Chine

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La Grande Muraille 
Pandas
Sichuan 1
Sichuan 2

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China, China,chéché! (Part 2)

Continuons notre ronde dans la partie chinoise du monde…

Voici enclenchée la course vers la province tibétaine. Un petit mot d’explication sur le Tibet, que nous avions à la base prévu dans notre programme. Nous ne nous y rendrons finalement pas, depuis la Mongolie, nous avions déjà entendu que la frontière était fermée, ou encore très difficile d’accès. Après vérification en territoire chinois, il apparaît qu’ elle est ouverte mais! Papa gouvernement, n’étant toujours pas content de l’opinion international sur son bébé Tibet-qu’il-refuse-de-laisser-quitter-la-maison, a renforcé les mesures de sécurité. Il faut désormais être cinq personnes de la même nationalité pour passer la frontière, il faut également réserver un tour guidé obligatoire (et cher) et surtout, surtout ne jamais se balader seul(e). Strictement interdit. De plus, en nous renseignant, je constate qu’il y a un permis spécial d’abord pour Lhassa. Et valable uniquement à Lhassa. Si jamais l’idée vous vient de vouloir vous balader aux alentours, vous devez repayer pour un permis. Et vous serez en permanence accompagné d’un guide bien entendu. Toutes ces sympathiques contraintes nous ont vite convaincus,… On ira pas! Déjà, payer à la frontière, c’est contribuer à la richesse du gouvernement au dépend du Tibet. Ensuite, nous ne voyageons pas de cette manière. Suivre un tour guidé qui nous montrera à nouveau la gloire de papa gouvernement dans cette région opprimée, non vraiment ce n’est pas pour nous. Nous optons pour une alternative apparemment aimée de beaucoup de voyageurs, suivre de près la frontière tibétaine le long des montagnes dans le Sichuan.

La partie qui suit est rédigée par BruBru, qui s’essaye à l’écriture:-)

Nous avons donc changé d’avis pour la fin de notre périple chinois. Plutôt que de rejoindre Kunming et faire des aller retours vers les différents endroits à voir, nous partons vers l’ouest pour longer la frontière tibétaine. Ceci nous permettra de voir des villages tibétains, finalement plus libres que ceux appartenant à la région proprement dite.
Rallier Kunming nous prendra une bonne semaine avec beaucoup, beaucoup de bus et de petites histoires à raconter!
Le premier trajet que nous faisons nous emmènera à Kangding après 8 heures de bus. Nous avions déjà tout réservé à l’avance, avec auberge le plus près possible de la station de bus! Nous sommes ce soir-là à 2616 m d’altitude.
Le voyage du lendemain sera le plus éprouvant: départ 6h30 pour 10h de route, de travaux, de poussière et de circulation. Un des objectifs de cette semaine de bus est de voir des beaux paysages et de belles montagnes.
De ce côté nous sommes servis! Des montagnes en veux tu en voilà, avec ou sans arbre, avec ou sans rivière et nous apercevons les hauts sommets enneigés au loin. Nous sommes secoués, plein de poussière et l’estomac en compote pour certains mais nous sommes comblés par les paysages.
Les bus qui font de long trajets s’arrêtent pour une pause déjeuner, des petis restaurants ou plein de plats sont préparés et qui sont très bon. Le seul problème étant le côté épicé des plats. Même en aimant le piquant, un plat entier vient à bout de votre estomac assez rapidement.
Il faut donc bien choisir ses plats et prendre beaucoup de riz!!
En voyageant aussi longtemps, on se doit de préserver notre estomac et notre corps tout entier qui est soumis ici à rude épreuve! Nous ne faisons que grimper, pour atteindre les plus de 4000m, les trajets sont longs, il fait de plus en plus froid et le comfort des hotels est de plus en rudimentaire.

Nous atteignons les 4014m dans la ville de Litang, un des plus hauts villages du monde et un épicentre de la culture tibétaine (plusieurs Dalaï Lama y ont vécu). Nous sommes tous épuisés par le voyage et il fait SUPER FROID!!!
Notre chambre est à l’ombre toute la journée et est clairement la plus froide de l’hostel. Nous employons tout notre équipement pour nous garder au chaud cette nuit là. Nous irons manger dans un petit restaurant tenu par un monsieur parlant anglais et qui, pour le plus grand bonheur de nos estomacs cuisine de la nourriture occidentale.
Bien qu’aimant goûter à tout, un bon plat non épicé permet de remettre nos intestins à l’endroit.
Malheureusement nous n’avons pas pu acheter de tickets de bus en arrivant, le guichet étant fermé.Nous devrons revenir le lendemain matin à l’ouverture pour espérer en obtenir.
Le lendemain matin, nous nous dirigeons donc vers la station de bus et sommes d’abord abordés par une multitude de chauffeurs de mini van qui se rendent à Xiangcheng, notre prochaine étape. Ils viennent chacun à leur tour demander notre destination et proposer leurs prix.
Je finis par répliquer « à Pékin » ce qui fait rire tout le monde, ils nous laissent un petit peu tranquille.
Hourra nous sommes les premiers dans la file, ce qui implique forcément que nous sommes écrasés par les quelques chinois qui veulent également un ticket. (NDElo: Je vous avais bien dit… « pousse-toi-de-là-j’étais-le-premier… »)

Nous y rencontrons d’autres occidentaux dont certains parlent chinois et qui nous aident à demander notre ticket.
Nous n’aurons pas de tickets. Il faut attendre que le bus arrive d’une autre ville et espérer qu’il y ait encore de la place.
N’ayant que tres peu de chances d’obtenir un ticket, nous décidons de prendre un minivan.
Un peu plus cher mais nous profiterons mieux de la vue et aurons plus de confort.
Première mission: réveiller Barbara avant 9h. Finalement cela a été plus facile que prévu! Nous retournons dans notre petit restaurant prendre un bon petit dejeuner avant d’aller négocier notre minivan.
Le prix du minivan est fixe et se divise en fonction du nombre de passagers.
Nous essayons de négocier mais ici rien à faire le prix est fixe (et correct). Nous montons dans le minivan et attendons que le chauffeur le remplisse.
Après 15 minutes, nous voilà partis vers Xiangcheng….

Reprise d’Elo.

Ce fut une des routes les plus belles et les plus difficiles de toute ma vie. Les alentours sont magnifiques, mais mes oreilles et ma tête vont souffrir cruellement de la descente. Normalement, lorsqu’on est aussi haut, il faut rester quelques jours au même endroit afin d’habituer notre organisme au manque d’oxygène de l’air. Si nous avons bien supporté le choc en montant, à peine un léger mal de tête pour Bru et la sensation d’avoir fumé quelques pétards… je vais le payer cher en descendant jusqu’à 2700 mètres. Nous descendons trop vite (du au fait que nous sommes en voiture et non à pied) et dès le premier quart d’heure, je sens le mal de tête augmenter, à partir de la troisième heure, mes oreilles se bouchent et se crispent et vous dire que je pleure de douleur n’est pas une figure de rhétorique mais bien la réalité. Tout cela avec autour de moi des montagnes aux sommets blanchis par les neiges éternelles, des vallées aux couleurs de l’automne, or, ocre et vert, des rivières en cascade… vraiment ce fut une route que je n’oublierai jamais… pour le meilleur et pour le pire!

Nous arriverons en fin d’après-midi à Xiangcheng, qui apparaît comme charmante. Nous mettrons un peu de temps à trouver notre auberge, retranchée derrière une cour, mais notre chambre, cette fois, sera superbe! Le hic, c’est que nous sommes au dernier étage et cette fois ci, c’est l’eau chaude qui est absente… Lorsque vous visitez les hauteurs de la Chine, il faut savoir vous adapter à l’inconfort et au manque de commodités. Mes oreilles resteront bouchées pendant toute la soirée et la nuit, mais le mal de tête disparaîtra, toujours ça de gagné! Nous sommes KO, cependant les paysages en valent vraiment la peine! Il y a aussi beaucoup moins de monde, beaucoup moins de pollution et nous avons l’impression de respirer totalement une autre partie de la Chine, plus rude, plus haute, c’est la culture tibétaine…Les couleurs ici sont multiples, les vêtements chauds, les visages burinés et souvent souriants. Leurs drapeaux de prière flottent de ci de là, nombreux, en une danse colorée portée par le vent… Ils ne sont pas riches mais ils n’ont pas l’air pauvres non plus. Ils sont uniques.
Le lendemain, impossibilité à nouveau de prendre le bus local, les deux dames qui ont juste l’air de s’ennuyer derrière leur guichet ne font même pas l’effort d’essayer de nous aider. Et cette fois-ci pas question de prendre un minivan, beaucoup trop cher pour nos finances car notre prochaine destination, Shangri-Là, se trouve à nouveau à 10h de bus, donc loin, donc plus cher. Les minivans ne pratiquent pas du tout l’art de la négociation, le prix c’est le prix (malgré qu’ils concèdent un rabais de 5 euros, qui ne nous intéresse pas). Après une petite heure d’attente, nous finirons par trouver la solution, grâce à une jeune fille chinoise absolument adorable. Un bus pas cher existe, à 40 minutes de là. Elle négocie pour nous le prix d’un taxi, un prix normal, et le chauffeur appellera le bus afin qu’il nous attende! C’est du jamais vu et c’est vrai, après 40 minutes de taxi -nous restons sceptiques sur la négociation jusqu’au bout-  nous voilà devant un gros et grand bus de locaux comme on les aime et effectivement, tout le monde nous attend! Super, nous voilà embarqués pour un moindre coût (celui des locaux), sous le soleil et la poussière en direction de Shangri-Là (qui signifie « paradis »), de son ancien nom Zhongdian qui se perche à 3200 mètres d’altitude. Les paysages sont à nouveau magnifiques et je finis même à la fenêtre car, les Asiatiques détestent en majorité le soleil et mon voisin ne met pas longtemps à échanger sa place à la fenêtre avec moi. Bruno s’est déniché une place à l’arrière, plus ou moins inconfortable… C’est superbe, à nouveau, succession de monts enneigés, vallées vertigineuses et rivières en cascade…

C’est superbe mais ne vous attendez pas à ce que les trajets que nous enchaînons parmi les montagnes soient de tout repos loin de là chers amis-famille! Tout d’abord, là-haut, ce ne sont pas souvent des routes, mais plutôt des sentiers. La Chine étant un pays en perpétuel travaux (comprenez donc, en perpétuelle évolution industrielle et sociale), vous associez certaines énormes parties de sentiers avec des pelleteuses, des tracteurs, des ramasseuses… Et on obtient quoi avec tout ça??? Des énooooooormes quantités de poussières! La route jusqu’à Litang fut la plus pénible, malgré les fenêtres toutes fermées, la poussière rentrait tout de même dans le bus et c’est là que nous avons saisi toute l’utilité des masques que les Chinois et les Tibétains (remarquez la nuance…) ont presque tous sur eux en permanence… Je me réfugierai dans mon écharpe, mais rien n’y fera, je pense que sur les dizaines d’heures que nous avons passé sur les routes cette semaine-là, nous avons assez respiré et avalé de poussières pour une vie entière…

Ensuite, les bus ne sont pas tous de la qualité des jeeps russes que nous avons testées. Il n’y a pas de rideaux aux fenêtres et il m’est arrivé de passer cinq heures de suite (jusqu’à Shangri-là justement) avec le soleil qui chauffe en permanence sur mon humble crâne. J’en viens très humblement à haïr Monsieur Soleil alors que je l’ai réclamé en permanence pour me réchauffer les pieds après des nuits dans les hostels glacés. L’être humain éternellement insatisfait n’est ce pas?  De plus, nous tressautons, nous sautons parfois réellement en l’air dès qu’un virage ou une descente est un peu rude. Enfin, dernier détail, AUCUN bus que nous n’ayons pris n’avait pas de défauts. Soit, le dossier s’abaisse pour dormir mais se relève automatiquement (expérience faite jusqu’à notre trajet à Jiuzhaigou Park, donc 10h), soit les fenêtres laissent passer les courants d’air (et les poussières le cas échéant), ou encore, il n’y a pas d’accoudoir. Ce qui m’a permis d’assister à une scène cocasse, c’est à dire un jeune homme qui s’est endormi côté couloir mais sans accoudoir devinez? Plouuuuuuf, la tête la première, déstabilisé, le jeune homme nous offre un superbe plongeon en direction de la poubelle qui orne les couloirs d’un bus… Une bonne âme le rattrape au dernier moment et,bien entendu, les voisins aux alentours (dont moi évidemment) se mordent les lèvres pour ne pas rire trop ouvertement…

Mais, ainsi que je l’ai déjà écrit, les paysages sont si beaux, nous sommes si heureux d’être dans cette haute partie de la Chine que ces désagréments ne pèsent pas assez pour nous faire regretter. D’ailleurs il ne faut jamais regretter, il faut juste vivre et apprendre c’est tout.

Shangri-là donc, après 10h de route le bus entier est ravi d’arriver. Mon voisin n’en pouvait plus, il m’explique qu’il déteste le bus et qu’il est dedans depuis 6h du matin. Sans pouvoir dormir bien entendu, la majeure partie de la route se fait sur les sentiers défoncés. Alléluilla à l’arrivée!

Nous resterons deux nuits à Shangri-là, nous commençons à sentir la fatigue de sauter de bus en bus, de dormir peu et pas toujours bien, et surtout nous jouons avec l’altitude et ce n’est pas spécialement de tout repos. Shangri-là, c’est très joli, c’est toujours tibétain avec un côté plus touristique mais nous sommes complètement hors-saison, il n’y a pratiquement personne dans les rues, nous respirons! Nous trouverons un restaurant QG comme d’habitude, où comme d’habitude, nous mangeons super bien et où, comme d’habitude, le personnel est chaleureux, souriant et amical. Le seul problème c’est le froid. Ah oui, peut-être n’avais je pas bien précisé mais bien évidemment, la notion de chauffage n’existe pas ici. Tout au plus, nous avons des matelas chauffants la nuit mais ne nous emballons pas, en général un sur deux ne fonctionne pas et quand ça fonctionne, ça fonctionne…approximativement… Mais c’est mieux que rien n’est ce pas!

Quoi qu’il en soit, le deuxième jour, nous allons geler dehors comme dedans et mon corps capitule, j’en suis quitte pour un gros gros rhume qui me prend la tête (au sens propre du terme), la gorge et mon long nez! Cela ne serait pas si grave si j’avais le temps de me reposer mais… pas de temps! Les deux prochains jours, le jeudi et le vendredi 1 et 2 novembre sont en effet consacrés aux… Tiger Leaping gorge, j’ai nommé un trek digne de ce nom dans la petite ville de Qiaotou (que personne ou presque ne connaît). Je suis malade mais ça fait un mois que je pense à ce trek, surtout après la déception du Jiuzhaigou park, nous avons les gambettes qui démangent, pas question de renoncer!

Notre périple en bus

Les Tiger Leaping Gorge sont connus pour être un trek magnifique et un peu dangereux. Voire, un peu difficile car ça grimpe dans la première partie du chemin. Mais il n’est pas très long, certaines personnes le font en une journée,  10h de marche suffisent à le boucler. Nous bouillons d’impatience à l’idée de voir à quel point c’est difficile et nous voilà donc, le jeudi en début d’après-midi au lieu dit. Nous laissons nos gros sacs à la première guesthouse du chemin, et nous prenons juste le nécessaire dans notre petit sac. Je tousse et je me mouche toutes les 10 minutes mais tant pis! Nous commençons la marche tard, vers treize heures et nous comptons bien prendre notre temps. Nous ne marcherons que deux heures et demi cet après-midi là, je ne suis pas capable de plus, le soleil tape fort, ça grimpe et mon corps fatigue très vite. Nous nous arrêterons à la « Naxi family guesthouse », qui est un endroit superbe et où la vue est imprenable… Devant nous, se dressent les montagnes enneigées et derrière, nous sommes cernés par la vallée… une soirée magique en perspective…

Et je me fend d’un petit mot d’explication sur le mot « Naxi ». En effet, il s’agit d’une tribu tibétaine qui, fait très rare dans les sociétés, est de lignée matrilinéaire et donc une société matriarcale. C’est-à-dire que c’est la femme le chef (aha!). Nos cours d’anthropologie bien aimés nous reviennent en mémoire lorsque nous les observons. En effet, dans cette région, ce sont les femmes qui tiennent les auberges, ce sont à elles qu’  appartiennent les enfants et elles ont le droit, si elles le désirent, d’avoir plusieurs hommes dans leur vie. La paternité n’est quasiment jamais reconnu. Nous observons donc ce phénomène rare et intéressant dans chaque guesthouse où nous passons. Les hommes sont effectivement présents mais absents. Ils ne disent pas grand chose, se contentent d’être là.  C’est à l’antipode de nos cultures et oh combien captivant.

Après une soirée de rêve et de mouchoirs me concernant, nous nous levons le lendemain pour être prêt pour 10 heures. Je vais un peu mieux mais ce n’est toujours pas la guérison. Cette journée-ci nous marcherons  sept heures et heureusement pour moi, ce n’est pas un trek que nous considérons comme « difficile ». La grosse montée vantée par certains et surnommée « 28 bends »  c’est-à-dire « 28 virages », ne prend qu’une grosse heure de montée. En tout, l’effort de grimpette est de trois petites heures sur les deux jours. Par contre, il est effectivement un peu dangereux et nous comprenons que certaines personnes y aient laissé la vie il y a quelques années. Dans la dernière partie du trek, le sentier se fait très étroit, nous surplombons les gorges à plus de 800 mètres et le moindre faux-pas, la moindre glissade (heureusement il ne pleut pas), vous précipite vers la rivière et les rochers en contrebas. Et, est-il besoin de le dire, c’est tout simplement magnifique. Et nous sommes absolument seuls. A peine croiserons-nous une vingtaine de personnes sur les deux jours, c’est un miracle en Chine. Qui s’explique par le fait que les Chinois ne font jamais ce trek (ils n’aiment pas marcher cela se confirme) et l’endroit est d’ailleurs connu depuis longtemps comme n’attirant que les étrangers. Les Chinois, eux, le font en bus de touriste, par la route qui longe la rivière en bas. Tant mieux pour nous, c’est ce que nous voulions, que nous espérions depuis le début, un endroit où marcher où l’on se sent seul et où on peut respirer! Nous arriverons le soir du vendredi vers 19h dans la guesthouse finale la « Tina guesthouse »! Evidemment, Bruno et moi ne pouvons y rester sans y dormir (Tina, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une amie et une grande voyageuse également, petit clin d’oeil à toi chère Tina;-)). Nous profiterons du luxe absolu, il n’y a personne, les chambres ne sont donc pas chères, nous avons la vue sur les gorges, une chambre chauffée, trois lits immenses, une salle de bain privée et.. la télé avec une chaîne en français! Youhou vous dites-vous… Sauf qu’à onze heures du soir, coupure de courant général… jusqu’au lendemain bien entendu. Plus de lits chauffants. Plus de télé. Héhé. Aha. C’est la Chine en montagne, c’est comme ça!

En route vers les 28 bends!

TIger Leaping Gorge

Et notre  boucle est presque bouclée, après ces quelques jours, nous sommes complètement épuisés. Nous passerons le samedi soir à Lijang, que les guides nous décrivent comme étant très jolie. Ils oublient de préciser très bondée. Quand on redescend des montagnes, c’est un choc, on avait oublié à quel point la Chine est multiplement nombreuse! Le résultat, c’est qu’on se baladera à peine et qu’on se reposera beaucoup! Même scénario du dimanche soir au mardi soir, lorsque nous arriverons finalement à Kunming, à nouveau en bus! Nous sommes devenus des professionnels du bus et celui vers Kunming est un bus de luxe! Il n’est pas rempli (fait exceptionnel), rien n’est cassé (hormis les toilettes mais d’habitude il n’y a jamais de toilettes donc…), et nous sommes en hauteur, avec une vue superbe. De plus, nous avons un steward qui nous distribue des petites bouteilles d’eau et le lunch du midi est compris dans le prix! (deuxième fait unique!).  Un trajet parfait! Mais nous sommes réellement épuisés et nous avons surtout besoin de nous reposer et d’arrêter de courir dans tous les sens, d’un bout de Chine à un autre. Ca tombe bien, le Vietnam nous tend les bras, nous ferons notre visa en une journée le lundi et nous embarquerons le mardi soir pour la frontière…

Ainsi se terminent la danse endiablée des chinoiseries les amis-familles… La Chine est un pays intéressant, empli de paradoxes, de contradictions, de cris, de vie. Nous avons été marqués par beaucoup de traits culturels chinois, comme leur manie de cracher partout, leurs masques permanents dans les grandes villes, les bébés qui possèdent des pantalons ouverts aux fesses afin qu’ils puissent se soulager dès qu’ils le souhaitent, les gens qui jettent leurs déchets n’importe où par une fenêtre ouverte, dans la rue, dans des trous… leurs villes déroutantes de buildings et de old town, leurs campagnes fabuleuses aux rizières et aux champs marqués par le soleil et les paysans… Les montagnes tibétaines, les hauteurs, l’altitude et les paysages  magnifiques… Les villages uniques mais en même temps, parfois trop touristiques… La Chine est multiple, la Chine ne se laisse pas apprendre en une fois, nous sommes bien conscients que nous ne la connaîtrons pas en un mois… La Chine est mystérieuse, facétieuse, polluée et curieuse… Vous pouvez ne pas l’aimer mais vous en resterez marqué…

Nous, nous ne l’avons aimé comme nous avons aimé la Mongolie, instantanément, en un instant. Pas comme la Russie, qui nous fait fondre sous son charme soviétique et ses charmes du Baïkal. Mais nous l’avons quelque part dans le coeur, entre les bruits et la beauté des gens, le respect et la fragilité de l’environnement, les montagnes et les rivières emplies d’air frais, les villages tintammares et remuants… Oui, la Chine a laissé sa marque et il faudrait bien plus de temps pour nous permettre de dire que nous la connaissons vraiment…

Je vous laisse à nos photos, à vos vies les amis-famille! Nous comptons rester au Vietnam pour deux mois, une nouvelle page asiatique commence… Pour notre plus grande joie!

Nous vous aimons, vous embrassons très fort, merci de nous soutenir et d’être toujours là, au détour d’un commentaire, d’un appel, d’un mail…

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China China, un milliard de chinois et moi et moi et nous!

Et commence ici la ronde de nos chinoiseries…  Comme d’habitude, je reprends la ronde à la frontière…

Le 9 octobre, nous prenons donc le train, direction China, embarquement à Ulaan Baatar, bien sûr, c’est parti pour une dizaine d’heures de train en direction de la frontière. Nous passerons la nuit dans le compartiment des pauvres, nous sommes censés être assis durant toute la nuit car malgré la présence de couchettes, nous sommes huit pour 6 places de dodo. Mais les Mongols, gentils et souriants, nous indiquent de prendre les couchettes du dessus pour dormir, un monsieur se sacrifiera les premières heures en restant assis, ensuite une dame descendra du train et il pourra s’allonger pendant que d’autres à leur tour, resteront assis… Tout ça pour permettre à nos personnes blanches de trouver un peu de repos… Mongolie, je le redis et le répèterai encore, nous t’aimerons jusqu’à la mort!

Comme précisé dans mon article précédent, nous traverserons le désert de Gobi pendant moultes heures. Il fait nuit, nous n’y verrons goutte mais la sensation de traverser cet endroit mythique est unique. Nous assisterons au lever du soleil, superbe, magique, magnifique, avec au loin les dunes qui saluent l’arrivée d’un nouveau jour par leur beauté…

Terminus, fini le rêve Mongol, nous voilà à la frontière. Tout le monde descend et c’est la ruée vers les jeep qui attendent pour faire passer la frontière. Le passage se fera relativement rapidement, entre deux et trois heures, nous serons en Chine. Je ne suis pas sûre d’en être très heureuse, ni moi ni Bruno et Barbara, il faut presque nous pousser dehors, je ferais bien demi-tour dans le Gobi pour y rester quelques vies…Le passage se fera sans problème, retour à la discipline, les Chinois ne rigolent pas et l’officier me fera patienter cinq bonnes minutes avant de me laisser passer, contemplant mon passeport d’un air soupçonneux avant de faire des recherches sur son pc, afin de vérifier sans doute si je ne suis pas fichée dans les dossiers « Free Tibet » ou autre… hé ben non! (pas encore aha!).

Ca y est, au revoir Mongolia, bonjour China! La jeep nous déposera à une ville-frontière. Premiers instants chinois, à peine sortis de notre jeep, nous voilà assaillis par une foule, c’est à celui qui pourra nous amener en taxi à Pékin le plus rapidement possible. Pas question bien sûr, nous savons déjà que le train est moins cher ou, en dernier recours, le bus. Tout sauf un taxi! Après avoir décliné toutes les propositions et écouté les conseils d’un monsieur mongol, nous sautons dans un pousse-pousse jusqu’à la gare. Gare qui est déserte, sauf, ahaha, magie du voyage, un backpacker qui comme nous, tente de réserver une place dans un train. Pour nous, c’est rapé, pas de train pour Beijing avant quatre jours! Ok, direction la gare des bus, conduit par le backpacker de la gare, nous y sommes en 10 minutes. Si nous ne l’avions pas rencontré, je pense que nous aurions erré quelques temps, il est très difficile de se faire comprendre des chinois, ils n’utilisent bien sûr pas le même langage, mais même les signes sont différents ici. Magie toujours, à la gare des bus, nous retrouvons également deux soeurs Backpackeuses, rencontrées à UB. Nous voilà en train de réserver les places tous ensemble, c’est un peu cher car le bus est muni de couchettes. Mais pas le choix, il n’y a que ça et nous partons l’après-midi même! Encore seize heures de bus en perspective mais nous savons déjà que toute la Chine sera ainsi, à sauter de transport en transport pour en voir le maximum possible en un mois… Avant le départ, nous irons manger un bout dans un petit resto typique, c’est à dire où personne ne parle anglais… Bruno et moi sommes chanceux, notre plat de nouilles est immense et non piquant par contre… Barbara commande à l’image et se retrouve avec une soupe de poissons certes délicieuse (le poisson est cuit parfaitement) mais…ultra piquante… Elle en sera quitte pour nous piquer quelques nouilles, toujours ça dans le ventre avant le long voyage qui nous attend encore…

La route en bus-couchette sera néanmoins très agréable, première fois pour nous, humbles blancs, que nous avons droit à des couchettes. Bruno est malade, il dormira tout le trajet, sauf à la courte pause du souper, où il ne mangera que du riz… Il maintient que c’est le fait de quitter la Mongolie qui le rend ainsi, la tristesse lui transforme l’estomac en bloc de granit… Quant à Barbara et moi, nous profitons du paysage (nous avons démarré à quatorze heures trente), nous sommes toujours en Mongolie, oui oui, car c’est en région de Mongolie intérieure que nous commençons la Chine. Cela signifie que nous sommes toujours dans le désert de Gobi, rempli d’herbes folles et de quelques Ger au loin… Le paysage est toujours immense et sans fin et j’ai encore plus de mal à me dire que je quitte tout ça pour les régions les plus peuplées au monde…

Nous arriverons à Beijing à 6 heures du matin. L’air est gris, la ville nous engloutit en quelques secondes… Le scénario se répète, à peine sommes-nous descendus du bus que les chauffeurs de taxi nous foncent dessus, à qui mieux mieux, c’est à celui qui remportera la course. Nous les enverrons tous paître (spécialement Barbara qui n’est pas du matin et à qui on ne la fait pas sur les prix exorbitants pratiqués pour les blancs) et partirons…à pied! A la recherche du métro qui nous mènera à notre hostel. Nous sommes toujours avec les deux soeurs, Nina et Sophia et nous marcherons pratiquement trois heures avant d’arriver à destination finale… Avec Bruno et  Sophia qui sont malades ce n’est pas de la petite balade matinale sympa! De plus, nous sommes tous fatigués par deux jours de voyage mais quand on veut le moins cher, on a souvent peu de choix, donc en avant toute! Une façon comme une autre de déjà découvrir l’immense ville qu’est Beijing… Nous passerons devant des centaines d’échoppes vendant de la nourriture à cette heure si matinale… Des centaines d’effluves étrangères nous envahissent à chaque pas que nous faisons… Il y a déjà beaucoup de monde dans les rues, les Chinois sont si nombreux et nous n’en sommes qu’au début…

Notre hostel est situé dans la vieille partie de Beijing, la partie authentique, la plus belle de la ville! C’est superbe, d’un coup, nous retombons quelques centaines d’années en arrières, des petites bicoques colorées, rouges et dorées ornent chaque rue, des centaines d’échoppes avec toujours de la nourriture multiple et variée, ou encore des petits magasins vendant de tout pour tous… Vous y ajoutez des centaines de personnes déambulant en permanence, parlant fort, criant, crachant, gesticulant dans un concert de klaxons, vous arriverez à un petit aperçu de la vie ici… Même notre hostel est connu, des dizaines de pousse-pousse s’arrêtent devant, afin de montrer aux touristes chinois (oui oui ils sont touristes eux-mêmes dans leur gigantesque pays) l’entrée et la cour intérieure qui servait de repère à nombreuses réunions socialistes (comprenez communistes) à l’époque…

Notre première journée sera calme, nous nous reposerons, déambulerons dans les rues et nous achèterons notre ticket pour Shangaï. En Chine, mieux vaut réserver son ticket quelques jours à l’avance, ils sont tellement nombreux que les places se vendent très rapidement. Nous décidons de partir le mardi 16 octobre. Cela nous laisse quelques jours dans la capitale pour en découvrir ses trésors incontournables…

Notre première nuit nous permet de découvrir les matelas chinois. Plus durs que la pierre. Relent du communisme sans doute, l’inconfort c’est bon pour la santé! Systématiquement, je prendrai la couverture comme second matelas et déballerai mon sac de couchage pour m’enrouler dedans. Bruno et Barbara feront de même.

Le lendemain c’est parti pour le premier joyau, j’ai nommé la Cité Interdite! Cela nous prendra toute l’après-midi et encore, nous n’avons pas réussi à tout voir! C’est immense et plus du tout interdit… des milliers de Chinois et de touristes se pressent autour de nous pour admirer les anciens temples des grandes dynasties, les anciennes pièces de vie de l’Empereur, les bijoux, bref tout ce qui constituait le quartier général de l’histoire chinoise… C’est néanmoins très intéressant et l’imagination peut facilement nous transporter en ces temps anciens, lorsque l’empereur était entouré de sa cour, protégé plus que le Pape lui-même, travaillant à agrandir l’Empire, recevant des sujets hautement sélectionnés, vivant dans une espèce de prison dorée…

La cité interdite

Nous adorons découvrir ces endroits mais nous devons apprendre à partager avec le reste de la Chine… Ici, on n’est jamais seul et c’est d’autant plus difficile lorsqu’on vient de Mongolie, pays de la liberté, pays le moins peuplé au monde… Ici,  nous découvrons la censure sur internet, les militaires veillant à tout bout de champ au respect des endroits et surtout la foule permanente, inhérente à ce pays qui ne saurait vivre sans…

Notre première journée se terminera paisiblement, nous reviendrons en longeant le fleuve qui entoure la Cité Interdite ( l’eau la rendait encore plus inaccessible), une fois à l’hôtel nous planterons nos humbles personnes au restaurant de l’auberge, leur nourriture est délicieuse et limite les risques de tomber malade. Bruno achètera également quelques médicaments pour « estomac en péril! », cela nous sera bien utile…

Le lendemain, c’est…journée glande! Nous découvrons à l’étage de l’auberge qu’ils possèdent une immense télévision et… environ autant de films que de Chinois sur terre… Comme nous sommes tous les deux malades, maux de ventre et compagnie, nous nous carrons dans les fauteuils et regardons des films durant toute l’après-midi. Bonheur de se poser simplement, d’autres backpackers glandeurs se joindront à  nous… Nous extirperons nos fesses des fauteuils vers 16h pour nous rendre sur l’incontournable place Tienanmen, qui jouxte la Cité Interdite. Je précise que notre auberge se trouve à 30 minutes de marche de là, ce qui est un exploit, en Chine, tout est toujours tellement loin que les transports sont en général indispensables pour se rendre d’un point A à un point Z (oui car c’est loin donc Z)…

Tienanmen est plus surveillé que le Vatican. La règle en Chine est de faire contrôler ses sacs dans les métros, les gares, il y a toujours des détecteurs comme dans les aéroports. Lorsqu’on passe à Tienanmen c’est la même chose. Lieu hautement surveillé et entouré de militaires en faction devant le mausolée de Mao. Ils n’ont l’air de rien mais ils voient tout et si l’idée vous vient d’arborer un tee-shirt « Free Tibet » je ne donne pas cher de votre peau… C’est une place étrange, qui n’est pas faite pour se poser, il n’y a ni bancs, ni arbres. Mais bien des allées de fleurs complètement kitschs (c’est asiatique!), l’incontournable et gigantesque mausolée de Mao ainsi qu’une obélisque à la mémoire des soldats tombés pour la patrie. C’est une place historique, qui respire un peu la tristesse malgré le monde qui s’y presse. Comment oublier qu’il y a quelques années, des chars sont passés sur un étudiant qui protestait contre le régime en place? Comment oublier que c’est ici que se joue le symbole de la Chine, son régime dictatorial, enfermant son peuple dans une illusion de bonheur mais décidant de tout à sa place? Se balader sur Tienanmen procure une sensation étrange, mélange de modernité avec ses allées de fleurs, sa télévision immense qui vante en boucle les merveilles de la Chine, ses bus remplis de touriste qui s’arrêtent devant la Cité Interdite ou devant l’immense Musée national de Chine. Mélange de dureté lorsqu’on croise l’extrême rigueur des militaires en faction, leur regard qui ne vous lâche pas, les statues en l’honneur du peuple qui se bat pour la patrie alors que la patrie aujourd’hui le tient à l’écart de sa propre réalité. C’est étrange, c’est Tienanmen, on en a fait des chansons, des articles, des documentaires et pourtant, rien ne permet d’expliquer vraiment ce que l’on ressent en y étant…

Soirée paisible à nouveau et le lendemain, c’est dimanche, nous sélectionnons un parc pour y passer la journée. En Chine, tout est payant, le gouvernement a bien compris sa chance: tellement de monde qui visite ce pays, que l’on soit Chinois, Européens, Américains, Océaniens peu importe tout le monde paye partout où il va! Parfois c’est juste deux yuans, parfois c’est trente euros…  Notre parc est parmi les moins chers et d’ailleurs oubliez la notion de parc à l’européenne en Chine, un parc pourrait englober le bois de la Cambre! Nous y déambulerons tranquillement à trois, il y a de l’eau partout, du monde partout, des bateaux, des pédalos, des temples… Un bel après-midi, un dimanche ensoleillé malgré la couche de pollution qui entoure la ville…

Le lundi, c’est le grand jour, car ça y est, nous deviendrons de vrais Hommes (selon Mao), nous allons poser nos pieds sur la grande Muraille de Chine! Nous avons sélectionné un tour guidé que seule notre auberge propose, il s’agit de la partie ancienne du Mur, éloignée de toutes les balades touristiques… Il fait très froid cette journée là, jusqu’ici nous flirtions toujours avec les 20 degrés mais une fois un peu en hauteur et hors de Pékin, nous voici plutôt aux alentours des 5 degrés… Nous sommes sept dans la voiture, deux autres jeunes et deux personnes plus âgées nous accompagnent. Cela prendra deux heures de route pour nous rendre au point de commencement. Notre guide nous mènera durant la première demi-heure sur la partie rénovée, expliquant l’histoire du Mur, créé pour résister aux guerriers Mongols (et nous, on tient pour les Mongols!), le temps que cela a pris (juste 200 ans, une bagatelle) et les failles qu’elle a endurées… Ensuite, il nous laisse à notre temps libre pour la partie ancienne, qui est normalement de trois heures mais il fait si froid qu’il propose de le raccourcir. Barbara, Bruno et moi on gambaderait bien trois heures mais il nous faut tenir compte des autres membres de la troupe. L’ascension n’est pas si facile, les deux personnes âgées préviennent qu’elles n’iront pas très très loin. Nous tranchons à deux heures et nous voilà partis. Ca monte sec, ce n’est pas de la rigolade et une fois à un sommet, à un poste de garde, on regarde l’horizon et on se dit « ok, je vais au suivant et puis j’arrête ». Et on se dit ça à chaque arrêt. Le temps est froid, brumeux mais cela rend la muraille mystérieuse et magnifique, les montagnes environnantes se laissent désirer à notre regard, mais l’après-midi avance et le soleil se montrera assez de temps pour nous laisser admirer le magnifique panorama… Et surtout, surtout,…nous sommes seuls! Barbara, Elodie, Bruno et la grande Muraille! C’est unique, grâce au froid et à l’endroit moins fréquenté (en raison de l’ascension plus difficile car non restaurée), nous sommes heureux! Les deux autres jeunes ont a peine marché 20 minutes avant de redescendre,  ils ne verront même pas la partie ancienne (cela reste incompréhensible pour nous) et le couple plus âgé pousse l’ascension assez loin, la dame surtout à plus de mal à grimper et ils feront demi-tour, nous les apercevrons à l’horizon, nous qui gambadons le plus loin, le plus haut possible… C’est une réelle merveille de la Chine sur laquelle nous marchons, un endroit hautement historique, le peuple chinois a travaillé dur et jusqu’à la mort pour ce Mur. Le guide nous précisera, oh détail raffiné de l’histoire chinoise, que les corps des travailleurs (bien évidemment des rebus de la société) étaient également utilisés comme ciment… Mmm, tout de suite, quand je regarde les pierres cimentées cela me fait un effet différent… Rien n’est à jeter en Chine d’antan, même les morts ont une utilité…

Nous redescendrons ravis, mais nous serions bien restés plus longtemps, nous connaissant on aurait poussé la balade jusqu’à la limite de nos jambes. Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut, même en voyage, et puis nous avons eu notre moment privilégié, un tête à tête à trois avec la Muraille et je défie quiconque d’avoir eu cela!

Le lendemain, après une mauvaise nuit due à nos voisins de chambre bourrés, qui sont rentrés à quatre heures du matin avec la ferme idée de continuer leur petite sauterie (à prendre au sens propre du terme) à côté de nos oreilles endormies depuis minuit… Cela va durer deux heures et j’ai beau claquer leur porte deux fois avec violence, Barbara tapera sur le mur, rien à faire pendant deux heures, ils mettent la musique, parlent, baisent et rient à ne plus s’entendre. Depuis, nous fuyons toutes les têtes jeunes qui ont l’air bêta des vacanciers décidés à profiter de leur temps pour se bourrer la gueule et se reproduire, peu importe l’heure ou l’endroit. C’est ainsi que l’on ressent la différence entre les backpakers au long cours et les  jeunes vacanciers de quelques semaines. Nous nous levons donc avec trop peu de sommeil et décidons de profiter de cette dernière journée pékinoise pour nous rendre à l’immense, incomparable Musée National de Chine. Nous sommes chanceux, celui-ci est resté fermé pendant une durée indéterminée pour cause de rénovation. Nombreux sont les backpackers qui ont voulu s’y rendre ces dernières années, sans y arriver. Nous voilà partis, direction Tienamnen, les joyaux de Pékin sont tous situés au même endroit ou presque. Comme d’habitude, nous passons les sécurités, scanner des sacs (Barbara doit laisser le sien à l’entrée, trop gros, donc suspect!), et fouille au corps. Un exemple pour tous les aéroports du monde entier, comme dirait Gad Elmaleh:

« Plus besoin d’aller chez le médecin aujourd’hui, pour un scanner, tu arrives et tu dis « Bonjouuuur, j’ai caché des choses dans ma tête! » »c’est par là! »  » yalaaaaa! ». La Chine, c’est la sécurité constante et parfois un peu oppressante. Le gouvernement veille, Big Brother-aux-yeux-bridés n’est jamais loin.

Par contre, à notre grande surprise, le musée est… GRATUIT! Incroyable, il sera d’ailleurs un des seuls endroits où nous pourrons nous rendre sans débourser un yuan. Et il est énorme, effectivement. Nous n’aurons pas le temps de tout faire, Barbara nous quitte vers 15h, elle se rend à Xi’ an. Nous aurons le temps de visiter les salles sur la porcelaine Chinoise, les cadeaux diplomatiques (très très drôle, je tiens à préciser que la France et la Belgique ne brillent pas par leur goût, ou alors c’est fait exprès!), les peintures chinoises! Nous finirons la visite au pas de course par la salle historique de la Chine, car nous-même prenons le train à 19h30, et il nous faut repasser à l’hôtel pour récupérer nos gros sacs. C’est ainsi que…

Pekin

Nous prendrons ce train, qui dure 15 heures en hard seat. Le hard seat, qui porte bien son nom, est réputé inconfortable mais pas cher. Néanmoins, je ne m’attends pas vraiment à ce qui va suivre…

Déjà, Bruno et moi ne sommes pas ensemble. Mais cela se résout lorsqu’un jeune homme beau et charmant aux côtés de Bruno (oui oui mon amour ne t’emballe pas…:-) ), surprenant les regards énamourés de Nounours et Nounoursette que nous nous lançons, me propose de prendre ma place. Merci merci, nous voilà à deux, coincés au bout d’une banquette. Les gens qui nous entourent ont tous l’air bienveillant mais:

1) Nous n’avons aucune place pour nos jambes. Le pauvre monsieur en face de moi semble en souffrir énormément et bouge sans cesse. Ce qui signifie que je bouge sans cesse aussi. Le jeune homme à côté de lui, absolument charmant lui aussi, tente de l’aider mais rien n’y fait. Parfois, le monsieur se met debout sur son siège pour se soulager un peu mais on voit bien que c’est rude.

2) Des gens restent debout. Ce sont encore des places moins chères mais il y a des gens qui resteront debout durant 10 heures d’affilée. Je suis horrifiée pour eux. Lorsque la nuit s’avance, la seule solution pour eux est de s’endormir par terre, ou encore la tête sur les poubelles entre deux wagons. Lorsque je me rends aux toilettes au milieu de la nuit, j’enjambe des dizaines de personnes affalées par terre, tentant maladroitement de dormir. Inutile de vous préciser qu’en hard seat, le gouvernement n’a cure de payer des gens pour nettoyer régulièrement par terre. Résultat, le sol est jonché de déchets de nourriture, de thé et dieu sait quoi encore.

3) Ils laissent la lumière allumée. Mais vraiment allumée, la sale lumière crue qui vous tient en éveil en permanence.

A la fin, je me sens honteuse. Je comprends qu’on ne croise jamais aucun blanc dans ce genre de wagon, c’est le wagon des pauvres du peuple, les gens qui vraiment ne peuvent se payer autre chose, quitte à rester debout pendant des heures. Nous, nous sommes pauvres certes mais pas à leur niveau. Ils doivent vraiment se demander pourquoi on est là, nous qui avons l’argent pour voyager.  Je sais désormais que tous les voyages en hard seat ne sont pas si pénibles. Nous étions sur une ligne énormément fréquentée, avec beaucoup d’heures de voyage; parfois, tous les sièges ne sont pas occupés et l’on peut étendre ses jambes et même dormir. Tous les voyages ne sont pas non plus aussi longs et je crois que si cela avait juste été une petite dizaine d’heures, je l’aurais mieux supporté. Mais les trois dernières heures, nous n’en pouvions plus, heureusement les gens descendaient petit à petit, nous laissant un peu d’espace.

Nous sommes donc plus qu’heureux d’arriver à Shangaï. De plus, les paysages n’étaient vraiment pas beaux du train, c’est une continuité de ville, de travaux entre Beijing et Shangaï. Il n »y a plus de steppes, plus de collines, plus d’immensité à travers notre fenêtre sur le monde…

Si la plupart des gens nous ont déconseillé Shangaï, nous nous y plairons pourtant beaucoup. Pourtant, c’est bel et bien une immense ville, assez occidentale par pas mal de côtés. Mais Bruno et moi sommes Belges, nous sommes des fans de Tintin et tous ceux qui ont lu « Le Lotus Bleu » comprendront qu’on ne peut faire sans passer par cette ville, qu’ Hergé a réussi à rendre immortelle… Les premiers moments que nous y passons sont très agréables, le soleil réussit à percer, malgré la pollution qui couvre chaque grosse ville de Chine. Ce pourquoi les Chinois crachent autant et en permanence. C’est une de leurs particularités bizarres, imaginez votre grand-mère prendre une grande inspiration, émettant un « RRRRRRRR » du plus profond de ses entrailles et… « PFUUUUUUT », avec une précision qui requiert l’expérience de toute une vie, un crachat bien calculé vient atterrir à un mètre de vos pieds blancs et choqués. On ne s’y fait jamais vraiment mais on finit par les comprendre. L’air est souvent irrespirable et les masques blancs sont légion dans les grandes villes.

Saviez -vous que Shangaï recèle plus d’habitants que toute la Belgique réunie? Ils sont 19millions! En Chine, une petite ville se compte par « juste » quelques millions d’habitants, trois ou quatre, une bagatelle…
Shangaï est à nous pour trois jours. Le premier matin, nous trouverons facilement notre auberge, une fois de plus superbe. En Chine, l’architecture des auberges est toujours belle, le confort n’est cependant pas toujours à la hauteur.
A Shangaï, pas de soucis, nous prenons une chambre pour deux (un peu de luxe afin de dormir convenablement!) , le restaurant est parfait, la nourriture délicieuse. Le seul problème c’est que Shangaï semble la ville la plus chère de toute la Chine mais cela reste raisonnable. Après nous être décrassés et avoir mangé, nous nous mettons en route pour « The Bund », l’endroit mythique de Shangaï. A 20 minutes à peine de notre auberge, nous voilà déambulant dans les rues jusqu’à Huangpu River avec devant nous… the bund! Bon, j’arrête le suspense, il s’agit de l’ensemble des gratte-ciels de Shangaï, tous regroupés sur une île, de l’autre côté de la rivière. A préciser que le terme  » rivière » est relatif, nous appellerions déjà ça la mer tellement c’est immense… La balade autour du Bund est très agréable et ne prend qu’une heure. Parfait pour nous, qui souhaitons passer paisiblement notre fin d’après-midi. Nous marcherons tranquillement, prenant des photos, observant les gens autour de nous et… c’est vrai qu’il y a beaucoup de blancs par ici! A Beijing nous n’en avions pas vu autant! De plus, c’est très propre, comme à Beijing, pas de papiers par terre, les gens nettoient en permanence. Nous savons que la Chine fait des efforts depuis quelques années, notamment depuis les JO en 2008 pour améliorer son image au niveau international. Ce pays est fait de paradoxes car nous aurons l’occasion de constater par la suite que beaucoup de gens jettent encore leurs papiers par terre, par les fenêtres, n’importe où! Mais les grandes villes ont besoin d’une excellente image et le gouvernement veille à leur propreté.
Nous attendrons que la nuit tombe afin d’observer les buildings s’illuminant par dizaines. Oui, cela doit sembler bizarre à ceux qui nous connaissent bien, nous n’aimons pas les grandes villes en général, nous n’avions pas aimé New-York et
nous vivons par et pour la nature mais… Comment vous expliquer l’ambiance à Shangaï est différente, peut-être est ce l’eau qui nous entoure, l’espace qui nous est donné (à Beijing, on se marche dessus à chaque pas), mais nous trouvons
ça beau, ces milliers de lumières dans le soir qui tombe, cela donne une image féerique de cette immense artère qui bat au rythme des Shangaïens et des expatriés. Peut-être est ce Tintin qui nous précède dans l’ombre et qui nous rend cette ville plus familière, plus belle, plus Belge? Nous ne savons pas vraiment mais nous aimons.

Le lendemain, après une excellente nuit de sommeil, nous nous mettrons en route afin d’honorer un engagement pris auprès de mon oncle Alain, le
plus grand fan de Tintin que nous connaissons. Nous avions convenu de prendre en photo ou de noter la moindre apparition de Tintin dans le monde asiatique. Or, la veille, Bruno a déniché un article relatant l’existence d’un musée sur monsieur Zhang, grand ami d’Hergé qui a inspiré… Vous le devinez non les fans? Le personnage de Chang dans « Tintin et le Lotus Bleu » et « Tintin au Tibet ». Ce musée n’est pas connu (la Belgique elle-même n’est pas au courant) mais ce grand monsieur était un sculpteur très connu, rebelle de la révolution Culturelle (même si le gouvernement chinois vous fait croire l’inverse lorsque vous visitez le musée), et il a également sculpté la tête de Mitterrand. C’est un ami d’Hergé, donc de Tintin, en route pour visiter! Son musée se trouve en banlieue de Shangaï, ce n’est pas à côté mais cela nous permet de débouler dans un endroit charmant, rempli de petites maisons, de ponts,…. de touristes, évidemment on n’y coupe pas. Rappelez-vous bien que, lorsque j’écris « touristes » je parle également des chinois! Ils voyagent peu, mais beaucoup dans leur propre pays! Et lorsque j’écris  » touristes chinois » comprenez toujours « horde d’Asiatiques vivant au rythme des appareils photos et des « pousse-toi-de-là-j’étais-le-premier ». J’exagère à peine, je vais vous démonter l’image des braves chinois vivant sagement, en file devant les bâtiments et les transports publics-attendant-sagement- leur-tour. Nous avions déjà eu un aperçu en Mongolie mais là-bas c’est normal c’est le peuple qui décide. Ici, c’est vicieux, ils sont nombreux on s’attend à ce qu’ils respectent tous les ordres donnés par papa-gouvernement, que nenni!

Mr Zhang

Nous y voici donc, devant la statue de Monsieur Zhang qui orne l’entrée du musée. Musée qui est fermé pour heure- de-table d’ailleurs et finalement nous n’y entrerons pas vu le prix… 12 euros pour une petite superficie même en Italie nous n’avons pas payé si cher et de nouveau papa-gouvernement s’en met plein les poches on lui donnera bien assez comme ça. De plus, à la lecture des articles, le gouvernement a transformé le personnage à sa sauce, en faisant un gentil petit mouton chinois alors que ce monsieur s’est battu contre les réformes qui opprimaient le peuple à l’époque de la Révolution. Nous nous baladerons aux alentours avant de retourner dans le centre de Shangaï et la seconde destination de notre journée, le vieux Shangaï « the old town ». Comme toutes les « old town » l’endroit regroupe l’authenticité de la Chine, moults boutiques en tous genres (modernes ou non) et l’architecture asiatique nous saute à nouveau aux yeux, pour notre plus grand plaisir! Il faut bien vous imaginer qu’en Chine, dans les grandes villes, les buildings sont construits
à profusion et de plus en plus. Les « old town » vous permettent de vous sentir réellement en terre asiatique, que ce soit pour l’ambiance ou la vue qui s’offre à vous. C’est l’endroit où l’on négocie tout ce que l’on achète sans vergogne et nous nous prêterons au jeu. Et devinez devinez le premier magasin sur lequel nous tombons, juste à l’entrée de ce magnifique quartier? Un magasin TINTIN! Petit mais regroupant tous les albums en chinois! D’ailleurs si mon cher oncle Alain peut me confirmer l’existence d’un « Tintin au Vietnam »? Cela m’a fait douter sur son authenticité, je n’en avais jamais entendu parler! Nous y resterons un bon quart d’heure (le temps de négocier le prix!), la dame qui nous vendra « Tintin et le Lotus Bleu » version chinoise, nous expliquera que deux scènes dessinées par Hergé sont inspirées directement du quartier où nous sommes! Chouette, nous marchons dans les pas d’Hergé, une belle fierté nationale, n’en déplaise à certains des élections communales…
Nous sommes ravis de notre journée Tintin à Shangaï et nous rentrerons en longeant l’eau et le Bund à nouveau… Il fait beau et doux, un bel aperçu de cette ville est désormais en nous…

Le lendemain, dernier jour, nous irons nous balader, pour le fun, dans le quartier dûment surnommé « french concession ».
Nous avons fait connaissance à l’auberge avec un jeune français très sympathique, Clément, qui a vécu en Chine durant un an. Il nous introduira à son ami Louis, français bossant à Shangaï depuis 6 mois. Il nous conseille la French concession pour l’ambiance huppée et le côté occidental en plein Shangaï. C’est le coin des expatriés et Louis reconnaît lui-même dépenser beaucoup d’argent dans cette ville, nous aurons des conversations intéressantes, placées sous le signe de la bière, sur la Chine et le gouvernement. Eux qui connaissent la Chine nous diront que les Chinois sont en général assez « moutons » dans le sens où ils ne se rebellent pas contre le gouvernement facilement. D’un autre côté, Louis émet une remarque assez intéressante en nous expliquant que parfois, la justice expéditive de ce pays sert surtout à se
protéger du peuple tellement nombreux. Si le gouvernement peut parfois être très tranchant, c’est pour montrer qu’il contrôle bien la masse et sera intraitable sur la sécurité et les crimes graves. En fait, le gouvernement pourrait avoir peur de son peuple car si celui-ci se met en marche comme un seul homme contre son papa, papa s’effondrera. Je me ferais moi-même la réflexion que la Chine est enfermée dans un pays de bisounours où pour eux tout va bien, papa- gouvernement veille sur eux. La censure des réseaux sociaux, des médias étrangers fait son boulot, les empêchant d’avoir accès à une critique extérieure de leur pays. Si vous allumez une télévision chinoise, vous serez surpris par leurs chaînes musicales. Prenez chez nous, chacun chante ce qu’il veut, où il le veut ou presque. Nous avons le droit de parler
politique, économie, problèmes sociaux, nous pouvons parler de tout! Nous pouvons le crier, nous pouvons défiler dans les rues, nous pouvons chanter, hurler sans peine. Ici, les chansons parlent toutes d’amour et du respect de la famille. Les documentaires sont à la gloire de la Chine et de sa beauté (que nous ne contestons pas attention!) Pas un mot sur l’économie, la pauvreté des campagnes, l’oppression tibétaine (chuuuuuuuuuuuuut danger!). Oui, c’est ici que l’on se rend compte de notre liberté relative. Même si nos gouvernements censurent parfois, souvent, des propos trop scandaleux, des chansons de rap trop engagées, des manoeuvres politiques sont souvent falsifiées, on est loin de l’efficacité chinoise en terme d’annihilation de la pensée.(Autant ils ont la Cité interdite, mais il est parfois interdit de citer! Auteur de cette phrase: Brubru.)
Nous sommes tristes de penser ainsi car en écrivant ceci, j’ai l’impression de blesser tout un peuple, un peuple au grand sourire, à la gentillesse innée qui veut vous aider. Mais néanmoins ignorant de trop de choses. Nous discuterons avec d’autres gens qui confirmeront nos idées. Si vous discutez avec des Chinois de leur propre censure ou de leur gouvernement, ils ne comprendront pas de quoi vous voulez parler et pourquoi vous critiquez avec autant de virulence leur pays. Ils ont la fierté de leur pays, ce que nous pouvons aisément comprendre, n’en déplaise à certains, chacun possède une âme patriotique. Nous pouvons critiquer nous-mêmes notre pays mais nous aurons beaucoup de mal à entendre les étrangers en faire de même. C’est humain, c’est presque inné je dirais de défendre ce qui nous appartient, même jusqu’à l’absurdité. Mais en Chine, c’est triste car c’est trop. Trop d’ignorance, trop de lobotomie. Mais c’est ainsi. Peut-être les jeunes, ceux qui voyagent, ceux qui étudient, qui s’expatrient pourront un jour changer les choses et donner à ce peuple l’ouverture sur le monde qu’il mérite. Car ne vous méprenez pas, les Chinois sont des gens très gentils, ils se sont toujours mis en quatre pour nous aider, nous trouver des informations. Ils sont professionnels à essayer de vous vendre tout et n’importe quoi mais ça c’est l’Asie! Ils sont comme des enfants, ils rient tout le temps, ils poussent, ils hurlent pour parler, ils ne savent pas chuchoter, ils nous dévisagent en permanence, nous prennent en photo,
nous suivent, mais ils sont vrais. Il y a une belle identité derrière l’ignorance et le gouvernement est en faute de ne pas la laisser s’exprimer en toute connaissance de cause. Mais qui sommes-nous, deux étrangers de passage, pour critiquer et remettre en place cet immense pays et tous ses problèmes? Personne, personne comme tout le monde mais l’être humain est ainsi, à voyager, réfléchir et repenser le monde à la hauteur de son idéalisme…Nous n’y faisons pas exception… Et nous sommes conscients qu’au sein de ce peuple, se battent dans l’ombre des gens éveillés sur la conscience de leur patrie.

La French concession donc! Nous irons nous balader à l’endroit où les nouilles et les plats chinois n’existent pas! Ici, ce n’est que boulangeries, restaurants occidentaux et… une place dédiée au vin, au ricard, avec en prime un terrain de pétanque! C’est vraiment drôle pour nous de s’y promener…Nous pousserons la balade jusqu’à l’endroit sacré du gouvernement, en plein coeur de l’Occident, se trouve LA maison. Laquelle?? Et bien, nous irons visiter l’endroit où les premières réunions du CCP (Chinese Communist Party) ont eu lieu! Là où Mao s’est fait connaître, lui et ses idées, là où les premières personnes l’ont écouté, l’ont porté jusqu’au pouvoir. C’est encore gratuit (Hourra!) mais attention, un garde dans chaque pièce et l’on n’ose pas critiquer à haute voix on ne sait jamais… C’était très, très intéressant, l’histoire du
communisme depuis ses débuts. Petite remarque triviale, Mao était d’ailleurs très bel homme dans sa jeunesse! Nous y passerons plusieurs heures, à étudier les textes relatant les débuts des grands hommes chinois. Il y a eu des traîtres, il y a eu des martyrs, des héros, comme dans chaque guerre pour une idéologie. Dans la dernière pièce, se relate l’histoire de l’évolution communiste jusqu’à nos jours. Il est intéressant de lire que le gouvernement se bat depuis maintenant une cinquantaine d’années pour préserver le communisme tout en essayant de l’adapter au monde actuel. Ils appellent cela « le communisme adapté aux traits culturels chinois ». En gros cela signifie que le communisme c’était « par et pour le peuple » donc pas question de machines, de technologies à ses débuts, tout par l’homme. Mais l’évolution fait qu’ils n’ont pas eu le choix, pour rester dans le monde moderne, il faut acheter, il faut produire et produire plus vite! Donc, investissement, industrie et capitaux (ouuuuh le vilain mot) ont fait leur apparition sur le marché chinois. Mais ils conservent une espèce de fausse équité des classes, les salaires ne sont pas très élevés (en principe! Nous n’avons pas enquêté en profondeur dans les hautes sphères de la finance…) et le prestige lié à un homme est plus important qu’une
promotion. Etrange pays, tout en paradoxes… Ne jamais perdre la face est le maître mot, travailler dur en est le concept. Et ils travaillent dur, cela se voit à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Pour beaucoup, les week-ends
n’existent pas, les boutiques ouvrent dès sept heures du matin dans beaucoup d’endroits et lorsqu’on se balade dans les campagnes, les champs sont toujours emplis de petits êtres au dos courbé par le poids des sacs de récolte, à la
démarche assurée et à la peau tannée par le soleil… Pays de contrastes, pays de soleil et de brume, pays de paysans et de buildings se chevauchant autour d’une même identité…

C’était notre dernier jour, le lendemain très tôt, nous sommes en route pour la gare mais cette fois, nous avons plus de trente heures de trajet jusque Chengdu. Chengdu, c’est la ville des pandas, en province du Sichuan, c’est la route vers la nature et Barbara! Pas question de hard-seat pendant ce voyage, nos nerfs n’y résisteront pas, nous sommes donc dans la classe la plus prisée des classes moyennes les « hard sleep ». Cela correspond à la troisième classe du Transsibérien mais c’est plus cher! Hé oui la Chine n’est plus si bon marché ne l’oubliez pas si vous vous y rendez… Mais contrairement aux Russes, les Chinois, comme je l’ai déjà noté ne savent pas chuchoter. Je m’endors dès qu’on se pose dans le train, il n’y a encore presque personne dans notre wagon, c’est calme… Et je me réveille avec l’impression que la Chine entière est en train de hurler à mes oreilles! Je n’ai dormi qu’une heure mais une bande de gais lurons ont investi notre compartiment et celui d’à côté. Bien entendu, c’est dans le nôtre qu’ils décident de rester. Comme dans le transsibérien, il n’y a pas de porte entre les compartiments mais il y a quand même une différence lorsqu’ils hurlent juste en dessous de vous (nous avons pris les couchettes du milieu, ni trop haut, pour avoir la fenêtre, ni trop bas pour éviter le squattage sur nos couchettes pendant des heures par les insomniaques), ou lorsqu’ils hurlent à trois mètres de vous. Apparemment nous avons hérité du groupe le plus joueur, ils se lancent dans des jeux de cartes pendant des heures (les asiatiques adorent les jeux de cartes, les jeux à boire, les jeux de dés) et tout le wagon défile pour admirer la partie. Nous sommes perchés en hauteur, essayant de comprendre le jeu mais nous n’y arriverons pas. Pour moi, il s’agit d’une espèce de variante du poker, pour Bruno un dérivé du « couillon »….Bref, quand je repense à notre Transsibérien j’ai un pincement au coeur, les Russes au moins savent se faire discrets pour le bien des oreilles voisines… Mais comme d’habitude, ils sont tellement gentils qu’on ne peut même pas les détester. Dès qu’on descend manger pfiuuuut ils disparaissent tous pour nous laisser les sièges à la fenêtre et un peu de tranquillité. Ils font attention dès qu’on va aux toilettes à nous laisser passer et puis surtout, ils nous observent avec des grands sourires alors à quoi bon s’énerver… De toute façon, ils ne comprendraient pas pourquoi, chez eux, c’est naturel de gesticuler, de crier à tout bout de champ… C’est nous qui voyageons, c’est nous qui nous adaptons aux types de situation! Nous passerons une bonne nuit car à l’extinction des feux, vers 22h, les cartes disparaissent et tout le monde dans sa couchette! Le réveil sera moins plaisant car… dès que l’un se réveille, c’est valable pour tout le monde hop hop hop on recommence la sarabande des cris-discussions et des rigolades… Et bien entendu, le peuple se réveille dès 7 heures. Un jeune homme du groupe, qui dort au-dessus de Bruno, enverra lui-même paître ses amis, faisant signe que LUI veut continuer à dormir. Il tiendra une heure, après des chatouillages de pied, de hauts cris concernant sa paresse venant des amis et des appels incessants toujours des mêmes amis, il va capituler et descendre. Comme nous, qui profitons du spectacle comme si nous étions à sa place. Aaaah, le Transsibérien et les Russes qui parlent tout bas jusqu’à ce que vous émettiez un signe de réveil…

Shangai

Bref notre trajet est… animé… et nous sommes contents d’arriver, en ce dimanche 21 octobre! Chengdu est néanmoins une ville extrêmement polluée, c’est-à-dire que nous retournons dans la grisaille permanente et inhérente à la ville. Nous retrouverons Barbara à l’auberge pour notre plus grand plaisir et décidons de partir en expédition pandas dès le lendemain, nous sommes comme des gosses qui attendent leur cadeau de Noël chinois. Après avoir perdu une heure de bus dans le mauvais sens (merci l’hostel de nous avoir indiqué la bonne direction), nous finirons par aboutir à l’immense parc des pandas! Ne vous méprenez pas, ils sont certes « enfermés » (il y a des barrières pour éviter d’aller envahir leur espace) mais s’ils sont là, c’est qu’ils périssaient dans la nature alentour. De plus, les pandas sont très lents à la reproduction, surveillés, les humains peuvent sauver les bébés et les aider à grandir dans de bonnes conditions. Le parc renferme un hôpital pour pandas avec une nursery pour les bébés. Bien entendu, nous n’avons pas le droit de nous y rendre. Mais au bout de quelques mètres, nous y voilà, en face des pandas! Nous commençons par les pandas roux, plus petits, rapides, regard rusé et assez chamailleurs. Nous passons des heures à les observer…en silence… contrairement aux chinois, qui, comme des enfants, poussent des cris pour attirer leur attention, font des milliers de photos en 15 secondes
et ensuite disparaissent pour avancer. Tout un monde de différence. Plus loin nous tomberons sur les vraies peluches, les pandas noirs et blancs. Les nounours d’Asie, évidemment on craque on passe notre temps Barbara et moi (oui elle est aussi gaga que moi devant les animaux aha!) à émettre des « Ohhhh, aaaahhh, mais regaaaaaardeuuu il est trop meuuuugnooooooooooon! » à voix basse ou presque parce qu’en fait les pandas sont tellement habitués aux cris d’Asie qu’ils n’ont cure de notre présence. Je fuis dès qu’un groupe de bridés souriants se rapproche. Nous aurons même le luxe extrême d’observer une maman pandas et ses deux enfants pendant 30 minutes, SEULS avec le gardien de l’endroit. L’après-midi tirait à sa fin et les touristes chinois rentraient tous dans leur car de tour organisé. Nous étions donc les spectateurs d’un spectacle oh combien rigolo que rassurez-vous, Bruno a filmé! Cela vous donnera une idée des pandas en activité…(Brubru la met en ligne dès que possible!!)

Les Pandas

Après cette magnifique journée, nous rentrons à l’hôtel, fatigués mais heureux. Le lendemain, nous décidons de nous rendre à Leshan, à deux heures seulement de Chengdu (autant dire à côté pour les distances chinoises!) pour y voir le plus grand Buddha du monde. Il se trouve dans un immense parc et lui-même est tout aussi immense. Ce sera une de nos « déceptions » car le parc est cher (11 euros l’entrée) et très très touristique. Nous n’y avons que peu de temps compte tenu l’heure de fermeture à 17h, nous arrivons à 16h, nous ne prenons pas la peine de descendre jusqu’aux pieds du Buddha (lorsqu’on entre dans le parc, on grimpe d’abord jusqu’à sa tête). La file qui mène jusqu’en bas est impressionnante et nous n’osons imaginer en saison haute ce que cela doit donner… Nous aurons vu le grand Buddha d’en haut et nous visiterons le temple à côté qui est bien sûr magnifique mais surpeuplé et je me demande vraiment comment les moines font pour prier avec autant de tintamarre à leur côté…

Le Buddha

Journée touristique donc. On ne peut malheureusement y couper lorsqu’on voyage de ce côté de la Chine. Le lendemain, c’est le grand départ pour le Jiuzhaigou Park, LE parc national et immense de Chine que tous les guides
conseillent de visiter, il est possible d’y marcher durant des heures parmi les montagnes, les lacs et la forêt. Autant dire que nous, les amoureux de la nature, sommes impatients d’y arriver! Chouette, chouette, un trek!
Après 16h de bus, nous voilà à Jiuzhaigou. C’est très étrange comme endroit, les alentours du parc sont truffés d’hôtel il n’y a rien d’autre. Endroit touristique encore, nous l’avions lu mais nous n’avions pas bien réalisé. La visite du parc commence très tôt, à 7h30 cela ouvre et il vaut mieux être en avance pour éviter les tours guidés. Pas de problème, nous y serons à 7h tapantes pour avoir les tickets. Encore une fois, nous avons commis l’erreur d’oublier que nous sommes dans le pays le plus peuplé au monde. Il y a déjà 60 personnes devant nous et attention les yeux, on a l’impression d’être à un concert, dès 7h30, c’est la ruée, le jogging, le sprint du matin vers les guichets! C’est à celui qui y arrivera le premier. Cela me fait éclater de rire, Barbara jette des regards noirs aux faces bridées-mais toujours souriantes qui nous poussent, le flegme de Bruno s’émiette un peu également devant tant d’affairement. A force, on devient comme eux, sans vergogne, on pousse, on double, on bouscule, ah mais on va voir ce que savent faire les faces
aspirines en Chine! Nous aurons nos tickets, qui sont beaucoup trop chers. 39 euros pour l’accès au parc et le bus qui nous emmènera tout en haut, à 2970mètres. Nous avons prévu de tout redescendre à pied, à ce prix là, pas question de prendre trois jours pour tout faire à pied, la montée et la descente. Tout en haut, il fait froid et humide, la forêt nous entoure, et malheureusement il est impossible d’y pénétrer, les sentiers sont barrés. Nous redescendrons en longeant la route, nous devons reconnaître que la nature y est magnifique mais nous ne pouvons nous balader comme nous le pensions. Ce n’est pas un trek, comme dirait Barbara il s’agit d’une balade du dimanche. Et, oh malheur pour nous, nous sommes entourés de centaines, des milliers de Chinois, certains passages sont mêmes limites des embouteillages tellement il y a du monde. Cela nous énerve, nous n’avons pas assez réfléchi et les guides ne sont pas assez précis (ou alors ceux qui l’ont écrit n’ont jamais fait de trek de leur vie!). Cependant, ne vous y trompez pas, les montagnes, les lacs à la couleur turquoise, verte, bleue, illuminés de soleil, les chutes d’eau se fracassant à grands bruits sur les pierres, tout cela était splendide. Mais le prix est trop cher. Il y a trop de monde et même si nous marcherons finalement 9
heures, cela n’est pas rentable. En Italie, en France, d’aussi beaux endroits sont gratuits et libres d’accès. Encore une fois, papa-gouvernement a bien fait son beurre à nos dépens. Nous pensions marcher, grimper sur les montagnes, suer,
pour arriver à de splendides panoramas. Non, en fait, nous suivons bien des sentiers, mais impossible de monter quoi que ce soit, nous contournions les lacs et admirions les montagnes d’en bas. A cela, nous devons ajouter que les Chinois ne sont en fait pas de grands randonneurs et le fait que ce parc soit un « trek » pour eux nous semble confirmer l’hypothèse. Mais nous ne l’aurions pas su sans avoir visité le parc, une leçon du voyage c’est qu’on ne tombe pas
toujours sur des expériences à la hauteur de ses espérances…C’est néanmoins la tête empli de beaux paysages que nous retournerons à Chengdu le lendemain. Nous y restons le temps d’une nuit car le lendemain commence une autre partie du voyage en Chine. A cette période, il nous reste uniquement une semaine et demi sur le sol chinois. Nous sommes le 26 octobre et pour le 8 novembre dernière limites, nos faces aspirines doivent avoir passé la frontière pour le Vietnam.

Parc Jiuzhaigou

La seconde partie se passera dans les hauteurs du Sichuan et du Yunnan, deux grandes provinces chinoises. Nous décidons en effet de nous lancer dans une course folle le long de la frontière tibétaine, le but final étant d’arriver à
Kunming pour le dimanche 4 novembre. Nous allons suivre les villages tibétains en descendant vers le sud. Et nous embarquons le lendemain pour le premier, à Kangding, à 10 heures de de route de Chengdu.

Ceci sera relaté dans la deuxième partie, chers amis-famille, je vous laisse assez de lecture pour aujourd’hui…

Catégories : Chine | 6 Commentaires

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