Chili

Ciao Chile, entre lago y desierto…

DSCF3477 (Copier) Et voici venue… la dernière partie du Chili! Je vous avais laissés à Pucon, lors de notre retour de randonnée en forêt. Nous resterons dans le petit village encore deux nuits, ce qui nous permet de nous reposer et aussi de rencontrer beaucoup de gens avec lesquels nous passons une excellente soirée, dans un petit bar-resto tenu par les tenanciers de notre auberge. Entre chants des habitants d’ici, musique à la guitare, nous discutons sous les étoiles, le verre de vin à la main (bien entendu, il n’y en eut pas qu’un… ) Ensuite, c’est parti pour deux jours de voiture, afin de remonter jusqu’à Valparaiso, une vraie ville remplie de 300.000 habitants (et encore on est certain qu’ils se sont multipliés depuis la publication du Routard!) La première journée de voiture fut assez éprouvante pour Thom et moi qui avons souffert de la chaleur: envie de vomir, plus d’énergie… lorsque nous sommes enfin arrivés, après plus de 8h de route sous un cagnard abrutissant, dans un camping typiquement chilien, nous ressemblions à deux zombies, juste bon à s’effronder à terre, à côté du lac. Bruno lui, s’en sort à merveille et gazouille, monte la tente, prend des bières… bref, on est pas né avec les mêmes capacités c’est certain! L’étape du soir est néanmoins très agréable, avec le vent qui se lève et nous rafraîchit enfin. Il forcira même durant la nuit, nous donnant l’impression de dormir au milieu du lac… Le matin, ce sont les vols silencieux des hérons, qui frôlent le lac à la recherche de poissons, qui nous accueilleront… poésie du Chili…

La deuxième journée se passe bien, il y a moins d’heure de route et nous faisons une halte à la isla negra, endroit où est enterré le très célèbre poète Pablo Neruda, dans le jardin de sa maison qui fait face à l’océan Pacifique. C’est lundi, et le lundi, la maison-musée et bien c’est fermé! Mais ce n’est pas bien grave car on l’aperçoit très bien de la plage… Nous contemplerons l’océan, qui n’a de Pacifique que le nom car il est déchaîné et ce sont des vagues immenses qui viennent se fracasser sur les rochers… Interdit à la baignade, vous seriez emportés avant même d’avoir eu le temps de crier! Cependant, le spectacle est toujours aussi fascinant… Quand les éléments se déchaînent, l’homme n’a plus qu’à se taire et observer… DSCF3431 (Copier) Photos: Casa Pablo Neruda

Ensuite, nous arrivons à Valparaiso. C’est un choc, c’est une vraie ville et je dois reconnaître que nous n’aimons pas trop ça Bruno et moi. Ceci étant, Valparaiso possède un charme certain, juchée sur des collines et bourrée de street art. Nous nous baladerons le premier après-midi dans le quartier de notre auberge, en déambulant au hasard des rues et nous aboutirons sur le port, antre du capitalisme, au milieu de containers et de bateaux gigantesques, voués au ballet incessant des imports-exports… Le soir, nous retrouvons Julie, une amie de Thom rencontrée complètement par hasard au sortir du parc d’Huerquehue (le monde est petit hé oui) et son copain, Joachim. Nous passerons la soirée encore une fois bien accompagnés, à boire de la bière et à discuter… J’ai par contre la « chance » d’assister à une descente de flics, juste en face du bar et c’est là que je me suis dit qu’on avait vraiment remis les pieds dans les endroits dits « civilisés ». Apparemment, Valparaiso n’est absolument pas sûre en certains endroits, surtout pour les touristes et mieux vaut éviter de se balader dans certains quartiers, même en journée. Ceci mis de côté, il est très agréable d’y déambuler à son rythme, car ça grimpe sec! Mais Thom vous en dira plus car c’est lui qui s’y est le plus promené, à la recherche de points de vue, d’arts et de beauté… Il a fait de jolies rencontres, mais je lui laisse le soin d’écrire quelques mots lui-même, que j’intègrerai ensuite à mon récit… DSCF3524 (Copier)   Photos: Valparaiso

Valparaiso, c’est surtout pour nous la ville des rerencontres car nous retrouverons Jérémy, Français du Nouvel An, qui sillonne le continent à vélo depuis deux ans et demi (un dur, un vrai!)… Là par contre, il a joué de malchance en se faisant voler passeport, cartes et argent dans un bar de Puerto Montt. Il est donc bloqué ici en attendant de tout récupérer…via la France! Nous passerons néanmoins une chouette soirée en sa compagnie.

Le lendemain, nous partons direction la Serena, avant d’atteindre Vicuna et l’observatoire des étoiles! Un grand moment que nous attendons avec impatience… La voiture est rendue à Valparaiso, c’est donc en bus (trajet de 8h) que nous ferons d’abord étape à la Serena, une très vieille ville chilienne, qui borde le Pacifique, où nous planterons nos tentes dans le jardin d’une auberge. Le lendemain, petit bus d’une heure et nous arrivons, sous le soleil et un ciel pur à Vicuna, petit village perdu. Et bien, nous on s’y sent très bien! Il est évident que Bruno et moi en tout cas nous ne sommes pas faits pour les villes, nous ne trouvons de réel charme que dans la nature… Nous n’y resterons qu’une nuit malheureusement… mais c’est le 16 janvier, anniversaire de Bruno et pour couronner cette journée, on apprend que notre visite se fait finalement le soir même! (Initialement prévue pour le 17 mais ils n’ont jamais enregistré notre réservation…petit conseil au Chili: pour réserver, privilégiez le téléphone!! Les mails, ils les oublient!) Après un repas concocté par nos 6 mains solidaires (steak/purée/salade pour honorer Brubru!), nous nous rendrons, à 22h, à l’observatoire qui est juché à plus de 2000 mètres d’altitude. Nous sommes un petit groupe de 10 personnes et tout le monde est excité comme des enfants en attente des cadeaux de Noël… Un rendez vous avec l’univers, c’est pas tous les jours!

Et ce fut… magique, fabuleux, extraordinaire, unique, lyrique, poétique, scientifique… Je manque de superlatifs pour décrire cette soirée… Notre astronome s’exprime en français, d’une voix douce dans le noir de la nuit… Nous regarderons tour à tour dans le téléscope géant, qui grossit jusqu’à 150 fois les merveilles que nous avons sous les yeux: nous commencerons par Uranus, qui n’est situé « qu’à » 3 années lumière de nous… ensuite nous plongerons nos yeux dans 2.000.000 d’étoiles (véridique!) un concentré extraordinaire de lumière, très loin, là bas dans l’univers… en levant la tête, on aperçoit des dizaines et des dizaines de constellations, Sirius, la Croix du Sud, Orion… et bien entendu des étoiles filantes… Ensuite, on replonge dans le téléscope qui nous montre une supernova (étoile morte qui crache toute sa matière), qui date de 1054… La dernière en date… et nous verrons par la suite, la suivante, celle qui est prévu d’exploser dans les 4 siècles à venir… Mais accrochez vous car c’est un fantôme que nous regardons, à 7500 années lumière de nous… En effet, quand on regarde les étoiles, c’est le passé qui nous entoure. La lumière met tellement de temps à nous arriver que ce n’est jamais ce qui est, mais bien ce qui était, que nous avons sous les yeux… La supernova, a en effet explosé il y a déjà 7000 ans et il faudra encore environ 4 siècles pour qu’elle nous parvienne… les lueurs déchireront la nuit durant plusieurs jours, laissant la terre baignée dans une lumière constante… Un spectacle que rêvent d’observer les astronomes… (et nous aussi!) Nous observerons une galaxie identique à la nôtre, à plusieurs millions d’années lumière nous, nous plongerons dans les nuages de Magellan afin d’observer une nébuleuse (endroit où se forment les étoiles), nous en verrons trois sur la soirée (dont une charmante que l’on nomme tarentule…) les trois plus belles… sans oublier la comète qui s’approche de la terre, drapée d’une traînée blanche…On vous rassure, il n’y a pas d’impact prévu avec notre planète! Et j’en profite pour préciser que la méthode « Armageddon » de Bruce Willis et bien, ça ne fonctionne pas! Sachez, amateurs du ciel, que toute comète que l’on pulvérise garde sa trajectoire, même en millions de petits morceaux… en gros c’est pire que mieux! Et puis, nous finirons par Jupiter… qui se lève derrière les montagnes, immense, brillante, traversé de ses nuages tropicaux (Jupiter tourne sur lui même en 9h seulement! Tout y est extrême!!) et entouré de ses 4 lunes parfaitement alignées (dont l’une créée une éclipse solaire sur la planète au moment où nous l’observons) … Notre astronome à la voix si douce répond à toutes nos questions, et semble enchanté de nos réactions d’enfant… Il nous apprend qu’un projet vise à installer de la vie sur une des lunes de Jupiter, un jour… (horreur et damnation, nous n’arrêterons jamais de coloniser!) Mais voilà, le temps est venu de se quitter, il est 1h du matin et nous nous séparons dans la nuit presque noire… en effet, nous sommes à un endroit de la terre où le ciel n’est pas noir à 100%, la poussière cosmique de l’univers nous permet quelques pâles éclaircies…

Et puis cette phrase de notre astronome, en nous séparant: « c’est bien que vous soyez venus, trop de gens oublient que nous avons des étoiles au dessus de nos têtes… » nous c’est promis jamais jamais on oubliera, au contraire, on va s’y intéresser encore plus! C’est la tête remplie de rêves et d’étoiles que nous rentrons à l’auberge, pour finir la soirée à la lueur des bougies et du ciel, un verre de rouge à la main… 32 ans pour Bruno et une soirée absolument inoubliable…   DSCF3565 (Copier) Le lendemain, 17 janvier, nous rentrons à la Serena pour attraper le bus de 16h, direction San Pedro de Attacama, notre ultime destination au Chili et l’endroit où nous quittons Thomas. Nous y arriverons le lendemain vers 9h. Bienvenus dans le désert, il fait chaud, il fait poussiéreux et la ville est à l’image de son environnement: couleur sable, poussiéreuse, chaude et attractive… c’est une ville touristique mais pas autant qu’on peut l’imaginer, hormis les rues principales bondées d’agences et de restaurants, il suffit de s’éloigner un peu pour profiter du calme et de la vie d’ici. D’ailleurs, notre auberge très routarde (10 euros/nuit en dortoir, ce qui n’est pas cher pour le Chili, surtout ici!) se situe au dessus de l’arrêt de bus et nous donne une vue imprenable sur la chaine de volcans de la cordillera del Sal. Face à nous, le Licancabur (haut de 5960m) se dresse et ne cesse de changer de couleur, au fur et à mesure des heures. Le désert a un côté magique et envoutant que nous avions déjà très fort ressenti en Inde. Il se confirme ici. Le lendemain, nous passerons une grosse matinée sur nos vélos (4 euros environs pour 6 heures de location), à pédaler dans la vallée de la Luna (dénommée ainsi par un curé Belge Gustave Le Paige, amoureux de cette contrée en des temps coloniaux). Nous avons fait la connaissance d’Erwan, un jeune Français qui voyage pendant 1 an sur le continent et il nous accompagnera durant la durée de notre séjour ici. Nous nous rendons donc à 4 dans le désert et…c’est magnifique, nous sommes presque seuls au milieu d’une immensité désertique, à pédaler sous une chaleur de plus en plus écrasante.

Comment décrire le désert… même les photos ne rendent jamais assez compte de la magie d’un tel endroit: des rochers, des dunes, des étendues à perte de vue couleur sable, couleur sel… au prix d’une route horriblement cabossée (je mets pied à terre plus d’une fois en pestant comme je sais si bien le faire) nous découvrirons une authentique mine de sel, avec les cavités creusées pour recueillir le précieux minéral… et des vues, des vues, à perte d’oeil…

Pour Bruno et moi, ce sera la seule activité que nous pratiquerons ici. Tout est très cher (le Chili n’en finit pas d’augmenter ses prix) et nous tenons à garder nos économies pour la Bolivie et le Pérou. Ainsi, le lendemain nous reprenons de vieilles bonnes habitudes et nous nous rendrons au musée de San Pedro, fondée par notre bon curé Belge, le musée porte d’ailleurs son nom et son ancienne maison est située juste à côté. C’est un petit musée très intéressant, qui nous apprend le temps du nomadisme préhistorique, les premiers pas vers le sédentarisme, l’influence Bolivienne et les invasions Inca du Pérou, qui ont façonné leurs céramiques, leurs croyances (le culte du soleil vient des Incas), leurs modes de vie… San Pedro existe depuis 12000 ans BC autant vous dire qu’on se balade dans un endroit ancestral et chargé d’histoire (qu’on ne ressent pas toujours trop, merci le tourisme de masse dont nous faisons malheureusement partie…) Une chouette petit matinée. Thomas quant à lui se met en tête d’escalader le volcan Lascar (oui oui) à 5600m d’altitude, départ à 4800m environ (une voiture se hisse jusque là). Si ça vous tente, soyez prêt à débourser une centaine d’euros et surtout, prenez le temps de trouver un (très) bon guide, car on ne rigole pas avec l’altitude et vous vous prenez plus de 3000 mètres de dénivellé dans la tronche sur toute la journée, San Pedro étant perché à 2500m. Thomas a très bien survécu à sa journée, avec un excellent guide et des photos absolument magnifiques (je lui laisse le soin de poster un mot lui même sur son expérience). Néanmoins, l’altitude agit de façon différente sur chacun et il existe beaucoup d’agences à San Pedro, certains étant amateurs, j’insiste donc vraiment sur le fait d’être prudent et de prendre son temps pour choisir son guide. Le soir du 20 janvier, nous nous offrons un resto digne de ce nom, c’est à dire une addition où le prix des bouteilles de vin a largement dépassé celui du repas en lui même… Erwan nous quitte le lendemain et nous prolongerons donc notre soirée par un (ou deux, ou trois…) bons digestifs dans un autre bar. Sachez qu’à San Pedro, les bars ferment à 1H en semaine et que la plupart des fêtards du coin terminent la soirée dans un coin baptisé « La playa » quelque part dans le désert… avis aux amateurs, nous on y a pas été (on avait largement notre compte et Thom s’était quand même levé aux aurores pour son Lascar).

C’est ainsi que notre dernière journée au Chili se passe sous l’astre communément appelé « gueule de bois » et donc on est bon à rien, à part traînailler et manger des glaces dans un endroit absolument génial: semi ranch, semi maison de thé et tenu par une Française et un Chilien: les glaces sont faites maison et par 35 degrés à l’ombre croyez bien que ça passe comme un verre de Pisco/Whisky en soirée: pas de problème on en redemande! Thom, lui, boucle son ultime excursion: deux jours de cheval dans le désert avant de reprendre l’avion direction l’Europe le 23 au soir… Je lui laisse également le soin de raconter son périple qu’il nous a décrit « merveilleux et empli de sérénité ». Quant à nous, nous avons bouclé un tour jusqu’à Uyuni, en Bolivie, qui démarre le 22 au matin, de San Pedro, on passe la frontière et ensuite, c’est parti pour en prendre plein les yeux de l’autre côté… Pero eso, queridos amigos y familia, es una otra historia que voy a racontar la proxima vez… Abrazo grande ciao ciaoooo!

Photos: San Pedro de Atacama

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Region de los lagos, adios Patagonia, y bienvenido Thomas!

 

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Nous voici donc dans une nouvelle partie du Chili, la région des Lacs. Avant de l’explorer plus en avant, nous passons Bruno et moi 10 jours sur la Isla de Chiloé, en attendant Thomas qui arrive le 29 décembre à Puerto Montt, à trois heures de bus de l’île. 10 jours sur l’île, c’est un peu long (rappelez vous que nous sommes en avance sur notre planning, du au fait que nous n’avons pas pu marcher dans le parc Pumalin) mais nous en profitons pour nous reposer vraiment. La Isla de Chiloé est un pan à part de la culture chilienne, les jésuites l’ont envahie au 18 ème siècle et y ont répandu la sainte odeur du christiannisme à tous les vents. Quand ils ont du fuir, chassés par les colons, leur héritage est resté. Résultat: plus de 300 églises de bois et de couleur sont aujourd’hui présentes sur l’île!! 16 d’entre elles sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO (qui commencent sérieusement à détenir les 3/4 de la planète…) et ce sont elles qui valent essentiellement le coup d’oeil. D’abord, direction Castro, la capitale de l’île, comprenez par là que c’est le plus gros village et qui détient la plus belle église de bois, selon les critère chilotes. Nous logeons chez un vieux monsieur absolument adorable, un veuf solitaire qui nous accueille donc dans sa maison familiale à un prix tout à fait correcte (10 euros!) Nous passons une journée à nous balader dans Castro, en admirant la belle église jaune et mauve, tout de bois vêtue et en flânant le long du port. Nous aboutirons dans un restaurant, affamés et nous dégusterons le plat typique de l’endroit: le curanto! Une fois mais pas deux, bien que ce soit fort bon c’est énooooooorme et bourratif: Un lit de moules mutantes (gigantesques mollusques, nos moules Belges font pâle figure à côté d’elles!) avec une montagne de coquillage et de viande! Plus une soupe pour faire passer le… plat (le monstre quoi!) Le tout arrosé d’un vin chilien, une valeur sûre! La soirée se révèlera très très arrosée car nous croisons une Belge que nous avons retrouvé à plein d’endroits de notre voyage. Audrey est liégeoise et voyage seule durant 6 mois. Pour ce soir là, nous voyagerons ensemble au pays des vins et des papotes interminables (au grand bonheur des serveurs qui nous ont même refilé quelques moules gratos pour nous caler l’estomac, résultat, je ne sais plus en avaler une… au moins durant quelques mois!). Bref, le lendemain on ne sert à rien. Grande journée que celle là. Nous réussissons tout de même à organiser une journée voiture avec quatre autres personnes, afin de visiter les autres églises de l’île, pour le lendemain. Audrey, elle, remonte jusqu’à Santiago.
Le lendemain donc, la tête plus ou moins à l’endroit, on embarque pour une demi journée de soleil (chance car sachez que sur Chiloé, il pleut en moyenne 300 jours/an!! Alors les Belges, on fait moins les fiers hein!) Nous roulons donc jusqu’à Tenaun, pour ensuite embarquer sur la petite isla de Quinchao. Durant la journée, nous visiterons trois à quatre petites églises de bois, aux styles et aux couleurs toujours différents en nous arrêtant pour manger dans un brasserie typique de l’île dont je vous laisse deviner les plats…: fruits de mer à toutes les sauces youhou! Pour achever de me dégoûter pour un petit temps de ces inestimables produits, nous commandons une « pailla marina » soupe très salée qui déborde d’araignée de mer, de moules, de coquillages etc etc etc… Ce fut très bon sur le moment même, mais nous avons frisé l’overdose quand même…

La journée s’est donc déroulée très agréablement en bonne compagnie: un couple chilien, deux Françaises et notre chauffeur. Nous projettons de nous rendre à Chonchi, un autre petit village de l’île avec Pascale (une des deux Françaises, une dame extraordinaire de 60 ans) le lendemain: une église de plus à notre actif et des balades sympathiques le long du port, un dimanche semi ensoleillé.
Ensuite, nous remonterons jusqu’à Ancud, le village le plus proche de Puerto Montt, où il est possible d’aller observer d’autres manchots sur de petites îles alentour,avec interdiction d’y accoster. Ancud est plus jolie que Castro, selon nous, il est plus agréable de s’y balader, surtout le long de l’eau. Nous prenons une chambre dans une petite hospedaje pour une semaine, temps qui nous reste avant d’accueillir Thomas. Une semaine, c’est un peu long mais la famille qui nous héberge est tout aussi adorable que notre vieux monsieur de Castro et nous allons vraiment nous sentir comme chez nous parmi eux. Nous partageons nos journées entre repos, films, détente et balade sous la pluie ou le soleil, selon les moments! La veille de Noël, nous irons rendre visite aux manchots, accompagné d’un chauffeur-guide qui nous montrera quelques points de vue marquants de Chiloé. Nous ne savions pas qu’ici a eu lieu le tremblement de terre le plus intense de toute l’histoire de l’humanité: en 1960, d’une magnitude de 9.5 (!!) sur l’échelle de Richter et il a duré 10 minutes!! Notre chauffeur nous explique que cette catastrophe a complètement remodelé l’île, des pans entiers se sont effondrés, les arbres n’ont jamais repoussés laissant place aux marécages. C’est avec un autre oeil que nous observons la végétation si jolie de l’endroit. Plus loin, nous embarquerons avec 5 autres personnes dans un petit bateau pour nous approcher des rochers réservés aux manchots de Magellan et de Humbolt (espèce beaucoup plus rare en ces lieux). De nouveau, nous nous émerveillons de ces tout petits êtres qui s’ébattent tranquillement dans leur domaine, intouchable par l’homme. Ils s’ébrouent, plongent, se sèchent au soleil et nous regardent passer d’un oeil blasé. Nous apercevrons également des pléiades d’oiseaux de toutes couleurs (l’île en regorge) et des loutres qui jouent à cache cache avec les vagues. Des moments rigolos, chouettes et qui nous font rendre compte de la diversité de notre petit monde.

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Puis arrive le soir du 24, que nous pensions passer dans notre chambre, tranquillement afin de laisser nos hôtes fêter Noël en famille. Que nenni! Nous sommes royalement conviés au repas! Même si je ne comprend absolument rien (le chilien chilote est bourré d’accents et ils parlent à une vitesse phénoménale) la soirée est superbe: Bruno tourne d’un air viril l’agneau qui cuit à la broche, sous le regard aprobateur du père. Nous partageons des moments précieux avec cette famille, composée des parents et de trois enfants, tous adultes, plus un ami de la famille (ainsi que Salita, la petite chienne). Nous rions, buvons, mangeons. Il y a également à table deux autres voyageuses, une Belge qui vit à Santiago depuis 8 ans et une Russe (qui ne parlera pas de tout le repas, mystère insondable). Ce sont des instants du voyage où on se dit que là, on peut laisser une trace quelque part et repartir en emportant avec émotion toutes ces rencontres dans son coeur et sa tête.
Car le 28 en effet, nous remontons jusqu’à Puerto Montt, bien reposés de ces 10 jours sur l’île. Nous avons marché un peu, observé beaucoup, visité les petits musées et partagé simplement la vie des gens d’ici. Une belle page se tourne.

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Isla Chiloe

Et le 29, voilà Thomas qui nous rejoint, nous sommes heureux de nous retrouver, comme toujours et tout excités de passer un mois ensemble dans ce pays! Nous passerons une bonne soirée Pisco (alcool d’ici) dans un bar de Puerto Montt, à nous raconter nos derniers mois et à trinquer au voyage… Autant vous dire que le réveil le lendemain, fut épique! Il faut bien avouer que dans ces pays, la fête est souvent au rendez-vous, surtout en cette période estivale de fin d’année… Nous embarquons néanmoins dans un petit bus en direction de Puerto Varas (une vingtaine de km de là), petite ville touristique et charmante, où nous comptons passer Nouvel An. En effet, Puerto Montt ne recèle rien de particulier, c’est une ville portuaire, et par là plutôt glauque en certains coins. Puerto Varas en revanche, lorsqu’il ne pleut pas, offre un superbe panorama sur les volcans Osorno et Calbuco et le lac Llanquihue, qui s’étend à leurs pieds. Nous prévoyons d’y rester deux nuits. Quand on arrive, il drache (c’est très courant dans la région des Lacs, on se croirait vraiment par chez nous) et en plus, l’auberge où nous avons réservé n’a pas enregistré notre demande: résultat, nous passerons une nuit là et la nuit suivante dans une autre auberge du centre. Mais ce n’est pas grave car l’ambiance est vraiment sympa, les deux auberges sont tenus par des Français travaillant avec des Chiliens et ils sont tous débordant d’énergie positive. On sent qu’on va passer un bon Nouvel An et on ne se trompe pas: nous formons un petit groupe franco-chilien le soir du Nouvel An et tout le monde s’est mis à l’oeuvre pour la soirée: nous avons tous concocté un plat et ramené à boire en suffisance! L’avant minuit se passe à l’auberge, à papoter, manger, boire comme partout dans le monde, qui le fête au rythme des fuseaux horaires. A minuit, nous sommes à trois (nous avons égaré les autres en l’espace de quelques secondes) et le feu d’artifice de Puerto Varas se déclenche: il est magnifique et dure une petite demi-heure… le long de l’eau, la tête entre les étoiles et les feux, que demander de plus pour bien commencer l’année? Une bouteille de champagne? Mais bien sûr et nous irons la vider avec allégresse le long du lac avant de rejoindre les autres dans un petit café bien sympa, pour le reste de la nuit… je déclare forfait avant les autres et je regagne mon lit pendant que Bruno met le feu à la piste en se déhanchant comme un beau diable (si si!)
Le lendemain, ce n’est pas fini, car Nico, le propriétaire de l’auberge absolument adorable et doté d’un coeur en or, nous emmène boire des chopes dans le seul bar ouvert de la ville, juste à côté de l’auberge… Thom ira se balader avec une partie du groupe jusqu’à Frutillar (petit village à côté de Puerto Varas) pendant que Bruno et moi et bien… nous buvons et nous papotons avec Nico, principalement. Il nous explique la vie ici, qui n’est pas si facile, la privatisation des terres à 90% environ, les décalages énormes de revenus entre une frange élite de la population et l’autre partie. Il y a beaucoup de choses à changer, comme partout. Un premier de l’An arrosé de houblon et de révélations. De plus, nous attendons… la voiture!! Nous avons en effet décidé d’en louer une pour deux petites semaines, c’est plus rentable à trois et Bruno et Thom pourrons se relayer au volant. Mais premier de l’An oblige, le jeune homme qui doit nous l’amener est de 1 en retard et de 2 n’a pas encore la voiture parce que les précédents touristes ne l’ont toujours pas rendue. Evidemment, un jour de l’An, le monde fonctionne à l’envers voire pas du tout. Nous en sommes donc réduits à boire des bières jusque 18h, heure d’arrivée de notre petite Hyundai blanche. Thom qui lui est resté raisonnable, prend le volant et nous voilà partis direction Petrohue, tout petit village perdu, qui longe le plus grand lac de la région, le lago Todos los Santos, surplombé par le volcan Osorno. C’est également l’entrée du parc Vicente Perez Rosales, le plus vieux du Chili (il date de 1926). Nous camperons durant les trois nuits de notre séjour là bas. Les Chiliens sont en vacances pendant deux mois, et il y a du monde. Néanmoins, nous fonctionnons en bonne harmonie avec nos voisins (généralement). Nous profiterons de nos journées pour prendre le bateau qui traverse le lac et vous offre ainsi deux heures de paysages sublimes: trois volcans, des milliers d’arbres et des petites îles, jusqu’à atteindre Peulla, qui borde la frontière argentine et Barriloché. Peulla, on s’y baladera quelques heures mais c’est surtout un endroit de transit pour les voyageurs, qui comprend quelques lodges très chics, un restaurant et qui propose une pléiade d’activités pour touristes accompagnés: canopée (comprenez glissade entre les arbres environnants sur un fil métallique, trek avec guide (ahem) ou encore balade à cheval, voire même petit tour en hélico au dessus du lac (AHEM). Tout ça très certainement au prix coûtant. Bref, nous n’y resterons que quelques heures, à déambuler et à suivre un sentier qui grimpe sec au milieu des arbres. Ce qui compte dans cette journée, c’est la traversée en bateau qui vous donne un panorama absolument splendide sur la nature environnante.

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Le lendemain, nous partirons pour une bonne journée de randonnée dans le parc, nous commençons par monter jusqu’à atteindre la plaine désertique qui borde le volcan Osorno, surplombé de son glacier, un dôme blanc parfait qui lui donne l’air d’une boule de glace attendant d’être mangée. Ensuite, nous redescendrons vers les arbres et la bordure du lac, avec un chien noir et blanc qui nous tient compagnie toute la journée (bien que les chiens soient interdits dans le parc, on peut lui pardonner de n’avoir pas su lire le pannneau à l’entrée…)
Le soir, c’est toujours très tranquille, la lune se lève, presqu’entière et resplendissante sur le lac bleuté et illumine le volcan alentour de ses lueurs. Nous papotons autour du feu en discutant de tout et de rien, comme à notre habitude…

Petrohue

Ensuite, nous repartons direction Pucon, petite ville très touristique mais qui offre la perspective d’un beau trek de 4 jours dans le parc Huerquehue, peuplé d’arbres qui vivent là depuis l’ère Jurassique… Notre journée de voiture, sous une chaleur quand même accablante, est pourtant très chouette car nous la partageons entre autoroutes et petits sentiers de la région, lesquels offrent de superbes panoramas et un calme absolu, car ils ne sont pas très fréquentés. C’est donc le 4 janvier que nous débarquons à Pucon, où nous dénicherons une petite auberge fort sympathique (le prix pourtant l’est moins, la haute saison chilienne oblige… 11000 pesos pour un dortoir/personne). L’endroit est petit et touristique: il y a ici plus de restaurants, de cafés et de magasins que dans toute la Patagonie. La principale attraction est l’ascension du volcan Villarica (2847m) et ce sont des centaines de personnes qui s’y hissent, avec guides bien entendu, chaque matinée. Même si le panorama et la vue du cratère parfois encore fumant doit être extraordinaire, on préfère laisser ça aux autres, trop de monde et pas énormément de sécurité. On passera une journée à déambuler tranquille, le lac qui borde la ville est empli de bateaux, Bruno ira contempler d’un oeil intéressé les voiliers qui s’engagent au gré du vent… Nous découvrons également qu’ici, il y a des restaurants qui fonctionnent uniquement aux produits locaux et de saisons, et ça fait du bien après toute la nourriture grasse et bourrée d’OGM que nous avons déjà du manger… le restaurant « L’école » est un excellent exemple de cuisine végétarienne et locale. On vous le recommande si jamais vous passez par ici un jour!

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Le 6 janvier, c’est chargé de nos sacs à dos que nous entrons le parc Huerquehue pour une marche en forêt de quatre jours, qui nous conduira jusqu’aux eaux thermales qui borde le rio Blanco. Il fait chaud et nous sommes bien contents d’avoir le couvert des arbres pour nous protéger. C’est un trek qui nous change de nos paysages sauvages et désolés de Patagonie: ici, douceur des lagunes, des arbres, des lézards qui passent entre les plantes en silence, des oiseaux qui chantent… et malheureusement, des mouches qui bourdonnent à nos oreilles de temps à autre! Ici, elles sont grosses et vous piquent la peau si par malheur vous les laissez se poser (petit détail cocasse: elles sont attirées par les vêtements de couleur sombre, white power pour les vêtements donc!) Pas de magasins sur le chemin, il faut donc porter sa nourriture. C’est une balade qui se fait en boucle, avec possibilité de varier l’itinéraire au retour. Le niveau n’est pas très compliqué même si la première journée commence par une solide petite grimpée de 3 heures. Le camping rustique qui nous accueille la première et troisième nuit est niché au creux d’une vallée et offre un beau ciel ouvert sur les étoiles et les montagnes remplie d’un couvert végétal (12000 pesos pour le camping pour trois et vous pouvez y dormir autant de nuits que vous le souhaitez). Le deuxième jour, nous irons jusqu’aux thermes, véritable récompense après 5h de marche sous un soleil brûlant. Nous y dormirons et c’est un plaisir de se plonger dans une eau naturellement tiède pendant une bonne heure… (le prix ici est assez élevé: 7000 pesos par personne pour le camping et les thermes, haute saison oblige toujours…)
Puis nous reviendrons par un autre chemin, respirant en majeure partie sous les arbres et l’ombre délicieuse qu’ils nous offrent… Une vraie balade forestière, sans trop de difficultés et qu’on vous recommande, surtout dans sa deuxième partie, qui n’attire pas grand monde. La majorité des gens viennent juste pour une journée, se dorer la pilule au bord de la laguna verde (après les 3h de montée) et repartent le soir même. Alors, quand vous dépassez cette étape, vous êtes seuls avec la nature et cela fait le plus grand bien! Pour la précision, les arbres Araucaria qui peuplent le parc existaient déjà il y a 225.000.000 d’années… imaginez que leurs ancêtres ont vu passer des dinosaures et vous vous sentirez un peu hors du temps, en les frôlant… Il y a également beaucoup de bambous, des cascades à admirer et bien entendu les oiseaux à écouter…

Parc Huerquehue

Pour l’heure, nous sommes de nouveau à Pucon et nous repartons demain direction Valparaiso, dont pratiquement tout le monde nous dit qu’il s’agit d’une ville superbe, dédiée au street art… Nous mettrons probablement deux jours pour y arriver, et ensuite, nous continuerons notre progression vers le nord et d’autres contrées…

En hommage aux morts de l’attentat de ce 7 janvier 2015, au siège de Charlie Hebdo et dans les rues de Paris, j’ajoute simplement que nous vous souhaitons une année 2015 bourrée d’humour, de projets sans peur et sans reproche, de rêves fous et à partager, de tolérance et de gaieté. Nous, c’est ce que nous essayons de vivre un peu tous les jours, avec toujours l’envie d’apprendre et d’avancer.

Hasta luego, ciao ciao!

 

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Catégories : Chili | 4 Commentaires

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