Inde

North India, last but not least, Namaste!

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Me voici en train de rédiger sur l’Inde, notre dernier pays pour cette première grande année de périple. Dans trois jours, nous rentrons en Belgique, avec ses bons et ses mauvais côtés!
L’Inde, qui ne laisse personne indifférent, en bien et en mal, nous avons foulé son sol le 26 avril pour la première fois. Nous avions opté pour un bus de Pokhara au Népal jusque Delhi, la capitale de l’Inde et ce trajet nous a pris 27 heures. Le bus n’était pas parmi les plus confortables et le trajet était long, très long, mais les paysages du Népal et la bonne humeur qui régnait dans le bus nous ont aidés à franchir le passage de la frontière qui sépare ces deux pays, ces deux cultures. Quitter le Népal a été dur, tout comme quitter la Mongolie pour la Chine, lorsqu’on s’est pris de passion pour un pays, il est difficile de continuer à avancer. Mais le rendez-vous avec nos amis Denis et Jana, fixé pour le 29 avril au soir à Manali, dans l’Himalaya indien, nous y a poussé.
A Delhi, nous ne sommes restés qu’une journée où nous n’avons rien fait du tout, nous avons beaucoup dormi et nous avons glandé dans notre chambre en attendant le bus pour Manali, le 27 au soir. Un bus plus cher mais oh combien confortable qui nous a permis de profiter plus agréablement du trajet de 17h entre Delhi et Manali. Nous débarquerons finalement le 28 au matin à destination. En attendant nos amis, nous nous établissons dans une guesthouse pas chère, au dessus de Manali, dans un petit village du nom de Vashisht. La vue sur les montagnes est parfaite et l’air est frais, contrairement à Delhi où on étouffe à cette période de l’année. Il pleut même, nous renouons avec le temps belge. La première chose qui frappe ici, dans ce village, c’est que tout le monde fume des dujs à tout bout de champ. En Inde, les plantes de cannabis poussent comme des mauvaises herbes et toutes les guesthouses ou les gens dans la rue vous en proposeront, malgré que cela soit formellement interdit et puni sévèrement. Mais là-haut, personne ne contrôle quoi que ce soit, pour le plus grand plaisir de tous les blancs venus fumer la moquette du matin au soir, en laissant ce qui reste de leur cerveau probablement à la maison. Je n’ai rien contre le cannabis tant que cela reste une utilisation, au même titre que l’alcool, modérée. Ici c’est tout le contraire et ça a le don de m’énerver. Comment profiter d’un pays si c’est pour rester amorphe toute la sainte journée? Mais peut-être aurais je eu le même comportement il y a quelques années. Le voyage se fait differemment selon l’âge et la mâturité. En tout cas, après deux petites semaines dans l’Himalaya népalais et quelques jours dans la ville paisible de Pokhara, aux trekkeurs purs et durs et quelques fumeurs seulement, nous avons un choc! Pour le reste, beaucoup de choses me rappellent le Népal, que ce soit la langue parlée, les animaux partout dans la rue et la gentillesse des gens. Nous allons apprendre que l’Inde, de part sa grandeur et ses ethnies très différentes, recèle une culture particulière dans chaque région que l’on visite. Pour l’heure, nous sommes dans l’Himachal Pradesh.

Manali

Denis et Jana arriveront le 29, tard le soir et ils sont crevés de leur long, très long voyage depuis Mumbaï. Nous sommes très heureux de les revoir mais ce premier soir, nous ne papoterons pas trop, ils ont grand besoin de dormir et nous devons organiser nos deux semaines ensemble dès le lendemain! En effet, il est prévu que nous louerons des motos Endfield, pour partir en mototrip durant 9-10 jours autour de Manali. L’Aventure dans l’Himalaya nous, on en redemande!
Le départ en moto se fera le 1 er mai. Les premiers jours seront très durs pour Bruno, qui n’a jamais conduit de moto de sa vie, avec des bagages de 30 kg et moi-même à l’arrière. La première journée se passera sans trop d’encombres, la route est bonne et les montées pas trop dures mais ce ne sera pas le cas des deux jours suivants. Le lendemain, lors de notre montée jusqu’au Jalori pass, à 3550 mètres d’altitude, nous sommes passés par une route certes très belle mais également très difficile. Denis maîtrise sa moto sans problème, du probablement à son expérience et aussi au fait que son Endfield est moins capricieuse que la nôtre, mais nous, nous n’arriverons en haut qu’après être tombé en plein virage et avoir calé un nombre incalculable de fois. Pour finir, une petite dizaine d’Indiens, qui n’arrivaient pas plus que nous a redémarrer la moto, nous ont aidé à pousser la bébête jusqu’à un point plus plat. Denis réussira à la redémarrer et nous arriverons à bon port mais pour Bruno, les nerfs vont lâcher. La descente est tout aussi difficile, on glisse et on retombe encore une fois (tout ça à 20km/h donc sans damages aucun heureusement). Si je profite des vues superbes de cette partie de l’Himalaya, Bruno lui n’a aucune récompense car il est constamment concentré sur la conduite et la route. Pour couronner le tout, juste à quelques kilomètres de notre point d’arrivée, en fin de journée, nous crevons. C’est dans ces cas là qu’il est heureux d’avoir ses amis avec soi. Denis et Jana se rendront à Jeori (notre destination) afin d’y dégotter un garage, une jeep pour embarquer la moto et un mécano. Nous patienterons au bord de la route, le point positif étant qu’il est impossible d’avoir un paysage moche sous les yeux dans cette partie de l’Inde.
Le lendemain, nous décidons de changer nos plans, après une autre journée sur des routes difficiles pour un débutant comme Bruno. Une de nos destinations prévue, Sangla est de toutes façons inaccessible, des rochers sont tombés et bloquent la route pour quelques jours. Nous passerons une nuit dans un petit village du nom de Tapri, avant de décider de rebrousser chemin le lendemain, vers des villages et des villes aux routes moins difficiles.
Les autres journées se dérouleront plus agréablement pour Bruno, si ce n’est une deuxième crevaison le quatrième jour. Ce qui nous a permis de nous rendre compte que le mécano numéro 1 a bidouillé à l’asiat pour réparer, c’est à dire avec tout et n’importe quoi. En l’occurence, il s’agissait de n’importe quoi et la chambre à air est trop petite. Le mécano numéro 2 est plus digne de confiance et nous fait un travail de pro – merci Denis qui a de nouveau roulé à notre secours jusqu’au village voisin! Bruno commence à se sentir à l’aise sur Deudeush ( je l’ai baptisée ainsi car c’est une vieille moto avec plein de problèmes mais elle roule… la plupart du temps!) et les panoramas sont à couper le souffle. Nous sommes décidément amoureux de l’Himalaya. Nous passerons par différents endroits, sillonnant le matin et l’après midi les routes et nous reposant le reste de la journée. La plupart de nos arrêts se font au dessus de 2000 mètres, afin que nous ne souffrions pas trop de la chaleur qui envahit l’Asie lentement mais sûrement. Le seul village où nous passons une journée et demi est Tatapani, à 680 mètres d’altitude et nous sentons la chaleur qui nous enveloppe, surtout pour Denis qui déteste ça. Mais la virée en moto est finalement telle que nous l’envisagions, absolument géniale! Nous sommes entre amis, dans un des coins d’Inde les moins fréquentés, nous avons l’Himalaya pour nous et la population est absolument adorable.

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Road Trip

Nous n’oublierons pas nos arrêts Chaï ( thé indien), nos repas dans les petites gargottes et tous les hostels que nous avons visité. Et surtout, surtout, le panorama absolument unique et splendide qui a défilé sous nos yeux pendant 9 jours. Il reste cependant à préciser que la conduite sur de telles routes peut-être à risque et il s’agit d’être plus que prudent. Les Indiens ont une tendance certaine à conduire n’importe comment, sans tenir compte DU TOUT du code de la route et une fois que vous avez enregistré ce fait, vous pouvez agir en conséquence. Ils ne sont pas les seuls en Asie loin de là, mais ils sont quand même parmi les plus dangereux. Mais finalement, tout s’est bien passé et nous rentrerons très heureux sur Manali, avec l’envie de recommencer lors de nos prochains voyages. Mais nous prendrons une meilleure moto, quitte à payer plus cher, car jusqu’à la dernière minute, elle nous aura… ennuyé! De crevaisons à divers calages, refus de démarrer et une fuite d’essence pour apothéose, Deudeush est bonne pour un entretien complet! Bien sûr, il fallait également que Bruno s’habitue à la conduite d’une Endfield, ce qui est maintenant chose faite!

Pour des lecteurs éventuellement intéressés par notre moto trip, voici les noms de villages par lesquels nous sommes passés, par ordre chronologique. Les routes que vous sillonnerez sont parmi les plus belles (et dangereuses) du monde, l’Himalaya s’offre à vous dans toute ses majestueuses vallées et montagnes:
Jour 1: Manali (2050m)- Bargan
Jour 2 : Bargan- Jalori pass (3550m)- Ani-Rampur (924m)- Jeori (1380m)
Jour 3: Jeori-Tapri- Karsham ( = barrage hydraulique et non un village ce qui est bon à savoir!)-retour Tapri ( route jusque Sangla bloquée).
Jour 4: Tapri- Rampur- Narkanda (2708m)
Jour 5: Narkanda-Shimla (2205m)
Jour 6: Shimla-Tatapani (680m)
Jour 7: Tatapani
Jour 8: Tatapani- Mandi (800m)
Jour 9: Mandi- Kullu (1220m)- Manali

Ensuite, nous profiterons de Vashisht et Manali, dans une autre guesthouse, mieux encore que la première et au tarif plus que raisonnable, avec Denis et Jana jusqu’au 11 mai. Entre balade, repos et un peu de shopping. Eux reprennent l’avion le 13 à 1h du matin et nous nous quittons donc le 11 au soir car ils ont également un long chemin jusque Delhi. Ce sont les derniers amis que nous rencontrerons lors de notre voyage et commencer l’Inde avec eux était ce qu’il nous fallait pour nous redonner une bonne énergie et l’envie de la découverte. Il faut bien avouer que j’avais une grande envie de rester dans l’Himalaya mais la curiosité de l’Inde l’a emporté. C’est ainsi que Bruno et moi partirons, en van, pour MacLeodGanj, là où réside le Dalaï Lama, pour quelques jours.

MacLeodGanj est également très touristique, tout simplement parce que de nombreux touristes tiennent à voir de leurs propres yeux l’endroit où, depuis plus de 50 ans, s’est réfugié le gouvernement tibétain. C’est pour cela que MacLeodGanj ne reflète pas particulièrement l’Inde. Ici, vous êtes au Tibet, à peu de choses près. Les visages, la culture et la nourriture vous en convaincront même si bien sûr, l’Inde est présente à son échelle. C’est un village petit et paisible, où il fait bon se balader pendant quelques jours. La demeure du Dalaï Lama jouxte le temple principal même si bien sûr, nous n’y sommes pas entrés. Sa Sainteté n’était pas présente, malheureusement! Mais nous avons pris grand plaisir à nous balader autour du temple, un sentier empli de couleurs, de prières, de drapeaux et de reconnaissances aux nombreux moines qui se sont sacrifiés et qui se sacrifient toujours par immolation, en signe de protestation contre la mainmise chinoise sur le Tibet. Séjourner quelques jours ici ne peut pas vous laisser indifférent sur ce problème et vous aurez le coeur en révolte, vous aussi, lorsque vous croisez le regard de ces gens qui n’ont même pas le droit de séjourner dans leur propre pays. A 30 minutes de marche de MacLeodGanj se trouve un complexe de maisons, qui reflète toute l’administration tibétaine en exil. Il semble que si pour l’Occident le temps des colonies ait enfin sonné son glas, il n’en va pas de même pour la toute puissante Chine, qui s’arroge le droit de terres qui ne lui appartiennent pas. Le musée du Tibet est également intéressant à parcourir, il permet d’entretenir le devoir de mémoire. MacLeodGanj reste un endroit symbolique, un de ces endroits qui vous rappellent que parfois, non, tout ne tourne pas rond sur la planète Terre.

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Mc Leod Ganj
Le 18 mai, nous devons repartir sur Delhi, à notre grand désappointement. Mais réserver un train depuis MacLeodGanj n’est pas possible, tout est plein et il faut retourner à la gare de Delhi afin de négocier une place selon le « Touriste quota » de vigueur en Inde. Petite explication: les trains étant toujours bondés en Inde, et tout le monde ne réservant pas des mois à l’avance, il y a toujours certaines places libres pour les touristes, que vous devez négocier vous-même au guichet de certaines gares, en payant un rien plus cher et en faisant preuve de patience parfois. Suivant la période, vous pouvez attendre deux ou trois jours avant d’avoir une place. Mais c’est mieux que 15 jours, comme on nous l’annonce à MacLeodGanj. Le 18 nous voilà donc, après une nuit dans un bus, sous un soleil et une chaleur étouffante, en train de chercher le guichet approprié à la gare de Delhi.
Ce que j’écris ici est important pour tous ceux qui n’ont jamais été à Delhi réserver un ticket, spécialement à cette période de l’année. Si vous voulez partir le jour même ou les jours suivants, vous devez d’abord remplir un questionnaire avec votre destination, prendre un ticket et ensuite attendre votre tour afin de négocier selon le « Touriste quota » au bureau pour touristes, au premier étage de la gare de Delhi. C’est là que tout se négocie et pas ailleurs. Mais nous, deux personnes- des rabatteurs mais nous étions trop crevés pour résister longtemps- nous ont dirigés vers un bureau s’occupant de réservations en gros et, comme nous allons le constater par la suite, qui est aussi une agence de voyage officielle. Certains crient à l’arnaque, je me permets de calmer les esprits. Il y a arnaque jusqu’à un certain point, celui qui est de vous amener sous de faux prétextes dans l’agence de voyage. Leur nouvelle phrase pour vous attirer c’est « Si vous ne voulez pas réserver pour aujourd’hui, alors il faut aller dans l’autre bureau, ils font les réservations pour les jours suivants. » Ce que nous avons fait, comme des bleus tout de même un peu soupçonneux. Ce bureau-agence de voyage a effectivement regardé pour les trains que nous souhaitions et bien entendu, comme nous l’avions déjà entendu à MacLeodGanj, tout était rempli pour des dizaines de jours. Là où Bruno et moi sommes mal tombés c’est que nous sommes en période de vacances indiennes et qu’il y a encore moins de places libres que d’habitude. Ce que ce bureau peut ensuite faire pour vous, c’est vous réserver des places suivant le « Touriste quota » et selon un horaire prévu à l’avance, pour les destinations que vous souhaitez. Vous pouvez vous arrêter là, payer (ils prennent bien sûr une commission car ils s’occupent de l’administratif pour vous et vous êtes sûrs d’avoir une place tout de suite) et sortir. Vous aurez vos tickets de train dans la journée et vous aurez gagné du temps car vous n’aurez pas besoin de faire la file dans chaque grosse gare et négocier votre ticket touriste, avec la perspective de peut-être devoir attendre plusieurs jours avant de l’avoir. Bien sûr, c’est plus cher que si vous allez vous même négocier au guichet. Mieux encore, si vous voulez payer un peu plus mais pas autant que dans une agence, vous pouvez envoyer quelqu’un de votre hôtel pour quelques roupies faire la démarche à votre place. Malheureusement pour nous, à notre hôtel ils ne proposaient pas ce genre de service mais la sympathie n’était pas la qualité première des gérants. C’est à vous de voir ce que vous préférez. Le monsieur très commercial en face de nous nous a proposé un package ticket ou un circuit. Là où les Indiens sont très forts, et là où vous devez être sûr d’adhérer complètement, c’est lorsqu’ils vous proposent, avec force amabilité, la solution plus chère mais oh combien plus confortable qui est de prendre un chauffeur pour sillonner l’Inde. Si vous vous trouvez dans cette situation, prenez le temps de réfléchir et ne laissez pas l’homme en face vous embrouiller. Deux questions selon nous sont importantes à envisager:

1) Combien de temps ai-je en Inde pour faire tout ce que je veux faire? Sous question: ce temps est il assez large pour me permettre de glander quelques jours en plus si je dois prendre mon ticket par moi-même? Si la réponse est oui, ne réfléchissez même pas, remerciez aimablement et sortez. Vous reviendrez le jour où vous souhaitez partir négocier votre ticket au guichet touriste.

2) Ai je vraiment envie de mettre un budget pour un chauffeur et une voiture climatisée? Sous question: quelle chaleur fait-il en Inde? Ai je besoin d’un confort de ce type ou non? Si la réponse est non, alors faites de même, levez vous, remerciez poliment et sortez. Ne vous laissez pas avoir par leur gentillesse toute commerciale car vous regretterez votre choix par après.
Bruno et moi sommes restés plus d’une heure dans le bureau et, après maintes tergiversations, réflexions, on a compté notre budget, discuté de nos envies et nous avons opté pour la solution chauffeur. Car (voir questions) 1) Nous n’avons que 12 jours pour parcourir le Rajasthan, région du désert. Nous voulions être à Varanasi pour le premier juin maximum. Nous n’avions donc pas le temps ni l’envie de prendre le risque de devoir attendre plusieurs jours à Delhi avant d’obtenir une place dans un train. Exit donc la solution de nous rendre au guichet touriste de la gare, en pleines vacances indiennes.
2) L’envie de sillonner le désert avec un chauffeur m’avait déjà traversée l’esprit mais je rechignais à mettre le budget pour. Cependant avoir un chauffeur, c’est s’offrir le luxe de pouvoir aller où l’on veut, quand on veut. C’est le client qui décide de l’itinéraire et de son temps. Un luxe qu’on ne s’offre pas avec les billets de trains. De plus, pas besoin de négocier les rickshaws, les taxis. Cela vous permet de vous relaxer. Enfin, la chaleur extrême qui règne en Inde en mai fait pencher fortement la balance en faveur d’une voiture climatisée si, comme moi, vous avez du mal avec les grosses chaleurs.
Je serais honnête, pour les voyageurs solitaires en Inde, il est plus facile d’affronter leur terrible sens du commerce à deux que tout seul, si vous n’êtes pas habitués. J’ai lu trop de commentaires négatifs sur des gens qui ont clairement l’impression d’avoir été abusé pour en douter. Oui, c’est un budget et pour cela vous devez réfléchir, prenez tout le temps que vous voudrez. Si c’est non, c’est non soyez ferme et partez.

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Ainsi s’organise notre périple au Rajasthan, qui commence le lendemain même. Pour ceux qui sont intéressés, nous avons payé l’équivalent de 500 euros chacun pour 12 jours, incluant: 8 destinations avec hôtels d’un très bon niveau, petit déjeuners inclus, deux tickets de train (l’un jusque Varanasi et celui qui nous ramènera à Delhi en 3AC), notre dernier hôtel à Delhi et le taxi jusque l’aéroport. Nous arrivons à 1000 euros pour tout si vous ajoutez le pourboire à notre chauffeur, nous lui avons laissé l’équivalent de 40 euros. Il vous faut savoir qu’en Inde, la culture du pourboire est très forte, bien plus que dans tous les autres pays que nous avons traversé, et certains Indiens sont prêts à vous supplier pour cela. En l’occurrence, les chauffeurs sont très mal payés par leur bureau, qui leur décrète qu’ils arrondiront leur salaire en récoltant les pourboires. Les repas et les visites sont à votre charge. Pour avoir comparé avec d’autres agences depuis, le prix que nous avons payé est équivalent à d’autres. Vous pouvez également payer moins cher, si vous choisissez des guesthouses au lieu d’hôtel. La possibilité autre est aussi de choisir vous même votre chauffeur privé, vous négociez directement avec lui et vous ne payez pas la commission de l’agence qui reste toujours élevée, mais pour cela il faut en connaître! Nous recommandons chaleureusement le nôtre si quelqu’un est intéressé, je noterai ses coordonnées à la fin du texte. Comme je l’ai déjà écrit, n’oubliez pas que c’est vous qui choisissez. Nous nous sommes offerts le luxe de vraies vacances pour la fin de notre périple! Et croyez nous, dans un pays aussi remuant que l’Inde et bien cela fait du bien de temps en temps!
Le 18, nous bénéficions donc d’une journée dans Delhi avec chauffeur. Je vous avoue que nous étions complètement crevés et moyennement motivés mais nous n’allions pas laisser filer une journée de budget. Notre chauffeur à Delhi était sympathique mais malheureusement pour lui, il fait partie des gens qui m’énèrvent très rapidement en Inde, c’est à dire qu’il vous câjole pour vous faire cracher les sous sous. Bruno et moi avons un bon coeur et nous avons donc accepté de faire un achat dans un magasin où il retouche un pourcentage plus tard. Mais la manière de faire m’exaspère. Nous avions insisté sur le fait que nous voulions rentrer et il a quand même stoppé devant le magasin, nous suppliant d’y aller. D’autres que nous se seraient sûrement énervés, pour avoir entendu tant d’autres histoires similaires. Au lieu de quoi, j’ai été d’une humeur de dogue pour l’après midi, envers lui. Il a semblé comprendre qu’effectivement il avait poussé la limite un peu loin et ne nous a plus embêté avec du shopping. Le fait que Bruno ait parlé d’un ton plus ferme a sûrement changé les choses aussi. Mais cette expérience nous a servi pour la suite. Welcome to the dark side of India. Cependant, nous avons découvert des jolis coins de Delhi, nous baladant dans un parc absolument magnifique le Lodi gardens, abritant plusieurs tombeaux. Nous avons également visité l’immense temple Birla et nous sommes passés devant le gigantesque palais du Roi, qui parait-il possède des centaines de chambres et en change tous les jours. Oui, nous avons découvert des côtés charmants et calmes de Delhi, qui contraste avec ses rues grouillantes de monde. Mais il fait trop chaud pour s’y attarder et nous ne sommes pas sous le charme des grandes villes pendant bien longtemps!

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Delhi

Le 19 au matin, nous quittons notre hôtel pour le début de notre aventure dans le désert. Le chauffeur qui nous attend n’est pas le même que celui qui s’occupe de Delhi, ce qui n’est pas pour nous déplaire. C’est ainsi que nous rencontrons Ali, papa de deux jeunes hommes, musulman et qui conduit depuis 25 ans les touristes à travers toute l’Inde. C’est vous dire qu’il connaît son métier et après 11 jours en sa compagnie, nous le recommandons chaudement à quiconque souhaite sillonner l’Inde en voiture! Sa voiture bien aimée est d’un confort luxueux pour nous, qui sommes habitués aux sièges semi durs des bus depuis des mois. Il y a de l’espace « Nounours t’as vu on peut étendre ses jambes wouaaah » et Ali la nettoie à ses propres frais tous les deux jours complètement. Bref, nous nous sentons cajolés et après 11 mois d’aventures à l’arrache ça fait du bien! Je profiterai également d’une pause dîner pour lui signifier clairement qu’il n’est pas question de shopping, en relatant l’insistance très énervante de son collègue à Delhi. Ali a parfaitement saisi le message et pas une fois, il ne nous a emmenés devant un magasin.
Bienvenue au Rajasthan, avec ses étendues désertiques, ses petits villages, sa chaleur écrasante sous le soleil de mai, ses forts aux histoires de Maharadja, de conquêtes des temps passés, de dames dissimulées sous les châles, de danses sans fin sous les étoiles, ses chameaux au regard fier, ses hommes enturbanés… La vie et la culture de cette partie de l’Inde va fortement nous marquer et nous imprégner.
Le 19 est une longue journée en voiture de Delhi jusque Bikaner, notre première étape. Nous y resterons une nuit, et une matinée, le temps de visiter son vieux fort rouge, le premier de la série. Le Rajasthan est la terre des rajput et le fondateur de Bîkaner les combattra de longues années avant d’établir son empire. Au 16 ème siècle, ce sont les guerriers Moghols qui envahissent le Rajasthan et Bîkaner sera longtemps aux prises avec eux, du fait de sa proximité géographique avec Delhi. Akbar, le grand souverain Moghol, finira par s’en faire des alliés et jusqu’au 18 ème siècle, heure du déclin Moghol, Bîkaner sera une ville prospère et florissante, un point stratégique de la route de la soie. Son Raja le plus important fut Raj Singh 1.
Le soir de notre arrivée à Bîkaner, nous avons également dema ndé à Ali de faire un petit détour de 30 km pour aller visiter un temple dont on nous a révélé l’existence au Népal, le temple des rats! Attention, si vous n’aimez pas les rats, ce qui suit n’est pas pour vous! Ce temple se nomme « temple de Karni Mata » du nom d’une grande mystique qui inspira d’ailleurs la création de Bîkaner. La légende veut que la dame supplia à l’époque un dieu de la mort de lui rendre son fils mort sous la forme d’un rat. Il refusa. Elle fit voeu que toute sa descendance et ses croyants prolifèreraient sous forme de ce sympathique rongeur. Et depuis toujours, cet animal est vénéré dans ce temple. Ali ne souhaitant pas nous accompagner à l’intérieur (il est musulman et il a nous a lancé un regard signifiant clairement « Vous êtes SURS que vous voulez aller là dedans?? » ), nous voilà en train de nous balader, pendant une dizaine de minutes, dans ce temple qui abrite… Des centaines de rats! Moi qui adore les animaux sans discrimination aucune ou presque, je dois dire que je me suis sentie quelque peu… Inférieure en nombre devant eux! Les gardiens du temple les nourrissent, ils sont partout mais ils sont habitués la présence humaine et ne s’approchent pas de vous. L’odeur est assez pénible mais les Indiens ne semblent absolument pas s’en formaliser et ils prient avec la même ferveur que dans d’autres temples. Le pouvoir de la foi est impénétrable…

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Bikaner

Le 20, nous voilà en route vers Jaisalmer, la ville la plus proche du Pakistan, qui dresse sa frontière à 100 km, dûment surveillée par les militaires indiens qui ont dressé leurs baraquements tout autour de Jaisalmer(les relations indo-pakistanaises ne sont pas au beau fixe et il est bien sûr interdit de traverser la frontière, ce que nous n’avions de toutes façons aucune envie de faire). Jaisalmer est célèbre pour ses safaris à dos de chameau et son fort immense qui se dresse sur une colline. C’est la plus jolie ville, selon nous, que nous ayons traversé dans le désert. Ce qui est unique à Jaisalmer c’est son architecture, tout est fait de pierres jaunes, aux reflets dorés. Nous avions déjà pu admirer la finesse de la gravure au fort de Bîkaner mais ce n’était que le début. Les tribus Rajput abritaient les plus fins artisans du désert et nous avons eu le résultat de leurs oeuvres sous les yeux. Le premier soir, Ali nous emmène dans un cimetière, à 10 km de Jaisalmer, afin d’y admirer le coucher du soleil. La magie du désert nous enveloppe déjà, nous déambulons au milieu des sépultures, sous la lumière dorée de l’astre couchant. Il fait calme, seule une autre famille indienne nous accompagne. Contraste amusant, autour de nous se dressent des dizaines d’éoliennes qui tournent doucement sous l’air du vent…
Le lendemain matin, nous partons à l’assaut du fort pour quelques heures. Le coeur de la ville est derrière ses remparts, nous nous y baladerons, dans les petites ruelles, le long des remparts et nous visiterons le palace du Maharadja et de la Maharani des temps passés. Les audios guides sont plus que nécessaires pour ce genre de visite, si vous souhaitez vous plonger dans la magie de l’histoire… Tous les forts se rejoignent sur les grands points: la conquête de Moghols, la résistance, les accords diplomatiques… La structure et le fonctionnement des forts sont partout sensiblement les mêmes: remarquablement protégé de toutes parts par les remparts, une partie réservée aux hommes et une autre aux femmes, afin de toujours les protéger du regard des hommes. Si le Raja venait à perdre la guerre, ses femmes devaient l’accompagner dans la mort, en se jetant dans un bûcher. La mort valait toujours mieux que le déshonneur. Le fort de Jaisalmer, peu fréquenté quand nous l’avons arpenté, nous a vraiment permis de ressentir la vie qui s’est écoulée ici… C’était magique et unique.

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L’après-midi, nous partons dans le désert pour une nuit. Nous allons dormir dans une guesthouse, à Khuri, un petit village perdu en plein désert. Le propriétaire vient nous chercher en jeep. C’est un monsieur d’une grande gentillesse, qui adore discuter. Le point positif de la chaleur écrasante, c’est qu’il y a très peu de touristes dans ce coin de l’Inde. Nous sommes donc absolument seuls dans notre hutte, pour notre plus grand plaisir. Le soir, nous voilà partis pour deux heures de chameaux à travers le désert, jusqu’au sommet d’une dune pour y admirer le coucher du soleil. Un de nos plus beaux moments en Inde. Le désert nous a complètement envoûtés… Nous voilà, juchés sur ces superbes animaux, conduits par leur maître au regard très doux, en train de plonger nos yeux dans l’immensité désertique de ce paysage unique… Parfois, des dunes surgissent, aux reflets du soleil couchant… Souvent, ce sont juste des terres à perte de vue, avec les plantes qui poussent vaillamment et les antilopes qui courent… C’est magnifique et ça ne se décrit pas, ça se ressent… Je sais que nous y retournerons, pour plus longtemps, afin d’aller encore plus à la rencontre des gens du désert, leurs tribus et leurs habitudes. Pour l’heure, nous avons admiré un coucher de soleil tout jaune, tout simple sur l’empire du Thar désert… Et nous avons passé une soirée paisible sous les étoiles, à nous nourrir d’un superbe thali préparé par nos hôtes. Nous avons eu un coup de coeur fabuleux pour cet endroit et c’est avec un grand regret que j’ai quitté ma chamelle si douce et gentille, qui m’a emmenée au coeur d’un des joyaux de la terre. Mais nous reviendrons…
Le lendemain, après une petite balade avec le propriétaire et la rencontre de quelques femmes du village, nous voilà repartis pour Jaisalmer. Nous passerons le reste de la journée à nous reposer, la chaleur ne permet pas de grandes balades dans la ville, à cette période de l’année. Nous irons tout de même jusqu’au lac, vers la fin de l’après-midi, un endroit reposant.

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Jaisalmer

Khuri Thar desert
Le 23, nous prenons la directions de Jodhpur, pour un temps très court malheureusement. Jodhpur est la ville bleue, toutes les habitations de la partie ancienne de la ville sont de cette couleur. A l’origine, c’était réservé aux nobles mais cette tradition n’est plus d’application. Le bleu est une couleur idéale contre la chaleur et qui repousse également les insectes. Nous y arriverons en milieu d’après-midi, juste à temps pour visiter son fort également (qui lui n’est pas bleu!) Il y a ici plus de monde et nous ressentons moins la magie du lieu mais cela reste tout aussi intéressant, à nous encore une fois la salle du couronnement, la chambre du Maharadja, le Zezena ( = la partie réservée aux femmes), les salles des décisions etc etc… Le tout toujours empreint de gravures superbes, de vitraux colorés et de remparts protecteurs. Les forts nous offrent aussi la meilleure vue d’ensemble sur l’horizon, avec le drapeau de la principauté flottant toujours au point le plus élevé. Le reste de la soirée, nous allons rester dans l’hôtel, qui, comme la plupart des hôtels que nous nous sommes offerts pour ces 12 jours, nous offrent un magnifique panorama sur la ville bleue et son fort. Il fait tellement chaud que nous n’avons pas le courage de sortir, même ne fut ce qu’une heure. C’est pourquoi Ali tient à nous emmener à Udaipur rapidement car les lacs qui l’environnent rendent son atmosphère plus respirable. Nous regrettons cependant de ne pas avoir pu profiter d’un jour de plus à Jodhpur pour nous balader dans ses ruelles mais ce sera sans doute pour un prochain voyage indien!

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Jodhpur

Le 24 nous nous mettons donc en route pour Udaipur, l’endroit préféré d’Ali dans toutes les villes du Rajasthan! En effet, Udaipur est juché à 577m d’altitude, entourée de montagnes, elle offre un temps plus frais que les autres villes du désert (comprenez qu’il fait 39 degrés au lieu de 45). Elle fut fondée au 16 ème siècle par le Maharadja Udai, qui cherchait un nouvel endroit pour échapper aux Moghols. Sur la route, nous nous arrêterons pour visiter le plus grand temple Jain de l’Inde. Ici, le respect ne rigole pas avec les usages. Si vous êtes un étranger, vous ne pouvez y entrer qu’après midi, les épaules couvertes (mais ça c’est partout en Inde), les pieds déchaussés et avec l’interdiction d’y transporter votre sac. Les photos sont permises mais seulement dans certains coins du temple. Pas de photos des représentations de Shiva, des gardes veillent au grain! C’est un temple immense et il est impressionnant de s’y balader (Jain Temple). Nous arrivons fin d’après-midi à Udaipur, c’est une jolie ville, où il fait bon vivre et notre superbe hôtel se trouve juste à côté du lac Pichola et du Palais. Sur les conseils d’Ali, nous irons le soir même assister à un spectacle de danse typique du Rajasthan. Cela dure une petite heure et c’est absolument charmant. Des demoiselles, des dames dansent dans leurs saris bariolés de toutes couleurs pendant que les hommes chantent et jouent de leurs instruments. Une belle partie de la culture du désert. Nous restons deux nuits à Udaipur et nous emploierons le lendemain à visiter le Palais, immense et à nous balader dans la vieille ville, devant son temple principal et dans ses petites rues. Le toit de notre hôtel possède à nouveau une vue remarquable sur la ville et nous allons en prendre plein les yeux lorsque nous souperons, avec les lumières de la ville et la Palais qui s’illumine, en même temps que le ballet des chauve souris au dessus de nos têtes, car c’est l’heure pour ces demoiselles de la nuit d’aller chasser… Nous serions bien restés une journée de plus à Udaipur, pour nous balader encore un peu mais nous avons peu de temps et beaucoup de choses encore à voir!

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Udaipur
Le 26 mai, nous voilà en route vers Pushkar, haut lieu spirituel de l’Inde qui possède un lac sacré. Nous n’y restons qu’une nuit mais c’est suffisant. Pushkar est tout petit et vous en avez vite fait le tour. Nous commencerons par un temple Sikh, oh combien calme et reposant. Ici, personne ne vous court après pour une donation ou quoi que ce soit. Bénis soient les Sikhs au grand turban, leur calme et leur dignité fait du bien pour les nerfs et la santé!   Pushkar possède le temple Brahmannique le plus important de l’Inde. Nous n’y sommes pas entrés, il y a une foule impressionnante d’Indiens qui s’y rendent continuellement et les étrangers sont harcelés de tout côtés par les commerçants-guides-prêtres pour des offrandes, payer pour garder le sac, les chaussures etc etc etc… Payer, nous le faisons déjà assez. Mais nous nous ferons tout de même avoir, au bord du lac sacré par un prêtre-commerçant (je ne vois pas comment les appeler autrement) qui nous force quasiment à la cérémonie rituelle des gens de ce lieu. Cela n’est pas un souci en soi, c’est même intéressant, il prie pour vous, vous bénit, vous jetez des offrandes dans le lac… Un pan de culture certes mais le prêtre vous réclame le prix fort pour cela! Ils sont rodés à extorquer les touristes et là est un problème récurrent en Inde, c’est qu’ils ne font aucune différence entre des croyants, non croyants, tout ce qu’ils veulent c’est votre argent. Nous nous en sommes tirés pour 500 rps (moins de 8 euros plus ou moins), ce qui est énorme pour eux. Mais le prêtre au départ, malin comme un singe, vous réclame des euros (après vous avoir demandé votre pays d’origine) afin d’avoir un taux de change intéressant et des billets et pas qu’un peu: 20 euros, 50 euros. Mais bien sûr! Bruno est inflexible, plus que moi (je voulais qu’il nous lâche la grappe après tout son blabla) et lorsque la négociation passe entre 300 et 500 roupies pour deux, je dis à Bruno qu’il prenne-les-500-roupies-et-qu’il-nous-foute-la-paix! Nous retirons des enseignements de ce pot de colle, qui nous a forcé la main avec art, en jouant sur le respect des lieux et la nécessité de montrer son respect à l’endroit en nous suivant partout. Tout d’abord, j’ai déjà dit que nous avons bon coeur et nous ne rechignons pas, en cette fin de voyage, à offrir des donations pour le temple et les gens qui y l’entretiennent (car c’est là que va votre argent, aux prêtres, à l’entretien du temple, pour la bouffe sans oublier sûrement une belle part pour le prêtre commerçant et sa famille). L’Inde est un pays pauvre en beaucoup d’endroits et Pushkar ne fait pas exception. Les Indiens riches font continuellement des donations et de ce que j’ai lu, ils donnent en général 500 rps de bon coeur par famille (nous étions donc dans les normes indiennes c’est toujours ça). Mais leur manière de faire transforme toute votre gentillesse et votre bon coeur en exaspération et en colère. Je me suis toujours promis de ne jamais m’énerver sur qui que ce soit en Asie car cela ne fait pas partie de leur culture. Et bien nous savons maintenant que l’Inde est une exception. Si, ici, si vous n’êtes pas contents avec certains, alors il faut hausser le ton et vous énerver car il n’y a que comme ça qu’ils vont comprendre. Les Indiens sont prompts à sonder votre âme et si ils sentent la gentillesse, vous êtes foutus si vous avez affaire à des commerçants. Car ceux là vous harcèleront sans relâche et ne vous lâcheront pas tant que vous ne leur avez pas dit « Casse toi tu m’emmerdes!! » en faisant fi de la politesse. Malheureusement pour nous, nous sommes deux calmes et deux gentils. Du reste Ali nous l’a dit à la fin du séjour « Vous deux, vous êtes des gentils, faites attention ici, les gens profiteront de vous ». De fait. Mais nous en tirons des enseignements. Oui on peut donner mais à nous de choisir le prix. Et si c’est non, c’est non avec un ferme « NON! ». Parfois même il faut paraître grossier. C’est difficile mais c’est ainsi. L’Inde, on l’aime et on la déteste tout à la fois et nous commençons parfaitement à comprendre ce que tant de gens nous ont raconté auparavant. Une histoire passionnelle en somme! Mais toute expérience est bonne à prendre et en Inde, vous en faites continuellement! Pour nous, ça nous durcit un peu plus et ce n’est pas plus mal, dans certains cas de figure.

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Pushkar
Le lendemain, direction Jaipur, la capitale du Rajasthan et une très grosse ville aux teintes rosées- orangées. Cette couleur est signe de bienvenue pour les étrangers. Il y a énormément de choses à visiter à Jaipur et nous commencerons par l’ « Amber palace » à quelques kilomètres à l’extérieur de la ville, et dont le panorama environnant est de toute beauté encore une fois. Nous continuerons les visites le lendemain, en commençant par le « winter palace » du centre de Jaipur qui était en fait exclusivement réservée aux femmes et au Maharadja, et ensuite le « city palace ». Nous nous contenterons de visiter la partie plus « musée » de l’endroit. Il est également permis de visiter les appartements privées du Maharadja et de la Maharani mais c’est beaucoup plus cher et nous sommes heureux ainsi. Tout est toujours aussi riche, les gravures aussi fines et les richesses évidentes en terme de croyance et d’apparat. Nous passerons vite fait dans l’enceinte dédié aux outils d’observation de l’espace et du temps. En effet, l’un des Maharadjas de Jaipur était passionné de l’espace et a dédié tout un endroit de la ville à ses recherches. Mais la chaleur était trop forte, de l’ombre nul part et nous ne nous sommes pas attardées. Nous terminerons la journée en nous rendant encore une fois à l’extérieur de la ville, afin de visiter deux forts environnants l’Amber palace. Ce sont des endroits plus reculés et moins fréquentés, cela fait du bien de s’y balader un peu plus paisiblement. Nous remplissons notre quota de visites culturelles pour le Rajasthan!

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Jaipur
Le 29 mai, nous partons pour Agra et le Taj Mahal, un grand moment de notre voyage en Inde, quoi qu’on en dise! Nous nous lèverons aux aurores le 30, afin d’aller admirer le magnifique mausolée sous les premières lueurs du jours. Quoi qu’en disent certains, nous, nous avons été subjugués et émerveillés devant ce magnifique monument, construit par Amour il y a si longtemps. Il est aussi majestueux que simple car à l’intérieur, il n’y a que les deux tombes, celle du Maharadja et de sa femme. Nous avons pris plaisir à nous balader dans le parc qui l’environne pendant deux heures, savourant le climat de paix et d’amour que dégage le lieu.

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Taj Mahal
Et c’est ici que se termine notre épopée avec chauffeur car le soir du 30, nous embarquons dans un train, direction Varanasi, notre dernière destination avant le retour à Delhi. Nous remercions Ali pour sa gentillesse, ses conseils et son professionnalisme. Nous ne savons pas si nous referons l’Inde avec un chauffeur mais si nous le décidons, c’est lui que nous appellerons pour nous accompagner. Grâce à lui, nous avons découvert d’autres endroits et nous nous sommes un peu plus enrichis de culture indienne en discutant avec lui. Il nous dégottera une guesthouse dans nos prix à Varanasi, afin que nous ne devions pas chercher par nous-même.
Et depuis le 31 jusqu’au 6 juin, nous sommes à Varanasi. C’est une ville également très spirituelle et sacrée pour les Hindous. Le Gange la traverse et c’est ici qu’ont lieu les crémations au bord de l’eau, les pujas (= rituel de prière sacrée Hindou) tous les soirs. Nous verrons tout cela, à bord d’un bateau et en nous baladant le long du Gange. Il flotte à Varanasi une atmosphère particulière, du à la Sainteté du lieu. Les temples les plus importants ne sont pas autorisés aux non-hindous, nous nous sommes contentés de les admirer du bateau, qui offre une magnifique vue sur les ghats (= portes sacrées donnant accès au Gange ), les différents palaces et les temples. Mourir à Varanasi est en effet le plus grand honneur que puisse recevoir un Hindou car ici se brise le cycle infernal des réincarnations. Ici, vous atteignez la paix éternelle et beaucoup d’hommes importants d’Inde possèdent une résidence ici, afin d’assurer leurs derniers jours en ce lieu saint.
Nous nous reposerons également beaucoup car nous sommes accablés par la chaleur, encore pire à Varanasi où s’ajoute l’air humide de l’avant mousson qui approche à grand pas. Nous restons souvent enfermés mais nous verrons l’essentiel de l’endroit. Nous sommes également fatigués de nos péripéties des semaines d’avant et la perspective du retour en Belgique occupe de plus en plus nos pensées.

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Varanasi
Avant de conclure, je poste ici un petit paragraphe sur nos impressions plus précises sur l’Inde, qui ne laisse personne indifférent ainsi que je l’ai déjà noté.
L’Inde est un grand pays, au même titre que la Chine, et presqu’aussi surpeuplé. Cela donne un mélange détonnant de cultures, de langues, de gens. Deux Indiens de deux coins différents du pays peuvent ne pas parler la même langue, ni partager la même religion. Ce qui ressort de ce mélange c’est que l’Inde semble vivre en harmonie avec ses différentes ethnies, ses différents langages. Pour cela, elle peut être un exemple pour beaucoup. C’est également un pays qui connaît une croissance économique assez importante en certains endroits et ainsi, vous avez l’occasion d’observer ici tous les types de classes sociales, du plus pauvre au plus riche. Ce qui déroute complètement par rapport au reste de l’Asie que nous avons visité, en tout cas nous concernant, ce sont surtout la proximité perpétuelle que l’on partage avec les Indiens et leur rapport à la femme. En Inde, vous n’êtes jamais seuls, pour le meilleur et pour le pire. Cela peut donner de très belles rencontres, d’une heure ou de quelques minutes avec eux, discutant de tout et de rien mais aussi des moments pénibles où vous êtes juste le portefeuille ambulant (ce qui existe partout en Asie mais j’ai précisé plus haut que les Indiens savent se montrer beaucoup plus insistants et exaspérants par la même occasion). L’Inde est un pays de contact, de curiosité, de beauté mais où vous avez parfois besoin de pousser le relativisme culturel à son apogée. Si, dans d’autres pays d’Asie, une réserve naturelle pousse les gens à ne pas envahir votre espace, malgré qu’ils vous dévisagent, en Inde, il n’y a pas de limites d’espace. Vous êtes une curiosité et ils viendront sans pudeur vous poser toutes les questions qu’ils veulent. C’est touchant ou exaspérant, selon les cas. C’est pareil pour les pourboires, les taxes, que vous rencontrerez partout, sur pratiquement tout, dans tous les endroits touristiques que l’on visite. Ce n’est jamais énorme mais il s’agit de s’habituer car ici, certains Indiens réclameront ou vous imposeront même les taxes sans vous avertir, sur les menus, sur les chambres, pour un service rendu, ils vous prendront vos bagages pour les porter sans vous demander quoi que ce soit, ils vous conduiront dans pleins d’endroits si vous ne les retenez pas en leur disant « No money! « . A vous de toujours négocier, observer, bien calculer, comme partout ailleurs mais ici, c’est décuplé.
L’autre point, qui m’a particulièrement touchée, concerne le rapport aux femmes. Dans aucun autre pays d’Asie je n’ai ressenti le manque de présence féminine dans le décor, alors qu’en Inde j’ai pu l’observer partout pratiquement où nous sommes passés. Les femmes sont cachées, dissimulées au regard, ce pays a une tendance toujours certaine au machisme et c’est cela qui constitue la polémique maintenant depuis quelques mois, depuis le viol de trop sur cette jeune étudiante en décembre. J’ai cherché parfois avidement du regard les saris, les couleurs des femmes dans les rues de Jaisalmer, Jodhpur, Udaipur, Bîkaner… Elles sont parfois là, les dames de ce pays mais oh combien en nombre inférieur aux mâles qui arpentent les rues. J’ai goûté ici aux principes musulmans qui régissent en grande partie le Moyen-Orient. Je respecte toutes les cultures et les traditions. Je me suis donc toujours couverte comme il se doit et j’ai souvent mis mon écharpe sur ma tête, pour me protéger de la chaleur certes mais aussi pour dissimuler mes cheveux, comme beaucoup de femmes au Rajasthan. Je ne mélange pas deux choses importantes: la tradition musulmane d’une part, qui veut que la femme soit cachée et voilée en signe de discrétion, de respect et de modestie, pour éviter les regards des hommes et leurs mauvaises pensées. C’est une tradition et l’on se doit de la respecter dans cette partie du monde. Mais il existe l’autre tendance qui est de regarder une femme seule comme un morceau de viande et de la traiter comme tel. Ailleurs qu’en Inde, je sais que l’on écoute toujours plus l’homme que la femme aussi, par respect pour un couple selon leurs critères. On posera les questions à l’homme. Mais en Inde, ce sentiment est décuplé. Ici, j’ai ressenti constamment mon invisibilité auprès de nombreux Indiens. J’ai même souffert de propos ou de gestes machistes qui m’ont terriblement énervé et j’ai du me retenir bien des fois pour ne pas répondre avec un mépris écrasé envers ce type d’homme. Mon indifférence envers eux sera ma meilleure réponse me suis je toujours dit. Mais nul part ailleurs en Asie je ne me suis sentie aussi mal à l’aise que dans certaines rues, que seuls les hommes arpentent et où l’on me dévisageait d’une manière assez équivoque. Le fait d’avoir été les seuls blancs dans certains endroits n’arrangaient évidemment pas la situation. L’Inde est également le seul pays où je n’ai jamais vu une femme travailler dans un hôtel, dans un restaurant. Elles ne sont pas là, elles sont chez elles, aux tâches ménagères et de la famille. C’est très étrange et, il faut bien que je l’avoue, un peu dérangeant. C’est cela que je signifie quand je dis que le relativisme culturel est porté parfois à son apogée dans ce pays. Mais encore une fois, je tiens à marquer la différence entre la tradition et le comportement machiste contemporain envers les femmes. Mais je comprend à présent que beaucoup de femmes qui ont voyagé seules n’ont pas su apprécier l’Inde a sa juste valeur. Ce n’est d’ailleurs pas un pays où je me rendrais seule.
Ceci mis à part, l’Inde offre des milliers de sensations, de beauté, de magie. Elle porte une histoire si riche que j’ai décidé de prendre mon temps avant de rédiger un article sur la politique de l’Inde et de lire correctement des livres à ce sujet. L’Inde est un pays, tout comme la Chine, la Mongolie, la Russie, qui se découvre en plusieurs fois. Elle est un et multiple à la fois. On ne revient pas d’un voyage de six semaines en Inde en disant « Voilà un pays que j’ai pris le temps de connaître ». Non, il faudrait six mois pour l’arpenter en totalité. Et des années pour le connaître vraiment, mais cela, c’est pour chaque endroit du monde évidemment. Nous sommes heureux d’avoir pu y goûter comme nous l’avons fait et nous en revenons, certes fatigués mais très heureux.
Presqu’un an s’est écoulé et nous voilà, à deux jours du retour en terre natale. Nous repartons ce soir sur Delhi et nous décollons samedi matin. Si tout va bien, l’atterrissage est prévue samedi à 18H15! Nous sommes impatients de revoir nos familles et nos amis mais le choc va probablement être grand, même si nous avouons être content de passer dans un pays où les températures sont moins extrêmes. Ici s’achève la première année de notre grand voyage autour du monde. Nous sommes fiers et heureux de tout ce que nous avons vu, appris, ressenti. Nous sommes curieux de ce qui nous attend dans les prochains voyages mais pour l’heure, il s’agit de rentrer et de refaire le plein d’argent, ainsi que de profiter des proches.
C’est ainsi que je vous remercie, chers amis-famille, pour le soutien des mots, parfois financiers aussi pour certains (encore un énorme merci très spécial à notre famille pour cela). Merci à ceux qui m’ont lue, qui nous ont suivis depuis le début. Nous nous arrêtons pour cette année mais ce n’est que pour mieux repartir d’ici un an ou deux, le coeur toujours aventureux!
A bientôt, à samedi, dimanche, lundi… C’est partiiiiiii! Belgique, vlakke land, nous arrivons! Et le soleil et plein de souvenirs nous rapporteront!

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Catégories : Inde | 4 Commentaires

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