Belgique

GR 126 Bousval-Dinant (officiellement Bruxelles-Membre-sur-Semois)

DSCF6591 Le premier mai, Nico, Bru et moi, on n’y tient plus: nous voilà partis sur le GR 126, qui relie Bruxelles à Membre-Sur-Semois. Nous commencerons notre tronçon de Bousval, après y avoir laissé la voiture, destination Dinant. Durant quatre jours, nous traverserons des bois, des forêts, des villages, on va grimper, descendre, se prendre la drache, le soleil, pester, rigoler, camper, souffrir et apprécier d’être juste là, tous les trois. Bref, on a randonné chez nous, c’était trop bien et on va bientôt recommencer!

Les trois premiers jours, on abat 24 km environ. Alors je sais, beaucoup se diront « ah bon c’est tout? » avec un regard torve. Et bien, je vous mets au défi de faire la même chose, avec un sac à dos de 13 kg (pour moi) et 16-17kg pour les hommes sur le dos, et pas spécialement de condition physique (on est pas des athlètes, on est juste amoureux de la nature et de la marche)… Et j’attend les commentaires 🙂 Notre autonomie se veut presque maximale, pour des raisons d’économies mais aussi de challenge personnel et nous avons fait un espèce de bilan positif de nos quatre jours: on approche doucement d’une autonomie complète, prochain pas: cueillir nous mêmes et cuire ce que nous rencontrerons de comestible en chemin! Yiha!

On traversera des villages belges, avec un accueil plus ou moins chaleureux (cela va des grands bonjours, au doigt d’honneur gratuit) venant des gens que nous rencontrerons. De Bousval jusqu’à Dinant, en passant par Villers-la-Ville, Tangissart, Soye, Floriffoux, Flawinne, Bois de Villers, Profondeville, Rivière et Godinne, d’où nous rejoindrons la Meuse. Ce GR qui mène doucement vers le sud nous a offert de bons challenges, parfois même sous le vent et la pluie battante, de dénivelés solides et de paysages splendides en récompense. C’est une Belgique verte et boisée que nous avons arpenté, pour notre plus grand bonheur. La région namuroise est également chargée d’histoire et il faudra que nous revenions pour nous intéresser au patrimoine (citadelle, bunkers, châteaux, abbaye) qui peuplent la région. Seul bémol, la condition physique de Bruno, qui s’est détériorée le dernier jour, pour cause de hanche très douloureuse et qui a rendu les derniers kilomètres très pénibles pour lui, même si nous marchions en bord de Meuse, sur du plat et sous le soleil. Il est temps de remédier à tout ça! De plus, notre but ultime était de déguster une leffe, en face de l’abbaye de Leffe (à Dinant), mais tout était fermé! Nous voilà refaits… On en sera quitte d’ une blonde en terrasse pour se consoler!

Parfois, il ne faut pas aller bien loin pour se sentir bien… les trois années qui viennent ne nous mèneront pas en dehors de l’Europe et c’est par chez nous que nous commencerons nos découvertes, à pied ou vélo, l’avenir nous le dira! Bienvenue dans une partie du blog plus axée sur l’écologie et les coins de par chez nous… Une fois!

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BruEloNico.

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Autour des châteaux, près de Feluy, où tout est joli!

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Un des plus beaux coins de Wallonie, pour ce que nous en avons déjà vus! Cette fois, ce sont les châteaux forts qui sont mis à l’honneur. Une randonnée à trois, avec notre ami Nico de nouveau mais cette fois, pas de détour de 20km, on suit le tracé presque parfaitement!

Le premier château qui vient à la rencontre de nos pas, c’est le Château fort d’Ecaussines. Nous en ferons le tour, subjugués quelque peu par sa beauté et sa majesté. Il surplombe le village, bien évidemment.

« Edifié au 12ème siècle sur un éperon rocheux, le château fort occupait une position stratégique à hauteur d’un gué sur la Sennette. Cette rivière était la démarcation naturelle entre le comté du Hainaut et le duché du Brabant. »

Topo-guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut.P.46

Ensuite,  nous poursuivons de place en ruelles, avec une spécificité du coin: la place Georges Wargnies et son Goûter matrimonial, fêté chaque lundi de Pentecôte. Tradition amusante qui date de 1903, lorsqu’un natif du village Marcel Tricot, mit ce système en place pour pallier à la pénurie de mariages. Nous avons sous les yeux l’ancêtre d’internet, le bon vieux temps des « speed dating » pas si speed que ça puisque cela dure quand même le temps d’un goûter! 🙂

Mais déjà notre deuxième château se laisse entrevoir de part les arbustes et les arbres fleuris: il s’agit du château de la Follie.

«  Le château de la Follie a perdu son allure de forteresse originelle pour laquelle Philippe le Bon avait autorisé le propriétaire de l’époque à utiliser cent chênes pour le fortifier(…) Le nom signifie « Lieu planté d’arbres, de feuillus ». Le site ne manque pas d’arbres remarquables (mélèze, platanes, hêtres, catalpa). »

Topo-guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. Pps. 46-47.

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Ce château est entouré de tunnel et d’un sentier dit « sentier des amoureux », s’y embrasser porte bonheur paraît-il. (Si vous voulez notre avis, on trouvé ça un peu lugubre, il fait froid et noir là dedans!)

Nous poursuivrons à travers plaines verdoyantes et arbres ondulants sous le vent, suivant les méandres de la Senette, (qui prend sa source à Familleureux et se jette dans la Senne à Tubize pour la petite histoire géographique).

Après quelques kilomètres plus pentus, nous voilà devant une entité Belge: le fameux plan incliné de Ronquières. Alors, je n’vais pas vous mentir: j’ai rien compris au fonctionnement du machin. D’abord parce que je n’ai pas écouté les explications enflammées de Bruno et Nico qui EUX trouvaient ça passionnant (je les crois sur parole). Et ensuite parce que pour moi ce n’est pas beau (tiens regarde Nounours un oiseau!) Mais bon, c’est une prouesse et je vous livre donc le récit de notre guide chéri:

 » Situé sur le canal Bruxelles-Charleroi, cet ouvrage d’art monumental a été conçu pour racheter une différence de niveau de 68 mètres. La tour (de 125 mètres de hauteur) symbolise la prouesse technologique des ingénieurs belges. Le système de transbordement est remarquable. Les péniches entrent dans un bac rempli d’eau qui monte sur des rails à la vitesse d’un marcheur! Le randonneur intéressé par le génie civil trouvera des informations complémentaires sur le site (…) »

Topo-guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P 48


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Ceux qui me connaissent bien savent que le génie civil et moi on est en incompatibilité de caractère depuis toujours, donc. J’ai pas lu. Ou j’ai rien compris. Voilà! Allez y si vous voulez des renseignements après tout 😀

Nous passerons ensuite notre temps d’écluse en écluse, en longeant l’eau et en flânant paisiblement. Le temps est lourd, l’eau est calme et seuls les canard font un peu de bruit. Les sentiers sont restés sauvages et on s’enfonce donc dans la verdure, en disparaissant presque complètement aux yeux de la rive opposée. Nous finirons par rejoindre Feluy en retrouvant les champs et en longeant de belles propriétés et surtout, deux magnifiques arbres, remarquables dans la botanique Belge: un érable sycomore panaché, classé champion de Belgique (rien que ça) et sur une petite placette, un tilleul planté en… 1762! Saluez bien bas chers amoureux de la nature car voilà un ancêtre vénérable à respecter (et grand mère feuillage à côté peut aller se rhabiller! Na!)

Et c’est déjà la fin, nous terminons en passant devant le château fort de Feluy, oh combien romantique et prisé pour les photos des jeunes mariés. L’eau et les douves l’entourent de leur beauté et c’est les yeux remplis d’histoires imaginaires que nous reprendrons notre route… en attendant d’autres rêves sur d’autres sentiers…

 

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Au pays des pépinières, a saute-mouton sur la frontière!De Lesdain jusque Bléharies

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C’est apparemment la randonnée la plus plate de toute la Wallonie, 27km de long pour 42 mètres d’altitude maximum! C’est aussi une randonnée à saute-mouton sur la frontière, nous ne ferons qu’aller et venir entre la France et la Belgique, aujourd’hui libre de toute entrave douanière. Voici l’introduction de notre topo guide sur Lesdain, territoire aux saveurs diverses:

 » Lesdain est le village des faiseurs d’arbres. C’est le village où l’arbre est né. C’est la plus forte concentration d’arbres de Wallonie (250 hectares). Mille espèces et variétés y sont sélectionnées et l’essentiel de la production est exporté. Les premières pépinières ont été installées sous Napoléon au début du 19ème siècle et sont nées du savoir-faire de ses bûcherons-jardiniers. Etre pépiniériste est souvent une affaire de famille: il y a toujours un fils ou une fille pour perpétuer la tradition familiale (…)  Lesdain est aussi le royaume de la fraise, culture qui s’est développée après la Seconde guerre mondiale. « 

Topo guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P 132.

Point de fraise à notre horizon mais nous allons effectivement croiser beaucoup, beaucoup de pépinières tout autour de Lesdain. Hélas, notre culture se limite à « la botanique pour les plus que nuls » et nous sommes incapables de citer le moindre nom de tous ces arbres que nous croiserons. Nous essayerons bien de loucher sur les étiquettes, enfer et damnation c’est écrit en latin et mon ancienne rigueur scolaire ne me permet pas de les traduire. Cela ne nous empêchera pas d’admirer ce nouveau paysage, ces arbres si bien rangés (trop d’ailleurs), les millions de boutons d’or (ces jolies petites fleurs jaunes dorées) se mêlent gaiement aux couleurs du printemps: les arbres ont presque toutes les nuances du rouge et surtout du vert. Les hommes s’affairent au milieu de ce tableau, on croisera beaucoup de petites machines, tadadada, qui foncent au rythme d’une F1 pour aller élaguer, cueillir, planter aussi sans doute… Il paraît que Versailles s’inspire de ces modèles Belges pour ses jardins… il s’agit d’épater c’est tout dire!

Nos pas nous conduiront ensuite au petit village d’Howardries, un joyau frontalier, une pépite oubliée des jeunes que nous sommes. C’est pourquoi j’aime autant notre petit guide et la mine d’information historique que ses auteurs ne se lassent pas de nous expliquer:

« (…) Howardries est aujourd’hui un modeste et paisible village peuplé d’une vingtaine de familles. Isolé, il repose dans les bois et est adossé à la France, dont il est séparé par une frontière naturelle, le ruisseau de l’Elnon. Plus d’école, plus de bistrot, pas de bus. Le château des comtes du Chastel et l’église constituent les lieux de la mémoire villageoise. l’église classée reste le seul bâtiment public et communautaire (…) Ce coin de terre, dans son cadre naturel et avec son habitat harmonieux préservé, est candidat au label des « plus beaux villages de Wallonie« .

Topo-guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P 135.

 

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Il est vrai que c’est beau et charmant, un lieu pour les rêveurs et les poètes d’un temps. Nous suivrons ainsi un chemin bordé de tilleuls pour passer la rivière et débarquer en France. Ce n’est que pure symbole puisque plus aucun douanier ne nous y attend depuis longtemps. Mais l’histoire encore une fois a laissé des traces et nous pourrons apercevoir un fortin, un pan de mur qui fait partir d’un mur de fortification qui court le long de la frontière. Pendant deux petites heures, nous passerons et repasserons entre Belgique et France à travers champs. Jusqu’à arriver au village de Bléharies qui lui aussi recèle des particularités:

« L’église et l’ancienne maison communale du village sont insolites par leur architecture moderne. L’église est classée. Son clocher est construit comme un campanile. L’intérieur est lumineux. Les vitraux sont de style Art Déco. Pas de pilier, mais une seule arche en béton armé. Le curé,dit-on, ne souhaitait pas de piliers afin que les fermiers ne s’y dissimulent pour parler de pigeons, de moutons ou de vaches! Le tout a été conçu par l’architecte tournaisien Henri Lacoste qui prônait le dépouillement de l’espace et la sobriété décorative. « 

Topo guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P 137.

Nous déambulerons dans le village, avant de rejoindre un des anciens bras morts de l’Escaut, juste à côté. C’est là que nous pique-niquerons, en toute tranquillité. Plus tard, nous rejoindrons le fleuve même, le longeant sous un soleil de plomb à hauteur du village de Laplaigne. En rejoignant Bléharies sur le retour, nous pourrons admirer les vestiges des anciens postes douaniers. En effet, le port du village a connu un essor très important, du a son emplacement frontalier, en son temps: en 1860, 160 bateliers y étaient domiciliés.

Enfin, la dernière curiosité de notre chemin se dresse sur la route de Lesdain, au coeur de la plaine: La pierre de Brunehaut.

« Ce menhir de 22 tonnes daterait de plus de 2000 ans AC. Les personnes friandes de légendes païennes ou chrétiennes trouveront bien des explications merveilleuses à ce mégalithe énigmatique. On peut plus sensément supposer qu’il s’agit d’une borne, repère sur la voie romaine. Le site des six chemins tout proche accréditerait cette deuxième hypothèse. Cette chaussée Brunehaut unissait Bologne et Cologne via Bavay (capitale des Nerviens), soit la mer et le Rhin. « 

Topo guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P140.

Quelques pépinières et nous voilà rentrés… une fois de plus émerveillés par les trésors que l’histoire nous a laissés!

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A bon pied, Beloeil!

 

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La randonnée qui nous emmène du parking du château de Beloeil jusque Stambruges est placée sous le signe du vert nous sillonnerons des bois et des parcs immenses quasiment toute la journée. Cela nous change des randonnées précédentes et cela fait du bien de varier de paysage.

Parmi les grands noms de notre forestière randonnée, nous traverserons tout d’abord la forêt domaniale de Stambruges: charmante et haute en arbres et en couleurs, je vous livre quelques uns de ces secrets via notre incontournable guide:

« La forêt indivisé de Stambruges forme un vaste massif d’environ 450 hectares. Les feuillus en couvrent les 3/4 alors que les pins sylvestres et les mélèzes constituent la population des résineux. Les chevreuils y abondent. Au coeur de cette forêt, la fontaine bouillante est un site pittoresque et réputé. Des bulles surgissent régulièrement à la surface de l’eau limpide à la suite d’un phénomène tout à fait naturel: elles proviennent d’une nappe souterraine d’eau chaude qui s’échappe à travers une faille. Mais ce spectacle curieux a inspiré la légende d’une princesse engloutie, corps et attelage, une nuit de vendredi saint, au terme d’un rendez-vous galant avec le « Grand Diable », surnom du prince Antoine de Ligne. La malheureuse princesse continuerait à respirer au plus profond des sables mouvants… »

Topo-guide de randonnées en boucles. Province du Hainaut. P 117

 

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S’ensuivra la partie qui longe le canal Blaton-Ath, pour nous donner envie de pique niquer au bord de l’eau. Le coin est calme, pas loin d’une ancienne briqueterie. C’est en marchant que l’on redécouvre aussi les industries du passé, les anciens modes de vie, tout ce dont nous avons hérité et qui aujourd’hui a disparu en majorité, remplacé par de grosses industries de pointe, de la production en masse et un coût salarial moindre. Le passé regorgeait d’erreur que nous avons tenté de corriger, avant d’en commettre des plus grosses encore, comme des enfants mal élevés qui n’ont rien retenu des leçons. Se poser un peu au bord du passé et réfléchir en laissant ses pensées s’écouler tel le cours d’eau à nos pieds, voilà qui ferait beaucoup du bien à la majorité de l’humanité. Humanité qui passe son temps à le perdre et à engranger de l’argent pour un faux bonheur stimulé par la société.

Nous philosophons souvent en marchant, la nature inspire, nous fait respirer et libère le cours des réflexions intérieures. Tout comme il y a un an, lorsque le voyage nous apprenait chaque jour un pan de culture différent, un pan de vie, un pan d’humanité d’Asie. Aujourd’hui, c’est sur les chemins de notre pays que nous réfléchissons toujours au moyen de changer profondément les rouages de cette société. Essayez et vous verrez, la nature vous ramène à l’essentiel. Point besoin de trop travailler si le bonheur est fourni par deux pieds. Point besoin de confort si on envisage de pouvoir dormir dehors. Nul besoin de matériel à foison, lorsque quelques légumes, des arbres, des champs, un feu, une plume et un cahier peuvent vous ouvrir les yeux sur le monde dans lequel nous grandissons. Il faut se changer soi pour pouvoir changer le monde et c’est un processus qu’il est grand temps d’enclencher. Mais nous y reviendrons, nous n’en sommes qu’au début d’une lente révolution.

La troisième et magnifique partie de notre journée, c’est l’immense parc du Château de Beloeil. Nous y entrons par un petit sentier, un de ces sentiers qui courent à travers les champs et les arbres et dont on ne sait jamais très bien vers quelle direction il nous emmène. Pour l’heure, nous nous arrêterons devant deux bâtiments ruinés, qui étaient en fait les pavillons de garde du château. Nous nous trouvons à ce moment devant l’allée de la Grand’Vue; elle fait cinq kilomètres de long et cette perspective constituait auparavant l’axe principal du château de Beloeil. Nous emprunterons cette longue, très longue allée avant de bifurquer sous le couvert des arbres du parc, pendant encore deux petites heures. Nous ne croisons personne en cet après midi, pourtant c’est un des endroits les plus romantiques que nous ayons traversés: les chemins sont entretenus, le printemps a amené ses couleurs et son vert feuillage sous les nuages…  Tant mieux pour nous qui seront les seuls à goûter ces beautés. Nous ressortirons pour nous trouver face à un lac, en vis à à vis du château. Un autre être humain s’y balade, amoureux de la nature certainement. Le château de Beloeil en impose dans le décor et pour une âme romanesque, il est aisé d’imaginer mille intrigues et rebondissement en ce décor d’antan… Pour clôturer, un extrait encore sur les origines de ce lieu enchanteur:

« Cet itinéraire promène longuement le randonneur sur les terres ancestrales du Prince de Ligne. En effet, cette famille aristocratique est implantée à Beloeil depuis le 14ème siècle et le château, sous sa forme actuelle, a été construit au 18 ème. C’est le prince Charles-Joseph qui fera remanier le manoir primitif pour conférer aux bâtiments la distinction classique conforme à la vie mondaine de cette époque raffinée. Mais ce sont sans doute les fameux jardins à la française qui font la réputation du domaine. Bassins et canaux, alimentés par les eaux de la Hunelle, parterres et charmilles composent une architecture harmonieuse qui ne manque pas de rappeler les jardins de Versailles. « 

Topo-guide des randonnées en boucle. Province du Hainaut. P 114.

 

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Ca grimpe, ça se mérite le pays des collines!

 

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Nous voici donc bouclant la boucle du pays des collines, en terminant par le coin Ellezelles-Frasnes-Ellezelles.

Cette randonnée, de 25 km, nous avons du la faire deux fois. Petite anecdote qui servira de leçons à ceux qui, comme nous, se baladent parfois trop le nez en l’air et pas assez le nez sur la carte. Nous avions fait notre premier essai en compagnie de notre ami bien aimé Nico (oui oui je te cite, tu es fichu comme nous 😉 ) il y a de cela deux petites semaines. Tous les trois amoureux de la marche, nous voilà gaillardement partis en papotant, en papotant, en blaguant, en papotant et… voilà t’y pas qu’en fait nous loupons un tournant. LE tournant. Mais ni Nico, ni Brubru, ni Elo (qui tenait la carte) ne s’en rendent compte et continuent à marcher, marcher, marcher, durant quelques heures bien sonnées. Le problème voyez-vous, c’est que lorsque le livre vous dit « Arrivé au machin, vous observerez une vue panoramique sur truc, entre deux collines et trois lapins »  et bien cela peut s’appliquer à à peu près partout. Bin oui, c’est le pays des collines et donc on est entouré… de collines. CQFD. Ou pas. Parce qu’au bout de trois bonnes heures, mon instinct que je qualifie de divinatoire à mes heures se met à tirer la sonnette d’alarme.

Elodie: « Je pense qu’il y a un prob là quand même hein, ça fait au moins une heure qu’on aurait du trouver un bois. Et là, on est au dessus d’une autoroute! »

Bruno: « Ah. Bon, passe moi la carte, on va voir où se situe l’autoroute ».

Moment d’intense réflexion où Nico en profite pour observer le flux incessant des voitures en se remémorant une petite blague. Je ne résiste pas à vous la livrer:

Deux blondes se disputent au dessus d’un pont:

« C’est l’Escaut je te dis en dessous!! » vocifère l’une

 » Tu n’y connais rien, c’est la Meuse! » rétorque l’autre

 » Je reconnais un cours d’eau à sa température et ses poissons, je plonge et tu verras c’est l’Escaut! » sur ce la Blonde numéro 1 effectue un triple saut avant de disparaître. Pour réapparaître couvertes de bleus et les vêtements en lambeaux.

 » Alors, c’est la Meuse ou l’Escaut? » demande Blonde numéro 2

 » Aucun des deux, c’est l’E429… »

Amis des blagues sur les blondes bonsoir! 🙂

 

Petite parenthèse refermée, Bruno regarde la carte, relève le nez et rend le verdict d’un ton dépité:

« Heu l’autoroute n’est même pas sur la carte…  »

Ah. Bien bien bien. On s’est donc planté, on rebrousse chemin parmi les champs au parfum si printanier (pour rester poétique), les collines et les arbres en fleurs. On cherche notre erreur et on va finir par se rendre compte qu’on a effectué uniquement 4,5 km de correct sur l’ensemble de la randonnée et que nous avons finalement fait un « léger » détour de 18km environ sur l’ensemble de notre marche. Ce qui nous vaut beaucoup de fous rires jusqu’à la voiture avec Nico qui se fiche de nous « Ouais c’est ça, en fait vous n’êtes jamais partis en voyage avec un tel sens de l’orientation vous êtes restés planqués en Belgique sans le savoir pendant un an!  » 😀 Comment me justifier? J’avoue je suis la blonde de l’histoire!

Bref, essai numéro un, raté. Mais on ne s’avoue pas vaincu (un peu de fierté que diable!) et on remet ça une semaine après, à deux. Cette fois ci, c’est tous les kilomètres qu’on vérifie notre trajet et ouf, c’est bon on a récupéré un peu de bon sens. Nous voici donc vagabondant de champs en champs, avec un vent qui nous contre au lieu de nous aider, des gros nuages au dessus de nos têtes mais comme toujours, on est rempli de bonne humeur et les yeux ouverts sur ce qui nous entoure. C’est en prenant le temps de marcher, et non pas de foncer pour remplir une performance, que l’on remarque les différentes variétés d’arbres, de fleurs, même d’insectes qui ont élu domicile dans notre beau pays. Ca grimpe correctement, ça redescend et ça repart, ce qui nous offre des panoramas toujours très sympas. Nous passons par de petits hameaux, aux fermes toujours nombreuses à la faune abondante: chiens, biquettes, poules, chevaux et vaches sont nos amis de la route et on ne s’en plaint pas. Nous contournons un château, le « Mylord », hommage à un vice gouverneur des Indes des temps passés, tombé amoureux d’une belle Ellezelloise et qui fit bâtir le château en son honneur.  Le « clou » de cette marche au grand air, c’est le sentier de l’étrange, bien connus des habitants de la région. Ci-dessous le passage sur ses origines:

 » Le Pays des Collines est aussi connu pour son folklore. Les diables, les nutons, les loups, les sorcières rôdent et enflamment l’imaginaire. Un artiste de génie, du pseudonyme de Watkyne, est à l’origine de cet engouement. L’histoire elle-même lui avait fourni les ingrédients de base de ce folklore revisité. En effet, la chasse aux sorcières de la fin du 16ème siècle ayant abouti à l’exécution de l’une d’entre elles, Quintine de la Glisserie, l’artiste voulut en réhabiliter la mémoire. Depuis 1992, sur cette butte naturelle, se déroule, chaque dernier samedi de juin, le sabbat des sorcières. Dans un spectacle fort en sons et lumières, les sorcières sont au rendez-vous. Elles exécutent leurs danses infernales, racontent leurs méfaits sur les instructions de Lucifer »

p22 « Randonnées en boucle de la province de Hainaut ».

Certains trouveront ça certainement niais, voire par trop enfantin (ainsi que je l’ai déjà noté dans un texte précédent sur la région). N’empêche que toutes ces oeuvres qui jonchent le chemin, de sorcières en loup garou, c’est plutôt sympathique et donne un cachet unique à l’endroit. Certaines maisons jouent le jeu et les sorcières ont élu domicile sur les sonnettes, dans les arbres, le long de fenêtre poussiéreuse… Celui qui un jour a dit de ne jamais perdre son âme d’enfant trouvera sa philosophie à l’oeuvre sur ce sentier et nous, ça nous correspond très bien! Je m’en vais d’ailleurs serrer la pince d’une vilaine crochue, devant un panorama qu’elle garde jalousement de ses sorts de magie noire. La pluie se met d’ailleurs à tomber mais qu’à cela ne tienne, cela décuple les odeurs des sous bois, et d’ailleurs nous arrivons à la fin de notre journée… Comme précédemment, nous irons nous réfugier chez ma grand-mère, à papoter autour d’un apéro bien mérité!

Pays des collines, tu nous as ensorcelés! Nous reviendrons à notre tour te hanter!

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