Goooooooood mooooooooooooorning Vietnam!!!!

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Bienvenue au Vietnam les amis-famille… Un petit retour au point de la frontière…

Nous voici donc dans le bus, qui nous mènera de Kunming à Lao Cai, de la Chine au Vietnam le 7 novembre… Nous sortirons comme nous sommes entrés c’est-à-dire en bus couchettes! Le grand luxe, étendre nos jambes et même dormir, nous n’y sommes pas habitués avec les bus chinois! Trajet sans histoire, nous sommes cinq blancs à bord, Barbara, Bruno et moi plus un couple d’Allemands très sympas! L’anecdote de ce voyage… se situe au passage de la frontière! En effet, comme d’habitude, hop hop hop tout le monde donne son passeport et les douaniers chinois vérifient suspicieusement notre identité. Nous zyeutons par la fenêtre, ils ont l’air bien jeune ces douaniers! Et d’ailleurs… l’un deux rentre dans le bus, l’air très embêté. Un passeport à la main. Gesticulations chinoises il veut savoir à qui cela appartient. Et… hé ben on dirait bien que c’est le mien! L’air très embêté il me regarde et me pose une longue question… en chinois. Je le regarde avec l’air de quelqu’un qui ne comprend rien au chinois.De plus en en plus embêté, il répète sa question en regardant autour de lui, espérant l’aide de ses compatriotes. Bien entendu, tout le bus se regroupe pour l’aider. Une dame me regarde et articule « where-do-you-come-frooom?? » je réponds « Belgium » le plus distinctement possible sachant très bien ce qui va suivre, nous avons eu le coup des dizaines de fois… Ca ne rate pas « Beijing?? » me demande-t-elle l’air perplexe « Noooooo BEL-GIUM » . Hé oui, papa-gouvernement ne remplit pas ses devoirs d’enseignement et le peuple bisounours ne sait pas ce que c’est la Belgique. Ni Bruxelles. Ni même (une fois) Paris! Bref, en attendant le douanier a l’air embêté car effectivement c’est son boulot de connaître les pays bienvenus en Chine et là je le rends ridicule avec mon petit pays d’Europe inconnu du grand peuple chinois. Il redescend. On s’attend à la suite, si moi j’ai eu droit à la question, ce n’est qu’une question de minutes, Bruno aura son tour! Effectivement, quelques minutes plus tard, le numéro recommence, douanier-à-l’air-de-plus-en-plus-embêté remonte dans le bus et cette fois ci s’adresse à Bruno, toujours en chinois. La demoiselle allemande se joint à nous pour expliquer « Belgiuuuuum » avec tous les accents possibles rien à faire et de plus il persiste à nous parler en chinois, le pauvre ne sait plus à quel Bouddha se vouer. Incroyable, nous sommes entourés de nos deux pays voisins, deux Allemands et une Française mais les Belges ne sont pas dignes d’intérêt de papa gouvernement (peut-être apprennent-ils la géographie en fonction de la Coupe du Monde??) Barbara se marre, la demoiselle allemande regarde par la fenêtre et se marre à son tour, elle vient de voir les deux douaniers, à grands renforts de google Map se renseigner sur notre petit pays.. Ouf, c’est bon, ils ont trouvé, l’honneur est sauf et au passage, on leur a appris quelque chose! Et nous on peut enfin postuler pour le Vietnam!

Nous passerons la frontière de très bonne heure, dès son ouverture! Nous sommes cinq blancs et quelques commerçants qui eux, font l’aller-retour Chine Vietnam tous les jours. Et c’est très rapide, du au fait que nous sommes peu nombreux et que les Vietnamiens n’ont pas l’air suspicieux. Pourtant, nous sommes en territoire communiste encore et toujours. Mais nous voilà, passant cette frontière à pied sans aucun souci, en 30 minutes, ça y est, un de mes rêves se réalise, j’ai les pieds dans le Vietnam, Barbara, toujours en Chine de l’autre côté de la frontière, me fait des grands signes, elle connaît mon vieux rêve pour avoir le même, elle me lance des grands sourires, sautille sur place et crie « Ca yeeeeeeest t’es au Vietnam!!!! », tout cela sans que le moindre officier ne fasse de  zèle, flegme asiatique quand tu nous tiens… Je dois dire que j’ai la patate d’y être, sans réaliser vraiment, ça fait plus de 10 ans que ce pays m’intéresse et m’appelle et voilà, aussi simplement qu’un regard militaire approbateur et un tampon sur mon passeport, un rêve devient réalité! Bruno répète à tire-larigot « Noursette au Vietnam, Noursette au Vietnam » et moi je me sens juste heureuse, quel bonheur d’être avec eux pour partager ce moment…

Mais nous voilà de retour dans la réalité pure et dure, nos amis Allemands changent leur argent et nous attendons notre tour et je vois le jeune homme, Mathias, qui s’enflamme brusquement, tape du point sur le guichet et prend un papier pour écrire le change auquel il a droit. Hunhun, ça sent l’arnaque donc. Mathias nous prévient « ok le taux de change est correct mais le type est un filou comptez bien vos billets! ». Sa copine, toute calme a côté, me précise qu’il est prof de maths et donc difficile à duper quand il s’agit de compter… La vie met toujours des gens bien sur le chemin lorsqu’on en a besoin… Mathias va rester à côté de Bruno et Barbara pour le change et de fait, le vilain bridé essaye sans vergogne d’arnaquer, rend des billets de 5000 au lieu de 500000  sachant très bien que nous ne sommes pas habitués aux nombreux billets et à leur couleur. Il essaye de virer Mathias, mais Barbara se cramponne à lui et tonne « No, he stays with us and-give-me-my-moneyyyy!!!!! » L’escroc est d’ailleurs seul dans son jeu, comme d’habitude, nous sommes entourés d’une horde d’Asiatiques et personne ne le supporte (ni ne nous aide mais il ne faut pas pousser et d’ailleurs ils ne comprennent pas tous l’anglais). Bruno finira par avoir le change mais Barbara non. Le type doit être fatigué d’être honnête et lui rendra ses yuan chinois. Merci Mathias, sans toi nous n’aurions peut-être pas été aussi vigilants! Et je retire tout ce que je pense des profs de maths en général:-))

Lao Cai, nous voilà, après avoir un peu erré dans la ville, nous négocions sec pour une navette jusque Sapa, à trois quarts d’heure de là. Le conducteur finit par accepter, après tout il a 5 blancs pour le prix de 30 Vietnamiens, il est toujours gagnant. Comprenez-nous bien, nous sommes conscients que nous ne pouvons pas avoir le prix vietnamien, ils gagnent peut-être 50 dollars par mois et nous, même nous considérant comme pauvres, nous n’atteignons jamais un seuil aussi bas. Mais il faut toujours négocier car le blanc est le pigeon et heureusement pour cela je suis très bien accompagnée et je deviens petit à petit comme Bruno et Barbara, c’est-à-dire intransigeante devant les prix proposés. Et de toutes façons, c’est le jeu en Asie!

En route pour Sapa, il fait gris, humide, chaud, cela nous change de la Chine, le Vietnam est humide, changeant et de ce fait, très troublant… La route est magnifique, nous roulons au-dessus de rizières, du vert du vert et encore du vert! L’humidité au Vietnam confère une flore exceptionnelle, malheureusement nous sommes des amateurs et nous ne pourrons assez nous en émerveiller.

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Sapa, notre ville tant attendue pour une semaine de repos bien mérité. Nous sommes très fatigués de notre mois chinois et nous avons l’intention de ne RIEN faire pendant quelques jours, ça nous changera! Sapa est une ville très touristique, montagneuse, entourée de rizières et dont la brume est la reine. Lorsque nous arrivons, nous sommes immédiatement suivis, poursuivis par des gens nous proposant leur hostel, mais Bruno, Barbara et moi savons déjà où nous logeons. Les dames H’Mong (la tribu dominante du Nord du Vietnam) nous suivent jusqu’à notre auberge, je connais déjà leur boulot, qui est de suivre et poursuivre les touristes partout pour qu’ils achètent leurs bijoux ou autres babioles. C’est de ça qu’elles vivent pendant que leurs maris travaillent aux champs, ou arpentent les montagnes pour les récoltes. Petites filles, on ne les emmène pas à l’école mais dans la rue afin de leur apprendre à traquer le touriste. C’est triste, et nous aurons largement le temps d’observer (et de fuir) leur babillage insistant. De notre balcon à l’hostel, je les regarde, elles vont rester assises pendant au moins deux bonnes heures à guetter si on ressort (car évidemment nous n’avons rien acheté) en espérant pouvoir nous vendre quelque chose à la sortie. Ce n’est pas de chance car nous ne sommes pas d’humeur gambadeuse, nous allons nous reposer et mettre à jour notre blog pendant les deux jours qui suivent. Le temps est incroyablement changeant, nous aurons droit à deux jours de soleil et six jours de brume, de pluie, une petite éclaircie de temps en temps pour remonter le moral mais aussitôt avalée par la brume qui règne décidément en maîtresse sur ces contrées. Sapa est touristique effectivement et cela fait bien longtemps que nous n’avons pas vu autant de blancs au mètre carré. Le point extrêmement positif de notre hostel c’est qu’il est un peu en dehors de la ville, nous profitons du calme environnant pendant les jours suivants. Nous nous baladons un peu, nous avons élu domicile dans un restaurant, nous nous y rendons chaque soir (le patron nous fait 15% de remise dès le premier soir devant notre belle table) et pendant une petite semaine nous allons essayer quasiment toute la carte! Cela nous fait vraiment du bien de prendre du temps pour discuter, écrire, nous balader tranquillement avant de reprendre notre route, chacun de notre côté car c’est ici que nous nous séparerons de Barbara. Nous passerons une très belle soirée avec  nos amis Allemands ainsi que Charlène et Gwendal (nos amis Français rencontrés en Mongolie et retrouvés à Sapa!) dans un petit resto typique déniché par Mathias et ensuite dans un bar non moins typique, avec Mojitos et billard pour se détendre! Et le lundi 12 novembre, c’est notre dernière journée et soirée avec Barbara. Nous la passerons tranquillement, nous rendant une dernière fois dans notre resto préféré pour y manger une fondue vietnamienne digne de ce nom! Derniers instants de proximité pour cette belle amitié commencée il y a maintenant presque deux mois… Le lendemain, Barbara part à l’aube pour Hanoi, un dernier gros bisou, un dernier au revoir, vas-y Barbara, continue ta route, on se reverra d’ici quelques mois!! Quant à nous, après beaucoup d’hésitations, nous avons réservé un trek pour le Mont Fansipan, le mont le plus haut de l’ancienne Indochine et regroupant donc le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Il s’élève à 3143 mètres et constitue un bon challenge pour nous. De plus, nous voulions éviter tous les treks où nous serions suivis en permanence par les dames H’Mongs, ce qui ne nous laissait pas beaucoup de choix. Mais, d’abord et avant tout, c’est l’appel des hauteurs qui nous tient et l’envie de relever un beau défi. Mais nous n’y arriverons pas, à ce sommet tant espéré et attendu. Pour commencer, Bruno est toujours un peu malade lorsque  nous commençons l’ascension le mardi 13 vers 10h du matin. Problèmes de digestion que nous connaissons bien mais cela affaiblit. De plus, il porte plus de 10 kilos sur son dos, nous avons bien un porteur mais lui-même porte déjà plus de 25 kilos (ces gens forcent mon admiration, ils gambadent, grimpent, cuisinent sans glisser, sans tomber, sans fatigue) et il n’a plus de place dans son sac pour caser quoi que ce soit. La première partie de la journée, jusque midi trente se passe bien, nous passons par la jungle des montagnes, oh combien touffue et intéressante. Ca grimpe, mais ça va, nous nous y attendions. Pause dîner, nous sommes à 2100 mètres d’altitude, et nous avons commencé à 1800 mètres approximativement. C’est après que ça se corse. La seconde partie du trek est de loin beaucoup plus difficile, ça grimpe en permanence mais surtout, surtout, ça glisse, il faut se servir des mains et des pieds pour se hisser de rocher en rocher, sauf pour notre guide et notre porteur, qui, en vieux habitués, gambadent et sautent de pierres en pierres comme des cabris. Je commence à me sentir vraiment très mal, j’ai beau m’arrêter pour respirer, me reprendre, rien n’y fait, j’ai des nausées, je me sens faible que se passe-t-il? Nous sommes à 2500 mètres d’altitude, notre guide nous dit gentiment que nous avons payé beaucoup pour grimper, nous sommes à deux petites heures du camp  pour la nuit peut-être trouverons nous la force d’y arriver. Ma réponse est que je vomis tout mon repas. Ca va un peu mieux après cela, et après avoir évalué la situation, Bruno me conseille de continuer, la descente sera aussi dangereuse et fatigante mieux vaut atteindre le camp. Nous le ferons et encore aujourd’hui je me demande comment nous avons fait. Tous les deux épuisés, malades, nous avons grimpé, escaladé ces rochers, ces sentiers de boues, de terres et de racines jusqu’à ce camp où j’ai sérieusement envisagé de passer le reste de ma vie, n’imaginant plus pouvoir faire un seul pas de plus désormais. Il était 17h30 et nous sommes à 2800 mètres d’altitude, le record pour nous deux est battu.  Il faut bien comprendre que la montagne au Vietnam n’est comparable à aucune montagne d’Europe, c’est humide, glissant, les rochers servent de chemin les trois quarts du trek et c’est réellement épuisant. Il est complètement déconseillé de faire ce trek seul et si vous demandez à un Vietnamien, il vous forcera à prendre un guide, pas pour les sous mais pour votre sécurité. Des Suédoises rencontrées lors de ce trek ont croisé un gars qui montait tout seul, il leur a donné le numéro de sa mère au cas où il y aurait un problème. Ce n’est pas l’Himalaya, mais c’est quand même une jungle et un accident est vite arrivé avec l’humidité et tous ces rochers. Notre nuit ne sera pas meilleure, nous nous couchons dès 18h et je n’avalerai rien du souper que notre porteur nous a préparé. A peine trois grains de riz et je bois beaucoup d’eau, espérant de toutes mes forces que le lendemain j’irai mieux pour le sommet qui n’est plus qu’à 300 mètres. Malheureusement, je revomirai trois heures plus tard, un autre guide est soucieux et demande s’il peut faire quelque chose pour m’aider. Malheureusement non, il n’y a rien à faire, je crois que j’ai une gastro, peut-être un mal d’altitude, et surtout, mon corps est en train de me dire que je fais un trop gros effort, cette montagne est au dessus de mes capacités.Bruno ne va pas mieux, il passera sa nuit en aller-retour toilettes et nous partageons le camp avec un groupe de Malaisiens. Dont une dame qui n’arrête pas de gigoter à côté de Bruno, et dès quatre heures du matin ils seront réveillés, allons y pour les lampes frontales dans la tronche, les blablas à haute voix (à cet instant je les hais tous autant qu’ils ont de voix) et la dame à côté de Bruno me paraît délirante. Elle n’arrête pas de réclamer de l’eau, quand elle en a, ça ne va pas, il faut plus, et puis où sont ses affaires, que quelqu’un l’aide etc etc etc… Le départ pour le sommet est prévu à 5h, les Malaisiens s’en vont enfin et nous sommes résignés, nous n’avons pas assez de forces ni de sommeil pour continuer. Continuer la montée c’est prendre l’énorme risque de s’effondrer de fatigue lors de la descente. Or, cette montagne ne se monte qu’à pied, il n’y a pas de route, personne ne sait venir nous chercher, sauf peut-être à débourser une fortune pour un hélicoptère! Me reviennent en mémoire toutes mes lectures sur la montagne, sur l’Everest (mon obsession et un autre de mes rêves, grimper jusqu’au camp de base à plus de 5100 mètres d’altitude et plus haut encore, 6000, 7000 mètres si un jour nous en sommes capables). Les meilleurs alpinistes ont tous un jour fait demi-tour et nous ne sommes que de simples randonneurs, j’écoute donc les conseils de mes lectures et surtout de mon corps. Nous redescendrons, et c’est lors de la descente que nous nous rendons compte de tout ce que nous avons grimpé. Nous sommes fiers de nous d’être allés si loin, amers de ne pas avoir atteint le sommet mais ce fut une bonne expérience pour nos limites. Depuis, j’ai compulsé tous les sites parlant du Fansipan, un seul seulement prévient qu’il faut être un trekkeur endurci pour s’y attaquer. J’ai lu aussi que des sportifs s’arrêtent comme nous à 2800 mètres. Ceci dit, beaucoup de gens y arrivent aussi. On y retournera un jour, c’est certain. Lorsque nous aurons fait de bonnes marches ailleurs, dans les Alpes, dans les Cévennes, pour nous entraîner et nous former aux treks de l’Asie.

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Sapa

Bref, c’est épuisé et les muscles douloureux que nous passerons notre dernière journée à Sapa. Nous revenons le mercredi après-midi de la montagne et nous partons le vendredi matin pour Dien Bien Phu. C’est un détour avant Hanoi mais nous sommes férus d’histoire du Vietnam et nous tenons à voir cet endroit mythique où les Français ont capitulé. Nous y arriverons le vendredi soir, Dien Bien Phu n’est pas un endroit touristique, il ne se situe qu’à 34km du Laos et logiquement les touristes y font arrêt une nuit avant de prendre le bus tôt le lendemain pour la frontière. Nous, nous y restons toute la journée du lendemain, avec un bus pour Hanoi le soir à 18h. C’est une journée un peu étrange, nous nous baladons dans la ville semi-moderne jusqu’à son point le plus haut, une espèce de plate forme avec une statue mémoriale. La vue alentour permet bien de comprendre à quel point les Français n’ont pas dû réfléchir pour se poster à cet endroit. L’endroit est entouré de vallées, de la jungle, une aubaine pour les Vietnamiens qui pendant des mois ont approvisionné l’endroit en armes, courant dans la jungle sans se faire voir, se dérobant au regard de l’ennemi, dont la grosse erreur a été de penser que les Vietnamiens étaient dépourvus de toute artillerie. Lorsque l’assaut sera lancé, le commandant en chef de l’artillerie française va se suicider, le commandant Pirot abandonne ainsi ses hommes à leur triste sort par sa faute, car il avait affirmé que jamais les Viet Minh ne pourraient être armés en artillerie.

Nous poursuivrons notre route jusqu’à la colline A1, là où tout s’est joué, là où les Français sont tombés. L’endroit est reconstitué, les tranchées et les souterrains, il y a toujours une espèce de cuvette (trou d’obus, effondrement de terrain?) également… que nous supposons authentique bien entendu…  C’était étrange de se poser en haut de cette colline, un chapiteau derrière nous rempli de gens pratiquant la méditation… Lorsque vous êtes pourvus d’une bonne imagination il n’est pas difficile de se représenter les atrocités d’ il y a 60 ans en ces lieux. Le reste de notre après-midi, nous déambulerons dans la ville qui est toute petite. J’ai le sentiment que les gens nous regardent vraiment bizarrement, en plus nous parlons français. Il y a peu de blancs ici, l’ambiance est particulière il faut savoir que le gouvernement a modernisé la ville pour l’intérêt historique il y a seulement 10 ans. Auparavant, ici il n’y avait que des paysans, des petites maisons disséminées de ci de là, peut-être les habitants n’apprécient-ils pas trop ce changement. Peut-être aussi suis je un peu paranoïaque mais c’est un des endroits de notre voyage où je me suis le moins sentie à ma place. Partout en Asie la population nous observe, c’est normal, ici les regards me semblent plus incisifs, moins ouverts. Mais ce ne sont que mes impressions, renforcées d’autant plus que notre repas tout simple nous a coûté un prix excessif, nous avons été bêtes de ne pas demander avant mais jusqu’à présent, tout nous avait souri, mais le voyage c’est aussi cela, apprendre des expériences mauvaises pour ne plus les répéter par la suite!

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Dien Bien Phu

Nous quitterons donc Dien Bien Phu, contents d’avoir vu ce lieu mais heureux d’avancer plus bas. Hanoï nous attend, nous y arriverons le lendemain très tôt, il n’est pas encore 6h00, mais déjà des centaines de Vietnamiens sont debout, ce peuple appartient à l’aube, ils s’activent si tôt que cela me donne des complexes, on est si paresseux chez nous? J’avais déjà remarqué ce fourmillement en Chine, il se poursuit donc ici. Nous, nous sommes fatigués et nous prenons un taxi jusqu’à notre hôtel, dans le vieux quartier d’Hanoi. Quand je dis vieux, comprenez toujours « touristique ». En ce dimanche 18 novembre, nous allons nous reposer et déambuler l’après-midi dans Hanoï, la ville folle! Accrochez-vous ici, c’est la vie en permanence, la fourmilière centrale du Vietnam, des centaines de scooters jaillissent sans cesse des rues, des plus étroites aux plus larges avec pour seul code de la route d’écraser le moins de gens possible. Comment repérer les touristes à Hanoi, c’est simple ce sont ceux qui n’osent pas traverser d’un coup! Il nous faudra quelques heures pour nous habituer, nous venons de coins calmes, ici c’est tout le contraire! Mais cela nous plaira, nous resterons à Hanoi jusqu’au mercredi, nous promenant dans ses multiples artères, jusqu’au Mausolée d’Ho Chi Minh (Oncle Ho pour les intimes!), l’opéra d’Hanoi à l’architecture européenne et donc détonnante, nous tournerons autour d’un de ses lacs (cela nous rappelle les étangs d’Ixelles) et nous nous rendrons au Musée de l’ethnologie (photos), passionnant et très très bien structuré, jusqu’aux reconstructions à l’extérieur des différentes maisons au Vietnam, suivant les tribus qui l’occupent.

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Hanoi

Le mercredi 21, nous partons jusqu’au vendredi pour un endroit magnifique, unique… La Baie d’Halong bien entendu! Nous avons choisi un tour « de luxe », un peu plus cher que les tours basiques, qui nous permet de dormir deux nuits là-bas, une sur le bateau et une dans un bungalow avec vue sur la Baie. Tout cela agrémenté de kayak, de vélo, avec une nourriture de la mer et un paysage absolument fascinant! Nous avons choisi ce budget en pensant à mon anniversaire, on est pas tous les jours au Vietnam pour ses 27 ans! Le mercredi, nous allons passer une partie de l’après-midi sur le bateau, nous sommes une quinzaine, pas mal de jeunes, nous allons faire connaissance avec un couple de Hollandais, un couple anglo-namibien et aussi un couple d’Australiens! La vue est tout simplement magique, la nourriture à bord est délicieuse et le soleil est de la partie! Parfait donc! Le seul inconvénient c’est que bien entendu des dizaines d’autres bateaux font le même trajet que nous et nous ne sommes jamais seuls dans la Baie aux multiples rochers. Pour l’histoire du Vietnam, la Baie d’Ha Long doit son nom à la légende selon laquelle un dragon serait descendu du ciel pour vaincre les courants marins à cet endroit. Seulement, en bougeant, sa queue aurait heurté la montagne et ce faisant, le niveau de l’eau a monté et seuls les sommets les plus élevés ont émergé. Ha Long signifie en Vietnamien « là où le dragon est descendu ». Les Vietnamiens, comme beaucoup d’autres Asiatiques, vouent un profond respect au dragon, créature mythique dont ils sont les descendants car ils vivent sur sa terre.

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Cet après-midi-là nous allons aussi faire du Kayak, c’est la première fois que j’en fais et je dois dire que je n’ai pas choisi l’endroit le plus moche de la planète! Brubru est comme un poisson sur l’eau, il gère l’arrière, fait des virages, freine en frein à pagaie, bref on s’éclate! Auparavant, nous avons visité la « Surprising Cave », la grotte la plus belle de toute la Baie apparemment… C’est effectivement grand et très joli mais c’est bondé de touristes et la plupart des Européens ont vu mieux en Europe. Mais cela reste sympathique. Notre guide, Anna (de son faux nom, dans la baie d’Ha Long, les guides se donnent tous des noms européens, plus faciles à prononcer pour les touristes), nous montre tous les animaux qu’elle aperçoit dans les roches, ce qui nous fait rire, nous pensions plutôt apprendre comment cette grotte s’était formée mais nous finirons par croire qu’elle n’en a aucune idée…

Notre soirée se passera paisiblement sur le bateau, entre un souper délicieux, des papotes agréables et de la détente sur les transats à l’étage… Notre guide viendra discuter avec certains d’entre nous, expliquant qu’au Vietnam, ce n’est pas facile pour les femmes d’avoir un métier, de se créer une situation. Les modes de vie restent assez conservateurs, la femme au foyer et l’homme travaillant dans les champs, les rizières et les montagnes. Les jeunes essayent de changer cela mais c’est difficile. Les Vietnamiens ont droit à deux enfants par famille, et il faut impérativement que l’un soit un garçon sinon c’est perte d’énergie, qui tiendra la famille?  Elle nous parle, un peu triste sous les étoiles et entourée de ces magnifiques rochers… Son témoignage est important à nos yeux, on apprend pas toujours les mêmes choses dans les livres ou les musées. Nous lui souhaitons que le pays change, que les jeunes aillent à l’école en majorité, plutôt que d’apprendre à traquer le touriste ou travailler dans les rizières. Qu’ils aient le choix d’étudier ou de rester en famille. Il faut garder l’espoir, l’avenir nous dira…

Le lendemain, nous quittons notre endroit de dodo pour aller naviguer jusqu’à l’île de Cat Ba, où nous allons faire du vélo, un peu, 12 km c’est parfait pour la non-cycliste que je suis! C’est très joli, nous longeons l’eau pendant une demi-heure mais attention à la route, jonchée de pierres et bien entendu, les vélos de là-bas ne sont pas ceux de nos maisons! Mes freins fonctionnent approximativement et ce n’est pas un VTT, je serre donc le guidon pour sauter sur les petites pierres. Un garçon d’un autre groupe va d’ailleurs faire un vol plané et s’écorcher méchamment les pieds et les mains, distrait par le beau paysage…  Parfois ça grimpe sec, je ne suis pas, haaaaaan c’est duuuuur de pédaler, je saute de mon vélo (comme la majorité) seul Brubru et quelques autres viendront à bout de ces montées infernales! C’est d’ailleurs là bas que je me promets de me remettre au vélo quand je rentre! Na! Après cela, vient la partie la plus amusante de notre périple… Le trek dans la jungle vietnamienne! Quarante minutes de marche. A trente. Quel trek! Nous nous suivons à la queue-leu-leu, attention à un moment ouuuuuh nous quittons le sentier (panique parmi les touristes asiatiques) pour entrer ouuuuuuuuuh sous les arbres ouuuuuuuh. Le guide, je ne l’ai pas vu mais on nous l’a raconté, sort sa machette et fait style « attention j’ouvre le chemin pour vous! » alors qu’on voit très bien que des centaines de personnes avant nous ont marché ici, et qu’un petit chemin est déjà bien ouvert. Le résultat c’est que pendant qu’il s’amuse avec sa machette, nous on attend. Embouteillage dans la jungle, du jamais vu. Et bien entendu, à l’arrêt, les moustiques s’en donnent à coeur joie, je saute sur mon produit, les autres aussi, ou se munissent de grandes feuilles pour les chasser. Qu’est ce qu’on s’amuse! Enfin voilà, après notre petit tour sous les arbres, nous comprenons, c’est asiatique, ils veulent occuper leurs touristes le plus possible en diversifiant au maximum leurs activités. Alors que nous, on aurait préféré pédaler une demi heure de plus par exemple. Mais cela nous sert de leçon. L’après-midi, nous arrivons sur notre île pour la nuit, endroit paradisiaque, des bungalows charmants, un décor de rêve. Nous sommes censés manger et ensuite, ah mais non ce n’est pas fini, nous pouvons réembarquer pour nous rendre sur l’île des singes, où nous pouvons marcher pendant une heure en espérant voir les bestioles sus-nommées. Après l’expérience de ce matin, nous sommes plusieurs à rester sur notre plage de rêve pendant toute l’après-midi, pendant que les autres iront gambader ou nager une heure avec nos ancêtres. Nous, nous nagerons tranquille pendant l’après-midi, tout en nous reposant dans les chaises longues, une bière ou un cocktail à la main. Moment de délice dans la vie d’un backpaker où l’on se pose et où l’on ne fait…rien! Juste profiter du décor et de l’instant… Tout le monde peut se projeter dans les films, magazines, ou documentaires relatant ces endroits de rêve, nous on ouvre bien grand les yeux, héhé, c’est pour du vrai!! Le soir venu, barbecue au menu, c’est toujours aussi bon (et ils font des frites délicieuses!!), nous passerons la soirée avec nos amis Hollandais et le couple anglo-namibien, à parler de voyage, de politique, et à jouer aux cartes! Une belle soirée, dans un endroit parfait avec des gens intéressants et sympathiques, que demander de plus? A part Loulou, je continue à le reconnaître en chaque chien que je croise…

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Et le vendredi c’est le retour, certains parmi le groupe ont une sacrée gueule de bois et bien entendu comment se remettre d’une gueule de bois à part en continuant à boire?? C’est ainsi que le retour est épique, nous, les êtres sobres, sommes au dessus, profitant du paysage et du vent, tandis que les bourrés sont en dessous, buvant, chantant, hurlant. Nous changeons de bateau pour rentrer au port, tandis que les bourrés poursuivent le périple un jour de plus, j’aperçois l’équipe du bateau complètement déconcertée par ces spécimens humains qui chantent et boivent à 9h du matin. Je crois bien que leurs oreilles auront souffert ce jour là! Les aléas d’être guide touristique…:-)

Pour notre part, nous profiterons jusqu’au bout du paysage, nous remplissant les yeux et le coeur de cette Baie Unique et dont tout le pays est si fier.  Nous respirons ces rochers, ces villages flottants et ces habitants pêcheurs… nous restons même stoïques sous la pluie fine, cela fait partie de la magie du paysage, le bateau tangue, s’enroule sous les vagues, c’est la vie, la liberté de quelques heures, presque seuls au coeur de la huitième merveille du monde…La Baie compte plus de 1200 îlots, on pourrait y naviguer des semaines entières et ne pas s’en lasser… Mais comme toujours, il faut bien rentrer… et laisser un rêve accompli devenir un magnifique souvenir.

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Baie d’Halong

Nous rentrons à Hanoï, jusqu’au samedi soir où nous partons pour Ninh Binh. La Baie d’ Ha  Long terrestre, comme le surnomment les étrangers. Ninh Binh n’est qu’à deux heures de route d’Hanoï, le climat y est semblable, ainsi que le paysage! Le dimanche, il fait très beau et nous irons naviguer sur Trang Anh, la balade sur l’eau la moins touristique du coin. Les Européens vont tous à Tam Coc, réputé pour sa beauté. Mais Trang Anh est tout aussi splendide et les rameuses ne font pas ici la chasse au pourboire ni n’essayent de nous vendre des babioles. Nous sommes deux couples dans la barque avec notre rameuse et pendant deux heures nous allons ramer avec elle (une façon de la remercier) et profiter du paysage splendide et des grottes par lesquelles elle nous emmène. Roches, verdure, écureuil, soleil et nuages… Des grottes basses , stalactites, lumières floues, échos inquiétants… nous adorons ces moments!  Après cela, emmené sur des motobikes, nous nous rendons à Hoa Lu, l’ancienne capitale du Vietnam en l’an 1000, gouvernée par deux dynasties consécutives, Le et Dinh. La citadelle est presqu’ entièrement détruite mais il reste deux temples, chacun consacré à la gloire des deux empereurs, personnifiés par des statues, entourés de leurs enfants et leur femme. Les vieux murs tiennent encore debout et le site est charmant et reposant. Nous grimperons jusqu’à l’endroit où repose l’Empereur Dinh Tien Hoang. Mais nous serons harcelés par deux petites vieilles et nous n’allons pas nous attarder. Notre dimanche et mon ultime jour de 26 ans s’est donc parfaitement déroulé, entre merveilles de la nature et histoire du pays. Le lendemain, j’ai 27 ans, et c’est la journée la plus pluvieuse et venteuse que nous ayons jamais eu depuis notre départ! Contrairement à nos habitudes, nous ne bougerons donc pas de notre chambre, la pluie ne s’arrêtera jamais, nous sortirons uniquement le soir pour manger un hamburger et boire un bon cocktail, quand même! Cela me laissera le temps de lire tous les messages et de me dire qu’un anniversaire sans l’entourage c’est quand même étrange. Mais c’est surtout parce qu’en voyage tout est tellement unique et incroyable que son propre anniversaire paraît banal à côté de tout ce qu’on a déjà vécu et qu’on vivra encore!

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Trang An

Hoa Lu

J’ai 27 ans donc et le lendemain il ne pleut plus! Il fait gris mais doux, nous prenons des vélos et iront pédaler dans Tam Coc, autour des rizières et des rochers, une journée splendide de beauté! Cette fois ci nous sommes en VTT, les pierres n’ont qu’à bien se tenir et nous sommes seuls dans ces immenses rizières, c’est magique, c’est magnifique!  Presque trois heures de vélo sur la journée, seuls dans la nature vietnamienne… Parfois nous apercevons les barques remplies de touristes, voguer au fil de l’eau parmi les merveilles de l’endroit.

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Tam Coc

Le soir, c’est parti, direction Hué! Nous y arriverons le mercredi matin, changement de climat il fait beaucoup plus chaud et le soleil est de la partie! Nous resterons à Hué une semaine, jusqu’au 5 décembre, en partie parce qu’il y a pas mal de choses à faire et en partie car nous effectuons notre prolongation de visa jusqu’au 3 janvier. Du 28 au 30 novembre nous allons parcourir Hué à pied, découvrant sa citadelle, ses vieux murs et l’histoire passée des empereurs Nguyen. Beaucoup de temples ont été détruits mais petit à petit, le gouvernement travaille à la restauration de ceux tenant encore debout.

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La Citadelle

Hue

Nous irons nous balader le long de la rivière aux Parfums et sillonneront les rues pour voir la pagode (comprenez temple) de Hué. Il fait très chaud et le samedi, je souffre d’un début d’insolation qui nous fait passer la journée au frais dans la chambre. Le dimanche il fait plus nuageux et nous décidons de prendre le bus pour aller explorer les tombes des Empereurs, à 15 et 12 km de la ville. Il existe plusieurs tombes mais les plus belles sont évidemment payantes et pas qu’un peu! Trois euros l’entrée, nous en verrons donc deux, avec un guide qui nous explique l’histoire de l’Empereur. Nous verrons la tombe de Khai Dinh,  dernier Empereur-marionnette aux mains des colons Français de 1916 à 1925. Il essayera de résister mais n’y arrivera pas et ne possède finalement aucun pouvoir. Il passera sa vie à fumer de l’opium ce qui causera sa mort. Pour se venger des Français, il s’est fait construire un mausolée splendide, qui prendra onze ans de travail, avec un tunnel secret, aujourd’hui bouché, menant à l’étage le plus haut du site et où aujourd’hui repose son corps. C’est vraiment grandiose comme endroit, les statues des mandarins et des soldats protègent l’entrée, veillant pour l’éternité sur le corps d’un Empereur déchu de ses droits par l’envahisseur.

Le second site est le plus connu, il s’agit de Tuc Muc, Empereur au temps des Français dont le mausolée fut construit entre 1864 et 1867. Lui résistera et pendant longtemps les colons n’auront aucun accès à son jardin secret. C’était un Empereur-poète qui eut 104 femmes et concubines dans sa vie, sans aucune descendance. Il finira par comprendre que c’est lui qui ne peut engendrer d’enfant, ayant en dernier recours pris une femme ayant déjà un enfant. Ils adopteront. C’était un Empereur qui se réfugiait souvent dans son jardin (comprenez parc) pour écrire, pêcher, chasser, loin des soucis de son Empire et de ses problèmes personnels. Il est aujourd’hui enterré quelque part sur le site, personne ne sait où mais une tombe représente sa présence. Sa femme et son fils reposent également pas loin de lui. L’endroit est splendide et reposant. C’était un après-midi agréable bien que je regrette à chaque fois que les guides soient pressés et ne nous donnent que peu de temps sur un site. Nous avons hésité à prendre un motobike pour y aller mais la route n’est pas facile et de plus, le danger d’insolation nous a fait pencher pour le bus. De plus, sans le guide nous n’aurions pas appris autant de l’histoire de ces Empereurs. Il s’agit donc de la dynastie des Nguyen et aujourd’hui encore la majorité des Vietnamiens s’appellent Nguyen, tradition dynastique se poursuivant au fil du temps…

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Les tombes

Le lundi, nous partons toute la journée pour un tour guidé dans la zone démilitarisée, à deux heures de route de Hué. Nous passerons beaucoup de temps dans le bus car il y a beaucoup de distances à couvrir pour explorer l’endroit symbolique de l’American War comme l’appellent les gens d’ici. Notre guide, une femme, est remarquable et nous retrace l’histoire de son pays avec précision. Nous roulerons ainsi jusqu’au Dakrong Bridge menant à  l’Ho Chi Minh trail, le suivant toute la journée pour explorer la zone. Le chemin Ho Chi Minh était immense et s’étendait à l’époque des colonies jusqu’au Laos, afin de résister à l’envahisseur. Nous passerons par les collines où les Américains se postaient pour surveiller le pays.  Nous visiterons un musée à l’endroit où les Américains ont capitulé, Khe San combat base, l’endroit est aujourd’hui calme, avec des reconstitutions d’avions, de bunkers et d’obus. Le musée rend hommage aussi bien aux soldats Vietnamiens qu’aux soldats Américains car ils souffraient tous des même pénuries, en eau, en nourriture. Notre guide nous expliquera qu’encore aujourd’hui, des vétérans Américains se rendent sur ce site pour essayer d’aller mieux et  comprendre ce qui s’est passé dans leur jeunesse. Elle nous précisera que beaucoup de soldats ne souhaitaient pas être là, obéissant aux ordres et se battant jusqu’à la mort parfois sans savoir pourquoi. Ce pourquoi le Vietnam aujourd’hui accueille ses rescapés pour les aider. Les corps des soldats Américains étaient reconnaissables à leur médaille d’identification militaire, mais pas les Vietnamiens, qui n’en ont pas. Notre guide nous explique donc que des centaines de corps n’ont jamais été identifiés et pour ce peuple croyant en l’au-delà, c’est une tragédie car sans le corps et le nom, on ne peut prier et officier pour le passage dans l’autre monde.

Nous passerons également sur le pont mythique qui séparait le Nord du Sud au long du 17 ème parallèle. Le Nord, dévoué au système Ho Chi Minh, les Viet Cong et le Sud, au mains des Américains et des Vietnamiens à leur solde. La paix règnera jusqu’en 1966 où les Américains lanceront une offensive sur le Nord, brisant la trêve. Nous nous rendrons jusqu’au petit village de Vinh Moc, la zone la plus bombardée, où les Viet Cong ont pendant 18 mois, creusé des tunnels sous la terre afin de s’y réfugier. Nous irons dans ces tunnels et moi qui suis un peu claustrophobe je peux vous dire que j’en suis ressortie avec une admiration renforcée pour ces gens qui y ont vécu six longues années! Ces tunnels sont construits sous trois niveaux, 12, 15 et 23 mètres. Ils ne vivaient qu’au deux premiers niveaux, le dernier étant trop humide et servant de cache pour leurs armes. Nous avons vu les caches leur servant d’appartement, les maternités- 17 enfants sont nés sous terre, ils vivent actuellement dans le village- les zones de « meeting ». Ces gens restaient parfois 10 jours sous terre sans voir la lumière du jour. Je ne peux vous transmettre ce qu’on ressent en se baladant là-dessous. Autant l’ingéniosité des Vietnamiens m’a toujours épatée, autant là il s’agit de leur survie, de leur combat pour leur propre vie et même si l’on peut critiquer le gouvernement actuel, je reste sans voix devant le courage et le mental de ces soldats, ces familles, ces femmes et ces enfants qui ont vécu sous la terre jusqu’à la délivrance.

Nous terminerons la journée en retournant par un autre endroit symbolique, le Ben Hai River, là où le drapeau vietnamien flotte maintenant avec grandeur et force, à l’époque deux drapeaux flottaient de chaque côté de la frontière. Notre guide nous expliquera que dans cette zone, il y a encore des mines actives, il ne faut donc jamais se balader seul en dehors des sentiers. Elle nous expliquera également qu’aujourd’hui, beaucoup de femmes mettent au monde des enfants handicapés, difformes, à cause du napalm et des produits toxiques utilisés pendant la guerre. Cela existe bien sûr en Amérique aussi, nous précisera-t-elle dans un souci de justesse.

Le camp de base américain

Le camp de base américain

Cette journée historique, nous l’avons adorée. Nous la connaissions déjà, merci au plus grand professeur d’histoire que nous ayons jamais eu, Monsieur Gotovitch à l’ULB, mais cette dame nous l’a remise en mémoire, sur le site même de cette guerre. Elle nous a fait partager l’histoire de son pays avec justesse et humanité là où l’humain avait presque cessé d’exister pour n’être plus qu’une bête poussée par sa survie…  Avec tristesse et amour de ses compatriotes, elle nous a replongés dans le Vietnam des années de guerre, à nous maintenant de ne jamais oublier et de respecter ce peuple qui pendant  des siècles a subi des envahisseurs, Français, Chinois, Japonais, Américains, pour vivre aujourd’hui dans la paix. Le gouvernement n’est certes pas le plus enviable mais cela est un autre débat.

DMZ

Je termine cette première partie de notre voyage au Vietnam sur ces pensées… Nous poursuivons maintenant vers le sud avec ses plages et plus de légèreté…

A bientôt pour la suite de nos aventures au Vietnam, un pays que je n’ai pas besoin d’apprendre à aimer, il est dans mon coeur depuis bien longtemps… Et je suis heureuse de partager ce rêve avec Bruno, lui qui comprend et ressent toujours les choses si justement…

On vous embrasse les amis-familles, belle journée, beau mois de décembre sous la neige, les sapins et les lumières… Que les couleurs et la bonne humeur vous accompagnent jusque 2013!

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Catégories : Vietnam | 9 Commentaires

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9 réflexions sur “Goooooooood mooooooooooooorning Vietnam!!!!

  1. Maman

    C’est un vrai reportage de journaliste professionnelle que tu nous as fait là. De toute façon, tout ce que tu (vous) as (avez) écrit depuis le début de ce voyage restera un témoignage unique sur ce que la Terre offre de plus beau quand on sait la regarder comme il faut. Ce que vous faites. Bravo …. Vous formez une sacrée équipe à vous deux!
    Vivement la suite….

  2. Lorraine

    bisous les enfants, je reste paf 😉

  3. Je n’ai pas encore tout lu mais le passage de la frontière et vos souffrances sur le Fansipan méritent déjà la lecture

  4. ça y est les amis, pour vous suivre maintenant je dois lire votre blog, et c’est cool j’ai l’impression d’être encore avec vous… vos récits sont super, très belle plume…
    En tout cas ça me fait très plaisir de vous retrouver par ce biais, continuez votre belle route les amis, restez comme vous êtes, vous qui savez profiter du voyage, celui-ci n’en sera que plus beau…

  5. Claudine (maman de Bruno)

    Comme le dit Catherine, cela devient un vrai reportage. Très interpellée par vos visites sur les sites historiques d’hier et d’avant. Je me suis revue suivant en direct la fin de la guerre du Vietnam à mon cours d’histoire. Et puis il y a toujours votre touche personnelle, vos impressions, vos humeurs et vos coups de gueule et le plus important votre espoir d’un monde « meilleur »

  6. Cécile

    Comme à chaque fois il y a de la lecture ! J’ai pris mon temps pour lire, regarder les photos, vous imaginer en situation. Vivement la suite

  7. Je vois que vous avez eu le même sentiment à Sapa… J’avais écrit sur le sujet : http://icezine.wordpress.com/2012/08/21/visiter-sapa/ Et puis le coté humide, glissant, ça me rassure aussi : nous étions aussi « nuls » par rapport aux locaux qui gambadent dans les sentiers avec des sandales.

  8. Erratum : Sorry pour le commentaire sur une des photos de Tam Coc (rédigée par moi mais enregistrée comme étant de Bruno).
    Celle où Bruno a fière allure sur son vélo, Que les puristes se rassurent, c’est à Philippe Gilbert bien entendu que je faisais allusion.

  9. Maman

    Je viens de visionner les videos. On s’y croirait… C’est donc là que ta (ma) bague a pris le large… Bel endroit pour s’évader…

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