Cambodge

Vidéos du Cambodge

Voici quelques vidéos de nos aventures cambodgiennes!!

Le bateau entre Battambang et Siem Reap (avec Capitaine Cath!)

Coucher de soleil sur la route vers Battambang

Retour vers Kratie

Catégories : Cambodge, Info | 3 Commentaires

Et ça continue Angkor et Angkor… AW KOHN CAMBODIAAAA! (part two)

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Ca y est on est le treize janvier, il est 16h30 et nous attendons Cath et Sophie à l’aéroport… à force d’attente, leurs deux petites têtes apparaissent, l’une blonde et l’autre brune… Yihaaaa, c’est parti pour de gros câlins de retrouvailles et des gros bisous d’amitié! Nous voilà ensemble jusqu’au 26 avec un planning comme toujours chargé! Nous resterons à Phnom Penh jusqu’au 15 au matin, afin qu’elles aient une journée pour découvrir la ville, elles auront le temps de compléter la visite le 26 et le 27 avant de reprendre l’avion pour rentrer.

Une fois les bagages déposés, hop c’est parti, on va se boire « un » verre pour fêter ça, on choisit un café devant le Mékong et nous voilà attablés pour plusieurs  heures de papotes et de cruches de bières, avalées plus vite que notre ombre! Le résultat, c’est que nous découvrons le visage de l’Asie la nuit… et il est bien laid ce visage des grandes villes… A côté de nous, se succèdent une famille de pervers papa-maman choisissent les putes et ensuite font profiter le fiston de 15 ans de quelques pelotages intempestifs sur l’une d’elle, qui se débat pourtant. Fiston de 15 ans est bien évidemment bourré aux grands frais des glorieux parents. Nous leur jetons des regards tellement mauvais que les trois demoiselles, gênées (et ce n’est pas contre elles que nous en avons loin de là) finissent par déguerpir, mais sans doute pour les retrouver plus loin. Beurk, je vomis intérieurement. Ensuite, ce sont deux autres vieux blancs dégueulasses qui prendront leur place, offrant bien des verres à deux autres demoiselles de joie. L’éclat dans les yeux de ses messieurs et leur rire bien gras ne laissent pas de doute quant à la suite des opérations. Rebeurk je revomis intérieurement.

Comprenez-nous bien, les putes du Cambodge ne sont pas celles qui se défendent haut et plus ou moins fort de leur métier par certains de nos pays. Ici, elles font ce métier depuis les colonisations françaises, avec qui elles gagnaient apparemment magnifiquement leur vie. Et si elles le font c’est pour nourrir leur famille et elles-mêmes survivre car elles n’ont pas accès à d’autres formations. L’éducation coûte au Cambodge et elle se fait petit à petit. J’entend déjà certains défenseurs du métier de prostituée et je vous coupe tout de suite. Non messieurs-dames chez ces jeunes filles là (car il s’agit de jeunes filles ne vous y trompez pas) aucune envie, aucun plaisir du métier. Leurs regards démentent leurs gestes si vous les observez. Elles ne le font pas parce que ça paie bien (ce dont je ne suis pas du tout sûre et en plus bon nombre d’entre elles sont atteintes de maladies, du fait que ces vieux vicelards ne se protègent pas), elles le font pour s’en sortir à leur manière et aider leur famille. Les putes du Cambodge m’attristent et me désolent, ce sont encore des enfants et elles sont déjà trop au fait de la vie des adultes. Certaines deviendront expertes, d’autres mourront dans quelques années parce qu’ici la vie ne se soigne pas comme par chez nous. Oui, l’Asie possède deux faces et ce sont les gens de nos continents qui y contribuent. Malheureusement, s’il existe désormais des lois contre la pédophilie au Cambodge, il n’existe pas encore de protection pour les prostituées.

Pour couronner cette soirée pourtant tellement gaie et bien arrosée, Bruno se fait arracher l’appareil photo, qu’il portait en bandoulière dans un sac, en rentrant. Ni une ni deux, un motobike à deux têtes, deux mains professionnelles qui attrapent la lanière et voilà bébé appareil parti… Bruno essaye bien de le retenir mais la moto accélère, le voleur lance des menaces… Adieu bébé appareil on t’aimait tu sais… Le retour se fait pestant et bourré, mais par chance ou intuition, j’avais le matin même transféré toutes les photos sur le pc… Nous ne perdons « que » l’appareil et nos illusions sur le monde de la nuit…(Pour une fois qu’on sortait!)

Le lendemain, je le passe personnellement à soigner une monumentale gueule de bois… Hé oui on est plus habitué! Cath et Sophie partent à la découverte de la ville et Bruno ira en fin d’après-midi nous acheter un nouvel appareil- pas DU TOUT prévu au budget- mais il faut ce qu’il faut et pas question de continuer sans photos…

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Le 15, nous quittons Phnom Penh pour descendre sur Kep, dans le sud du Cambodge. Le but est de rejoindre Koh Tonsay, aussi appelée « l’île aux lapins » pas parce qu’il y a des lapins mais parce que l’île a apparemment la forme d’un lapin (visions asiatiques quand tu nous tiens…) Nous y resterons jusqu’au 17, le temps de se baigner, se reposer, et surtout fêter l’anniversaire et les 30 ans de Brubru! L’île est petite, sans trop de touristes et sympathique. Nous logeons dans de petits bungalows avec la mer, transat et cocottiers comme seul horizon… Le 16 au matin, jour d’anniversaire, sous le dynamisme de Sophie qui est « un peu » hyperkinétique nous entamons une marche autour de l’île… c’est plutôt sympa et très joli, un côté de l’île est réservé aux touristes et bungalows et l’autre aux habitants, pas très nombreux et leurs petites maisons… Une petite marche de deux heures pour entamer la journée qui va se poursuivre beaucoup plus calmement entre baignade, bronzette et surtout descente de bières… on a pas 30 ans tous les jours hein vieille croûte (dixit Cath!:-)) )! Le soir, c’est cocktail party, mais aussi attaque de fourmis rouges géantes, Cath et moi en ferons les frais, nos pieds vont en pâtir et gratter, gratter, gratter… L’alcool sur le moment nous anesthésie mais le lendemain, cela va commencer…

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Koh Tonsay

Nous quittons la petite île paradisiaque pour Sihanoukville et ses plages de sable fin pour deux petites journées. Nos pieds nous grattent, c’est la première fois que je suis attaquée à ce point depuis le début du voyage, c’est rouge, c’est gros, ça handicape la marche bref c’est une plaie! Heureusement, Sihanoukville ne va pas me donner envie de vagabonder. En fait, il s’agit d’une grosse ville et sans doute y-a-t-il des coins typiques du Cambodge. Sauf que là où nous sommes, en bord de plage c’est bien entendu bondé de touristes (mais nous nous y attendions) mais c’est apparemment aussi l’endroit où tout le monde se bourre la gueule et se drogue à tout et n’importe quoi. Notre auberge, si elle n’est pas chère et possède une scène pour des groupes le soir, sympa, est également un repaire de drogues, de nourritures super grasses et de beuveries. Je n’irai pas faire de morale là-dessus, je suis mal placée mais c’est un choc après autant d’endroit d’Asie où la drogue est interdite, et plus que sévèrement punie en cas de possession, de se trouver dans cet endroit apparemment libre de tout. L’ambiance y est étrange, et surtout, une fois de plus, la pauvreté saute aux yeux parmi tous ces touristes bourrés, drogués et beuglants jusqu’au petit matin. Les enfants mendient sur toute la plage, les parents guettent derrière et vraiment Bruno et moi nous y sommes sentis très mal à l’aise. Cath et Sophie échappent un peu à cette ambiance en partant toute la journée du 19 au large des petites îles, profitant du calme et des plages plus ou moins désertes. Nous ne les accompagnons pas car nous avons déjà vécu cette expérience au Vietnam et  nous devenons sélectifs sur ce que nous nous autorisons à faire dans un pays. Le budget file et nous commençons aussi à avoir l’expérience de l’Asie. D’un pays à l’autre, certains activités restent les mêmes et c’est ainsi que nous trions. En restant à l’hôtel pour étudier appareil photo 2, nous observons les larves humaines de la veille, dormant dans les fauteuils et récupérant uniquement pour recommencer le soir… Comment expliquer le décalage que l’on ressent je ne sais pas. Pourtant, nous sommes des fêtards, nous en avons fait des sorties, des soirées mais là ça ne colle pas. Nous sommes loin de tout ça et nous n’en voulons pas. Mais encore une fois, aucune expérience n’est à jeter… Le point délirant de ce séjour c’est que Cath retrouve complètement par hasard un de ses contacts d’Erasmus en plein milieu de l’auberge, le premier soir! Ils ne se sont pas vus depuis 5 ans et nous allons passer la soirée à papoter avec Sandro et ses amis. Soirée sympa, à parler de voyage, de tout et de rien. A se dire que le monde est vaste, on finit par réaliser que parfois, il est bien petit…Le deuxième soir, nous irons manger face à la mer, le décor reste sympa malgré l’afflux de tourisme et la pauvreté cambodgienne environnante… Des feux d’artifice sont tirés tout le long de la plage par des enfants du Cambodge pour les Blancs qui le souhaitent… Il y a quand même la mer, quelques étoiles… mais aussi la musique qui hurle de chaque bar et un bateau dansant sur l’eau au son techno… Oui nous serons contents d’avancer. Sandro, que nous avons croisé le matin avant son départ, nous a confié la même chose « It ‘s not a place where I feel comfortable »… nous sommes complètement d’accord..

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Sihannoukville

En route, donc, pour Battambang le lendemain matin! Tout un périple car au Cambodge, les routes ne sont pas présentes partout et nous qui étions déjà bien  avancés, nous voilà contraints de redescendre sur Phnom Penh avant de reprendre un bus « VIP » (comprenez rapide rapide!) pour rejoindre Battambang le soir. Nous partons à 8 heures du matin, pour arriver vers 14h à Phnom Penh. En raison des embouteillages, nous sommes une demi-heure en retard et nous ratons le premier bus VIP de l’après-midi. Le suivant part à 16h30, ok nous allons donc glander sur une terrasse typique des locaux… C’est-à-dire, pas de femmes, du vrai thé frais et la télé allumée sur un match de Kick Boxing. Sympa comme pause! Nous papotons et nous embarquons à l’heure dite dans le minivan « VIP ». Je dois dire qu’effectivement, c’est la première fois en Asie que nous prenons un transport aussi rapide. Le chauffeur fonce et je saute plusieurs fois en l’air puisque je suis sur le dernier siège à l’arrière… Tout cela me rappelle la Mongolie et la Sibérie… Nous avons le temps d’admirer le coucher de soleil, magnifique sur la terre du Cambodge… Et nous arriverons à Battambang presqu’à dix heures du soir! La journée a été longue, mais nous trouvons encore le courage d’aller manger un bout dans un restaurant Indien, un des rares restaurants encore ouverts sur la ville déjà endormie. Le lendemain, nous nous baladerons, admirant les ruelles, les temples, papotant même avec quelques moines jeunes et sympas. Battambang rappelle un peu Kampong Cham de part sa tranquillité et le cours d’eau qui la traverse. Mais ici, il s’agit du SanKher, un affluent du Mékong. Il y a toujours des bâtiments coloniaux dans la ville, couplé au marché et plus loin, la vieille ligne de chemin de fer, en arrêt depuis quelques années et qui devrait reprendre du service en 2013. Oui, cette petite ville est vraiment jolie, simple, aux accents du Cambodge et non pas de l’industrie du tourisme… Cath et Sophie loueront un touk touk pour la fin d’après-midi afin d’aller admirer la nature environnante pendant que Bru et moi déambulerons encore tranquillement avant d’aller nous poser dans un petit restaurant sympa, où nous rencontrerons Thierry, un français de 40 ans (mais en paraissant 32) voyageant pour un mois à travers le pays. Il est sympa aussi passerons nous toute la soirée avec lui, parlant bien sûr de voyage,  de plongée (surtout pour Cath dont c’est la grande passion) de boulot et de retour au pays après de longues absences, qu’il a déjà expérimenté.. Oui ce sera dur dur autant s’y préparer!

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Battambang

Après cette soirée sympa, nous voilà le lendemain en route pour notre ultime étape tous ensemble, Siem Reap et les temples d’Angkor nous attendent! Nous optons pour la remontée en bateau, beaucoup plus cher que le bus, mais Sophie n’ a jamais vu de villages flottants, et de toutes façons, elles sont en vacances et c’est la plus jolie balade du Cambodge en bateau pourquoi s’y refuser? Nous les accompagnons plus par amitié parce que nous nous doutons bien qu’il s’agira d’une reproduction de notre passage du Vietnam au Cambodge mais après tout nous avions adoré, autant se faire plaisir avec elles!

Effectivement, la balade sera semblable sauf que le bateau est plein à craquer et que c’est sûr, j’ai développé une allergie certaine aux touristes dont je suis obligée de supporter la présence pendant plusieurs heures d’affilée. Le Vietnam m’a rendue méfiante et sans doute beaucoup moins tolérante qu’il y a quelques mois. Mais dans l’ensemble cela se passe bien, comme pour le Vietnam, les enfants nous saluent (sauf qu’ici cela déclenche des dizaines d’appareils photos), les villages flottants, les pêcheurs, les mamans avec leurs bébés… oui un joli trajet qui prend une petite dizaine d’heures pour nous amener à bon port… Une panne va nous ralentir et c’est le seul moment où j’ai ressenti de l’énervement contre les Français du bateau qui se mettent à s’inquiéter 5 minutes seulement après l’arrêt. J’essaye péniblement de relativiser et de me mettre à leur place. Effectivement, voir un mécano penché au-dessus du moteur avec sa cigarette plantée dans la bouche n’est pas fait pour les rassurer. Pas plus que le regard dubitatif du pilote qui regarde le moteur. Mais nous sommes depuis assez longtemps en Asie pour ne plus faire attention ni à la cigarette, ni à l’air inquiet qui est en fait juste un air concentré… Les mécanos d’Asie équivalent largement ceux de nos contrées, avec tout et n’importe quoi ils vous réparent une fuite, une panne, n’importe quel problème. Et si ça ne marche pas, un coup de téléphone et leurs potes du bateau plus loin viendront nous remorquer. Ne pas leur faire confiance, c’est ne pas connaître l’Asie. Mais je sais bien que je deviens dure. Seulement j’ai entendu trop de commentaires et ma patience se perd. Je ne supporte plus les « olàlà la cigarette, bon si ça fume tu le jettes à l’eau! », les « olàlà, heureusement qu’on a des biscuiiiits et de l’eauuuu on sait pas combien de temps on peut rester lààààà,  » « aaaah on va devoir s’organiser pour dormiiiir ya qu’un seul bateau par jouuuuur comment on va faiiiire » « aaaah est ce qu’il y a un mécano à bord oulàlà?? » (et t’as pas vu qu’ils sont déjà deux sur l’affaire ducon?)…. Tout cela, je le sais, est censé être sûrement drôle. Mais je n’y peux rien, ils m’énervent. J’en ai trop entendu, je frise l’overdose je pense. Mais passons, le bateau est reparti, ils ont tous fermé leur bec et ahahaha (là j’ai beaucoup ri intérieurement) le bateau a recalé. Juste pour voir leurs têtes à nouveau parce que personnellement je ne doutais pas une seule seconde qu’on repartirait. Une heure, deux heures peut-être plus tard mais qu’on repartirait. Et de fait, sans explosion et entiers, nous sommes arrivés à bon port 20 minutes plus tard. Le propriétaire de notre hostel nous attendait, j’ai nommé « Mister Why Not », car il répond à chaque demande par « why not », un monsieur super sympa, ancien touk-touk de formation qui a ouvert sa propre guesthouse. On y sera très bien, il nous prodigue les meilleurs conseils pour Angkor sans nous forcer à quoi que ce soit. Le premier soir, nous irons boire quelques bières et manger dans Siem Reap, qui est assez touristique mais jolie, avec une rue centrale ‘Pub Street’ autrement dit la rue du bourrage de gueule et où la pinte est à 0,50 cents de dollars… Une invite à la débauche à laquelle nous allons céder bien volontiers! Mais sans trop d’excès (juste 4-5 bières chacun…:-) ) car Angkor (les temples, pas la bière!) nous attend!

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Petit trajet en bateau…

Le premier jour, nous optons pour le Touk Touk afin de pouvoir visiter les temples plus éloignés. Nous partons avec un très gentil chauffeur, jeune et plein d’entrain. Première étape, l’achat de notre pass de trois jours. Il y a du monde mais ça va, les files se gèrent et en dix minutes nous voilà fin prêts! Vous êtes prêts pour la visite guidée? C’est partiiiii

Nous voici devant le premier temple, j’ai nommé Pre Rup. Il s’agit d’un temple construit par le Roi Rayendravarman 2 en l’an 944 et qui rétablit la capitale à Angkor.Il s’agit d’un lieu de crémation des corps… un haut lieu devrais-je dire car il s’agit tout de même d’un temple, dédié à Shiva.

Après les premiers émois et nos premières calvacades, nous nous remettons en route pour le temple le plus éloigné de tout le site, il s’agit de Banteay Srei. Egalement consacré à Shiva, c’est le temple le plus joli en gravures que nous aurons l’occasion de visiter. Il est petit mais finement travaillé, on pense même qu’il le fut par des femmes, tant les gravures sont fines. Il date de l’an 967 et fut construit par un Brahman (un religieux), contrairement aux autres qui le furent par un roi. Son nom signifie « La Citadelle des Femmes ».

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Notre batterie va lâcher à ce temple-ci, aussi, toutes les photos qui suivront de cette journée sont celles de Cath!

Après ce magnifique petit temple, nous poursuivons avec  Bantoay Samre, un temple qui a subi d’importants travaux et est donc particulièrement bien conservé. Il date de la même époque qu’Angkor Wat, le 12ème siècle et fut construit par Suryavarman 2. Il est consacré à Vishnu.

Ensuite, pause dîner! Je ne l’aurais même pas mentionné si Bruno n’avait pas failli se faire éborgner par un ventilateur… En plein milieu du repas, SPLAAAAAM les ailes du ventilateur, non protégées par sa grille, éclatent et les débris pleuvent autour de nous… Non sans cogner le bel appendice nasal de notre Brubru… Heureusement, plus de peur que de mal!

Après cet interlude, nous touk-toukons jusque Neak Pean (ce qui signifie « les Nagas entremêlés », donc les serpents entremêlés), construit par le grand Jayavarman 7 au 12 ème siècle. On ne peut entrer dans ce temple, dont il ne subsiste que peu de choses. La stèle centrale est entourée d’eau et il n’existe plus qu’une seule statue sur les quatre d’antan. Cette statue est un cheval, aux jambes humaines. Il serait la représentation d’Avalokitesvara, un bodhisattva qui aurait sauvé des naufragées d’une île de goules, de démons pour la traduction. Deux serpents entremêlés entourent le centre de l’édifice. Auparavant, quatre bassins entouraient le centre, nourries d’eau par quatre gargouilles.

Day 1 Pre Rup-Bandeay Srey-Banteay Samre-Neak Pean

Un peu plus loin, c’est Preah Khan qui nous attend. Egalement construit par Jayavarman 7, ce temple est immense et servait de résidence au roi pendant la construction d’Angkor Tom. Ce fut donc une ville provisoire, dont le nom signifie « Epée sacrée » et qui fut dédié à 515 divinités. Il y a ici un mélange des religions: la porte Est est consacré au Bouddhisme Mahayama, avec des portes de tailles égales tandis que les autres portes sont consacrés à Brahma, Vishnu et Shiva, avec des portes de tailles variées, pour illustrer la nature inégale du bouddhisme. Le Roi dédia ce temple à son père. Il faut savoir qu’en ce temps là, ces Rois si importants se prenaient eux-mêmes pour des demi-dieux.

Et pour clôturer cette première journée bien remplie, nous nous rendons sur le temple le plus haut le Phnom Bakheng, phnom signifie « colline ». Le coucher de soleil y est apparemment splendide mais nous pensions que le grand astre se couchait sur Angkor Wat, que l’on aperçoit à un kilomètre de distance, et en fait, il se couche derrière les arbres… Donc, fatigués,assoiffés et ne souhaitant pas être pris dans le mouvement de foule du retour, nous redescendrons après un rapide tour du propriétaire. Ce temple fut le premier à être construit par Yasovarman 1, en l’an 900. La pyramide s’élevait sur 7 étages, selon les 7 ciels de l’Hindouisme et le nombre de tours s’élevait à 108, autre chiffre sacré de l’Hindouisme.

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Day 1 Preah Khan – Phnom Bakheng

Nous rentrons en Tuk-tuk, fatigués de cette première journée car les temples, ça se grimpe, ça s’explore et sous la chaleur qui nous fait suer, ce n’est pas toujours aisé… Mais nous sommes heureux et attendons la suite avec impatience. Quelques bières et un bon repas pour terminer cette belle journée et en route pour la suite!

Le lendemain, nous optons pour l’option vélo, plus économique et un chouette mode de locomotion pour sillonner Angkor Tom, l’ancienne énorme capitale d’Angkor. Nous allons faire pas mal de kilomètres, une cinquantaine en tout en comptant notre aller-retour jusque Siem Reap.

Nous commençons par Bayon en ce matin déjà bien chaud. Bayon, construit par Jayavarman 7 et situé dans Angkor Tom, la grande capitale par opposition à Angkor Wat la « petite capitale ». Ce temple se compose de 54 tours et de 216 visages, mélange d’Avalokiteshvara (un bodishattva) et du Roi-Dieu. Le temple s’élève seulement sur trois niveaux, le roi étant déjà âgé lorsqu’il ordonne sa construction, il n’était pas sûr de pouvoir achever sa construction. C’est le dernier des temples-montagnes.  Et sa fonction d’antan est toujours un mystère.

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Bayon

Ensuite, quelques coups de pédale beaucoup plus loin et nous voilà à Tam Som, également bâti par Jayavarman 7 au 12ème siècle. Ici, les arbres s’enracinent autour des pierres, donnant un charme particulier à l’endroit.

Après un pause dîner-imaginez-vous que nous passons souvent plus d’une heure et demi à vagabonder dans chaque temple- nous nous rendrons à East Mebon: ce temple fut construit par Rajendravarman 2 au 10ème siècle. Il est dédié à Shiva et déclenche de belles crises de fou rire chez nos très humbles personnes. Ben oui, toujours étudier chaque temple ça fatigue et nous voilà devant la tour centrale en train de faire les idiots, chaque porte de la tour représente un moment clé de la vie du Dieu Shiva ou Indra, chevauchant l’un son taureau sacré et le deuxième son éléphant à trois têtes. La troisième porte représente un paon (animal sacré également). Sophie n’y tient plus et sur une habile suggestion de ma part, mime à merveille le paon, le taureau et avec l’aide de Cath et Bruno, les voilà en éléphants à trois têtes… Nous avons beaucoup fait rire le guide derrière nous qui a bien compris notre petite imitation… Le temple est également orné de magnifiques statues d’éléphants.

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Day 2 Ta Som – East Mebon

Après cette bonne rigolade, l’après-midi est déjà bien avancé et nous concluons notre journée par la visite du Banteay Kdel, évidemment de Jayavarman 7 au 12 ème siècle. C’est un grand temple, avec des lions de pierre pour gardiens, le visage des 4 faces de bouddha orne l’entrée et la taille des portes sont identiques (toujours en accord le bouddhisme mahayana). Les serpents de l’immortalité sont également présents.

Nous irons jeter un oeil au bassin royal (un énorme lac donc), où le Roi procédait à ses diverses ablutions. Et c’est ainsi que l’on clôture notre deuxième jour à Angkor, Angkor Tom a été explorée, reste le lendemain et le coin le plus prisée, Angkor Wat. Le soir, nous ne tardons pas trop, la fatigue se fait sentir et après quelques bières nous rentrons dormir…

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Day 2 Banteay Kdei – Sra Srang

Le lendemain c’est rude pour pédaler! Je pesterai une bonne partie de la journée sur mon vélo, qui n’est pas le même que la veille et qui a des vitesses mal réglées. Je suis en plateau deux et j’ai l’impression fâcheuse d’être en 3 tout le temps. De temps en temps, un truc se dérègle et allège mon coup de pédale mais pfiouuu je ne suis pas la gazelle de la veille! La fatigue se fait aussi bien sûr sentir et le chemin jusqu’ Angkor nous paraît deux fois plus long.

Mais nous tenons bon la visite, en commençant par le plus célèbre, Angkor Wat, ancienne capitale. Il a été construit par Suryavarman au 12ème siècle, c’était un « temple d’Etat » avant que Jayavarman 7 construise Angkor Tom et érige Bayon en nouveau temple d’Etat. Aujourd’hui, c’est le seul temple qui est toujours un centre religieux, mais bouddhiste. Le temple est symbole de l’univers avec Vishnu en Dieu Créateur. La tour centrale représente le Mont Méru. Les bas-reliefs, construits du 12ème au 16ème siècle représentent les différentes batailles et scènes de vie de l’époque. Le temple est dirigé vers l’Ouest, contrairement à beaucoup d’autres, afin d’être orienté vers Vishnu. Les escaliers menant à la tour centrale sont raides et dangereux, afin de représenter la difficulté qu’il y a à atteindre le royaume des Dieux.

Angkor Wat est considéré tellement unique qu’il est représenté sur le drapeau cambodgien. Il est effectivement immense, bien que nous trouvions ses structures assez comparables aux autres temples que nous ayons observé.

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Day 3 Angkor Wat

Après cette longue visite, nous nous dirigeons vers Baphûon, immense pyramide située juste à côté de l’ancien palais royal. Sophie ne pourra nous suivre pour cette visite, le gardien refuse de la laisser passer car il a vu qu’elle posait une jupe au dessus de son mini short pour entrer. Il n’y a pas de mal à ça, ses jambes sont couvertes et à Angkor Wat il n’y a pas eu de problème mais apparemment il a l’air de se dire qu’elle pourrait se déshabiller à l’intérieur et offenser les dieux (misère alors que eux vivaient pratiquement nus la plupart du temps mais bref, les dieux ont tous les droits!)Pas grave parce que de toutes façons, il fait mourant de chaud sous le soleil de midi et nous sommes crevés de ces trois jours. Donc on fait une petite grimpette pour le fun et on redescend vite fait. La pyramide représente une fois de plus le Mont Méru, centre de l’univers. Juste à côté, Sophie et Bruno iront se balader sur la terrasse des éléphants qui était un lieu de cérémonie et la terrasse du Roi lépreux. Si le Roi était effectivement lépreux nous n’en savons rien, cela fait partie des nombreux mystères d’Angkor. On pense aussi que l’endroit était un crématorium.

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Ensuite, arrêt miam-miam avant de se diriger vers deux petits temples bien mignons (oui mignon!) Thommanom et Chau Say, des temples du 12ème siècle par Suryavarman 2 et dédié à Shiva et Vishnu.

Day 3 Baphûon – Chau Say and Thommanom

Pour finir, le dernier mais pas des moindres, nous voilà à Ta Phrom, le temple de Lara Croft dans le film « Tomb Raider »! Nous reprenons d’abord des forces à grands coups de café glacé et nous nous enfonçons dans ce temple remarquablement conservé malgré la végétation qui l’envahit. Les arbres fromagers sont une véritable plaie pour les temples car les graines font éclater les pierres et provoquent des éboulements. Mais ces énormes racines, ces arbres de la jungle font partie du paysage de Ta Phrom et nous allons, vous vous en doutez, jouer aux Lara Croft un peu partout, en rigolant comme des gamins. Bruno se reconvertira en Indiana Jones pour l’occasion…

La poursuite!!

La poursuite!!

Pour l’histoire, il date de 1186 et est dédié à la mère de Jayavarman 2. 80000 personnes y vivaient, dont 2700 officiels et 615 danseurs. Il n’est pas le seul bien sûr, dans presque chaque gros temple se trouvaient des salles de danses, des pièces pour les danseuses ainsi que des bibliothèques aux entrées.

Day 3 Ta Phrom (Tomb Raider)

Et c’est ainsi, sur des belles rigolades que s’achèvent nos trois journées de temples d’Angkor! Nous sommes heureux de les avoir vus, d’en avoir vu autant mais il est maintenant temps de passer à autre chose… Le lendemain est notre dernière journée ensemble et nous en profiterons pour ne rien faire hormis quelques emplettes au marché de Siem Reap. Sinon, nous buvons des bières, nous rigolons, nous papotons… Le soir, Cath nous offre un barbecue cambodgien dans un chouette restaurant! Que d’alcool avec cette viande! Nous avons fêté dignement la fin de leurs vacances! Et c’était bien sympa, entre Sophie, la super guide qui a avalé tout le lonely planet en 15 jours, qui a tout étudié, et nous en a fait profiter! Et Cath plus peinarde, profitant de tout et surtout de nous!

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Siem Reap

Le lendemain, samedi,on part à l’aube, Bruno et moi. Encore heureux que Cath est là pour nous réveiller, nous l’alcool nous a plongés dans le coma (quand je vous dit qu’on est plus habitué!)… Un dernier gros bisou et nous voilà partis, pas fiers je vous l’assure, pour une très longue journée de bus qui nous emmènera à BanLung dans la province de Ratanakiri, au nord- est du Cambodge, notre ultime étape avant le Laos. Cath et Sophie reprennent le bus en direction de Phnom Penh où elles reprendront l’avion le dimanche.

Nous arrivons à BanLung vers 19h et nous n’allons pas faire grand chose de nos quatre journées là-bas, nous avons surtout besoin de nous remettre de ces derniers jours endiablés, le blog m’attend au tournant et vous aussi! Mais nous nous offrons une journée en motobike dans la nature, à passer dans les petits villages, allant jusqu’au grand lac sacré nous promener tout autour et débusquant les différentes chutes d’eau du coin. Il n’y a pas grand monde et nous en profitons d’autant plus! Nous tomberons sur des éléphants également, sur lesquelles on peut faire un tour mais comme d’habitude nous refuserons, nous avons de très gros doutes quant à leur protection et leur bien-être et nous serions plutôt d’avis de les relâcher en liberté, ces pauvres bêtes… Mais ce n’est pas nous qui décidons… Déjà, à Angkor, les tours en éléphants sont connus et voir ces pauvres pachydermes montés par toute une famille plus le guide (alors que normalement c’est deux personnes grand maximum), la trompe en berne et encerclés de touk touk et de vans puants me fendait le coeur..

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Le reste de nos journées, je trie les innombrables photos, Bruno se relaxe, joue au billard, bref nous restons tranquille dans ce joli coin de nature qu’est notre guesthouse. Même si tous les jours à quinze heures, la salle de jeux à côté enclenche la musique à fond jusque 18h avec bien sûr toujours le même cd et l’ignominieux « gangnam style » qui passe 10 fois sur la soirée…Mais nous bavardons avec la maman du propriétaire, une très gentille dame, nous mangeons bien, nous discutons, et j’écris pour votre divertissement chers amis-famille!

Banlung

Pour l’heure, nous attendons notre bus jusqu’au Laos! On se retrouvera encore un peu plus loin, un peu plus vers le nord dans quelques semaines! Notre voyage avance, nous nous sentons bien, nous apprenons toujours plus et vivons toujours mieux… Nous pensons toujours très fort à vous et on aime toujours autant se savoir soutenu!

A bientôt chers vous tous! Que février et les carnavals qui s’approchent vous fassent chanter, danser, rire bref vivre dans toute sa beauté!

On vous aime, on vous embrasse…

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On en demanderait Angkor… Aw Kohn Cambodia !!! (part one)

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Nous voilà en 2013, nous voilà, en ce matin du premier janvier, dans l’attente de notre pirogue qui nous emmènera du Vietnam au Cambodge, de Chau Doc à Phnom Penh. Il fait, beau et l’émotion nous étreint, comme à chaque fois que nous quittons un pays pour en découvrir un autre. Bruno tire une petite tête de vainqueur due à la bouteille de vin qu’il s’est sifflé tout seul pour accueillir l’an neuf, je l’ai lâchement abandonné à son sort avant minuit je l’avoue! 2013 n’a pas d’impact dans ce coin du Vietnam, leur nouvel An, le Tet se fête bien plus tard en février et à force de nous immerger en Asie, nous sommes devenus comme eux, à attendre leurs fêtes et à considérer les nôtres d’un oeil plus lointain, plus détaché, mais vous suivant attentivement via internet très chers amis-famille, et partageant par empathie vos soirées, votre bonne humeur et vos souhaits de bonheur!

C’est le matin, un officiel du Vietnam nous fait embarquer sur la pirogue, c’est lui qui nous arrangera nos visas à la frontière. Nous serons quatre à voyager de cette façon, plus loin sur le Mékong, deux chinois embarqueront. Nous sommes quatre et c’est parfait ainsi, après toute l’agitation touristique qui enlaidit ce beau pays, nous sommes ravis de le quitter dans la tranquillité. Et pendant quelques heures, nous profiterons du Mékong et du Vietnam qui s’ébat dans les premières heures de la matinée. C’est un des plus beaux moments de nos deux mois là-bas et c’est assurément le meilleur passage de frontière qu’on ait jamais vécu. Le long du Mékong (dont nous sommes des admirateurs fervents), des villages flottants bien sûr, mais aussi les pêcheurs qui tendent leurs filets, des mamans qui s’ébattent dans l’eau, et surtout surtout… Des dizaines et des dizaines d’enfants qui courent le long de la berge à la vue de nos deux faces blanches et crient « hello, hello » en souriant de toutes leurs dents, des sourires vrais, des bonjours gratuits et derrière eux, bien souvent, la maman qui a les yeux et le coeur qui rient aussi… J’ai toujours eu un faible pour les enfants de l’Asie, je les trouve beaux, je les trouve moins bruyants, éduqués plus rudement pour en faire de vrais enfants, pas des petites choses fragiles dont on a peur à chaque instant qu’ils s’effondrent comme un château de cartes… Les enfants de l’Asie ont souvent la vie dure, ils ont souvent peu, mais comme tout ce continent nous l’a déjà prouvé, leurs sourires en sont d’autant plus grands, et leur amour plus instantané… Je ne suis pas maman et loin de moi l’idée de critiquer l’éducation que nous avons reçu, il s’agit d’un constat général pas d’une visée particulière contre nos parents.

Ces magnifiques moments, ces enfants qui saluent, qui crient, qui nous sourient me font monter les larmes aux yeux, spécialement quand une petite fille, tellement contente que je réponde à son « hello » m’envoie des énormes bisous de ses deux petites mains et de sa petite bouche en forme d’amour, sans peur, juste curieuse et heureuse. Petite fille anonyme, unique et semblable aux tiens, tu as gravé en moi l’au revoir que nous dédions au Vietnam, des milliers de baisers, une immense curiosité, la promesse de revenir et d’éviter désormais ceux qui arpentent ce pays sans jamais le comprendre, sans jamais le respecter.

Les meilleurs choses ont une fin, nous voilà au poste frontière, devant nous le Cambodge, un ultime regard en arrière, allez c’est parti, Cambodia nous voici!

Le passage est facile, l’officiel du Vietnam s’occupe de tout et nous voilà bientôt de l’autre côté, nous embarquons dans un mini-van qui nous conduit jusqu’à la capitale. Nous avons déjà notre auberge en tête et vers le milieu d’après-midi, nous voilà installés pour une semaine. Du fait que nous restons six nuits, ils nous offrent la meilleure chambre pour le prix convenu. Mais quelques désagréments nous attendent pour nos premiers jours. Le taux de change dong-rien n’est pas bon et nous perdons une petite vingtaine d’euros. Cela n’est pas bien grave mais nous pestons un peu, quand on vit comme nous, une petite vingtaine d’euros c’est beaucoup! Mais c’est ainsi! De plus, nous sommes grippés ce qui accentue la fatigue et diminue nos vagabondages les trois premiers jours. Il faut croire que 2013 ne nous sourit pas de prime abord… Mais nous sommes forts de l’adage « après la pluie, viendra la beau temps » et j’ajouterai « suffit d’être patient! » Dès que nos jambes nous le permettent, nous voilà en exploration mode Phnom Penh. La première chose qui frappe ici, c’est le décalage énorme entre richesse et pauvreté. Bien plus qu’au Vietnam qui vit au rythme des motobikes. Ici, grosses voitures contrebalancent les touk-touk et les gens qui mendient dans la rue, qui vous appellent, vous supplient sont légion bien plus que nos autres pays d’Asie… Mais Phnom Penh est belle, il y a des temples, le Mékong, des rues larges sans trottoirs, des gens qui vous sourient,… Le Cambodge est souriant, pauvre et entier. Ce sont les premières impressions, qui ne se démentiront pas. Nous nous baladerons jusqu’à son Musée national, oh combien intéressant si vous aimez leur religion, l’Hindouisme, teintée de Bouddhisme, selon les périodes de l’Histoire. Je ferai des recherches sur leurs divinités, elles sont tellement nombreuses et il est bien compliqué, d’un pays à l’autre de savoir, en tant qu’occidental bercé de civilisation chrétienne, de saisir quel est le dieu le plus important. Au Vietnam, Bouddha est roi, enfin Dieu.. Ici, Hindouisme et Bouddhisme ont co-existé longtemps, il s’agit de Vishnu ou de Shiva, jusqu’à ce que le roi Jayarvaman 7, au 12ème siècle, mette l’accent sur Vishnu. Vous  reverrez ce roi plus bas, il s’agit du fondateur de nombreux temples d’Angkor Tom.

Je ne vous perdrai pas en multiples divinités, mais voici un petit résumé de leur religion:

Il existe un trio de Dieux, chacun manifestation d’un Dieu Suprême, et représentant le cycle de création, stabilisation et destruction de l’Univers.

Bhrama: peu présent dans la religion, il s’agit du créateur de l’Univers et de toutes ses créatures. Tombé amoureux de sa propre création, il fut répudié par Shiva qui ne le considéra pas digne de posséder des lieux de culte. Bhrama possède quelques temples seulement dans le monde et est représenté par quatre têtes, auxquelles on peut donner différentes significations.

Vishnu: stabilisateur de l’Univers, il veille à son bon ordre. Il possède plusieurs avatars en lesquelles il choisit de s’incarner si un chaos semble régner sur l’Univers. Il est souvent représenté assis sur une fleur de Lotus (symbole de pureté et de déploiement de l’Univers).

Shiva: destructeur de l’Univers. Mais toute destruction engendre une nouvelle création. Il est souvent représenté allongé, les yeux mi-clos, qu’il ouvre pour créer un nouveau monde et qu’il ferme lorsqu’il le détruit. Ses autres représentations sont le danseur à quatre bras, un mendiant et il est associé au Lingam, la force créatrice de l’Univers. Il possède un troisième oeil, symbole de la sagesse.

Le mont Méru: lieu central de l’Univers dans l’Hindouisme.

Tous ces dieux, surtout Vishnu et Shiva, possèdent plusieurs noms et de nombreuses fonctions. Je ne m’y avancerai pas, étant une profane. Le Bouddhisme y est lié car selon certaines croyances, Bouddha est une des manifestations de Vishnu sur terre.

Bouddha signifie « celui qui a atteint l’Illumination » et même si l’on trouve un humain à l’origine du Bouddhisme, Siddharta Gautama, le bouddhisme s’est propagé à travers l’Asie suivant différents courants. Le Cambodge a obéi à ces deux-ci:

Le bouddhisme Theravada: cette doctrine considère que seuls quelques élus auront accès à l’Eveil (le nirvana), en suivant la voie du bodhisattva. Les bodhisattva sont les moines suivant l’enseignement de Siddharta Gautama. Ils ont fait voeu d’atteindre le Nirvana, de répandre la bonne doctrine dans le monde et de tourner la roue du Dharma (qui représente la Loi au sens abstrait) depuis plusieurs existences  et devant de nombreux Bouddhas du passé. Car depuis sa création, le bouddhisme reconnaît des bouddhas antérieurs. Cette forme de bouddhisme prône l’Eveil au sens du détachement total du cycle de réincarnation et de souffrance.

Le bouddhisme Mahayana: cette doctrine considère que chaque être sensible porte en lui la possibilité de devenir bodhisattva. Le bouddha n’est plus tant celui qui a atteint l’Eveil mais plutôt celui qui a vaincu la dualité samsara/nirvana. Ici, l’Eveil est un tout, mélange de vies réincarnées et de souffrances, couplée au Nirvana qui permet enfin de s’en libérer. On a ici affaire au « bouddhisme compatissant » il s’agit ici non pas de son salut personnel mais d’accéder à l’Eveil afin de sauver les êtres. C’est la doctrine prônée par le roi Jayavarman 7. Ici, l’on ne considère pas l’Eveil comme étant détaché de toute vie terrestre puisque quelques Elus sont autorisés à poursuivre une vie sur terre afin d’aider les êtres à trouver la Voie du bodhisattva.

Ne vous y méprenez pas, je ne fais que tracer plus que grossièrement quelques traits du bouddhisme, cela est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Mais, n’y connaissant pas grand-chose, je me garderai de m’avancer plus.

Nous voilà donc de retour dans le monde terre-à-terre, nous sortons de ce Musée avec de belles histoires, de magnifiques statues plein la tête et les yeux. C’est au Cambodge que mon intérêt pour le Bouddhisme va s’accroître, ici les temples sont grands, les courants hindouistes se font forts et les gens sont heureux de vous montrer leur lieu de culte. Paradoxalement, nous nous ferons la réflexion qu’il n’existe pas encore de musée ethnologique au Cambodge. C’est la première fois depuis que nous foulons la terre d’Asie. L’être est effacée au profit des dieux et des croyances. l’Ego est remplacé par la quête d’un Eveil. Cela changera sans doute dans les années qui viennent, nous verrons.

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Je vous ai fait partager l’Illumination, je vais vous faire basculer du côté de l’horreur à présent… Hé oui, moi qui connaissais mal l’histoire de ce pays, nous voilà en terre souillée de sang et des nazis asiatiques, les Khmers Rouges comme on les cite. Nous allons prendre notre courage à deux mains, le coeur entre les dents et nous rendre à S21, j’ai nommé l’horrible camp d’extermination qui se dresse au sud de Phnom Penh. Chronologiquement, nous nous y rendons le 12 janvier, à notre retour de l’Est, mais je raconte cette journée ici, afin de vous faire ressentir le contraste Phnom Penh, entre religions colorées et aimantes et le pire visage de l’Humanité.

Le Cambodge a une histoire politique assez complexe, mais les années 1975 à 1979 furent les plus sombres et parmi les plus horribles qu’un pays ait jamais eu a subir. Après des années de « protectorat  » français, le 9 novembre 1953, le Cambodge est déclaré indépendant, reconnu internationalement à la conférence de Genève en mai 1954.Le roi  Norodom Sihanouk conduira le Cambodge à ses années d’or, refusant le protectorat américain, donnant une réelle indépendance au pays et nationalisant énormément de structures, dont la production du riz. Il abandonne son trône en 1953 afin de créer le parti politique socialiste du peuple. Il gagnera aisément aux élections. Ce roi, controversé mais adulé du peuple, a tenté de remplir tous les rôles d’un homme d’Etat, dédiant son travail à son peuple. Il est renversé de son rôle de chef d’Etat en 1970 par son cousin le prince Sirik Matak et surtout par le commandant de l’armée Lon Lol, qui prône une république Khmère et combat les communistes Vietnamiens et Cambodgiens, dont Sihanouk accepte mollement la présence. La guerre civile commence, pour cinq années. L’erreur énorme de Sihanouk, dont personne ne pouvait envisager les atroces conséquences, a été d’aller se réfugier auprès des Chinois, qui soutiennent les Khmers Rouges dans la jungle, et de participer à leur avènement auprès du peuple. Les Khmers Rouges, fort de la figure symbolique qu’est le Roi auprès de la population, sont accueillis en libérateurs par le pays et lorsque Pol Pot et ses horribles sbires entament leur marche triomphante sur Phnom Penh le 17 avril 1975, c’est avec des cris de joie qu’on les accueille. Ce jour-là, les Khmers Rouges arrêtent toutes les pendules et recommencent une « année zéro » pour la « Democratic Kampuchea »  qui, comme bien souvent, n’aura de démocratique que le nom.

Pour commencer, ils évacuent Phnom Penh, arguant de fausses attaques américaines et disséminent le peuple dans les campagnes. Les Khmers Rouges haïssaient toute forme d’éducation, d’intellectualisme ou de religion. Ils vont détruire toute école, tout lieu de culte qui peut exister. S’ils ne les détruisent pas, ils transforment ces lieux d’enseignements en lieux de torture et d’éradication du peuple instruit. Leur doctrine c’est le travail et encore du travail. Le travail jusqu’à épuisement, pour tous, à tout âge, voilà la force des Khmers Rouges.

Ensuite, commence leur abominable travail d’épuration de la population. Les gens un tant soi peu instruits sont pourchassés, torturés et tués à travers tout le pays. S21 est la prison d’extermination la plus tristement célèbre de tout le pays. C’est un ancien collège, pourvu de quatre bâtiments. L’un est consacré à la torture, les autres à l’enfermement en attendant de mourir.

Pour finir, le Roi ne remonte bien sûr pas sur le trône comme prévu mais est enfermé dans le palais Royal jusqu’à la libération par les Vietnamiens en 1979.

Au total, environ deux millions de Cambodgiens sont morts sous le régime de Pol Pot. Avec une paranoïa grandissante, ils ont éliminé tout ce qui de près ou de loin ressemblait à un « rebelle ». Les tortures étaient telles que les prisonniers finissaient par avouer tout et n’importe quoi pour faire cesser la douleur. Electrocuté, noyé, battu à mort, tel étaient les tristes sorts qui les attendaient. En dehors des prisonniers, d’autres sont morts à la tâche, travaillant de 12 à 15 heures par jour, tombant d’épuisement et sous-alimenté. La famine a petit à petit envahi le pays devant les portions minuscules que les Khmers Rouges accordaient à « leur » peuple. Le rendement, sans machine et avec des gens épuisés, se fait plus lentement et c’est tout le pays qui en souffre.

Le Cambodge est coupé du monde, Pol Pot n’apparaît quasiment jamais dans les médias, on ne sait rien de lui et le monde ne s’en préoccupe pas car aucun média n’a accès à ce territoire. Le Cambodge aurait pu mourir à petit feu si les Vietnamiens ne s’étaient pas décidés à les aider. Les Vietnamiens, harcelés par les Khmers Rouges pour des portions de territoire et ayant eux-mêmes fort à faire pour construire l’identité de leur pays, vont chasser le régime de Pol Pot en deux semaines, la date de délivrance officielle est le 7  janvier 1979. Les Vietnamiens ne comptent pas envahir le pays et installe un gouvernement amical avec des Cambodgiens à sa tête. Les années qui suivent, une aide internationale sera demandée car la famine est à son apogée. Quant à l’histoire politique, elle se fait de plus en plus corrompue, certains Khmers Rouges sont toujours au pouvoir aujourd’hui, repentis et ayant aidé à la recherche active des principaux responsables du génocide Cambodgien. Depuis 1985, Hun Sen est le premier ministre du Cambodge, à la tête du CCP (Cambodian Communist Party). Son principal opposant est le FUNCINPEC, le parti Royaliste de Sihanouk. Les années 1980 verront le retrait des troupes vietnamiennes du Cambodge, après la levée du « rideau de fer » par Gorbatchev. Les Khmers Rouges sont toujours un parti autorisé au gouvernement, « épuré » soi-disant de ses membres les plus dangereux. D’autres actes découleront de cette décision, des touristes, des démineurs, seront kidnappés, certains tués dans les années nonante par les Khmers Rouges postés toujours dans la jungle. Hun Sen invente et ourdit de complots et de coups d’Etat pour éloigner toutes les figures de proue royaliste du gouvernement. Norodom Sihanouk, qui navigue en eaux sombres à force de diplomatie, abdiquera en 2004 en faveur de son fils Sihamoni, choix populaire car celui-ci est resté vierge de tout complot politique.  Le FUNCIPEC implose depuis quelques années et le CPP reste le parti dominant du pays, l’opposition étant morcelée en plusieurs partis.

Le procès contre les Khmers Rouges vient à peine de commencer en 2009 contre le Comrade Duch, commendant de S21. En novembre 2011, le « cas 002 » vient d’entrer en jugement, prenant pour cibles les principaux acteurs du régime.  Pol Pot est mort dans des circonstances douteuses en 1998, après avoir fui la justice pendant des années. Cet homme, surnommé « Political Potential » par les Chinois, n’aura jamais affronté ses lourdes responsabilités. La plupart des responsables sont aujourd’hui en prison mais il aura fallu plus de 10 ans pour que le système Cambodgien les recherche et les accuse. Ils ont toute la mémoire de leur pays emplie de sang et de folie et ne le comprendront jamais assez.

C’est ce que nous allons voir pendant toute cet après-midi que nous passerons dans S21. L’endroit est resté le même, pour préserver la mémoire. Au centre, les tombes des 14 dernières personnes à avoir été retrouvées mortes lors de la libération. Il existe 7 survivants seulement de S21, tous saufs car ils avaient une aptitude artistique à représenter Pol Pot en dessin, en peinture. Marcher dans cet endroit qui est pire que l’enfer donne des envies de vomir. Les cellules sont pires que petites, les photos des prisonniers femmes, hommes et enfants, vivants et ensuite morts, vous regardent. Les Khmers Rouges trouvaient intelligent de les photographier à leur arrivée et ensuite après leur mort. Les témoignages font froids dans le dos et les preuves de torture vous font réaliser que oui, c’est bien ici que la pire partie de l’Homme s’est exprimée. Torturés jusqu’à la limite de la mort, et ensuite emmenés sur les champs de morts, où, pour préserver les balles, on les tuait à coup de fusil sur le crâne. La mort est trop douce pour des gens comme les Khmers Rouges mais la Vie est trop clémente aussi. Que faire de ces gens sans humanité, emplis de folie et de haine contre leur propre peuple? Je ne sais pas. Parfois, les questions sont sans réponses. Car réalisez bien que ces hauts responsables du génocide étaient des gens qui ont embrassé l’idéologie communiste, et qui l’ont transformée en la pire doctrine qui soit. Pol Pot n’a jamais réussi à obtenir un diplôme lors de ses études en France mais s’est fait remarquer par Mao pour son bagou et ses idées politiques. Mais même Mao ne se doutait pas de ses noirs desseins. Au sein des Khmers Rouges se trouvaient aussi des gens ignorants, croyant en une belle idéologie de partage pour le pays et qui, lorsqu’ils se sont rendus compte de la folie, n’ont pas pu fuir sous peine de se voir eux-mêmes exécutés. Certains le furent, et leur famille aussi.

Nous avons entraperçu une petite partie de l’horreur du Cambodge. On ne ressort pas de ce lieu heureux vous vous en doutez, tout au plus, soulagé que nous, petits privilégiés,nous n’ayons jamais eu à subir ce genre d’atrocités.

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Et la Vie continue, car nous continuons nos explorations. De la petite colline de Phnom Penh au charme tranquille jusqu’à la Pagode d’Argent, qui jouxte le Palais Royal, en passant par le marché central de Phnom Penh, tout en couleurs et aux multiples produits, comme partout en Asie. Le Palais Royal est fermé, Norodom Sihanouk est décédé le 15 octobre 2012 à Pékin. Bien que son fils soit déjà sur le trône, le Palais et le peuple respecte l’ancien Roi. Ses funérailles s’étaleront du 1 au 4 février 2013. Comme pour chez nous en Belgique, c’est le gouvernement qui tient les rênes, le CPP donc, la famille Royale ayant peu de poids, rien ne changera au sein du pouvoir cambodgien.

La Pagode d’Argent est très jolie, d’Argent car le carrelage est constitué de multiples petits losanges d’argents, recouvert pour la plupart de tapis. Des centaines de bouddhas, d’or et d’argent nous observent. C’est ici que l’on se rend bien compte de leur dévotion à Bouddha, dehors la moitié du peuple vit dans une extrême pauvreté et ici des milliers d’euros ont été coulés pour l’honneur de la divinité. Et vous pouvez être certains qu’ils préfèrent tous vivre pauvres que de toucher à l’or de bouddha. Ainsi vit l’Asie…

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Phnom Penh

S21

Pagode d’Argent

De couleurs à l’horreur, nous bouclons notre semaine à Phnom Penh. Nous décidons de partir vers l’est du 7 au 12 janvier. Première étape, Kampong Cham, le bastion des Cham, minorité musulmane du pays. Nous y resterons trois jours et c’est encore aujourd’hui notre endroit préféré du Cambodge. Calme,  retirés au bord du Mékong dans une auberge de jeunesse tenue par une jeune française amoureuse de ce pays, nous allons profiter de cet endroit. Du repos, de la marche et du motobike au programme de nos journées!  Nous irons nous balader à pied jusqu’aux petites îles, passant par un long pont en bambou, fierté de la ville. Les petites îles ne sont pas si petites que ça et à pied, nous avons le temps d’en visiter une seule. Moments précieux que la marche qui permet de savourer chaque instant, des dizaines d’habitants nous saluent, nous observons les maisons sur pilotis, les animaux qui s’ébattent, les enfants qui rient… Nous croisons peu de blancs, quel bonheur on se sent privilégié! Les gens nous regardent avec curiosité, marcher quelle drôle d’idée! Eux sont toujours à vélo ou sur des motos qui tractent de gros chargements. Mais ce sont toujours des sourires et des « Hello!! Where do you come from?? » qui nous accostent, sans arrières pensées. Ici, personne n’a rien à nous vendre ni d’argent à nous demander. Ils se suffisent à eux-mêmes et sont juste contents de nous parler. Une journée unique et pleine de sens à nos yeux…

Le lendemain, hop en selle, on va rouler dans la nature environnante! Un peu au pif au début, on découvre la nature du Cambodge, c’est plat, c’est vert, c’est beau! On ira jusqu’à la « colline des femmes  » et la « colline des hommes » qui sont des lieux de cultes, temples, singes et bouddhas à profusion! Un bon endroit pour boire un petit verre, à côté des Cambodgiens qui nous sourient et chassent les singes qui reluquent notre coca. Je n’avais jamais vu de singe avant Phnom Penh et la Pagode d’Argent et j’ai vite compris leur vilain caractère! Gâtés par certains touristes, ils sont devenus voleurs, malheur à vous si vous mangez ou buvez quelque chose de sucré à côté d’eux! A Kampong Cham, les Cambodgiens utilisent des frondes pour les effrayer et ça marche! C’est également là-haut que j’ai vu le plus gros cochon sauvage de toute ma vie! La grosse bête dormait et devant ma curiosité, une petite dame toute frêle l’a appelé et l’immense bête s’est dressé à sa voix, obéissant tout gentiment à mon désir de le regarder.  Avant de rentrer, nous irons encore visiter un temple, très ancien, et le cimetière coloré tout à côté. Malheureusement, nous n’avons pas de guide comme à My Son (rappel: les temples Cham au Vietnam) et nous ne connaîtrons pas l’histoire de celui-ci. Mais cela n’empêche pas d’admirer.

Kampong Cham, une petite ville silencieuse et une nature merveilleuse. Le soir, nous buvons des bières face au Mékong, papotant tranquillement. Nous attrapons le rythme de l’Asie, nous devenons tranquilles, nous ne courrons plus partout pour tout faire, question de budget bien sûr mais aussi question d’envie, quand on est bien quelque part pourquoi se presser? Il faut profiter de l’instant présent et respirer… Aux heures chaudes de l’après-midi, nous restons souvent tranquilles, à lire, écrire ou papoter. Nous vivons l’Asie d’une autre façon, petit à petit…

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Le 10, nous quittons ce bel endroit, direction Kratie, encore un peu plus à l’Est. L’attrait principal, ce sont les dauphins de l’Irrawady, qui disparaissent peu à peu et vivent protégés désormais dans ce coin du Mékong. Il en reste 60 à peine et nous ne sommes pas sûrs du tout d’en apercevoir mais nous finissons par tenter la balade! Nous irons tôt le matin du 11 janvier, grâce à notre touk touk de l’hostel qui nous y emmène. Et nous aurons le bonheur de les voir, les dauphins à bosse du Cambodge. Cinq d’entre eux encerclent de près ou de loin notre petite pirogue, ils sont curieux et nous sommes seuls, hormis une autre pirogue. Mais ce ne sont pas des dauphins joueurs, ils ne sautent pas, ils ne passent pas la tête hors de l’eau, ils sont furtifs et c’est magique, le silence du Mékong juste entrecoupé de leur respiration, à intervalles irréguliers…on ouvre grand les yeux, tout partout pour ne pas les perdre et ne pas les oublier… Un grand moment, pour nous qui adorons les animaux en liberté…

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A part cela, la balade en touk-touk nous permet d’apprécier les environs de Kratie (car les dauphins sont à une petite heure en touk touk), c’est toujours aussi beau, aussi vert, les petits villages se succèdent et se ressemblent…ou pas! En tout cas, nous on ne s’en lasse pas… D’aucuns verraient dans ces maisons de bois sur pilotis la pauvreté et la précarité, nous nous y voyons l’essentiel de la Vie, quatre murs, une porte et des enfants qui rient tout autour, entourés de chiens, de poules et de boeufs qui broutent… Le reste du temps, nous le passons enfoncés dans nos fauteuils sur le balcon de l’hostel, face au Mékong et au soleil qui se couche (pour une fois!)… j’ai pris des dizaines de photos de ces moments uniques et répétitifs de l’astre au couchant… Kratie est toute petite, il n’y a pas grand chose à faire alors on fait comme les Cambodgiens… on se pose et on papote, on sommeille et on papote, bref on vit à leur rythme et c’est parfait pour ici..

Kampong Cham et Kratie

Le 12, nous retournerons à Phnom Penh car le 13 en fin d’après-midi arrivent Cath et Sophie! Cath, notre amie, la famille de coeur pour nous deux, et Sophie que je connais d’un peu plus loin mais que j’apprécie beaucoup aussi. Elles nous accompagneront pour la deuxième partie du Cambodge, pendant deux semaines, c’est parti, on vit le pays à quatre et plus à deux!

Ce sera pour la seconde partie, chers amis-famille, je vous laisse reprendre votre souffle, et vous retrouve d’ici peu…

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Catégories : Cambodge | 10 Commentaires

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