On en demanderait Angkor… Aw Kohn Cambodia !!! (part one)

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Nous voilà en 2013, nous voilà, en ce matin du premier janvier, dans l’attente de notre pirogue qui nous emmènera du Vietnam au Cambodge, de Chau Doc à Phnom Penh. Il fait, beau et l’émotion nous étreint, comme à chaque fois que nous quittons un pays pour en découvrir un autre. Bruno tire une petite tête de vainqueur due à la bouteille de vin qu’il s’est sifflé tout seul pour accueillir l’an neuf, je l’ai lâchement abandonné à son sort avant minuit je l’avoue! 2013 n’a pas d’impact dans ce coin du Vietnam, leur nouvel An, le Tet se fête bien plus tard en février et à force de nous immerger en Asie, nous sommes devenus comme eux, à attendre leurs fêtes et à considérer les nôtres d’un oeil plus lointain, plus détaché, mais vous suivant attentivement via internet très chers amis-famille, et partageant par empathie vos soirées, votre bonne humeur et vos souhaits de bonheur!

C’est le matin, un officiel du Vietnam nous fait embarquer sur la pirogue, c’est lui qui nous arrangera nos visas à la frontière. Nous serons quatre à voyager de cette façon, plus loin sur le Mékong, deux chinois embarqueront. Nous sommes quatre et c’est parfait ainsi, après toute l’agitation touristique qui enlaidit ce beau pays, nous sommes ravis de le quitter dans la tranquillité. Et pendant quelques heures, nous profiterons du Mékong et du Vietnam qui s’ébat dans les premières heures de la matinée. C’est un des plus beaux moments de nos deux mois là-bas et c’est assurément le meilleur passage de frontière qu’on ait jamais vécu. Le long du Mékong (dont nous sommes des admirateurs fervents), des villages flottants bien sûr, mais aussi les pêcheurs qui tendent leurs filets, des mamans qui s’ébattent dans l’eau, et surtout surtout… Des dizaines et des dizaines d’enfants qui courent le long de la berge à la vue de nos deux faces blanches et crient « hello, hello » en souriant de toutes leurs dents, des sourires vrais, des bonjours gratuits et derrière eux, bien souvent, la maman qui a les yeux et le coeur qui rient aussi… J’ai toujours eu un faible pour les enfants de l’Asie, je les trouve beaux, je les trouve moins bruyants, éduqués plus rudement pour en faire de vrais enfants, pas des petites choses fragiles dont on a peur à chaque instant qu’ils s’effondrent comme un château de cartes… Les enfants de l’Asie ont souvent la vie dure, ils ont souvent peu, mais comme tout ce continent nous l’a déjà prouvé, leurs sourires en sont d’autant plus grands, et leur amour plus instantané… Je ne suis pas maman et loin de moi l’idée de critiquer l’éducation que nous avons reçu, il s’agit d’un constat général pas d’une visée particulière contre nos parents.

Ces magnifiques moments, ces enfants qui saluent, qui crient, qui nous sourient me font monter les larmes aux yeux, spécialement quand une petite fille, tellement contente que je réponde à son « hello » m’envoie des énormes bisous de ses deux petites mains et de sa petite bouche en forme d’amour, sans peur, juste curieuse et heureuse. Petite fille anonyme, unique et semblable aux tiens, tu as gravé en moi l’au revoir que nous dédions au Vietnam, des milliers de baisers, une immense curiosité, la promesse de revenir et d’éviter désormais ceux qui arpentent ce pays sans jamais le comprendre, sans jamais le respecter.

Les meilleurs choses ont une fin, nous voilà au poste frontière, devant nous le Cambodge, un ultime regard en arrière, allez c’est parti, Cambodia nous voici!

Le passage est facile, l’officiel du Vietnam s’occupe de tout et nous voilà bientôt de l’autre côté, nous embarquons dans un mini-van qui nous conduit jusqu’à la capitale. Nous avons déjà notre auberge en tête et vers le milieu d’après-midi, nous voilà installés pour une semaine. Du fait que nous restons six nuits, ils nous offrent la meilleure chambre pour le prix convenu. Mais quelques désagréments nous attendent pour nos premiers jours. Le taux de change dong-rien n’est pas bon et nous perdons une petite vingtaine d’euros. Cela n’est pas bien grave mais nous pestons un peu, quand on vit comme nous, une petite vingtaine d’euros c’est beaucoup! Mais c’est ainsi! De plus, nous sommes grippés ce qui accentue la fatigue et diminue nos vagabondages les trois premiers jours. Il faut croire que 2013 ne nous sourit pas de prime abord… Mais nous sommes forts de l’adage « après la pluie, viendra la beau temps » et j’ajouterai « suffit d’être patient! » Dès que nos jambes nous le permettent, nous voilà en exploration mode Phnom Penh. La première chose qui frappe ici, c’est le décalage énorme entre richesse et pauvreté. Bien plus qu’au Vietnam qui vit au rythme des motobikes. Ici, grosses voitures contrebalancent les touk-touk et les gens qui mendient dans la rue, qui vous appellent, vous supplient sont légion bien plus que nos autres pays d’Asie… Mais Phnom Penh est belle, il y a des temples, le Mékong, des rues larges sans trottoirs, des gens qui vous sourient,… Le Cambodge est souriant, pauvre et entier. Ce sont les premières impressions, qui ne se démentiront pas. Nous nous baladerons jusqu’à son Musée national, oh combien intéressant si vous aimez leur religion, l’Hindouisme, teintée de Bouddhisme, selon les périodes de l’Histoire. Je ferai des recherches sur leurs divinités, elles sont tellement nombreuses et il est bien compliqué, d’un pays à l’autre de savoir, en tant qu’occidental bercé de civilisation chrétienne, de saisir quel est le dieu le plus important. Au Vietnam, Bouddha est roi, enfin Dieu.. Ici, Hindouisme et Bouddhisme ont co-existé longtemps, il s’agit de Vishnu ou de Shiva, jusqu’à ce que le roi Jayarvaman 7, au 12ème siècle, mette l’accent sur Vishnu. Vous  reverrez ce roi plus bas, il s’agit du fondateur de nombreux temples d’Angkor Tom.

Je ne vous perdrai pas en multiples divinités, mais voici un petit résumé de leur religion:

Il existe un trio de Dieux, chacun manifestation d’un Dieu Suprême, et représentant le cycle de création, stabilisation et destruction de l’Univers.

Bhrama: peu présent dans la religion, il s’agit du créateur de l’Univers et de toutes ses créatures. Tombé amoureux de sa propre création, il fut répudié par Shiva qui ne le considéra pas digne de posséder des lieux de culte. Bhrama possède quelques temples seulement dans le monde et est représenté par quatre têtes, auxquelles on peut donner différentes significations.

Vishnu: stabilisateur de l’Univers, il veille à son bon ordre. Il possède plusieurs avatars en lesquelles il choisit de s’incarner si un chaos semble régner sur l’Univers. Il est souvent représenté assis sur une fleur de Lotus (symbole de pureté et de déploiement de l’Univers).

Shiva: destructeur de l’Univers. Mais toute destruction engendre une nouvelle création. Il est souvent représenté allongé, les yeux mi-clos, qu’il ouvre pour créer un nouveau monde et qu’il ferme lorsqu’il le détruit. Ses autres représentations sont le danseur à quatre bras, un mendiant et il est associé au Lingam, la force créatrice de l’Univers. Il possède un troisième oeil, symbole de la sagesse.

Le mont Méru: lieu central de l’Univers dans l’Hindouisme.

Tous ces dieux, surtout Vishnu et Shiva, possèdent plusieurs noms et de nombreuses fonctions. Je ne m’y avancerai pas, étant une profane. Le Bouddhisme y est lié car selon certaines croyances, Bouddha est une des manifestations de Vishnu sur terre.

Bouddha signifie « celui qui a atteint l’Illumination » et même si l’on trouve un humain à l’origine du Bouddhisme, Siddharta Gautama, le bouddhisme s’est propagé à travers l’Asie suivant différents courants. Le Cambodge a obéi à ces deux-ci:

Le bouddhisme Theravada: cette doctrine considère que seuls quelques élus auront accès à l’Eveil (le nirvana), en suivant la voie du bodhisattva. Les bodhisattva sont les moines suivant l’enseignement de Siddharta Gautama. Ils ont fait voeu d’atteindre le Nirvana, de répandre la bonne doctrine dans le monde et de tourner la roue du Dharma (qui représente la Loi au sens abstrait) depuis plusieurs existences  et devant de nombreux Bouddhas du passé. Car depuis sa création, le bouddhisme reconnaît des bouddhas antérieurs. Cette forme de bouddhisme prône l’Eveil au sens du détachement total du cycle de réincarnation et de souffrance.

Le bouddhisme Mahayana: cette doctrine considère que chaque être sensible porte en lui la possibilité de devenir bodhisattva. Le bouddha n’est plus tant celui qui a atteint l’Eveil mais plutôt celui qui a vaincu la dualité samsara/nirvana. Ici, l’Eveil est un tout, mélange de vies réincarnées et de souffrances, couplée au Nirvana qui permet enfin de s’en libérer. On a ici affaire au « bouddhisme compatissant » il s’agit ici non pas de son salut personnel mais d’accéder à l’Eveil afin de sauver les êtres. C’est la doctrine prônée par le roi Jayavarman 7. Ici, l’on ne considère pas l’Eveil comme étant détaché de toute vie terrestre puisque quelques Elus sont autorisés à poursuivre une vie sur terre afin d’aider les êtres à trouver la Voie du bodhisattva.

Ne vous y méprenez pas, je ne fais que tracer plus que grossièrement quelques traits du bouddhisme, cela est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Mais, n’y connaissant pas grand-chose, je me garderai de m’avancer plus.

Nous voilà donc de retour dans le monde terre-à-terre, nous sortons de ce Musée avec de belles histoires, de magnifiques statues plein la tête et les yeux. C’est au Cambodge que mon intérêt pour le Bouddhisme va s’accroître, ici les temples sont grands, les courants hindouistes se font forts et les gens sont heureux de vous montrer leur lieu de culte. Paradoxalement, nous nous ferons la réflexion qu’il n’existe pas encore de musée ethnologique au Cambodge. C’est la première fois depuis que nous foulons la terre d’Asie. L’être est effacée au profit des dieux et des croyances. l’Ego est remplacé par la quête d’un Eveil. Cela changera sans doute dans les années qui viennent, nous verrons.

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Je vous ai fait partager l’Illumination, je vais vous faire basculer du côté de l’horreur à présent… Hé oui, moi qui connaissais mal l’histoire de ce pays, nous voilà en terre souillée de sang et des nazis asiatiques, les Khmers Rouges comme on les cite. Nous allons prendre notre courage à deux mains, le coeur entre les dents et nous rendre à S21, j’ai nommé l’horrible camp d’extermination qui se dresse au sud de Phnom Penh. Chronologiquement, nous nous y rendons le 12 janvier, à notre retour de l’Est, mais je raconte cette journée ici, afin de vous faire ressentir le contraste Phnom Penh, entre religions colorées et aimantes et le pire visage de l’Humanité.

Le Cambodge a une histoire politique assez complexe, mais les années 1975 à 1979 furent les plus sombres et parmi les plus horribles qu’un pays ait jamais eu a subir. Après des années de « protectorat  » français, le 9 novembre 1953, le Cambodge est déclaré indépendant, reconnu internationalement à la conférence de Genève en mai 1954.Le roi  Norodom Sihanouk conduira le Cambodge à ses années d’or, refusant le protectorat américain, donnant une réelle indépendance au pays et nationalisant énormément de structures, dont la production du riz. Il abandonne son trône en 1953 afin de créer le parti politique socialiste du peuple. Il gagnera aisément aux élections. Ce roi, controversé mais adulé du peuple, a tenté de remplir tous les rôles d’un homme d’Etat, dédiant son travail à son peuple. Il est renversé de son rôle de chef d’Etat en 1970 par son cousin le prince Sirik Matak et surtout par le commandant de l’armée Lon Lol, qui prône une république Khmère et combat les communistes Vietnamiens et Cambodgiens, dont Sihanouk accepte mollement la présence. La guerre civile commence, pour cinq années. L’erreur énorme de Sihanouk, dont personne ne pouvait envisager les atroces conséquences, a été d’aller se réfugier auprès des Chinois, qui soutiennent les Khmers Rouges dans la jungle, et de participer à leur avènement auprès du peuple. Les Khmers Rouges, fort de la figure symbolique qu’est le Roi auprès de la population, sont accueillis en libérateurs par le pays et lorsque Pol Pot et ses horribles sbires entament leur marche triomphante sur Phnom Penh le 17 avril 1975, c’est avec des cris de joie qu’on les accueille. Ce jour-là, les Khmers Rouges arrêtent toutes les pendules et recommencent une « année zéro » pour la « Democratic Kampuchea »  qui, comme bien souvent, n’aura de démocratique que le nom.

Pour commencer, ils évacuent Phnom Penh, arguant de fausses attaques américaines et disséminent le peuple dans les campagnes. Les Khmers Rouges haïssaient toute forme d’éducation, d’intellectualisme ou de religion. Ils vont détruire toute école, tout lieu de culte qui peut exister. S’ils ne les détruisent pas, ils transforment ces lieux d’enseignements en lieux de torture et d’éradication du peuple instruit. Leur doctrine c’est le travail et encore du travail. Le travail jusqu’à épuisement, pour tous, à tout âge, voilà la force des Khmers Rouges.

Ensuite, commence leur abominable travail d’épuration de la population. Les gens un tant soi peu instruits sont pourchassés, torturés et tués à travers tout le pays. S21 est la prison d’extermination la plus tristement célèbre de tout le pays. C’est un ancien collège, pourvu de quatre bâtiments. L’un est consacré à la torture, les autres à l’enfermement en attendant de mourir.

Pour finir, le Roi ne remonte bien sûr pas sur le trône comme prévu mais est enfermé dans le palais Royal jusqu’à la libération par les Vietnamiens en 1979.

Au total, environ deux millions de Cambodgiens sont morts sous le régime de Pol Pot. Avec une paranoïa grandissante, ils ont éliminé tout ce qui de près ou de loin ressemblait à un « rebelle ». Les tortures étaient telles que les prisonniers finissaient par avouer tout et n’importe quoi pour faire cesser la douleur. Electrocuté, noyé, battu à mort, tel étaient les tristes sorts qui les attendaient. En dehors des prisonniers, d’autres sont morts à la tâche, travaillant de 12 à 15 heures par jour, tombant d’épuisement et sous-alimenté. La famine a petit à petit envahi le pays devant les portions minuscules que les Khmers Rouges accordaient à « leur » peuple. Le rendement, sans machine et avec des gens épuisés, se fait plus lentement et c’est tout le pays qui en souffre.

Le Cambodge est coupé du monde, Pol Pot n’apparaît quasiment jamais dans les médias, on ne sait rien de lui et le monde ne s’en préoccupe pas car aucun média n’a accès à ce territoire. Le Cambodge aurait pu mourir à petit feu si les Vietnamiens ne s’étaient pas décidés à les aider. Les Vietnamiens, harcelés par les Khmers Rouges pour des portions de territoire et ayant eux-mêmes fort à faire pour construire l’identité de leur pays, vont chasser le régime de Pol Pot en deux semaines, la date de délivrance officielle est le 7  janvier 1979. Les Vietnamiens ne comptent pas envahir le pays et installe un gouvernement amical avec des Cambodgiens à sa tête. Les années qui suivent, une aide internationale sera demandée car la famine est à son apogée. Quant à l’histoire politique, elle se fait de plus en plus corrompue, certains Khmers Rouges sont toujours au pouvoir aujourd’hui, repentis et ayant aidé à la recherche active des principaux responsables du génocide Cambodgien. Depuis 1985, Hun Sen est le premier ministre du Cambodge, à la tête du CCP (Cambodian Communist Party). Son principal opposant est le FUNCINPEC, le parti Royaliste de Sihanouk. Les années 1980 verront le retrait des troupes vietnamiennes du Cambodge, après la levée du « rideau de fer » par Gorbatchev. Les Khmers Rouges sont toujours un parti autorisé au gouvernement, « épuré » soi-disant de ses membres les plus dangereux. D’autres actes découleront de cette décision, des touristes, des démineurs, seront kidnappés, certains tués dans les années nonante par les Khmers Rouges postés toujours dans la jungle. Hun Sen invente et ourdit de complots et de coups d’Etat pour éloigner toutes les figures de proue royaliste du gouvernement. Norodom Sihanouk, qui navigue en eaux sombres à force de diplomatie, abdiquera en 2004 en faveur de son fils Sihamoni, choix populaire car celui-ci est resté vierge de tout complot politique.  Le FUNCIPEC implose depuis quelques années et le CPP reste le parti dominant du pays, l’opposition étant morcelée en plusieurs partis.

Le procès contre les Khmers Rouges vient à peine de commencer en 2009 contre le Comrade Duch, commendant de S21. En novembre 2011, le « cas 002 » vient d’entrer en jugement, prenant pour cibles les principaux acteurs du régime.  Pol Pot est mort dans des circonstances douteuses en 1998, après avoir fui la justice pendant des années. Cet homme, surnommé « Political Potential » par les Chinois, n’aura jamais affronté ses lourdes responsabilités. La plupart des responsables sont aujourd’hui en prison mais il aura fallu plus de 10 ans pour que le système Cambodgien les recherche et les accuse. Ils ont toute la mémoire de leur pays emplie de sang et de folie et ne le comprendront jamais assez.

C’est ce que nous allons voir pendant toute cet après-midi que nous passerons dans S21. L’endroit est resté le même, pour préserver la mémoire. Au centre, les tombes des 14 dernières personnes à avoir été retrouvées mortes lors de la libération. Il existe 7 survivants seulement de S21, tous saufs car ils avaient une aptitude artistique à représenter Pol Pot en dessin, en peinture. Marcher dans cet endroit qui est pire que l’enfer donne des envies de vomir. Les cellules sont pires que petites, les photos des prisonniers femmes, hommes et enfants, vivants et ensuite morts, vous regardent. Les Khmers Rouges trouvaient intelligent de les photographier à leur arrivée et ensuite après leur mort. Les témoignages font froids dans le dos et les preuves de torture vous font réaliser que oui, c’est bien ici que la pire partie de l’Homme s’est exprimée. Torturés jusqu’à la limite de la mort, et ensuite emmenés sur les champs de morts, où, pour préserver les balles, on les tuait à coup de fusil sur le crâne. La mort est trop douce pour des gens comme les Khmers Rouges mais la Vie est trop clémente aussi. Que faire de ces gens sans humanité, emplis de folie et de haine contre leur propre peuple? Je ne sais pas. Parfois, les questions sont sans réponses. Car réalisez bien que ces hauts responsables du génocide étaient des gens qui ont embrassé l’idéologie communiste, et qui l’ont transformée en la pire doctrine qui soit. Pol Pot n’a jamais réussi à obtenir un diplôme lors de ses études en France mais s’est fait remarquer par Mao pour son bagou et ses idées politiques. Mais même Mao ne se doutait pas de ses noirs desseins. Au sein des Khmers Rouges se trouvaient aussi des gens ignorants, croyant en une belle idéologie de partage pour le pays et qui, lorsqu’ils se sont rendus compte de la folie, n’ont pas pu fuir sous peine de se voir eux-mêmes exécutés. Certains le furent, et leur famille aussi.

Nous avons entraperçu une petite partie de l’horreur du Cambodge. On ne ressort pas de ce lieu heureux vous vous en doutez, tout au plus, soulagé que nous, petits privilégiés,nous n’ayons jamais eu à subir ce genre d’atrocités.

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Et la Vie continue, car nous continuons nos explorations. De la petite colline de Phnom Penh au charme tranquille jusqu’à la Pagode d’Argent, qui jouxte le Palais Royal, en passant par le marché central de Phnom Penh, tout en couleurs et aux multiples produits, comme partout en Asie. Le Palais Royal est fermé, Norodom Sihanouk est décédé le 15 octobre 2012 à Pékin. Bien que son fils soit déjà sur le trône, le Palais et le peuple respecte l’ancien Roi. Ses funérailles s’étaleront du 1 au 4 février 2013. Comme pour chez nous en Belgique, c’est le gouvernement qui tient les rênes, le CPP donc, la famille Royale ayant peu de poids, rien ne changera au sein du pouvoir cambodgien.

La Pagode d’Argent est très jolie, d’Argent car le carrelage est constitué de multiples petits losanges d’argents, recouvert pour la plupart de tapis. Des centaines de bouddhas, d’or et d’argent nous observent. C’est ici que l’on se rend bien compte de leur dévotion à Bouddha, dehors la moitié du peuple vit dans une extrême pauvreté et ici des milliers d’euros ont été coulés pour l’honneur de la divinité. Et vous pouvez être certains qu’ils préfèrent tous vivre pauvres que de toucher à l’or de bouddha. Ainsi vit l’Asie…

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Phnom Penh

S21

Pagode d’Argent

De couleurs à l’horreur, nous bouclons notre semaine à Phnom Penh. Nous décidons de partir vers l’est du 7 au 12 janvier. Première étape, Kampong Cham, le bastion des Cham, minorité musulmane du pays. Nous y resterons trois jours et c’est encore aujourd’hui notre endroit préféré du Cambodge. Calme,  retirés au bord du Mékong dans une auberge de jeunesse tenue par une jeune française amoureuse de ce pays, nous allons profiter de cet endroit. Du repos, de la marche et du motobike au programme de nos journées!  Nous irons nous balader à pied jusqu’aux petites îles, passant par un long pont en bambou, fierté de la ville. Les petites îles ne sont pas si petites que ça et à pied, nous avons le temps d’en visiter une seule. Moments précieux que la marche qui permet de savourer chaque instant, des dizaines d’habitants nous saluent, nous observons les maisons sur pilotis, les animaux qui s’ébattent, les enfants qui rient… Nous croisons peu de blancs, quel bonheur on se sent privilégié! Les gens nous regardent avec curiosité, marcher quelle drôle d’idée! Eux sont toujours à vélo ou sur des motos qui tractent de gros chargements. Mais ce sont toujours des sourires et des « Hello!! Where do you come from?? » qui nous accostent, sans arrières pensées. Ici, personne n’a rien à nous vendre ni d’argent à nous demander. Ils se suffisent à eux-mêmes et sont juste contents de nous parler. Une journée unique et pleine de sens à nos yeux…

Le lendemain, hop en selle, on va rouler dans la nature environnante! Un peu au pif au début, on découvre la nature du Cambodge, c’est plat, c’est vert, c’est beau! On ira jusqu’à la « colline des femmes  » et la « colline des hommes » qui sont des lieux de cultes, temples, singes et bouddhas à profusion! Un bon endroit pour boire un petit verre, à côté des Cambodgiens qui nous sourient et chassent les singes qui reluquent notre coca. Je n’avais jamais vu de singe avant Phnom Penh et la Pagode d’Argent et j’ai vite compris leur vilain caractère! Gâtés par certains touristes, ils sont devenus voleurs, malheur à vous si vous mangez ou buvez quelque chose de sucré à côté d’eux! A Kampong Cham, les Cambodgiens utilisent des frondes pour les effrayer et ça marche! C’est également là-haut que j’ai vu le plus gros cochon sauvage de toute ma vie! La grosse bête dormait et devant ma curiosité, une petite dame toute frêle l’a appelé et l’immense bête s’est dressé à sa voix, obéissant tout gentiment à mon désir de le regarder.  Avant de rentrer, nous irons encore visiter un temple, très ancien, et le cimetière coloré tout à côté. Malheureusement, nous n’avons pas de guide comme à My Son (rappel: les temples Cham au Vietnam) et nous ne connaîtrons pas l’histoire de celui-ci. Mais cela n’empêche pas d’admirer.

Kampong Cham, une petite ville silencieuse et une nature merveilleuse. Le soir, nous buvons des bières face au Mékong, papotant tranquillement. Nous attrapons le rythme de l’Asie, nous devenons tranquilles, nous ne courrons plus partout pour tout faire, question de budget bien sûr mais aussi question d’envie, quand on est bien quelque part pourquoi se presser? Il faut profiter de l’instant présent et respirer… Aux heures chaudes de l’après-midi, nous restons souvent tranquilles, à lire, écrire ou papoter. Nous vivons l’Asie d’une autre façon, petit à petit…

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Le 10, nous quittons ce bel endroit, direction Kratie, encore un peu plus à l’Est. L’attrait principal, ce sont les dauphins de l’Irrawady, qui disparaissent peu à peu et vivent protégés désormais dans ce coin du Mékong. Il en reste 60 à peine et nous ne sommes pas sûrs du tout d’en apercevoir mais nous finissons par tenter la balade! Nous irons tôt le matin du 11 janvier, grâce à notre touk touk de l’hostel qui nous y emmène. Et nous aurons le bonheur de les voir, les dauphins à bosse du Cambodge. Cinq d’entre eux encerclent de près ou de loin notre petite pirogue, ils sont curieux et nous sommes seuls, hormis une autre pirogue. Mais ce ne sont pas des dauphins joueurs, ils ne sautent pas, ils ne passent pas la tête hors de l’eau, ils sont furtifs et c’est magique, le silence du Mékong juste entrecoupé de leur respiration, à intervalles irréguliers…on ouvre grand les yeux, tout partout pour ne pas les perdre et ne pas les oublier… Un grand moment, pour nous qui adorons les animaux en liberté…

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A part cela, la balade en touk-touk nous permet d’apprécier les environs de Kratie (car les dauphins sont à une petite heure en touk touk), c’est toujours aussi beau, aussi vert, les petits villages se succèdent et se ressemblent…ou pas! En tout cas, nous on ne s’en lasse pas… D’aucuns verraient dans ces maisons de bois sur pilotis la pauvreté et la précarité, nous nous y voyons l’essentiel de la Vie, quatre murs, une porte et des enfants qui rient tout autour, entourés de chiens, de poules et de boeufs qui broutent… Le reste du temps, nous le passons enfoncés dans nos fauteuils sur le balcon de l’hostel, face au Mékong et au soleil qui se couche (pour une fois!)… j’ai pris des dizaines de photos de ces moments uniques et répétitifs de l’astre au couchant… Kratie est toute petite, il n’y a pas grand chose à faire alors on fait comme les Cambodgiens… on se pose et on papote, on sommeille et on papote, bref on vit à leur rythme et c’est parfait pour ici..

Kampong Cham et Kratie

Le 12, nous retournerons à Phnom Penh car le 13 en fin d’après-midi arrivent Cath et Sophie! Cath, notre amie, la famille de coeur pour nous deux, et Sophie que je connais d’un peu plus loin mais que j’apprécie beaucoup aussi. Elles nous accompagneront pour la deuxième partie du Cambodge, pendant deux semaines, c’est parti, on vit le pays à quatre et plus à deux!

Ce sera pour la seconde partie, chers amis-famille, je vous laisse reprendre votre souffle, et vous retrouve d’ici peu…

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Catégories : Cambodge | 10 Commentaires

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10 réflexions sur “On en demanderait Angkor… Aw Kohn Cambodia !!! (part one)

  1. Cécile (une soeur)

    Waw super ! Je vais vite lire la suite. Je n’arrive pas à voir les photos de Kampong Cham et Kratie

  2. Un beau cours de religion. Suivi d’une bonne leçon d’histoire. Le récit et les photos qui l’illustrent donnent des frissons d’horreur. Voilà qui donne tout son sens au proverbe français « Tout homme abrite en lui une bête sauvage ». Heureusement, les rires des enfants, si bien décrits, mettent en évidence l’esprit de résilience de l’homme. Un superbe récit (comme toujours).
    Les photos de Kampong Cham et Kratie ne sont effectivement pas accessibles.

  3. Cécile (une soeur)

    Ah oui il est gros le cochon !

  4. Maman (d'Elodie)

    Merci de nous faire partager toutes ces émotions . Que de beautés et que d’horreurs!
    Mais la beauté l’emporte sur l’horreur…

  5. david roger

    Serieux restez en france clichés et fausses infos sont au rdv. Vous voulez voyager? aller sur la côte d’azur. Vous n’avez que fait des endroits touristiques! Avec votre morale d’occidentaux. Les cambodgiens sont biens assez grand pour se débrouillez seuls. Et si vous les aviez écouté vous vous seriez aperçu que c’est la corruption (villages entiers rasés au profit de multinationales) qui les dégoutent pas un sexagénaire avide de sexe! Bien fait pour votre appareil photo. La prochaine fois allez! dans le ratanakiri, enfin ne voyez pas avec vos yeux d’occidentaux et éviter de juger. D’après ce que j’ai compris vous étiez dans des endroits pas farouches alors honte à vous aussi. J’ai marre de ces français père la morale qui n’ont pas l’intellect pour comprendre ce qui se passe dans ce bas monde restez chez vous.

  6. david roger

    2 minutessur votre site et je m’ennuie. Des clichés pas toujours vrai en plus. Ne jugez pas apprenez plutôt. Voyageurs du dimanche qui conservent leurs yeux d’occidentaux. Moralisateurs vous n’êtes que des touristes qui ne voient pas la réalité. J’ai honte pour vous. Arrêtez de juger les autres. Bref je me suis ennuyé. Vous ne bourlinguer rien du tout 2 petits blancs qui se croient au dessus des autres c’est tout ce que vous êtes. J’en rencontre des dizaines comme vous. Nous sommes en 2015 rien de plus facile de prendre un billet et de partir rien à voir avec de la bourlingue touristes en sac à dos. Restez en France les biquets.

    • stockmanelodie

      Cher monsieur, je ne sais pas pour qui vous vous prenez, mais je vais quand même m’abaisser à vous répondre. Tout d’abord, personne ne vous oblige à lire notre site si vous ne supportez pas les gens qui voyagent comme nous l’avons fait. Si néanmoins vous avez des critiques, qu’elles soient au moins constructives et argumentées, pas des insultes et des piques juste écrites pour blesser. Nous faisons les frais de votre coup de gueule, j’espère que vous vous sentez mieux d’avoir hurlé sur votre clavier? Bien. Permettez moi de vous dire que vous me faites l’effet de quelqu’un qui mélange beaucoup de choses et d’une immaturité grotesque. Vous nous reprochez d’avoir été choqués par une scène d’un manque flagrant de respect envers des prostituées cambodgiennes (qui, je le précise, ne devaient être qu’à peine majeures). Avoir des rapports sexuels contre argent avec une femme ne vous donne pas le droit de la traiter comme un objet dans un café et de la peloter au sus et vu de tous. La même scène en Belgique (oui, vous êtes tellement pétri de clichés et de jugements que vous nous avez d’emblée pris pour des Français, bravo cher monsieur) me donnerait la même envie de vomir. Si vous cautionnez ça, c’est votre problème mais sachez que nous, nous condamnons de tels actes. Si vous aviez vous mêmes un peu observé les rues de Phnom Penh, vous auriez vu vous même beaucoup d’affiches demandant de la vigilance par rapport aux prostituées mineures. Maintenant, libre à vous de rectifier, poliment et intelligemment les fausses informations que vous nous accusez de propager. Nous ne sommes certainement pas parfaits, mais sachez que vous êtes plutôt ridicule de nous accuser de juger quand vous versez vous mêmes dans des clichés risibles à notre égard. Votre mail est gonflé de votre égo et de votre mépris des « petits blancs » comme vous dites si bien. Faites nous donc le plaisir d’aller vous ennuyer ailleurs ou alors de discuter poliment.

  7. david roger

    Excusez moi restez en Belgique alors. Site de touristes (car vous n’êtes rien d’autre) occidentaux qui croient avoir tout compris après quelques mois passés en Asie. Typique malheureusement. Des centaines comme vous. Le ridicule ne tue pas soyez tranquille

  8. stockmanelodie

    Vous n’avez décidément aucune critique constructive ou intelligente à écrire. Juste du mépris et du venin à cracher. Contrairement à vous, nous ne nous targuons nul part d’avoir « tout compris », nos récits de voyage ne sont que nos observations et nos ressentis. Nous n’accepterons plus vos commentaires déplacés sur notre blog. Allez vous moquer et cracher votre haine ailleurs, nous avons assez perdu de temps avec vous.

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