Thaïland, « un exemple » politique

Je ne peux m’empêcher de relater l’histoire de la Thaïlande, qui est une exception d’Asie du sud-est: elle n’a jamais été colonisée, et n’a jamais eu a subir d’affrontements inter-ethniques, contrairement à la plupart de ses voisins. Tout au plus quelques invasions birmanes, khmères et japonaises durant la seconde guerre mondiale. La Thaïlande signifie : La terre des hommes libres et leurs habitants en sont très fiers.

Je ne m’attarderai pas sur les origines des premiers hommes, les archéologues et anthropologues débattent toujours du sujet. Je commencerai donc par un résumé des différents royaumes depuis le 7 ème siècle jusqu’à nos jours.

Ma source est le guide National Geographic, un vrai puits de renseignements et un livre magnifiquement illustré, si vous êtes un passionné de la Thaïlande, je vous recommande vivement de l’acheter. Je retranscris ici les passages historiques.

Le Royaume de Dvaravati (7 ème – 11 ème siècle)

Avant la vague de migration des Thaïs venus du sud de la Chine, au milieu du 13 ème siècle, les Môn avaient fondé plusieurs cités-Etats, dont la capitale était sans doute installée à Nakhon Pathom, à l’ouest de Bangkok. On sait que le Royaume de Dvaravati englobait la ville de Hariphunchai, fondée en 661 près de l’actuel Lamphun, ainsi que Nakhon Pathom. Tribus de missionnaires originaires d’Inde venus répandre de bouddhisme, mes Môn seraient arrivés par l’ouest en franchissant la barrière montagneuse du Myanmar. Les Môn établis à Nakhon Pathom furent absorbés par les Khmers du Cambodge, lorsque ces derniers quittèrent leur capitale d’Angkor pour marcher vers l’ouest. Le seul bastion môn qui échappa à la conquête fut Hariphunchai. Il résista jusqu’à l’arrivée des armées du royaume de Lan Na en 1281.

L’Empire de Srivijaya ( 7 ème – 13 ème siècle)

Le rayonnement de l’empire de Srivijaya, dont la capitale était à Sumatra, en Indonésie, s’étendit vers le nord, gagna peu à peu la Malaisie, puis la péninsule méridionale de la Thaïlande. Deux cités furent créées vers le 7 ème siècle à Nakhon Si Thammarat et Chaiya. Selon certains historiens, le nom de Chaiya serait dérivé de Srivijaya, laissant supposer que la ville, l’une des plus anciennes de Thaïlande, aurait joué un rôle majeur dans l’empire.

L’Empire Khmer ( 9 ème – 15 ème siècle)

A son apogée, l’empire khmer étendait sa domination à l’ensemble de l’Asie du sud-est. Sa somptueuse capitale, Angkor, rayonnait jusqu’à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande à l’Ouest, le Laos au Nord et à Nakhon Si Thammarat, en Thaïlande, au sud. Les Khmers fondèrent les villes de That Phanom et de Sakhon Nakhon dans la vallée centrale du Mékong, de Phimai et de Phanom Rung sur le Khorat, de Lopburi, Nakhon Pathom et Petchaburi dans le bassin de Chao Praya, de Sukhotai, Si Satchanalai et Phitsanulok dans les plaines du Centre.

A la tête de l’Empire Khmer se succédèrent plusieurs rois de droit divin qui pratiquèrent le culte brahmanique jusqu’au 12 ème siècle. Le grand roi Jayavarman 7 instaura ensuite le bouddhisme mahayana comme religion officielle, sans toutefois abolir les rites ou les dieux de la tradition hindoue. Vers 1150, Lopburi devint le centre culturel du royaume, tandis que les dirigeants des cités disséminées à travers le royaume khmer commencèrent à revendiquer leur indépendance vis-à-vis d’Angkor. L’autorité suprême perdit rapidement de sa puissance et vers 1250, l’empire khmer amorça son déclin.

Le Royaume du Lan Na ( 13 ème- milieu du 18 ème)

Avant l’émergence du royaume de Sukhotai, plusieurs petits fiefs avaient conquis des terres sur les rives du Mékong, ainsi que dans les environs de Chiang Mai, au nord de la Thaïlande. Ces bastions furent progressivement éclipsés par le royaume du Lan Na, dont la capitale s’établit à Chiang Mai et qui rayonna dans le Nord durant près de trois siècles.

Le monarque le plus remarquable de ce royaume fut son fondateur, Mengrai, qui régna de 1259 à 1317. Jeune prince, Mengrai mena avec succès plusieurs campagnes militaires qui lui permirent d’étendre son empire et d’unifier les principautés en guerre. Il transféra sa capitale de Chiang Saen à Chiang Rai et s’appuya habilement sur les Etats situés plus au sud. Parmi ses alliés se trouvaient les souverains de Sukhotai et du Phayao, ainsi que celui de Pegu en Birmanie.

Mengrai conquit l’Etat môn d’Hariphunchai (Lamphun) en 1281, puis déplaça à nouveau sa capitale en 1292 pour s’établir cette fois à Chiang Mai. Le monarque s’allia avec la cité de Pagan (ou Bagan en Birmanie) pour repousser les Mongols envoyés par la Chine en représailles de sa décision d’installer sa capitale à Chiang Mai. Sous son règne, le Lan Na devint un royaume puissant et prospère, étendant son emprise sur les Shan à l’ouest et les Lao au Nord et au Nord-Est.

A sa mort en 1317, l’empire du Lan Na commença à perdre de son influence à cause des luttes du pouvoir entraînées par la succession au trône.

Le roi Tilokaracha (qui régna de 1441 à 1487) fut le dernier grand souverain du Lan Na. A sa mort, ses successeurs continuèrent la guerre contre Ayutthaya. Une série de guerres civiles continua d’affaiblir le royaume, finalement vaincu par les Birmans, qui y installèrent leur base pendant deux siècles pour combattre Ayutthaya.

Le Royaume de Sukhothai (début du 13 ème- 14 ème siècle)

En 1238, un petit bataillon de soldats menés par le prince Inthradit mit en déroute la garnison de l’insignifiante cité khmère de Sukhothai et pris le pouvoir. Finalement, d’autres principautés se joignirent à Inthradit pour écraser les Khmers et fonder le royaume de Sukhothai (qui signifie: Aube de la félicité), dont le prince se proclama le premier souverain.

Limité à la ville et ses environs durant le règne d’Inthradit, le royaume s’étendit sous Rama Khampeng ( au pouvoir de 1279 à 1298) jusqu’à Luang Prabang au Laos, aux plaines centrales de Thaïlande et à la péninsule malaise du sud. On considère Sukhothai comme le premier véritable royaume thaïlandais. En dépit de sa courte durée, cette période a laissé un patrimoine culturel, politique et religieux qui a constitué le fondement d’une nouvelle identité thaïlandaise, un héritage en grande partie attribué à Rama Khampeng. L’habileté diplomatique et la sagesse politique furent ses principales armes pour unir les peuples de Thaïlande et nouer des amitiés avec ses ennemis potentiels.

Considéré comme un monarque visionnaire et progressiste, il présida à ce que les Thaïlandais considèrent comme l’âge d’or de leur civilisation. On lui attribue l’invention de l’alphabet thaï. Il n’hésita pas à s’inspirer d’autres cultures pour en proposer une version plus raffinée, mieux adaptée à l’identité thaïlandaise naissante.  Il ranima également le bouddhimse Theravada.

Sukhothai tomba définitivement dans la décadence à la mort de Rama Khampeng, les souverains successifs n’arrivant pas à maintenir une cohésion politique et éconimique. Sukhothai finira par tomber sous le joug d’Ayutthaya.

Le Royaume d’Ayutthaya ( 14 ème- fin 18 ème)

A la fin du 14 ème siècle, le sud-est asiatique connut une période de flottement politique. Ce fut Suphbanri, un petit état vassal de Sukhothai, qui se retrouva d’abord sur le devant de la scène. La dépendance avait revendiqué son autonomie dès la mort de Rama Khampeng, mais il lui manquait un dirigeant d’envergure jusqu’à ce que le prince U Thong fût amené au pouvoir en 1350. Un an plus tard, une épidémie de variole le contraignit à déplacer la population de l’actuelle ville d’U Thong vers un site situé au confluent des rivières Chao Phraya, Pasak et Lopburi, où il fonda Ayutthaya. Il se proclama roi sous le nom de Rama Thibodi et s’employa à asseoir son empire en lançant un assaut prolongé et sanglant sur Sukhotai et en menant des campagnes militaires contre les petits Etats vassaux thaïs situés au sud.

Même si Rama Thibodi instaura le bouddhisme theravada comme religion officielle , son règne et celui de ses successeurs furent marqués par les rites khmers célébrés à la cour, et creusèrent un fossé infranchissable entre la royauté et ses sujets.

A la mort de Rama Thibodi en 1369, son fils Ramesuan monte sur le trône. Il est détrôné par Borommaracha 1er, qui prend le pouvoir pendant 18 ans. Il revendiqua entre autres la souveraineté de Sukhothai et mena la guerre contre le Lan Na. Ramesuan reprit le pouvoir en 1388, assaillit Chiang Mai, capitale du Lan Na, en 1390 et parvint à parer les attaques des Birmans à l’Ouest.

En 1431, les armées d’Ayatthaya marchèrent sur Angkor et forcèrent les Khmers à fuir l’ancienne capitale pour Phnom Penh, plus au sud. La lutte contre le Lan Na se prolongea durant un siècle.

Sous le règne de Boroma Trailokanath (1448 à 1488), plus connu sous le nom de Trailok, les Etats du royaume furent unifiés et le pouvoir militaire et administratif centralisé à Ayutthaya. Le souverain institua le système foncier de sakdi naa qui définit les règles et l’ordre de la hiérarchie sociale pour les quatre siècles à venir et qui subsiste encore aujourd’hui sous une forme plus souple. Trailok instaura en outre une forme de cironscription exigeant des hommes qu’ils travaillent pour le royaume durant une certaine période chaque année. Le commerce fut par ailleurs placé sous le contrôle royal, ce qui permit au royaume de prospérer, en dépit de l’état de guerre permanent.

En 1959, les Birmans s’emparèrent d’Ayutthaya mais il fallut moins de 20 ans au royaume pour retrouver son indépendance grâce à l’action de Naresuan, qui régna de 1590 à 1605.  Les marchands et commerçants européens admiraient Ayutthaya, considérée comme la plus belle ville de l’Asie du Sud-Est.

Persévérants cependant, les Birmans n’abandonnèrent pas leurs attaques contre Ayutthaya. La guerre ouverte finit par éclater et la capitale fut assiégée en 1767: Ayutthaya fut occupée, pillée et incendiée par ses vainqueurs. La destruction de la grande capitale aurait sans doute signé la fin de la nation thaïlandaise sans les prouesses militaires de Praya (qui régna de 1767 à 1782). Ce général sino-thaïlandais leva une armée, bouta les Birmans hors d’Ayutthaya en 1770 et reprit le contrôle du pays. Conscient de ne pas être débarrassé de la menace birmane, Taskin décida de quitter Ayutthaya et de transférer la capitale dans un endroit plus facile à défendre. Il choisit Thonburi, un petit village de pêcheurs sur les rives de la Chao Phraya, en face de l’actuel Bangkok.

En dépit de ses succès militaires, Taskin se montra de plus en plus brutal et sombra lentement dans la folie. Lorsqu’il déclara être la réincarnation du Bouddha, ses ministres, alarmés, le démirent de ses fonctions et le firent exécuter selon la tradition réservée aux membres de la famille royale: il fut battu à mort enveloppé d’un sac de velours pour qu’aucune goutte de sang ne touche son sol.

La Dynastie des Chakri (1872 à nos jours)

Le général en chef des armées, Chao Phraya Chakri remplaça alors Taskin et fyt couronné sous le titre de Rama 1 er. ( 1782- 1809). Il est le fondateur de la dynastie Chakri, qui perdure encore aujourd’hui. En 1782, Rama 1er déplaça la capitale sur l’île de Rattanakosin, à l’emplacement de l’actuel Bangkok, et entreprit de sécuriser la ville une fois pour toute contre les Birmans. Il s’employa de plus à restaurer la splendeur de l’architecture et de l’art thaïlandais. Ses successeurs Rama 2 et Rama 3 poursuivirent son oeuvre. Ces deux rois permirent aussi la reprise des échanges commerciaux avec l’Europe.

En 1826, Rama 3 signa ainsi un traité avec les Brittaniques qui tenaient la Birmanie. Profondément religieux et conservateur, ce monarque ne suscitait guère l’estime des Européens et des Américains qui souhaitaient développer le commerce avec le Siam.

Le demi-frère de Rama 3, le prince Mongkut, qui avait renoncé au trône pour entrer dans les ordres, prit le pouvoir de 1851 à 1868 sous le titre de Rama 4. Mongkut, de part ses connaissances acquises au monastère, fut un souverain éclairé et progressiste. Il fut le premier roi thaïlandais à comprendre que le Siam pouvait conserver son indépendance en acceptant le progrès et en favorisant les échanges avec l’Occident. Par ailleurs, il fit évoluer le système légal, entreprit des réformes sociales et développa un système éducatif inspiré du modèle occidental. Il succomba au paludisme en 1868.

La modernisation du Siam.

Rama 5 – appelé aussi Chulalongkorn- régna de 1868 à 1910. Il poursuivit l’oeuvre de réforme et de modernisation de son père. Il ouvrit le premier hôpital de Thaïlande, le premier bureau de poste et fit construire la première ligne de chemin de fer. Il établit un corps de fonctionnaires, améliora le système éducatif et abolit l’esclavage. Dans sa lutte pour le maintien de l’indépendance du Siam- La Grande Bretagne avait colonisé la Birmanie et la Malaisie tandis que la France était maîtresse de la majeure partie de l’Indochine- il fut contraint par les Français de rétrocéder certains territoires de son royaume qui s’étendait alors jusqu’en Indochine et en Birmanie.

Eduqué à l’étranger, Rama 6 (1910-1925) a surtout marqué l’histoire en poursuivant la modernisation entreprise par son père. Il imposa l’école obligatoire et inaugura la première université de Thaïlande. Son règne vit la première tentative de renversement de la monarchie absolue par les militaires en 1912.

L’ époque contemporaine ( 1925 à nos jours)

De 1925 à 1935, le roi Rama 7 fut le dernier monarque absolu de la dynastie des Chakri. Aidé par l’armée, un groupe d’étudiants renversa la monarchie en 1932, lors d’un coup d’Etat sans effusion de sang. Après la mise en place d’un gouvernement mixte civil et militaire, le pouvoir absolu de la monarchie fut dissous et remplacé par une monarchie constitutionnelle. La royauté conserva ainsi un important rôle protocolaire dans les affaires de l’Etat. Déçu par la tournure prise par les évènements, Rama 7 abdiqua en 1935 et s’exila en Grande-Bretagne sans nommer son successeur. Le gouvernement désigna donc  son neveu comme roi, le prince Ananda Mahidol, alors âgé de 10 ans. Un conseil de régence devait assurer le pouvoir pendant que le prince suivait ses études en Suisse.

Le général Phibul Songkhram ( 1897-1964) devint à cette époque une figure majeure de la scène politique thaïlandaise. Il renomma le pays Thaïlande en 1939 et tint les rênes du pouvoir, par intermittence, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. En juin 1946, Ananda qui était rentré au pays un an plus tôt fut retrouvé mort dans sa chambre, tué d’une balle. Bien qu’ils n’aient jamais été officiellement condamnés pour ce crime, deux des serviteurs du souverain furent arrêtés puis exécutés en 1954.

Le jeune frère d’Ananda, Bhumibol Adulyadej, qui lui succéda sous le nom de Rama 9, règne encore aujourd’hui.

Pendant la seconde guerre mondiale, la Thaïlande accorda aux Japonais le libre passage de leurs troupes dans le sud du pays afin que ces derniers puissent attaquer les possessions britanniques voisines. Le royaume déclara la guerre aux Alliés en 1942. L’ambassadeur thaïlandais en poste aux Etats-Unis, Seni Pramoj refusa de remettre la déclaration de guerre à Washington. Phibul démissionna en 1944 sous la pression de la résistance thaïlandaise et l’ambassadeur Seni devint Premier Ministre. Il perdit toutefois son siège lors d’élections générales organisées deux ans plus tard au profit de l’intellectuel de gauche Pridi Phanomyong, qui avait joué un rôle déterminant dans le coup d’Etat de 1932. Ce gouvernement civil ne fit pas long feu: Phibul réussit un nouveau coup d’Etat en 1948 et suspendit la consitution. Adoptant une position fermement anti-communiste, ils se prêta aux exigences des politiques américaine et française en Asie du Sud-Est.

Des années 1950 au début des années 1970, plusieurs gouvernements militaires se succédèrent à la tête du pays qu’ils dirigèrent d’une poigne de fer. Les Etats-Unis furent autorisés dès 1965 à établir des bases militaires sur le territoire pour appuyer leur position dans la guerre du Vietnam.

Les militaires quittèrent le pouvoir en 1973 sous la pression d’un mouvement estudiantin de l’université Thammasat à Bangkok qui réclama la mise en place d’une nouvelle constitution. La répression déclenchée par les généraux Thanom Kittikachorn et Praphat Charusathien se termina dans un bain de sang. Lors de l’une de ses rares interventions, le très respecté roi Bhumibol condamna la violence. Thanom et Praphat durent quitter le pays et des élections démocratiques furent organisées: Kukrit Pramoj (1911-1955, frère de Seni) fut choisi pour diriger le gouvernement de coalition pluripartite.

Mais la démocratie fut à nouveau ébranlée en 1976, par une nouvelle manifestation d’étudiants déclenchée par le retour en Thaïlande de Thanom, devenu moine. La police et les groupes paramilitaires d’extrême-droite donnèrent l’assaut. Des centaines d’étudiants furent tués. Brandissant le spectre du communisme, les militaires intervinrent et installèrent un nouveau gouvernement. Des milliers d’étudiants, d’intellectuels et autres Thaïlandais désabusés prirent le maquis et rejoignirent l’Armée de libération populaire de Thaïlande (ALPT), un mouvement communiste. Lorsque le modéré Prem Tinsulanonda fut nommé Premier Ministre en 1980 par les militaires, l’ALPT et le Parti communiste thaïlandais disposaient de plus de 10.000 partisans.

Prem dirigea le pays pendant 8 ans. Il rétablit peu à peu la stabilité politique et instaura des réformes. L’ALPT et le Parti Communiste thaïlandais furent démantelés par une série d’actions militaires et d’amnistie. En 1988, Chatichai Choonhavan (1922-1998) sortit vainqueur des élections générales. Il présida à la poursuite de la démocratisation du pays et à une croissance économique sans précédent, malgré la propagation de la corruption.

Sous prétexte de remédier à cette corruption, les militaires intervinrent à nouveau le 23 février 1991: un coup d’Etat sans violence mit alors fin au régime civil et le pouvoir fut confié au Conseil national de maintien de la paix conduit par le général Suchinda Kraprayoon. Anand Panayarachun, un civil respecté, fut nommé Premier Ministre par intérim en attendant que le Parlement élabore et adopte une nouvelle Constitution favorisant la participation des militaires au gouvernement.

Les élections organisées en mars 1992 débouchèrent sur un gouvernement de coalition formé par cinq partis. Cependant, suite à une machination des militaires, Suchinda s’empara du pouvoir, au grand dam de nombreux citoyens thaïlandais, désespérés de la présence militaire sur l’échiquier politique. En mai, la population descendit dans la rue pour protester. Les militaires ouvrirent le feu sur les manifestants et tuèrent au moins 50 personnes. Suchinda fut convoqué par le roi Bhumibol qui exigea que ce dernier mette fin à cette folie. Le général remit sa démission et de nouvelles élections furent organisées en septembre, qui furent remportés par Chuan Leekpai, un homme admiré pour son intégrité.

Le roi bénéficie pour sa part d’un respect unanime. En 1996, le souverain a célébré dans la liesse le Jubilé d’or de son accession au pouvoir. Ses prises de position ont permis de nombreuses fois de désamorcer des situations de crise.

Les évènements de mai 1992 ont joué un rôle essentiel dans la démocratisation de la Thaïlande, permettant notamment l’organisation régulières d’élections générales.

En 2005, pour la première fois depuis la fin de la monarchie absolue, un gouvernement, conduit par l’ homme d’affaires Thaksin Shinawatra, a été réélu pour un second mandat. Majoritaire au Parlement, il a pu gouverner sans avoir à former de coalition. Convaincu de malversations, le Premier Ministre a été renversé par l’armée en décembre 2006. Le gouvernement provisoire, soutenu par le roi a organisé un référendum constitutionnel visant à renforcer la lutte contre la corruption, mais restreignant également le pouvoir du Parlement. En décembre 2007, les élections générales ont été remportées par le Parti du pouvoir du peuple, pro-Thaksin. Depuis décembre 2008, c’est toutefois le chef du Parti démocrate, Abhisit Vejjajiva, adversaire de l’ancien Premier Ministre, qui dirige le gouvernement.

Source: National Geographic Thaïlande pps 36 jusque 47.

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