China, China,chéché! (Part 2)

Continuons notre ronde dans la partie chinoise du monde…

Voici enclenchée la course vers la province tibétaine. Un petit mot d’explication sur le Tibet, que nous avions à la base prévu dans notre programme. Nous ne nous y rendrons finalement pas, depuis la Mongolie, nous avions déjà entendu que la frontière était fermée, ou encore très difficile d’accès. Après vérification en territoire chinois, il apparaît qu’ elle est ouverte mais! Papa gouvernement, n’étant toujours pas content de l’opinion international sur son bébé Tibet-qu’il-refuse-de-laisser-quitter-la-maison, a renforcé les mesures de sécurité. Il faut désormais être cinq personnes de la même nationalité pour passer la frontière, il faut également réserver un tour guidé obligatoire (et cher) et surtout, surtout ne jamais se balader seul(e). Strictement interdit. De plus, en nous renseignant, je constate qu’il y a un permis spécial d’abord pour Lhassa. Et valable uniquement à Lhassa. Si jamais l’idée vous vient de vouloir vous balader aux alentours, vous devez repayer pour un permis. Et vous serez en permanence accompagné d’un guide bien entendu. Toutes ces sympathiques contraintes nous ont vite convaincus,… On ira pas! Déjà, payer à la frontière, c’est contribuer à la richesse du gouvernement au dépend du Tibet. Ensuite, nous ne voyageons pas de cette manière. Suivre un tour guidé qui nous montrera à nouveau la gloire de papa gouvernement dans cette région opprimée, non vraiment ce n’est pas pour nous. Nous optons pour une alternative apparemment aimée de beaucoup de voyageurs, suivre de près la frontière tibétaine le long des montagnes dans le Sichuan.

La partie qui suit est rédigée par BruBru, qui s’essaye à l’écriture:-)

Nous avons donc changé d’avis pour la fin de notre périple chinois. Plutôt que de rejoindre Kunming et faire des aller retours vers les différents endroits à voir, nous partons vers l’ouest pour longer la frontière tibétaine. Ceci nous permettra de voir des villages tibétains, finalement plus libres que ceux appartenant à la région proprement dite.
Rallier Kunming nous prendra une bonne semaine avec beaucoup, beaucoup de bus et de petites histoires à raconter!
Le premier trajet que nous faisons nous emmènera à Kangding après 8 heures de bus. Nous avions déjà tout réservé à l’avance, avec auberge le plus près possible de la station de bus! Nous sommes ce soir-là à 2616 m d’altitude.
Le voyage du lendemain sera le plus éprouvant: départ 6h30 pour 10h de route, de travaux, de poussière et de circulation. Un des objectifs de cette semaine de bus est de voir des beaux paysages et de belles montagnes.
De ce côté nous sommes servis! Des montagnes en veux tu en voilà, avec ou sans arbre, avec ou sans rivière et nous apercevons les hauts sommets enneigés au loin. Nous sommes secoués, plein de poussière et l’estomac en compote pour certains mais nous sommes comblés par les paysages.
Les bus qui font de long trajets s’arrêtent pour une pause déjeuner, des petis restaurants ou plein de plats sont préparés et qui sont très bon. Le seul problème étant le côté épicé des plats. Même en aimant le piquant, un plat entier vient à bout de votre estomac assez rapidement.
Il faut donc bien choisir ses plats et prendre beaucoup de riz!!
En voyageant aussi longtemps, on se doit de préserver notre estomac et notre corps tout entier qui est soumis ici à rude épreuve! Nous ne faisons que grimper, pour atteindre les plus de 4000m, les trajets sont longs, il fait de plus en plus froid et le comfort des hotels est de plus en rudimentaire.

Nous atteignons les 4014m dans la ville de Litang, un des plus hauts villages du monde et un épicentre de la culture tibétaine (plusieurs Dalaï Lama y ont vécu). Nous sommes tous épuisés par le voyage et il fait SUPER FROID!!!
Notre chambre est à l’ombre toute la journée et est clairement la plus froide de l’hostel. Nous employons tout notre équipement pour nous garder au chaud cette nuit là. Nous irons manger dans un petit restaurant tenu par un monsieur parlant anglais et qui, pour le plus grand bonheur de nos estomacs cuisine de la nourriture occidentale.
Bien qu’aimant goûter à tout, un bon plat non épicé permet de remettre nos intestins à l’endroit.
Malheureusement nous n’avons pas pu acheter de tickets de bus en arrivant, le guichet étant fermé.Nous devrons revenir le lendemain matin à l’ouverture pour espérer en obtenir.
Le lendemain matin, nous nous dirigeons donc vers la station de bus et sommes d’abord abordés par une multitude de chauffeurs de mini van qui se rendent à Xiangcheng, notre prochaine étape. Ils viennent chacun à leur tour demander notre destination et proposer leurs prix.
Je finis par répliquer « à Pékin » ce qui fait rire tout le monde, ils nous laissent un petit peu tranquille.
Hourra nous sommes les premiers dans la file, ce qui implique forcément que nous sommes écrasés par les quelques chinois qui veulent également un ticket. (NDElo: Je vous avais bien dit… « pousse-toi-de-là-j’étais-le-premier… »)

Nous y rencontrons d’autres occidentaux dont certains parlent chinois et qui nous aident à demander notre ticket.
Nous n’aurons pas de tickets. Il faut attendre que le bus arrive d’une autre ville et espérer qu’il y ait encore de la place.
N’ayant que tres peu de chances d’obtenir un ticket, nous décidons de prendre un minivan.
Un peu plus cher mais nous profiterons mieux de la vue et aurons plus de confort.
Première mission: réveiller Barbara avant 9h. Finalement cela a été plus facile que prévu! Nous retournons dans notre petit restaurant prendre un bon petit dejeuner avant d’aller négocier notre minivan.
Le prix du minivan est fixe et se divise en fonction du nombre de passagers.
Nous essayons de négocier mais ici rien à faire le prix est fixe (et correct). Nous montons dans le minivan et attendons que le chauffeur le remplisse.
Après 15 minutes, nous voilà partis vers Xiangcheng….

Reprise d’Elo.

Ce fut une des routes les plus belles et les plus difficiles de toute ma vie. Les alentours sont magnifiques, mais mes oreilles et ma tête vont souffrir cruellement de la descente. Normalement, lorsqu’on est aussi haut, il faut rester quelques jours au même endroit afin d’habituer notre organisme au manque d’oxygène de l’air. Si nous avons bien supporté le choc en montant, à peine un léger mal de tête pour Bru et la sensation d’avoir fumé quelques pétards… je vais le payer cher en descendant jusqu’à 2700 mètres. Nous descendons trop vite (du au fait que nous sommes en voiture et non à pied) et dès le premier quart d’heure, je sens le mal de tête augmenter, à partir de la troisième heure, mes oreilles se bouchent et se crispent et vous dire que je pleure de douleur n’est pas une figure de rhétorique mais bien la réalité. Tout cela avec autour de moi des montagnes aux sommets blanchis par les neiges éternelles, des vallées aux couleurs de l’automne, or, ocre et vert, des rivières en cascade… vraiment ce fut une route que je n’oublierai jamais… pour le meilleur et pour le pire!

Nous arriverons en fin d’après-midi à Xiangcheng, qui apparaît comme charmante. Nous mettrons un peu de temps à trouver notre auberge, retranchée derrière une cour, mais notre chambre, cette fois, sera superbe! Le hic, c’est que nous sommes au dernier étage et cette fois ci, c’est l’eau chaude qui est absente… Lorsque vous visitez les hauteurs de la Chine, il faut savoir vous adapter à l’inconfort et au manque de commodités. Mes oreilles resteront bouchées pendant toute la soirée et la nuit, mais le mal de tête disparaîtra, toujours ça de gagné! Nous sommes KO, cependant les paysages en valent vraiment la peine! Il y a aussi beaucoup moins de monde, beaucoup moins de pollution et nous avons l’impression de respirer totalement une autre partie de la Chine, plus rude, plus haute, c’est la culture tibétaine…Les couleurs ici sont multiples, les vêtements chauds, les visages burinés et souvent souriants. Leurs drapeaux de prière flottent de ci de là, nombreux, en une danse colorée portée par le vent… Ils ne sont pas riches mais ils n’ont pas l’air pauvres non plus. Ils sont uniques.
Le lendemain, impossibilité à nouveau de prendre le bus local, les deux dames qui ont juste l’air de s’ennuyer derrière leur guichet ne font même pas l’effort d’essayer de nous aider. Et cette fois-ci pas question de prendre un minivan, beaucoup trop cher pour nos finances car notre prochaine destination, Shangri-Là, se trouve à nouveau à 10h de bus, donc loin, donc plus cher. Les minivans ne pratiquent pas du tout l’art de la négociation, le prix c’est le prix (malgré qu’ils concèdent un rabais de 5 euros, qui ne nous intéresse pas). Après une petite heure d’attente, nous finirons par trouver la solution, grâce à une jeune fille chinoise absolument adorable. Un bus pas cher existe, à 40 minutes de là. Elle négocie pour nous le prix d’un taxi, un prix normal, et le chauffeur appellera le bus afin qu’il nous attende! C’est du jamais vu et c’est vrai, après 40 minutes de taxi -nous restons sceptiques sur la négociation jusqu’au bout-  nous voilà devant un gros et grand bus de locaux comme on les aime et effectivement, tout le monde nous attend! Super, nous voilà embarqués pour un moindre coût (celui des locaux), sous le soleil et la poussière en direction de Shangri-Là (qui signifie « paradis »), de son ancien nom Zhongdian qui se perche à 3200 mètres d’altitude. Les paysages sont à nouveau magnifiques et je finis même à la fenêtre car, les Asiatiques détestent en majorité le soleil et mon voisin ne met pas longtemps à échanger sa place à la fenêtre avec moi. Bruno s’est déniché une place à l’arrière, plus ou moins inconfortable… C’est superbe, à nouveau, succession de monts enneigés, vallées vertigineuses et rivières en cascade…

C’est superbe mais ne vous attendez pas à ce que les trajets que nous enchaînons parmi les montagnes soient de tout repos loin de là chers amis-famille! Tout d’abord, là-haut, ce ne sont pas souvent des routes, mais plutôt des sentiers. La Chine étant un pays en perpétuel travaux (comprenez donc, en perpétuelle évolution industrielle et sociale), vous associez certaines énormes parties de sentiers avec des pelleteuses, des tracteurs, des ramasseuses… Et on obtient quoi avec tout ça??? Des énooooooormes quantités de poussières! La route jusqu’à Litang fut la plus pénible, malgré les fenêtres toutes fermées, la poussière rentrait tout de même dans le bus et c’est là que nous avons saisi toute l’utilité des masques que les Chinois et les Tibétains (remarquez la nuance…) ont presque tous sur eux en permanence… Je me réfugierai dans mon écharpe, mais rien n’y fera, je pense que sur les dizaines d’heures que nous avons passé sur les routes cette semaine-là, nous avons assez respiré et avalé de poussières pour une vie entière…

Ensuite, les bus ne sont pas tous de la qualité des jeeps russes que nous avons testées. Il n’y a pas de rideaux aux fenêtres et il m’est arrivé de passer cinq heures de suite (jusqu’à Shangri-là justement) avec le soleil qui chauffe en permanence sur mon humble crâne. J’en viens très humblement à haïr Monsieur Soleil alors que je l’ai réclamé en permanence pour me réchauffer les pieds après des nuits dans les hostels glacés. L’être humain éternellement insatisfait n’est ce pas?  De plus, nous tressautons, nous sautons parfois réellement en l’air dès qu’un virage ou une descente est un peu rude. Enfin, dernier détail, AUCUN bus que nous n’ayons pris n’avait pas de défauts. Soit, le dossier s’abaisse pour dormir mais se relève automatiquement (expérience faite jusqu’à notre trajet à Jiuzhaigou Park, donc 10h), soit les fenêtres laissent passer les courants d’air (et les poussières le cas échéant), ou encore, il n’y a pas d’accoudoir. Ce qui m’a permis d’assister à une scène cocasse, c’est à dire un jeune homme qui s’est endormi côté couloir mais sans accoudoir devinez? Plouuuuuuf, la tête la première, déstabilisé, le jeune homme nous offre un superbe plongeon en direction de la poubelle qui orne les couloirs d’un bus… Une bonne âme le rattrape au dernier moment et,bien entendu, les voisins aux alentours (dont moi évidemment) se mordent les lèvres pour ne pas rire trop ouvertement…

Mais, ainsi que je l’ai déjà écrit, les paysages sont si beaux, nous sommes si heureux d’être dans cette haute partie de la Chine que ces désagréments ne pèsent pas assez pour nous faire regretter. D’ailleurs il ne faut jamais regretter, il faut juste vivre et apprendre c’est tout.

Shangri-là donc, après 10h de route le bus entier est ravi d’arriver. Mon voisin n’en pouvait plus, il m’explique qu’il déteste le bus et qu’il est dedans depuis 6h du matin. Sans pouvoir dormir bien entendu, la majeure partie de la route se fait sur les sentiers défoncés. Alléluilla à l’arrivée!

Nous resterons deux nuits à Shangri-là, nous commençons à sentir la fatigue de sauter de bus en bus, de dormir peu et pas toujours bien, et surtout nous jouons avec l’altitude et ce n’est pas spécialement de tout repos. Shangri-là, c’est très joli, c’est toujours tibétain avec un côté plus touristique mais nous sommes complètement hors-saison, il n’y a pratiquement personne dans les rues, nous respirons! Nous trouverons un restaurant QG comme d’habitude, où comme d’habitude, nous mangeons super bien et où, comme d’habitude, le personnel est chaleureux, souriant et amical. Le seul problème c’est le froid. Ah oui, peut-être n’avais je pas bien précisé mais bien évidemment, la notion de chauffage n’existe pas ici. Tout au plus, nous avons des matelas chauffants la nuit mais ne nous emballons pas, en général un sur deux ne fonctionne pas et quand ça fonctionne, ça fonctionne…approximativement… Mais c’est mieux que rien n’est ce pas!

Quoi qu’il en soit, le deuxième jour, nous allons geler dehors comme dedans et mon corps capitule, j’en suis quitte pour un gros gros rhume qui me prend la tête (au sens propre du terme), la gorge et mon long nez! Cela ne serait pas si grave si j’avais le temps de me reposer mais… pas de temps! Les deux prochains jours, le jeudi et le vendredi 1 et 2 novembre sont en effet consacrés aux… Tiger Leaping gorge, j’ai nommé un trek digne de ce nom dans la petite ville de Qiaotou (que personne ou presque ne connaît). Je suis malade mais ça fait un mois que je pense à ce trek, surtout après la déception du Jiuzhaigou park, nous avons les gambettes qui démangent, pas question de renoncer!

Notre périple en bus

Les Tiger Leaping Gorge sont connus pour être un trek magnifique et un peu dangereux. Voire, un peu difficile car ça grimpe dans la première partie du chemin. Mais il n’est pas très long, certaines personnes le font en une journée,  10h de marche suffisent à le boucler. Nous bouillons d’impatience à l’idée de voir à quel point c’est difficile et nous voilà donc, le jeudi en début d’après-midi au lieu dit. Nous laissons nos gros sacs à la première guesthouse du chemin, et nous prenons juste le nécessaire dans notre petit sac. Je tousse et je me mouche toutes les 10 minutes mais tant pis! Nous commençons la marche tard, vers treize heures et nous comptons bien prendre notre temps. Nous ne marcherons que deux heures et demi cet après-midi là, je ne suis pas capable de plus, le soleil tape fort, ça grimpe et mon corps fatigue très vite. Nous nous arrêterons à la « Naxi family guesthouse », qui est un endroit superbe et où la vue est imprenable… Devant nous, se dressent les montagnes enneigées et derrière, nous sommes cernés par la vallée… une soirée magique en perspective…

Et je me fend d’un petit mot d’explication sur le mot « Naxi ». En effet, il s’agit d’une tribu tibétaine qui, fait très rare dans les sociétés, est de lignée matrilinéaire et donc une société matriarcale. C’est-à-dire que c’est la femme le chef (aha!). Nos cours d’anthropologie bien aimés nous reviennent en mémoire lorsque nous les observons. En effet, dans cette région, ce sont les femmes qui tiennent les auberges, ce sont à elles qu’  appartiennent les enfants et elles ont le droit, si elles le désirent, d’avoir plusieurs hommes dans leur vie. La paternité n’est quasiment jamais reconnu. Nous observons donc ce phénomène rare et intéressant dans chaque guesthouse où nous passons. Les hommes sont effectivement présents mais absents. Ils ne disent pas grand chose, se contentent d’être là.  C’est à l’antipode de nos cultures et oh combien captivant.

Après une soirée de rêve et de mouchoirs me concernant, nous nous levons le lendemain pour être prêt pour 10 heures. Je vais un peu mieux mais ce n’est toujours pas la guérison. Cette journée-ci nous marcherons  sept heures et heureusement pour moi, ce n’est pas un trek que nous considérons comme « difficile ». La grosse montée vantée par certains et surnommée « 28 bends »  c’est-à-dire « 28 virages », ne prend qu’une grosse heure de montée. En tout, l’effort de grimpette est de trois petites heures sur les deux jours. Par contre, il est effectivement un peu dangereux et nous comprenons que certaines personnes y aient laissé la vie il y a quelques années. Dans la dernière partie du trek, le sentier se fait très étroit, nous surplombons les gorges à plus de 800 mètres et le moindre faux-pas, la moindre glissade (heureusement il ne pleut pas), vous précipite vers la rivière et les rochers en contrebas. Et, est-il besoin de le dire, c’est tout simplement magnifique. Et nous sommes absolument seuls. A peine croiserons-nous une vingtaine de personnes sur les deux jours, c’est un miracle en Chine. Qui s’explique par le fait que les Chinois ne font jamais ce trek (ils n’aiment pas marcher cela se confirme) et l’endroit est d’ailleurs connu depuis longtemps comme n’attirant que les étrangers. Les Chinois, eux, le font en bus de touriste, par la route qui longe la rivière en bas. Tant mieux pour nous, c’est ce que nous voulions, que nous espérions depuis le début, un endroit où marcher où l’on se sent seul et où on peut respirer! Nous arriverons le soir du vendredi vers 19h dans la guesthouse finale la « Tina guesthouse »! Evidemment, Bruno et moi ne pouvons y rester sans y dormir (Tina, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une amie et une grande voyageuse également, petit clin d’oeil à toi chère Tina;-)). Nous profiterons du luxe absolu, il n’y a personne, les chambres ne sont donc pas chères, nous avons la vue sur les gorges, une chambre chauffée, trois lits immenses, une salle de bain privée et.. la télé avec une chaîne en français! Youhou vous dites-vous… Sauf qu’à onze heures du soir, coupure de courant général… jusqu’au lendemain bien entendu. Plus de lits chauffants. Plus de télé. Héhé. Aha. C’est la Chine en montagne, c’est comme ça!

En route vers les 28 bends!

TIger Leaping Gorge

Et notre  boucle est presque bouclée, après ces quelques jours, nous sommes complètement épuisés. Nous passerons le samedi soir à Lijang, que les guides nous décrivent comme étant très jolie. Ils oublient de préciser très bondée. Quand on redescend des montagnes, c’est un choc, on avait oublié à quel point la Chine est multiplement nombreuse! Le résultat, c’est qu’on se baladera à peine et qu’on se reposera beaucoup! Même scénario du dimanche soir au mardi soir, lorsque nous arriverons finalement à Kunming, à nouveau en bus! Nous sommes devenus des professionnels du bus et celui vers Kunming est un bus de luxe! Il n’est pas rempli (fait exceptionnel), rien n’est cassé (hormis les toilettes mais d’habitude il n’y a jamais de toilettes donc…), et nous sommes en hauteur, avec une vue superbe. De plus, nous avons un steward qui nous distribue des petites bouteilles d’eau et le lunch du midi est compris dans le prix! (deuxième fait unique!).  Un trajet parfait! Mais nous sommes réellement épuisés et nous avons surtout besoin de nous reposer et d’arrêter de courir dans tous les sens, d’un bout de Chine à un autre. Ca tombe bien, le Vietnam nous tend les bras, nous ferons notre visa en une journée le lundi et nous embarquerons le mardi soir pour la frontière…

Ainsi se terminent la danse endiablée des chinoiseries les amis-familles… La Chine est un pays intéressant, empli de paradoxes, de contradictions, de cris, de vie. Nous avons été marqués par beaucoup de traits culturels chinois, comme leur manie de cracher partout, leurs masques permanents dans les grandes villes, les bébés qui possèdent des pantalons ouverts aux fesses afin qu’ils puissent se soulager dès qu’ils le souhaitent, les gens qui jettent leurs déchets n’importe où par une fenêtre ouverte, dans la rue, dans des trous… leurs villes déroutantes de buildings et de old town, leurs campagnes fabuleuses aux rizières et aux champs marqués par le soleil et les paysans… Les montagnes tibétaines, les hauteurs, l’altitude et les paysages  magnifiques… Les villages uniques mais en même temps, parfois trop touristiques… La Chine est multiple, la Chine ne se laisse pas apprendre en une fois, nous sommes bien conscients que nous ne la connaîtrons pas en un mois… La Chine est mystérieuse, facétieuse, polluée et curieuse… Vous pouvez ne pas l’aimer mais vous en resterez marqué…

Nous, nous ne l’avons aimé comme nous avons aimé la Mongolie, instantanément, en un instant. Pas comme la Russie, qui nous fait fondre sous son charme soviétique et ses charmes du Baïkal. Mais nous l’avons quelque part dans le coeur, entre les bruits et la beauté des gens, le respect et la fragilité de l’environnement, les montagnes et les rivières emplies d’air frais, les villages tintammares et remuants… Oui, la Chine a laissé sa marque et il faudrait bien plus de temps pour nous permettre de dire que nous la connaissons vraiment…

Je vous laisse à nos photos, à vos vies les amis-famille! Nous comptons rester au Vietnam pour deux mois, une nouvelle page asiatique commence… Pour notre plus grande joie!

Nous vous aimons, vous embrassons très fort, merci de nous soutenir et d’être toujours là, au détour d’un commentaire, d’un appel, d’un mail…

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Catégories : Chine | 8 Commentaires

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8 réflexions sur “China, China,chéché! (Part 2)

  1. Xavier (papa d'Elodie)

    Encore une fois (vieux terme belge) bravo, surtout pour avoir encaissé ces nombreuse heures pénibles lors des voyages en Chine.
    Je vous souhaite de recharger à fond vos batteries et de retrouver votre enthousiaslme et votre joie de vivre, très communicative, au Vietnam.
    Je pense à vous en permanence, très affectueusement.

  2. Maman

    Quel périple….!!! Merci de me faire découvrir aussi bien ce pays dont je ne connais rien. Votre reportage à deux voix me permet d’en connaître un peu plus. C’est en effet une vraie aventure dont le corps et l’esprit ne peuvent sortir indemnes . On vit tous sur la même Terre…. Mais nous caractérisons-nous d’abord par nos différences ou par nos ressemblances?
    Et puis, je reviens avec ma question: que veut dire  » chéché » ?
    Bravo pour votre état d’esprit et votre courage. Et… en avant toutes pour d’autres aventures.
    Grrrrrooooooos bisous.

    • elodiestockman

      Chéché veut dire merci… Et je l’ai écrit phonétiquement, en effet il s’inscrit chierchier normalement, tu concèderas que c’est beaucoup moins élégant;-)
      En ce qui me concerne, je pense qu’on ne peut se caractériser par uniquement les ressemblances ou uniquement les différences.. au-delà de tout ça, nous sommes des êtres humains qui vivent sur un petite planète toute bleue, Le mélange de ce qui nous réunit ou nous oppose n’est que relativité d’un point de vue d’un être humain sur un autre… Et si juste on vivait en se respectant?:-)
      Merci de nous lire (et merci maman de corriger le premier article:-) )
      Bisous!

  3. Pas mal pour un début Bruno mais on reconnaît ton esprit synthétique (un peu comme moi…héritage culturel sans doute)

    • elodiestockman

      Brubru et son esprit synthétique (je dirais même sociologique:-) ) se retrouvent également dans la catégorie « quelques pensées » si ça vous intéresse jolie belle-maman et président Roland!:-) Il se lance dans les écrits, façon Nounours:-) Gros bisous!

  4. Aujourd’hui j’ai été bouloter à Tournai. La vue sur les collines frasnoises est magnifique. Ensuite : autoroute A8 jusqu’à Froyennes. Ca roule ! Puis : embouteillage pour rentrer en ville (69000 habitants !). Cette nuit : pas de matelas chauffant, mais bien un Mozar. Vous conviendrez que le contraste est G R A N D avec votre périple asiatique. Et puis aussi, au plus vous écrivez le coût des trajets, au plus je trouve votre expédition enrichissante. Allons bon : bonne nuit et … good morning !

    • elodiestockman

      Tout à fait tonton Tintin, tout à fait! Mais je connais certaines cousines pour qui les collines frasnoises valent tous les périples asiatiques du monde (l’autoroute est à vérifier;-) )… Quant à Mozar, tel un Loulou, c’est mieux que tous les matelas chauffants de l’univers! Et en plus on ne les éteint jamais:-) Quant à notre richesse… oui nous en gagnons énormément pour finalement en perdre si peu…:-) Belle journée à vous trois! Wouah wouah wouah!

  5. Lorraine

    envoyez encore et encore du rêve, de la réflexion, vos étonnements… on vous suit avec un tel plaisir ! bises

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