’autres horizons…

Notre amour pour la Mongolie ne se transmet pas complètement par les écrits, tout comme ce pays ne peut entrer dans un appareil photo. A chaque photo que vous verrez, essayez d’imaginer que c’était un million de fois plus grand, plus vaste, plus beau que tout ce que vous pouvez espérer… A chaque sourire que nous faisons, dites vous qu’il y a un petit vide dans notre coeur maintenant que nous avons bougé. Il y a une petite blessure en nous, les Mongols nous manquent, l’espace et la nature aussi… Mais il est ainsi du voyage et des backpackers, il faut avancer pour pouvoir toujours apprendre plus, connaître plus des Autres, de leur culture et leur histoire. Si un endroit nous plaît plus que tous les autres, alors nous y reviendrons un jour, lorsque nous aurons fait le tour. Mais nous ne pouvons revenir de suite, belle et libre Mongolie, les autres pays d’Asie sont là, à nous tendre les bras…

La suite dans quelques semaines, la Chine nous imprègne un peu, laissons lui le temps de jouer de ses charmes et de la rendre inoubliable à son tour à nos yeux…

Ulan Bator: La ville

Le monastère

Que votre journée soit belle les amis-famille! A bientôt pour nos chinoiseries…

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Catégories : Mongolie | 10 Commentaires

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10 réflexions sur “Mongolia bayarlalaa!

  1. Maman

    Je répète ce que j’ai mis sur Facebook mais comme vous n’y avez pas accès…
    La Mongolie c’est pour vous le Pays du Bonheur, il se mérite et vous l’avez bien mérité….
    Mais que veut dire bayalalaa?

  2. Le rêve est devenu réalité. Quel récit, on s’y croirait… tout près de vous, de votre enthousiasme et de toutes vos émotions

  3. cath!

    je n’ai pas encore fini j’avoue, mais je m’interromps pour un premier mot!
    je le pense à chaque fois que je vous lis dc cette fois je vous le dis, je suis hyper contente de vous voir vivre toutes ces expériences! je me rejouis de vous voir vivre votre voyage à votre sauce et a votre rythme; continuez à respirer, sentir, voir et ressentir tout, tout le temps! ne vous pressez pas…
    je vous aime fort mes poussins en sucre!

    • elodiestockman

      Merci poupoule! (je peux pas m’en empêcher tu nous as appelés les poussins en sucre:-)) ) on te skype bientôt car pas de face de bouc au pays des pandas, en tout cas pas pour l’instant! Merci de nous lire, bisous KOOOOOOT KOOOODAK!! On t’aime!

      • cath!

        ouki on se catch sur skype as soon as possible! je penserai a me connecter chaque fois que je suis chez moi!
        je vous embrasse fort fort mes koalas en chocolat! (je suis pleine d’idees!franck en peut plus jpense!!lol)

  4. marraine

    Mon Dieu, que tout cela est beau! C’est incroyable de réaliser que vous y êtes allés, conformes à vos souhaits les plus chers… Que d’émotions, comme dit l’autre au foot! Je vous envie, même si je ne me sens pas capable de vous imiter…bravo pour votre détermination, votre courage (Goulaf, j’aurais pas pu, moi…), votre humanisme et votre passion. Je vous embrasse fort, continuez à nous faire rêver. 😉

  5. cath!

    HaHaaaaaaa! dans onze semaines je resors le sac!!! yahoo!!

  6. elodiestockman

    marraine: je te fais SMOUTCH!!

    cath: hé ouiiiii le temps file…:-))

  7. cath!

    alors lijiang? c spec hein?!

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