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Peru y la Tierra de los Incas

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Départ de Copacabana le 16 février, nous voici en terre péruvienne quelque 10 km après le départ. Les formalités se passent sans soucis (cette fois, on a tous les papiers qu’il nous faut!) et le trajet se poursuivra de nuit, jusqu’au lendemain, 5h (revlan!). Nous voici à Cusco sous une pluie battante et un ciel toujours noirci de la nuit. Notre première journée se passera donc tranquillement, nous dormons la matinée et nous partons découvrir le centre de Cusco l’après -midi, après avoir organisé notre week-end jusqu’au Machu Picchu.

Et bien Cusco, on nous l’avait vantée comme étant une des plus jolies villes du monde, c’est en effet on ne peut plus vrai. La ville est de la forme d’un puma, preuve du sacré que les Incas conféraient à cet animal. Les colons Espagnols ont détruit en majeure partie les bâtiments incas mais en ont conservé d’autres, les transformant en églises, en majorité. Les temples Inca, dédiés au culte du soleil, de Pachamama et de tout autre élément naturel, sans oublier les observations du ciel, ont donc été démontés et remodelés en culte de la chrétienté. La ville en elle même fait penser à Sucre, de par ses maisons blanches aux toits rouges. Nul building à l’horizon-heureusement- ne vient troubler l’harmonie de cette petite ville, qui prolifère entre les collines, non loin de la vallée sacrée.

Le 18 février, nous embarquons pour un tour guidé durant toute l’après-midi, qui nous emmènera de site sacré en site sacré, aux alentours de Cusco. Nous commencerons par le temple jadis le plus important de la région, qui se trouve au coeur de Cusco, le Qorikancha. Les gens s’y bousculent pour le visiter, il est immense et conserve deux parties distinctes et un petit musée en sous-sol. Notre guide nous emmènera dans celle consacrée aux restes des Incas. Aujourd’hui, il ne reste plus que leur architecture, semblable à celles qu’on a déjà pu observer à Tiwanaku. En effet, les Incas possédaient cette sagesse de s’inspirer des peuples qu’ils rencontraient, sans pour autant les détruire. Ils ont ainsi agrandi leurs connaissances et leur curiosité sur le monde. Qorikancha était à l’époque Inca intégralement recouvert d’or, et pillé par la suite par les Espagnols. Les momies (apanage des riches et des nobles) furent également enlevées car riches en or et en bijoux divers. Cet or fut transporté en Europe et sûrement reconverti en d’autres bijoux ou construction et ainsi disparurent les plus grosses archives de cette civilisation extraordinaire. Tous nos guides le répèteront: leur culture ancestrale est réduite à presque rien, les recherches archéologiques coûtent très cher (et le krach des banques n’a rien arrangé au contraire)et la plupart des chercheurs spéculent plus qu’ils ne sont sûrs à propos du passé. Néanmoins, on reconnaît les lieux de culte, les portes tournées vers le soleil, des immenses bassins d’eau construits afin d’observer le ciel. Saviez vous que les Incas avaient déjà compris non seulement la structure de notre univers (dont certaines connaissances que nous avons redécouvertes il y a seulement quelques dizaines d’années), le mouvement de la terre, son déplacement dans le cosmos… sans parler des constellations, des galaxies… un peuple de génie, qui apprenait des autres pour s’améliorer ensuite et devenir de plus en plus puissant. L’or n’était pas pour eux de la richesse matérielle et représentait uniquement un  conducteur pour l’énergie. Tout est énergie pour les Incas, équilibre dans l’univers, parité parfaite et l’homme n’est qu’un élément au milieu de toute cette balance cosmique. Bien évidemment, ainsi que le souligne notre guide qui nous paraît bien engagé et écolo (on l’aime!!) aujourd’hui, les temps ont changé et les hommes ont oublié l’équilibre de la terre. Le seul élément perturbateur dans cet incroyable enchevêtrement d’énergie, c’est nous. Nous pillons, tuons notre planète à petit feu et nous oublions la sagesse du respect et de l’équilibre. Notre après-midi se déroulera sous les mêmes auspices quoique le temple Qorikancha est de loin le bâtiment le mieux conservé (puisqu’une église a été reconstruite au dessus). Nous passerons ensuite sur le site de Saqsaywaman, qui surplombe Cusco et possède une statue de San Cristobal à l’instar de Rio de Janeiro mais plus petite. Cusco, c’est la ville où religions chrétienne et Inca s’entremêlent et l’on peut passer de céramiques Inca à des tableaux de Vierge d’une salle de musée à une autre.

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Saqsaywaman possédait le plus grand observatoire cosmique de l’empire Inca et certainement d’autres temples gigantesques (la pierre la plus lourde du site pèse aux environs de 300 tonnes) mais il n’en reste pratiquement rien, les Espagnols ayant une fois de plus détruit les bâtiments pour construire leurs propres hébergements et fondations à Cusco. Néanmoins, les sites restent très intéressants à visiter, surtout lorsqu’on sait que les Incas tiraient des pierres de plusieurs tonnes sur des kilomètres (ils étaient des milliers), afin de construire leur temple au bon endroit, orienté vers le soleil et à l’emplacement idéal pour définir les solcistes d’hiver et d’été. La foi soulève des montagnes dit-on, dans le cas des Incas c’était plutôt l’amour de la nature et de la science. Nous passons ensuite sur les sites de Pukapukara et Q’enquo, où se déroulaient des cérémonies sacrées mais également des opérations à crâne ouvert! Dans le domaine médical aussi, les Incas étaient plus qu’avancés et entreprenaient des opérations que nous avons nous même découvertes il n’y a pas si longtemps. Les tables d’opération sont encore là pour en témoigner, judicieusement placées dans des grottes où le soleil pouvait se réfléchir sur les parois jadis couvertes d’or et offrant ainsi une visibilité parfaite aux médecins d’antan.Nous terminerons par Tambomachay,où se trouve un important temple d’eau. Nul ne sait pourquoi celui là est plus important qu’un autre ou encore pourquoi il a été épargné mais ce qui est certain, c’est que le système hydraulique des Incas permettait d’abreuver tout Cusco. Inspirées certainement par le système de Tiwanaku, de nombreuses rigoles, aux pentes minutieusement calculées, faisaient circuler l’eau de haut en bas et de bas en haut.

Dans les parages de Cusco

En rentrant, nous passerons par l’inévitable marché touristique où se trouvent des pulls en laine d’alpaga, de bébé alpaga mais également du synthétique ou du trois-quart synthétique. La visite a ceci de sympathique que les vendeurs nous expliquent comment ne pas nous faire arnaquer en achetant dans la rue des pulls soi disant pure laine alors qu’il s’agit de synthétique. Question de poids (la laine c’est lourd) et aussi au toucher. Toujours bon à savoir pour d’éventuels futurs achats!
Après cette journée bien remplie et riche en culture, nous passerons deux jours à simplement déambuler dans Cusco, aux mutliples ruelles pentues et aux églises innombrables. Il  fait bon vivre dans cette ville d’histoire et de tourisme. Les vendeurs du Machu Picchu vous sautent dessus à chaque coin de rue, ainsi que les dames aux chapeaux, aux ponchos, aux bijoux de toutes couleurs (et de toutes qualités).

Cusco

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C’est le 21 février que nous embarquons pour notre tour guidé jusqu’au Machu Picchu (qui signifie « Vieille montagne » en quechua). Les deux jours comprenant une journée dans la vallée sacrée, le train, le logement, l’entrée du site Machu (plus le Wayna Picchu) , le bus pour y arriver, un guide sur le site et la nourritude du premier midi nous sont revenus à 237 euros/personne. C’est cher oui mais ne vous faites pas d’illusion, le Machu Picchu c’est onéreux. Nous avons croisé quelques motivés qui ont fait le trajet du train à pied (environ 28km) à partir de Ollantaytombo et également quelques courageux qui ont fait l’ascension du millier de marche jusqu’à l’entrée du site à partir d’Agua Calientes. Même si nous aimons la marche (un peu, beaucoup, passionnément) en saison des pluies franchement ça ne nous bottait pas! Nous avions assez d’argent pour prendre le train, qui roule très lentement et vous laisse à loisir le soin d’admirer le paysage, avec ses multiples fenêtres panoramiques (en plus, j’adore les voyages en train et ce sera le seul de tout notre périple). Je pense même que nous avons eu un prix plus bas, étant donné que nous y étions en saison des pluies et donc en basse saison.

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Le 21, nous nous rendons donc tout d’abord jusqu’à Pisac. La vallée sacrée est absolument magnifique, on comprend aisément pourquoi les Incas s’y étaient installés. De l’eau à profusion, des champs à cultiver, de la verdure, un climat clément… le paradis sur terre. Le tout entouré de collines que les Incas ont en majorité transformées en terrasses pour leur observation des plantes et leurs cultures. Pisac est un village actuellement et, perché en haut des collines, se trouve le site d’antan. Nous y trouverons des anciennes tombes Inca (pillées par les colons, qui ont emporté leurs mystères et leurs cultures) creusées dans la roche et des vestiges d’habitats, où les fermiers entreposaient leurs cultures et y vivaient aussi la plupart du temps. Les terrasses qui dégoulinent jusque dans la vallée offrent un panorama splendide. Le site est immense et demanderait une journée pour tout visiter. Nous n’y sommes restés que deux petites heures mais nous avons pris le temps de nous balader entre les ruines et observer les tombes, de l’autre côté de la vallée.

Pisac

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Nous partons ensuite pour un arrêt artisanat (passage obligé dans tous les tours guidés) avant de poursuivre jusqu’à Ollantaytambo, un autre site sacré Inca, d’où nous prendrons le train jusqu’à Agua Calientes. Ollantaytambo est un petit village qui côtoie l’ancien site sacré des Incas. Il faut monter, monter, monter les hautes marches jusqu’au sommet de l’ancien édifice pour arriver à ce qui reste du temple du soleil. Une fois de plus, nous sommes éberlués par la force et le courage qu’il a fallu à ces hommes pour hisser ces pierres gigantesques en hauteur. Notre guide nous montre la montagne d’en face, à plusieurs kilomètres, pointe du doigt vers un versant et nous dit « voilà, la carrière de pierres d’où partaient les Incas. » Face à nous, se trouve une colline sur laquelle est gravée naturellement le visage d’un homme. Pour les Péruviens, comme pour les Incas d’antan, cet homme appelé « Tunupa » possède de grands pouvoirs, comprend le temps et porte symboliquement une grosse charge sur ses épaules. Le temple du soleil lui fait face, respectant ainsi l’orientation du soleil pour le solstice d’hiver et d’été. Notre guide nous répète, à nous étrangers, que leur culture et leur manière de penser sont fondamentalement différentes de ce que nous connaissons et qu’il n’est pas aisé de le comprendre parfois. Il parle de relativisme culturel et cela nous plaît. Notre premier guide nous en avait fait aussi la remarque. L’histoire ayant été écrite par les Espagnols et truffée de préjugés et de mécompréhensions à leur égard, on peut admirer qu’ils mettent un point d’honneur à essayer de bien se faire comprendre.

Ollantaytambo

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Après ces belles visites, nous voilà donc dans le train, qui met une heure et quarante minutes de trajet jusqu’à Agua Calientes. Le ciel se couvre au dessus de nous, ce qui n’est pas bon signe pour notre excursion au Machu Picchu mais nous étions prévenus de la saison des pluies. Agua Calientes n’est guère qu’un petit village coincé dans la vallée et très touristique, on n’y ressent pas vraiment une authenticité péruvienne. Nous y passerons la nuit avant de nous lever à 4h du matin, avec pour objectif le premier bus qui grimpe jusqu’au Machu, à 5h30. Comme beaucoup de gens veulent prendre celui là, on sera à l’avance, 4h45 devant le bus, en file indienne qui grossit de plus en plus. Pour ceux qui ratent le premier, pas de panique, il y en a au moins 3 ou 4 qui partent en même temps et se suivent et ensuite, c’est un ballet incessant toutes les 5 minutes. Mais nous, on veut être les premiers… et on le sera! Le site ouvre à 6h, il ne pleut pas, nous avançons dans le brouillard. Nous grimpons jusqu’à un point plus élevé et là, sous nos yeux émerveillés, le brouillard se déchire pour nous faire découvir les ruines du village Inca (Bruno a mitraillé chaque instant,vous pouvez ainsi le vivre tout comme nous via les photos). C’est absolument magnifique, avec le paysage qui l’entoure, hautes montagnes, collines et terrasses de verdure. Des lamas broutent paisiblement car à cette heure ci il n’y a encore personne. Nous avons le Machu pour nous (et une petite dizaine d’autres personnes) pendant une bonne partie de la matinée, nous sommes ravis. Nous emprunterons tous les sentiers possibles, avant de rejoindre notre guide pour deux petites heures qui nous apprend que si cette cité a réussi à être préservée, c’est simplement parce que les Espagnols n’ont jamais su l’atteindre. On pense qu’à un moment, au début des colonisations, les Incas ont abandonné l’endroit (où ils n’auraient finalement vécu que 40ans), détruit tous les chemins y menant et se sont enfuis dans la jungle, afin de reconstruire d’autre cités (il y a toujours le mythe des cités d’or Inca aujourd’hui). Ou qu’une épidémie les aurait décimés. Beaucoup de mystères subsistent sur l’utilité de la cité Inca et qui la peuplait. Sachez également que le site du Machu Picchu prend la forme du condor, autre animal sacré des Incas, et encore adulé actuellement (tout comme en Bolivie).

Voici un petit lien ci dessous qui offre quelques théories sur l’endroit

http://www.granpaititi.com/machu-picchu-paititi-141.html

Et voici un petit descriptif de l’endroit:

http://www.enjoy-machu-picchu.com/machu-picchu-fr/information-speciale-machu-picchu-description-fr.php

Nous finirons par la grimpette jusqu’au sommet du Wayna Picchu (qui signifie « jeune montagne » en quechua). Seules 400 personnes y ont accès par jour, en raison de la pente bien raide (seul chemin aller/retour). Nous montons avec allégresse en admirant au sommet des ruines Inca (selon notre guide, il est tout à fait possible que des chamans y officiaient le matin ou le soir) et des grottes très étroites. Une fois en haut, enfer et damnation il se met à pleuvoir et pas qu’un peu. Si nous avons le temps de profiter de la vue magnifique, redescendre n’est pas une mince affaire et j’avoue que j’ai maudit intérieurement les Incas d’avoir, au choix, creusé des marches petites et très étroites (surtout bien s’accrocher pour descendre) ou alors grandes et glissantes. Bref, la concentration est de mise et je confirme que cette ascension n’est pas pour les sensibles au vertige. Pour la petite anecdote, j’ai commencé à descendre avec une dame sujette au mal juste devant moi,son fils l’aidait pour chaque pas. Ca ne m’a pas aidé pour la confiance en moi. Sans compter que 500 mètres plus bas, c’est à pic et vous tombez au choix dans le site, dans la rivière ou dans la jungle. Miam miam c’est génial! Et les Incas étaient des superman et woman.

La pluie ne nous lâchera plus, nous sommes vraiment heureux d’être arrivés les premiers. Il est 13h30, on est trempés et on prend même le bus pour redescendre (alors qu’à la base on prévoyait le retour à pied) tellement ça drache. Le reste de la journée, on déambule de resto en café, après avoir changé de vêtements. Et le dernier train de la journée nous ramènera à Ollantaytambo, d’où nous prenons un bus jusque Cusco. On arrive à 23h à l’hostel et on est passablement crevés. Les trois journées d’après, on ne glande pas grand chose, une petite visite au musée régional, on déambule dans les rues et on prépare la suite du voyage.

Machu Picchu

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Prochaine étape, Lima, pour trois jours, avant de remonter vers le Nord et ses montagnes magnifiques. Cusco-Lima ce n’est pas la porte à côté et nous voilà partis pour 22h de bus, qui deviendront 24h, pour cause d’effondrement rocheux sur la route au milieu de la nuit. Le bus est confortable, on se croirait dans un avion, avec des écrans individuels pour chaque siège et pléthore de films, de musique et même internet suivant les endroits que vous traversez… Le Pérou est certes un pays riche dont profite une classe aisée…
Lima, on y arrive en début d’après-midi. C’est la seule ville de 11 millions d’habitants qui nous verra de tout le voyage et comme d’habitude, on met du temps à s’habituer… Parce que Lima est immense, le trafic infernal et le bruit omniprésent. On est en lendemain de nuit dans un bus, il fait chaud, il fait lourd bref c’est rude. On trouve le courage de se traîner jusqu’à la Plaza de Armas et de manger un bout juste à côté. Les anciens bâtiments coloniaux abritent aujourd’hui le siège du gouvernement sur la place, lequel n’est pas accessible au public. On reviendra le lendemain pour une balade touristique dans le quartier, sous un beau soleil et une grosse chaleur (on a plutôt de la chance car Lima est souvent « grise » selon les dires de ses propres habitants). On déambule donc à notre guise, en tournicotant autour de la plaza de Armas. Nous passons du quartier historique, qui recèle le couvent San Fransisco ( contenant des catacombes, la file pour y entrer fait une rude concurrence à la Basilique St Pierre) le palais du gouvernement et la cathédrale de Lima (où reposent les restes de Fransisco Pizarro, conquérant du Pérou contre les Incas et fondateur de Lima), au quartier chinois. Oui, ils sont partout et quand nous entrons là dedans, bien que ce soient des Péruviens pure souche qui tiennent les stands asiatiques, c’est un joyeux bordel comme on en a connu dans les grandes villes d’Asie. C’est samedi et ça grouille de monde dans tous les sens, de cris, de klaxons, bref un capharnaüm de vie. C’est plutôt sympa et on y déambule pendant une petite heure.

Le dimanche, direction, par opposition complète, le quartier très riche et résidentiel de Miraflorès, qui s’étend au bord de l’océan. C’est là que nous comprendrons d’où vient le surnom mérité de « Lima la grise ». Au bord de l’eau, on ne voit…rien! Pas de ligne d’horizon de l’océan, pas de bateau qui dérive, rien! On aperçoit peut être une petite dizaine de mètres sur l’eau, avec quelques courageux surfeurs qui attendent la vague dans le brouillard. C’est assez comique quand on arrive d’un autre coin de la ville où le soleil brille haut et fort. Du coup, on se balade sous le gris en constatant effectivement qu’ici, c’est pour les riches, avec magasins de luxe, restaurants et tutti quanti. En fait, on n’ aime pas tant que ça (surtout qu’on venait principalement pour flâner au bord de l’eau) et on est plutôt content de retourner dans notre petit quartier plus populaire.

Lima

C’est ici que se termine le récit de nos premières semaines au Pérou… Un dernier article du voyage paraîtra la veille de notre départ, le 19 mars! Au programme, montagnes et océan du nord du pays!

Au plaisir de vous voir très bientôt! Hasta luego!

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Catégories : Info, Perou | 2 Commentaires

Valparaiso à travers les yeux de Tom! Attention, talent!

C’est avec grand plaisir que je réponds à l’invitation d’Elodie et Bruno qui m’ont proposé d’écrire à propos de Valparaiso… Et j’en profite pour dire encore une fois combien ce fut un bonheur de voyager en leur compagnie du sud au nord du Chili pendant un petit mois ! Parce que voyager est un bonheur et que ces deux-là incarnent une joie de vivre quotidienne, simple et vraie. Très chers vous deux, merci du fond du cœur pour ce si beau bout de chemin en votre compagnie…

Bien qu’amoureux éperdu des grands espaces aux horizons flous et au calme profond, les grandes villes me fascinent. A l’inverse des désert et des montagnes, une ville est à la fois une concentration outrancière de matériaux froids et durs, et un amas organique d’existences dont chacune possède son battement propre.

Valparaiso pourrait être une cousine de Lisbonne, deux villes portuaires construites sur des collines où s’entassent de petites maisons colorées qui vues de loin semblent tout simplement posées les unes sur les autres comme des gros Duplo. Mais bien que la cousine chilienne accueille (officiellement du moins) deux fois moins d’habitants que la portugaise, elle étale ses reliefs sur sept fois plus de collines, 45 en tout.

Quand je me retrouve juste trois jours dans une ville inconnue, le plaisir est de m’y perdre sans plan en main. De toutes façons c’est trop court pour en découvrir toutes les facettes donc autant plonger sans but précis dans ses rues et se laisser guider par l’instinct…
Le premier jour ce fut simplement l’occasion de se poser en bas de notre hostal à une petite terrasse et de se rendre compte qu’en regardant à 360° autour de nous et bien pas une façade n’avait la même couleur que l’autre.

Dit en passant, il faudrait m’expliquer pourquoi il n’y a que dans les pays ensoleillés qu’on égaie le paysage en bigarrant les façades ? A Tournai, par exemple, il faut batailler avec la commune pour pouvoir peindre sa maison en rose et je pense vraiment que dans un pays si grisonnant que le nôtre et bien ça remonterait le moral de la population de marcher au milieu de bâtiments rouge fauve, bleu pastel ou orange vif. Imaginez un instant une ville comme Bruxelles un jour glauque de novembre dont tous les angles brilleraient de mille couleurs, ce serait autre chose quand même non ? Les couleurs sont des sources d’énergie pure…

Van Gogh, Rothko, Monet : merci de nous le rappeler !
En plus de ça, Valparaiso est un véritable musée à ciel ouvert de street art. Les murs et les parois en sont pleins, tags et fresques tantôt immenses, tantôt subtils. Tous ces dessins créent comme une vie parallèle vivotant dans les artères de la ville, une vie métaphorique et mystérieuse qui vient titiller l’imaginaire et les rêves. La couche immatériel en somme.
Côté matériel c’est du lourd par contre : en descendant vers le Pacifique, on débouche sur un port industriel en plein développement, en passant par de grandes rues assourdissantes aux immeubles à bureaux moches comme partout et pleines de banques. Pas de plage ni de terrasse en bord de mer, non, une grande place carrée et un amas de gigantesques paquebots croulants sous les conteneurs. Et pour encercler ce charmant paysage capitaliste, de gros et sinistres navires de guerre. Quelle belle perspective..

Décidemment on est bien mieux à se retourner vers la ville et ses collines.
Allons faire un petit tour par des quartiers sans valeur touristique ajoutée, un de ceux où il y a la vraie vie populaire. Au premier abord, c’est sale et plein de maisons à l’abandon, comme dans toutes les villes… Et pourtant il y a cette petite place où les gens s’asseyent pour deviser ou regarder passer les bus, ce grand bâtiment dont ne reste que les façades de briques à moitié démolies et où un père entraîne son fils à la boxe dans les gravats, il y a ces regards souriant ou curieux des passants qui changent de l’ignorance pressée du nord de l’Europe, il y a ces vieux ascenseurs et téléphériques qui vous emmènent vers le haut d’une colline, ces lingeries où seuls travaillent des hommes dans la vapeur, ces maçons qui doivent inventer des escaliers anti-conventionnels devant s’adapter aux reliefs, ces bancs où se reposent les passant entre deux volées d’escalier,…
Le lendemain matin je pars assez tôt avec l’idée de me paumer quelques heures et de tenter de rejoindre à un moment le sommet d’une des plus hautes collines. Au petit déjeuner, je goûte une purée indienne de piment appelée merken, délicieuse sur un toast mais dont les effets volcaniques m’ont donnés de sacrés coup de chaud quand il a s’agit de grimper les rues escarpées (et le qualificatif est faible) ! Le matin, à cause du froid des eaux du Pacifique, Valparaiso est souvent nuageuse et ne commence à s’activer que vers 10h, mais son ciel se dégage souvent dans l’après-midi. A cette heure, il fait donc bien calme dans les rues et la ville s’éveille tranquillement. Très vite je me rends compte que pour aller d’un point à un autre il va falloir grimper et descendre mais rarement marcher sur du plat. Cette ville est un véritable labyrinthe vallonné et les escaliers étroits qui slaloment au coeur de certains pâtés de maison sont souvent des raccourcis bienvenus, mais bien pentus ! Je choisis donc une haute colline et me lance dans son ascension d’un pas décidé comme s’il s’agissait d’une montagne. Et c’est sportif. Les rues ont parfois plus de 30° d’inclinaison et chaque pas permet de s’élever peu à peu au-dessus des clameurs du centre et du port. Les vieux me regardent comme un extra-terrestre en attendant le taxi pour ne pas se fatiguer. Et les descentes d’escargot des camions poubelles piquant leur nez vers moi dans une de ces rues fait froid dans le dos (ce qui tombe bien vu l’éruption demerken qui m’enflamme l’organisme), mais ils sont habitués les habitants des hauteurs. J’imagine qu’ils changent leurs freins tous les trimestres cela dit. Et là, et bien si vous n’avez pas déposé de poubelle dehors, un éboueur vient sonner chez vous, comme ça, au cas où vous auriez oublié… Sympa non ?
Pour la petite histoire, on nous avait prévenu que certains lieux de Valparaiso étaient à éviter à cause des agressions et des vols, surtout le port la nuit. Me voilà presqu’en haut quand je me fais arrêter par un petit groupe de femmes du quartier qui me disent de ne pas aller plus loin, il y a des mecs pas très sympa qui risqueraient de tout me voler. Ils attendent aux sommets car ils savent que quelques touristes isolés y pointent leur appareil photos, loin des groupes et des flics. Je commence donc à taper causette à ces dames quand une amie à elle de loin les interpellent Has dicho a questo joven che no debe ir por ahia ? Es peligroso ! Puis quelques minutes plus tard une abuela nous réinvective de la même manière. Je n’ai pas vu le sommet mais la vue était déjà belle et surtout le moment unique et drôle. On a papoté quinze minutes sur le pas de leur porte et j’en ai tiré un beau portrait, prétextant qu’il fallait absolument que je garde une photo d’elles comme talisman étant donné qu’elles avaient veillé sur moi…

Le soir on se retrouve dans une vieille brasserie chilienne avec deux amis belges croisés par le plus grand des hasard (ou pas ?) pendant notre trek dans le parc Huerquehue. Et bien j’en ai goûté pas mal de ces cervoises chiliennes et il faut bien avouer qu’ils ont un sacré savoir faire dans les bières artisanales là-bas ! C’est l’occasion d’une première approche de la vie nocturne bien vivace de Valparaiso, culturellement ça bouge énormément.

Et puis surtout c’est la découverte d’un super groupe argentin Los Cuentos de la Buona Pipa ! Malheureusement on arrive pour le dernier morceau mais ça envoie beaucoup d’énergie. Le concert a lieu sur une placette entourée d’un muret et le groupe a tendu une toile derrière eux sur laquelle sont projetées des couleurs mouvantes et un vieil homme chauve et barbu danse dans les faisceaux avec une cape blanche et des lunettes lumineuses… Assez psychédélique ! Mais je retrouverai ce groupe au hasard des rues (ou pas ?), le lendemain…
Le deuxième jour nous partons avec Bruno par les grandes avenues afin d’acheter les billets de bus pour la suite du voyage. Nous passons sur la placette du concert de la veille et le mur sur lequel se projetaient les couleurs hier soir est devenue l’échoppe d’un fleuriste. Les villes ont plusieurs visages selon l’heure…

Une fois notre mission remplie, près à rentrer d’un pas décidé vers l’hostal nous voilà littéralement tirés par le bout du nez comme accrochés à l’hameçon en pleine course par… le doux et chaud parfum de… Quoi en fait ? Oignons ? Epices ? Viande ? Pain ? Et bien tout ça en même temps ! On passe la porte, curieux de savoir d’où provient cet alléchant fumet et nous voilà dans un petit endroit typique pour manger des empeñadas à peine sorties du four. Et qu’est-ce que c’était bon !! Il faut décidément toujours suivre son instinct, ou son nez, ou les deux à la fois. L’endroit est chaleureux et l’on y mange debout sur un rebord posé contre les vitres ouvert sur le carrefour où marchent les passants sous le soleil. N’y travaillent que des hommes dont un vieux monsieur élégant au traits fins tenant la caisse.

A première vue c’est attendrissant mais il faut savoir qu’au Chili, la pension est à peu près inexistante et si les gens travaillent jusqu’à un âge avancé et bien c’est qu’ils n’ont pas le choix.

En dégustant nos empeñadas nous remarquons que dans les petites maquettes de bateaux en vitrine, il y en a un avec des croix gammées… Et plus tard dans l’après-midi je verrai de vieux livres et journaux nazis sur l’étalage d’un marché aux puces. Une amie nous en avait déjà parlé. Détail étrange dans ce lieu mais qui rappelle simplement que dans l’après-guerre il y eu beaucoup de nazis qui ont migré vers l’Amérique Latine pour se refaire une nouvelle vie et fuir la justice. Avaient-ils embarqué quelques souvenirs au cas où la mélancolie les saisiraient ?
Dans l’après-midi je prends le métro qui longe l’océan et le port industriel pour aller chercher les plages. Sur chacune d’elle il y a un panneau interdisant la baignade, le vent est fort et l’eau froide. Au large des baigneurs (qui bien heureusement se baignent malgré l’interdiction), un gros bateau de transport. C’est assez surréaliste et un peu triste aussi. Mais qu’à cela ne tienne, j’en profite pour partir à pied dans des rues et des avenues peu avenantes à la balade de prime abord mais il y a un quelque chose dans ces lieux de passage, de vie quotidienne ou à l’abandon qui me plait. Les no man’s land sont hors du temps et c’est bon de trouver des espaces vides qui n’appartiennent qu’à eux-mêmes là où les perspectives se resserrent.
Sur une grand place carrée près du port il y a un petit marché aux puces, quelques échoppes, un club du troisième âge en nombre tapant les cartes à l’ombre des arbres et… Los Cuentos de la Buona Pipa ! Encore eux, cette fois pour les trois derniers morceaux et l’occasion de leur acheter deux albums histoire de ramener quelques airs en Belgique.
Je les retrouve le soir sur la placette en concert complet cette fois. Ca danse, ça sourit, ça picole et c’est joyeux ! Après le concert on discute un peu avec le chanteur et on rigole parce que ça fait trois fois que je les vois en deux jours et qu’il m’a reconnu.

Voici leur blog pour ceux que ça intéresserait – http://loscuentosdelabuenapipa.bandcamp.com/

En rentrant dormir on s’arrête un instant pour regarder de haut et de loin les mille lumières de la ville scintillant dans la nuit. On dirait le public, briquets en main, d’un concert au moment de la chanson romantique super connue…

A noter aussi qu’à Valparaiso le Monde Diplomatique (version chilienne) est mis en avant dans tous les kiosques.

C’est une ville dynamique et mystérieuse qui demanderait pas mal de temps pour la connaître.

Mais ce fut déjà bien vivifiant de s’y perdre et d’y repasser à l’occasion d’un de ses nombreux festivals d’art, pourquoi pas ?

Photos de Tom (wouaaaaah) 

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Alta y magnifica Bolivia! Bienvenidos los amigos!

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Nous voilà partis, on est le 22 janvier, il est 8h00 du matin et Bruno et moi embarquons dans une camionnette, avec quatre autres jeunes étudiants Français (expats du Brésil et de l’Argentine) pour passer la frontière… Qui se situe à 200 mètres, honnêtement on aurait pu s’y rendre à pied! Là commence les deux heures d’attente pour le tampon de sortie du Chili (San Pedro, c’est touristique, on est au moins 50 à attendre mais ils n’ouvrent qu’un guichet… allez comprendre). Ce qui commence à nous inquiéter par contre, c’est que notre petit groupe ne reçoit pas de notre guide chilien le petit papier vert à remplir pour passer la frontière côté Bolivie… sans doute le recevrons-nous après, car il faut encore une heure de route dans des paysages désertiques avant d’atteindre le poste côté Bolivien.
Tu parles Charles! La frontière Chilo-Bolivienne n’est qu’un tracé dans le sable (véridique) et seule une petite baraque délabrée fait office d’administration. Personne pour nous contrôler, notre guide Chilien nous laisse aux bons soins de notre chauffeur Bolivien. Je l’entend néanmoins lui demander s’il n’a pas les papiers pour l’immigration. Le chauffeur répond que non, après s’être renseigné (mais c’était au chauffeur chilien de les avoir) . En gros, c’est à ce moment là qu’on est fait f…. comme des bleus. On a beau demander au chauffeur « Donde es posible de hacer un tampun en el pasaporte? », il nous répond d’abord, « Plus loin ». Bon. Sauf que « plus loin » c’est uniquement l’entrée du parc naturel, où nous avons le droit de rester 4 jours. Ce n’est pas le tampon officiel. Mais on est au milieu du désert, le chauffeur n’a pas du tout l’air stressé pour ces fichus tampons.On Verra à Uyuni, trois jours plus tard. En attendant, on découvre la Bolivie avec des yeux extasiés: le désert de ce côté ci regorge de montagnes aux teintes rosées, de lacs innombrables sur lesquelles se posent une quantité incroyable de flamands roses… Le désert de ce côté ci, ce sont des lamas à perte de vue, des étendues de sable déchiquetées de montagnes, d’eau et de geysers fumants et bouillonnants… Le premier jour, nous jouons dangereusement avec l’altitude (nous passons de 2500m à 4800m pour ensuite nous poser pour la nuit à 4200m) . Bruno passera la plus mauvaise nuit de son existence. Les guides nous disent que c’est normal et assez courant. Oui on s’en doutait un peu… chacun sa façon d’encaisser le manque d’oxygène. Les Français et moi, on s’en tire avec un bon mal de tête et de la fatigue, Bruno lui ne mangera plus, ni ne boira rien durant presque 24h, à l’exception du Mate de coca, salvateur contre le mal d’altitude. Quand je vous dis qu’il faut être prudent…
Le deuxième jour, nous sillonnons beaucoup le désert en jeep. Le bémol de cette excursion magnifique c’est que vous êtes en permanence avec 20 autres jeeps et tout le monde visite la même chose en même temps. De plus, c’est la saison des vacances pour les petits jeunes et les petits jeunes, ça grimpe partout, ça se selfie dans tous les coins, ça parle, ça crie ou alors ça médite sur le moindre rocher (impossible de prendre des photos de roche sans eux dessus!)… Bref, on se fait vieux et ils nous énervent. On passe donc notre temps à éviter la faune pour profiter des zones magnifiques du désert. Mais on est bien obligé de partager (oui en plus de devenir vieux, on devient asocial… ça ne s’arrangera pas je crois!) Le meilleur remède, c’est d’en faire de l’humour sur photo en les imitant quelque peu… ça canalise l’énervement! Je pense aussi que Bruno et moi passons un cap dans notre façon de voyager, nous préférons déambuler seuls et par nos propres efforts mais malheureusement, le Salar d’Uyuni ne se fait qu’en jeep et accompagné. Néanmoins, si vous payez le prix fort (nous, on en était déjà à 120 euros par personne pour trois jours « classiques ») alors vous pouvez vous faire un itinéraire avec guide qui suit les endroits beaucoup moins fréquentés (pour l’instant, avec l’engouement que cela apporte, dans 5 ans tout le désert sera envahi par le tourisme de masse). Oui il y a des questions à se poser (ce que ne font absolument pas les agences qui cherchent le plus de profit possible).
Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est absolument magnifique et le soleil est de la partie, en saison des pluies… On ne se lasse pas des paysages et on terminera le troisième jour par le clou de l’expédition… Le Salar!! Avant cela, nous aurons droit à une petite visite des vieilles locomotives du pays (elles ont une centaine d’années), échouées dans le désert pour le plaisir des enfants et des jeunes touristes qui les escaladent dans tous les sens… Les gens d’Uyuni ont peu à peu récupéré les matériaux mais ont laissé certains wagons intacts, pour l’histoire. Après cet intermède, en route pour le Salar! En janvier et février, le plus grand désert de sel du monde est inondé et, pour notre plus grande joie, nous avons pu le découvrir ainsi. L’infini du ciel se reflète sur l’immensité du désert à la perfection et l’impression immédiate est celle de marcher dans un rêve éveillé. On ne se lasse pas de s’y balader, pieds nus sur le sel et l’eau… On s’arrêtera à divers endroits, certains étant secs et d’autres bien humides… Nous mangerons dans un hôtel de sel, où dorment les touristes qui commencent le tour par la Bolivie. C’est assez impressionnant à observer…On photographie dans tous les sens, en sachant très bien que c’est unique au monde et absolument indescriptible dans son entièreté. Un des plus beaux endroits de cette planète et une immense richesse pour le pays…
Après ces trois jours de désert et de découvertes, on arrive à se poser à Uyuni pour deux bonnes journées de repos. Uyuni, ce n’est pas vraiment laid, mais ce n’est pas beau non plus, c’est juste la petite ville proche du désert pour tous les départs en excursion. Comme il n’y a pas grand chose à faire, on prend le temps de se reposer. Hormis, ahaha, la meilleure visite de tous nos voyages, celle faite à l’immigration! Où le chef des douaniers nous apprend gentiment qu’en gros l’agence a bien foiré, que ça fait 4 jours (nous le somme le 25) qu’on est illégaux et donc clandestins en Bolivie et par voie de loi… bing une amende, passez par la case payement et vous ne retoucherez pas d’indemnisation merciiii! Haine contre l’agence. Le chef nous explique de plus, que si nous étions contrôlés dans la rue ou dans un hôtel et bien c’était retour à la frontière et « au plaisir de ne plus vous revoir, bande de clandestins belges! » Sympa tout ça!

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Photos:

Uyuni Dia 1-2

Uyuni Dia 3

Après toutes ces émotions, on reprendra un bus, direction Tupiza, petit village planté au milieu d’un décor de Far-West. Le bus pour nous y rendre est certainement l’ancêtre de tous les bus que nous avons déjà pris dans ce monde, ça vibre, ça balance et c’est bondé. Après trois heures de massages vibrants non demandés, on s’arrête pour changer (ah quand même!) et pour grimper dans un bus plus costaud car ça va grimper et descendre sec encore pendant trois heures. Je dois bien avouer qu’il s’agit d’une des plus belles routes que nous ayons prise mais également la plus dangereuse. Moi qui adore me coller le nez à la fenêtre, j’ai plus d’une fois détourné les yeux en aggripant le siège de devant lorsque notre grand bus tanguait dangereusement au dessus de précipices (sans garde fous ni barrière bien entendu)… au grand étonnement d’une petite bolivienne, assise au milieu du bus et qui ne se rendait compte de rien ou bien qui était blasé du chemin. C’était beau, c’était grandiose et j’ai aussi eu une des plus belles trouilles de ma vie! Enfin, on est arrivé entier (merci le conducteur trop balèze qui connaît son chemin par coeur…)

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Tupiza, plus joli qu’Uyuni mais il n’y a pas grand chose à faire dans le village même. On décide donc de s’offrir trois heures à cheval dans les décors du Far West. Pour ceux qui nous suivaient en Asie, je m’étais jurée de ne plus remettre les fesses sur un canasson depuis l’indiscipliné Goulaf, hormis si j’étais bien accompagnée. Je décide donc de faire confiance à l’auberge qui m’assure que les chevaux sont très doux, très gentils et sont habitués à tous les touristes. Mouais. C’est donc le coeur un peu battant que je grimperai sur Tortillo, le plus calme de tous les chevaux du ranch. Et bien c’était vrai! Ouf! Une balade de trois heures fantastique, au milieu de canyon, de montagnes rouges et ocres, sur des sentiers dignes du Mordor. Le guide (et éleveur des chevaux) qui nous accompagne est d’une gentillesse rare et nous fait revivre les moments passés :nous passons ainsi près d’une « porte du diable », lieu ancestral de sacrifices humains et animaux, qui était aussi l’endroit où l’on vénérait le dieu soleil et Pachamama (la déesse mère de la terre). Il nous raconte l’histoire de son bout de pays, quand les Espagnols sont arrivés au 18 ème siècle, brisant toutes les coutumes en érigeant à la place des croix et des églises. Dans un autre endroit, Wilson (notre guide) m’explique que si la Bolivie n’avait pas connu une grave révolution il y a trois ans à propos de la privatisation du gaz, et bien le Seigneur des Anneaux aurait pu se tourner dans le décor que nous avons sous les yeux (la partie du Mordor justement) En effet, j’imagine très bien Gollum sautiller de roche en roche, avec l’ammoncellement de nuages et de pluie qui s’annonce… Nous terminerons par le canyon des Incas, pas très large mais où il est possible de marcher (de grimper plutôt) sur 7 km. Nous sommes en Bolivie et rares sont les villes ou villages en dessous de 2500m. Ici, nous nous hissons à 2900 et des poussières. A part ces très beaux moments, nous avons déambulé dans la petite ville, comme à notre habitude, par le marché coloré, la place principale et les rues adjacentes.

Photos: Tupiza
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Après deux jours, nous partirons en direction de Potosi, la plus haute ville du monde (4070m), ancien eldorado des Espagnols qui l’ont pillée jusqu’à son déclin, de tout l’argent dont regorgent ses mines environnantes (au 18ème s toujours) Actuellement, certaines mines sont toujours actives et les mineurs qui y descendent savent bien qu’ils ne vivront pas vieux, ils mourront de silicose après 10 à 15 ans passés dans les galeries aux poussières mortelles. Mais les mines coopératives leur appartiennent désormais et pour vivre, il faut bien extraire du minerais. Depuis plusieurs années, les agences et hostels proposent des circuits touristiques qui descendent dans certaines mines, où l’on peut se rendre compte des conditions de travail des mineurs. Nous avons tergiversé, pesé le pour et le contre et finalement, nous n’y avons pas été. Bruno trouvait que c’était du voyeurisme déplacé et après renseignements, les pourcentages versés par les agences aux mineurs en fonction des touristes sont tellement ridicules que cela ne les aide qu’à peine. Moi, cela m’était égal si ce n’est que ma légère claustrophobie m’aurait empêché de m’y sentir « bien » (ceci dit j’ai survécu aux tunnels au Vietnam mais c’était un autre contexte). Nous avons demandé à un Islandais ce qu’il en avait pensé et nous avons pu observer l’émotion avec laquelle il nous a répondu qu’à part en Afrique, il ne devait plus exister de conditions aussi horribles de travail. Apparemment, la lampe frontale permet d’éclairer … de la poussière, de la poussière et encore de la poussière. Les mineurs sont cependant très fiers de leur travail et apprécient qu’on leur rende visite (il est d’ailleurs maintenant obligatoire de leur faire des cadeaux: dynamite, cigarette, feuille de coca…). On ne les voit pas travailler et les touristes passent de galeries en galeries. Notre ami Islandais nous a ému plus que les quelques greluches que nous avons vu rentrer à l’auberge en s’écriant « oooh it was SO amazing, you know? » « I’ve never seen that befoooooore » comme si elles s’étaient rendues à un spectacle de danse contemporaine. Bref.

A Potosi, nous avons préféré simplement nous balader et visiter deux musées: l’un est une partie restaurée du couvent Santa Teresa, qui abritaient (et abritent encore en petit nombre) des nonnes recluses de la branche Carmélite. La partie musée du couvent est restaurée et nous offre plusieurs tableaux de l’ère chrétienne (dont certains étaient confisqués durant l’Inquisition) et aussi, les anciens lieux de vie de ces nonnes, qui passaient leur journée à prier, tisser des broderies et n’avaient le droit de parler qu’une heure par jour. Leur chambre était minuscule et pourvu d’une petite fenêtre (pour les plus riches, lespauvres dormaient en salle commune). Il y avait une hiérarchisation parmi la communauté, celles dont la dot avait été conséquente prenaient toutes les décisions et les plus pauvres se chargeaient des tâches ingrates, au service de leurs supérieures. Leur famille avait le droit de leur rendre visite une fois par mois, mais derrière un voile noir et sans aucun contact. C’était une branche très dure de l’église catholique (l’Opus Dei de nos jours approximativement) et les nonnes se flagellaient également pour endurer la souffrande du Christ. La croyance voulait qu’une vie de pureté et de discipline donnaient automatiquement droit à une place au paradis. (Tiens. L’histoire des religions, finalement ne fait que se répéter).
Le deuxième jour, nous nous sommes rendus au Musée de la Monnaie, qui est le plus imposant de toutes la ville. Avec beaucoup d’intérêt, nous apprîmes comment on frappait la monnaie, depuis le 18 ème siècle jusqu’à nos jours. En gros, comment les Espagnols ont répandu le pire fléau de l’humanité dans ce pays. Comme d’habitude, on a d’abord sacrifié les animaux, les esclaves et les indigènes, jusqu’à l’évolution d’un processus mécanique et ensuite électrique. Diverses monnaies étaient utilisés, aussi bien pour les visites des nantis, que pour la vie de tous les jours. Le musée conserve beaucoup de liquidités (pas la peine de penser à un braquage, cela n’a aujourd’hui plus qu’une valeur historique 😉 ) , dont les dessins de plusieurs pièces sont finalement des moments symboliques de l’histoire. Le musée à conservé les énormes machines d’antan, qui étaient actionnés par des tractions de mules (les pauvres bêtes ne survivaient pas plus de quelques mois à ce régime) pour que l’homme indigène puisse ensuite récolter les plaques d’argent (amincies au maximum dans les machines), pour les couper, les frapper et ensuite les livrer.
Pour le reste, nous avons déambulé dans la grande ville. La Bolivie, ça grimpe et ça descend tout le temps, autant vous dire que parfois même une marche d’une heure est un véritable sport! L’avantage c’est que nous sommes maintenant complètement habitués à l’altitude et que nous pouvons profiter de tout.

Photos: Potosi

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Notre prochaine destination sera Sucre, la capitale officielle de la Bolivie, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991. Un endroit sacré où l’indépendance du pays sera proclamé par Simon Bolivar (d’où le nom du pays) et la déclaration d’indépendance signée le 6août 1825. D’emblée, nous aimons beaucoup, beaucoup Sucre. La ville regorge de facades blanches et de toits rouges, architecture amenée par la colonisation espagnole. Autant Potosi est difficile à sinuer, les rues sont étroites et les gaz qui s’échappent des pots d’échappement vous asphyxient tous les 5 mètres. Ici, les rues sont larges, propres et belles et c’est avec un grand plaisir que nous allons partir à leur découverte. La période pré-carnaval se fait sentir, les jeunes ont comme jeu ici de se balancer des ballons d’eau un peu partout, dans les appartements, dans les voitures et même sur moi… (vive l’étui de l’appareil photo qui l’a protégé d’un bain impromptu). Sucre est une ville d’étudiants et en fait, cela se sent, l’ambiance n’est plus aux mineurs ou au far-west, on se trouve ici au coeur d’une modernité Bolivienne (les idées et politiques de Sucre sont apparemment réputées pour être avancées en matière d’ouverture et de tolérance). Nous y resterons trois journées bien complètes et cela nous permet d’explorer la ville et son centre à notre aise. Nous nous rendrons au musée de l’ethnographie, oh miracle, oh bonheur, il est gratuit! S’y trouvent l’histoire des Chipayas, tribu vivant aux alentours de Sucre et qui a été persécutée, non seulement par les Espagnols mais également par leurs pairs. Ils se sont battus pour conserver leur tradition et croyance et vivent aujourd’hui toujours reculés.
Beaucoup d’agences pourraient vous proposer de leur rendre visite, en gros 4X4, armés de vos appareils photos et de votre curiosité malsaine. Je vous le déconseille, si vous avez un tant soi peu de respect pour vos semblables. Les Chipayas préfèrent de loin qu’on leur fiche une paix royale et que vous vous absteniez de braquer vos appareils photos sous leur nez. Quand on voyage, il faut apprendre qu’on ne va pas partout en toute liberté, nous avons déjà pu constater les nombreux dégâts de l’industrie du tourisme dans les pays que nous avons déjà traversé. Soyez responsables et posez vous les bonnes questions avant de vous embarquer dans n’importe quelle expédition, aussi alléchante paraît-elle. Si vous vous intéressez à eux, j’ai trouvé ceci en ligne, un gros et très précis travail universitaire sur les Chipayas. A noter que de nombreux scientifiques, ethnologues et anthropologues se sont intéressés à eux, car leurs conditions de survie étaient extrêmes et leur histoire fascinante.

http://www.erudit.org/livre/aidelf/1981/000704co.pdf

Le musée de l’ethnographie recèle aussi une collection de masques ahurissante et parfois même effrayante! Les explications vous révèlent qu’ils sont utilisés lors de carnavals ou de fêtes et que chacun a son rôle bien précis à y jouer (vous avez la mort, le diable, la vache,… et tant d’autres dont j’ai déjà oublié les noms!) Et enfin, des expositions temporaires, nous, on a eu droit à des peintures très class de dames… et aussi des publicités françaises depuis le début des années 1900! Une évolution jusqu’à nos jours, très, très intéressante et qui nous a bien fait rire suivant certains slogans. Il est toujours comique de se dire que l’on est en Bolivie afin de découvrir leur culture… pour se retrouver nez à nez avec la nôtre ou presque!
Le lendemain, nous nous sommes rendus à la casa de la Libertad, endroit historique puisque c’est là que se sont prises toutes les décisions pour l’indépendance et la bonne marche du pays. Notre visite est guidée et très instructive. L’endroit est resté le même, et la déclaration d’indépendance trône dans la salle principale, sous les tableaux de Bolivar ses comparses: Hugo Ballivian et San José de Sucre. A cette époque, les classes sociales étaient bien différenciées. Enfin… c’est toujours le cas aujourd’hui et les dames très colorées aux amples jupes que vous croisez dans les rues et qui sont si représentatives de la Bolivie, sont en fait les dames les plus pauves, imitant le style vestimentaire des  Espagnoles de la haute voilà 3 siècles. Ceux qui ont participé à la mise en place d’un système législatif, exécutif et judiciaire étaient des hommes espagnols, nés sur la terre Bolivienne. L’histoire dans son entièreté, des guerres d’indépendance jusqu’à aujourd’hui est trop longue à restituer, je me bornerai à vous donner ce lien sérieux sur l’histoire de Bolivar:

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Sim%C3%B3n_Bol%C3%ADvar/109361

Sachez cependant que la Bolivie a connu plus de 60 présidents, du à de nombreux coups d’état militaire. Une dictature s’y est même installé pendant un temps, avant de voir la démocratie revenir à l’oeuvre. L’actuel président, Evo Morales est grandement apprécié de son peuple de part son origine indigène et de ses combats pour la préservation de son pays.
Hormis ces deux musées tout aussi intéressants l’un que l’autre, nous nous sommes baladés un peu partout, du parque Bolivar (très vert) jusqu’au point le plus haut de la ville, qui offre une vue de maisons blanches et de collines. Nous avons aussi visité le Templo Nuestra Senora de Merced, qui est un mélange saisissant de sobriété et de décoration luxueuse: l’autel, les murs et la chaire sont un mélange d’or, d’architecture de la Renaissance et d’ajouts baroques (sic le Lonely Planet). On peut grimper sur son toit et admirer la vue sur la ville, très agréable également. Bref, on a bien profité de cette ville magnifique aux accents de Séville (selon notre guide de la casa de la Libertad). Pour terminer, nous nous sommes rendus au cimetierre national, absolument immense et aux mausolées gigantesques pour les familles de l’époque coloniale. Sont aussi présentes des mausolées dédiés aux congrégations religieuses, ainsi que des centaines de vitres abritant les cendres des défunts..

Photos: Sucre

Arrive ensuite la deuxième partie de notre voyage, de la Paz jusqu’au lac Titicaca mais ce sera pour un autre article. Comme vous l’aurez remarqué, nous remplissons nos lacunes culturels en Bolivie, la saison des pluies ne permet pas de faire de treks tel que nous les aimons et donc, nous avons privilégié les villes à la campagne (sachant de plus que les tribus sont ici très méfiantes des étrangers, voire même hostiles)

Je ne tarderai pas à mettre le post suivant en ligne… Pour l’heure j’ai le Titicaca qui s’étend devant ma fenêtre d’hôtel (écolo et aytpique mais chuuut.. prochaine fois j’en parlerai!)… Et il est temps de sortir se balader!
Ciao ciao y suerte los amigos!

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C’est reparti pour un p’tit tour…

Un petit post de quelques lignes pour vous prévenir que notre prochain voyage approche maintenant à grand pas…

Un voyage de quatre mois qui débutera en Patagonie pour se finir, on-ne-sait-pas-encore-où en Amérique du Sud.

Pour ceux qui ont aimé nous suivre la première fois, ou pour ceux qui ont envie de nous découvrir, je me remet en selle pour de nouveaux écrits. Je les veux différents, avec d’autres projets dans la tête, mais toujours aussi intéressants pour ceux qui aiment le monde, les cultures et tout ce qui s’y passe, en bien et en mal.

Chers amis-famille, le décollage se fera le 13 novembre. Le temps d’atterrir, de marcher, de ressentir, de rerererererereretomber profondément amoureuse de cette planète et nos aventures seront à vous!

Merci à vous d’être là, sinon, je ne servirai pas à grand chose!

A bientôt!

BruElo.

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Après deux mois…

Après deux mois, je n’ai pas grand chose de plus à ajouter qu’après deux semaines de retour. Nous sommes rentrés pour un temps plus ou moins défini et nous le savons. Nous repartirons une fois nos poches pleines et la perspective de travailler ne tend que vers ce projet de continuer à bourlinguer. Certes, il y a des jours de déprime lorsqu’on se rend compte qu’on est revenu « au point de départ ». Mais ce point de départ n’est qu’illusion puisqu’il suffit d’aller me balader parmi ma mémoire pour faire revivre tout ce qui, en une année, nous a considérablement fait grandir. Et cela seul tend à rendre heureux et nostalgique à la fois.

Si cette fois ci j’écris, ce sont pour les bonnes âmes qui passeront par là, et qui me liront. J’ai comme projet, en cette année de labeur et d’économie, de mettre un livre en route (non pas un bébé, un LIVRE). J’ai besoin d’aide car il est vain de penser que l’on peut mener un projet en toute individualité. L’être humain a besoin d’interaction quoi qu’il entreprenne.

Alors, si jamais vous passez par là, toi ou toi, vous qui avez voyagé un peu, beaucoup, passionnément… Seul(e), en couple, en famille, avec des amis… Ecrivez moi! Que ce soit pour m’envoyer des liens sur les voyages, sur vos impressions du monde en quelques lignes ou quelques pages, que ce soit pour m’envoyer des citations, des bouts de pensées par ci par là… Je cherche à saisir l’âme du voyageur dans toute sa complexité. J’ai besoin de vous pour cela, car il serait terriblement prétentieux de ne m’en remettre qu’à notre propre expérience.

Je lis beaucoup sur le côté, je suis une fan inconditionnelle des lectures qui se ramènent à l’escalade, spécialement l’escalade de l’Himalaya. J’essaye de percer la mentalité des gens qui défient la mort dans ce sport, ou dans un autre. SI vous faîtes partie de ces personnes (moi qui ne suis qu’une simple randonneuse en devenir), n’hésitez pas à me faire part de vos impressions, vos ressentis, vos envies.

Je suis preneuse de toutes les expériences se rattachant au voyage, quel qu’il soit. Mon livre portera là dessus, qu’il soit romancé ou basé sur des faits avérés. Ou, plus probablement, les deux.

Bon voyage les troubadours du monde! Au plaisir de vous rencontrer un jour sur la route!

Elodie.

Mail: elodiestockman@hotmail.com

Catégories : Info | 9 Commentaires

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