Nepal

Népal, Népal Namaste notre coeur s’emballe!

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C’est le 29 mars que commence notre voyage jusqu’au Népal. Notre avion est tard dans la nuit à Bangkok, à 1h30 du matin si mes souvenirs sont bons. Nous patientons de bon coeur dans cet immense aéroport, aux allures de centre commercial international. Nous n’en avons jamais vu d’aussi grand! Les premières heures de vol nous conduiront jusque Delhi, où nous patienterons cinq heures pour notre second avion jusque Kathmandu. On pose ainsi les pieds en Inde, pour quelques heures. Un peu de son parfum nous imprègne déjà quelque peu… Mais c’est le Népal que nous voulons plus que tout et quand nous arrivons au-dessus de la vallée de Khatmandu, nous ne nous tenons plus d’impatience, Himalaya, ça y est, te voilà enfin après tous ces mois, et même ces années d’attente! Notre trek jusqu’au camp de base de l’Annapurna est prévu pour le 9 avril, jusqu’au 21. Mais le sort en décidera autrement. En effet, nous passerons les 10 premiers jours à Kathmandu, pour y effectuer le visa indien. Le visa indien, c’est toute une histoire qui nous rappelle un peu les déboires en Chine. L’obtenir prend une semaine complète. La première fois, vous arrivez tôt, car il y a de la foule- l’Inde a indiscutablement un succès certain- vous avez vos formulaires, vos passeports, vos sous, votre bonne humeur et tout et tout. Première inquiétude, nous remarquons que peu de gens sont acceptés, la plupart repartent la tête basse. Mmmm. Bien, Bruno va demander au guichet des informations si notre formulaire est exact. Non. Comment non? Et bien non, nous avons cafouillé sur les adresses temporaires et permanentes et aussi sur le boulot. Il faut refaire le questionnaire en entier. Nous galopons à la boutique d’à côté qui s’occupe de ce genre de problème, vous refait le questionnaire à grande vitesse pour vous permettre de retourner au guichet par après. Vu le nombre de gens dans notre cas, cette petit boutique gagne des ponts d’or. On regalope jusqu’au guichet principal cette fois. Notre numéro d’attente est dépassé depuis longtemps mais les Indiens ont l »habitude des allers-venus (vu qu’ils remballent tout le monde) et prennent notre formulaire. C’est bon. Ouaiiiis. On paye, et sans un mot, le fonctionnaire nous rend le passeport et un reçu, nous indiquant de revenir le vendredi (nous sommes lundi). Bien. Un peu surpris de récupérer nos passeports, nous repartons, mais c’est bon c’est payé, on aura notre visa. Erreur deux. Quand nous revenons le vendredi, à l’heure où les gens récupèrent leur visa, c’est-à-dire le soir et pas le matin, ça ne va pas. Ce que l’ambassade n’a pas expliqué- et en règle général vous vous débrouillez par vous-même pour le savoir, en discutant avec les gens dans la file ou en les harcelant au guichet- c’est qu’il faut revenir une seconde fois le matin, refaire toute la file pour donner son passeport. C’est l’étape deux. Ensuite, et seulement, vous revenez le jour suivant, le soir cette fois, pour récupérer le visa. GRRRRRR. Car bien entendu, la préposée au guichet ne peut prendre notre passeport à cette heure-là (l’heure c’est l’heure et nous devions être là le matin merci madame). Nous sommes quittes pour revenir le lundi matin, et récupérer seulement le visa le mardi soir. Argh. ARGH. Cela remet toute notre organisation en cause. Car nous sommes supposés partir avec une agence le mardi matin, direction Pokhara et ensuite l’Annapurna Base Camp. Nous cogitons et prenons finalement la décision d’annuler le trek, et de le faire par nous-même. A la fois pour des raisons d’économie – la fin du voyage approche et le budget a bien fondu- et aussi pour le challenge de le faire seul. Ce n’est pas une route difficile et nous savons que nous rencontrerons du monde en chemin. Pas trop d’inquiétude à ce sujet donc. Une fois cette décision prise, nous nous sentons plus léger, nous partirons donc de Kathmandu le 10 au matin pour Pokhara, en bus. En attendant, nous continuons de flâner.

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Mais si Kathmandu me charmait les premiers jours, par ses petites rues étroites dans Thamel – le quartier touristique- ses boutiques aux couleurs innombrables, aux vêtements tous plus colorés les uns que les autres, aux babioles nombreuses, aux bijoux d’or, d’argent, on commence doucement à en avoir assez. Car Kathmandu est extrêmement bruyante, le code de la route n’existe pas du tout ici, les taxis, les motobikes, les vélos foncent dans tous les sens, sans se soucier que vous soyez ou non sur leur route. Il y a énormément d’accident de la route au Népal et on comprend pourquoi lorsqu’on les observe! De plus, si Thamel est préservé, l’extérieur de Kathmandu est, malheureusement, extrêmement pollué. C’est choquant, et bien que nous en ayons vu d’autre en Asie, on ne s’y habitue jamais. Leur rivière – qui n’est qu’un mince filet d’eau hors période de la mousson- est remplie de détritus de tous genres, de toutes couleurs. La pollution engendrée par les voitures et les motobikes rendent le masque absolument nécessaire pour ceux qui vivent là en permanence. C’est réellement dommage et je plains de tout mon coeur les habitants de cette ville. Néanmoins, nous y avons passé du bon temps. Tout d’abord en déambulant dans ses rues, ses artères. Kathmandu est magique, des petits temples surgissent devant vous à chaque coin de rue, des stupas aux drapeaux de prière vous attendent également dans quelques coins plus reculés. Nous avons passé un après-midi à Durbar Square, qui est l’endroit le plus visité de la ville par les touristes. Il comprend l’ancien palais Royal, reconverti en Musée depuis la révolution Maoïste de 2008, qui a chassé le Roi du trône, et de nombreux temples. Le Palais est immense, et nous apprenons beaucoup de la vie des Maharadjas passés, certains étaient immensément respecté par le peuple. Les temples sont différents du reste de l’Asie, d’inspiration indienne. Nous nous sommes également rendu jusqu’au lieu de culte très connu, la pagode de Swayambunath, dont l’immense stupa est ornée des yeux de Bouddha, qui regarde dans les quatre directions cardinales- trait typique des temples Népalais. C’est l’un des sites religieux les plus anciens du Népal, qui surplombe la vallée de Kathmandu.

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Cela nous a fait du bien de vagabonder au dessus de la pollution, de plus cet endroit est orné de milliers de drapeaux de prière, pour ma plus grande joie, j’adore ce mélange de couleur et de légèreté qui flotte librement au vent… Nous sommes aussi aller fouiner jusque « freak street », l’ancienne rue des hippies, juste à côte de Durbar Square. Il n’en subsiste plus beaucoup, l’heure est aux trekkeurs et aux amoureux des montagnes déambulant à Kathmandu en attendant leur trek ou leur expédition. Mais nous en avons quand même croisé quelques uns, la tradition se perpétue!

Une grand moment également, fut notre vol jusque devant l’Everest, par une belle matinée de printemps. Cela coûte cher, 150 euros par tête, mais je ne pouvais envisager notre mois au Népal sans voir l’Everest, dont je n’arrête pas de parler si on me lance sur le sujet. Nous voilà donc, au matin du 3 avril à l »aéroport avec la ferme intention d’aller voir madame Sagarmatha. Malheureusement, notre premier départ est avorté. Nous décollons à 7h00 mais, à peine là-haut dans les nuages, à peine entrevues les neiges éternelles, notre pilote fait demi-tour pour un atterrissage forcé. Problème technique. La moitié des blancs de l’appareil n’auront aucune patience d’attendre et quitteront l’aéroport en exigeant le remboursement…  et en faisant paniquer la moitié des gens en racontant notre atterrissage d’urgence… je me suis déjà assez exprimée sur le sujet des touristes grossiers et malpolis, je n’y reviendrais donc pas. On est bien heureux qu’ils s’en aillent, nous restons avec deux Américains et deux jeunes Chiliens dans l’attente d’un autre vol, à 9h15. O n nous offre le thé et on nous remercie de notre patience. Pas de problème messieurs-dames, quand on aime, on ne compte pas, ni le temps, ni l’argent!  Nous avons juste quelques craintes sur le fait que le ciel ne se couvre. En effet, dans l’Himalaya, passé 10 heures du matin, les splendeurs enneigées se couvrent de brumes et de nuages et vous ne verrez rien d’elles sur votre passage… Nous sommes d’ailleurs prévenus que l’Everest est partiellement couvert et quelques montagnes alentours aussi. Tant pis, avec un peu de chance… on la verra!

Et c’est ce qui va se passer, chacun à notre tour, en approchant de la Dame du monde à l’avant de l’appareil, nous pourrons apercevoir l’Everest, surplombant le monde de ses 8848m. Je galope comme une folle jusqu’à mon siège -surtout ne pas perdre un instant- et nous restons tous le nez collé au hublot, émus et heureux que les nuages se soient effacés sur notre passage… Que c’est beau, vu d’en haut, la chaîne Himalayenne, le Lhotse, l’Everest et tant d’autres… Le toit du monde est juste sous nos yeux et je réalise ainsi un rêve très attendu… Nous sommes avec des Indiens dans l’appareil qui, bien que plus calmes que nous, sont tout aussi émerveillés…

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On s’est promis que la prochaine fois, on reviendra l’admirer d’en bas, au bout d’un trek de 20 jours. Au pied de Madame Sagarmatha … Chomolungma ou Everest…

Ce sont les premiers prémices de notre amour pour l’Himalaya qui se sont manifestés ici…

Vol Everest

Pour finir, la très bonne surprise de notre séjour à Kathmandu, c’est nos retrouvailles avec Chisato, notre amie japonaise que nous avions hébergé à Bruxelles pendant son tour du monde. Elle va se marier avec un Népalais (la veinarde :-))) mais je préfère toujours Nounours! Je vous rassure), Bikash, et se trouve donc au Népal pour effectuer toutes les démarches administratives qui leur permettront à tous deux de vivre au Japon par la suite. Nous passerons deux soirées à quatre, d’excellents moments qui nous permettent de rencontrer son amoureux- et futur mari-  et par la même occasion de discuter avec lui du pays, du trek (car il est lui-même guide) et de la culture népalaise. Nous sommes très heureux de l’avoir rencontré et si nous ne devions pas quitter le Népal pour l’Inde, nous serions restés pour leur mariage, qui je pense va être absolument fabuleux. Mais nos jambes nous démangent, on ne tient plus d’impatience de marcher là-haut, dans les montagnes et les vallées!

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Kathmandu

Le 10, nous voilà enfin dans le bus, direction Pokhara, le point de départ de tous les treks dans la région de l’Annapurna. Cela nous prend une douzaine d’heures, et nous avons l’extrême bonheur de contempler des camions et des voitures échoués par ci par là… Traces d’accidents passés, hum, hum décidément au Népal, il faut s’en remettre à sa bonne étoile! Mais nous arrivons sains et sauf à Pokhara, nous y restons jusqu’au 12 car, hé oui, ne se balade pas dans l’Himalaya qui le souhaite et il nous faut d’abord payer pour le permis de trek. Ce sera rapide et nous en profitons pour nous promener dans Pohkara, oh combien plus calme que Kathmandu, et où l’on respire mieux. Le lac à deux pas de notre guesthouse est un plaisir pour les yeux et la ville regorge également de petits magasins et de restaurants tous plus sympathiques les uns que les autres. Mais pour l’heure, c’est l’Himalaya que nous attendons! Le 12, à 6h30 du matin, nous voilà partis, nous prenons un taxi (plus cher certes mais oh combien plus rapide que les bus locaux) jusqu’à Naya Pul, un des villages qui marque le début du trek jusqu’à l’ ABC (Annapurna Base Camp). Nous partirons toujours de bonne heure, le désavantage de marcher seul (comprenez sans guide) est que vous n’avez aucune assurance de trouver une place libre dans les lodges à l’arrivée, cela dépend du monde sur le chemin. Les guides réservent directement par un coup de fil, le problème est réglé pour leurs clients. De plus, l’Himalaya dans son entièreté est visible tôt le matin jusqu’aux environs de 10h, après cela, les nuages voilent les hautes montagnes. Nous voilà sur la route, après une soupe avalée à Naya Pul. Notre destination de la journée est Ulleri. Je vous retranscris, à peu de choses près, mon carnet de bord durant ces onze jours d’un fabuleux voyage au paradis des alpinistes, et des trekkeurs.

Jour 1:  La marche a commencée jusqu’à Ulleri. 5h00 peut-être même un peu plus. Bruno a beaucoup souffert de la dernière heure, nous avions une dure montée de 3000 marches jusqu’au village. Nous n’avions qu’une soupe dans le ventre depuis le matin, 7h00.  Les encouragements (et quelques grognements) pour Bruno ont été plus que nécessaire. Il avait une crampe à la jambe et manquait de sucre. Nous sommes arrivés à 14h00 à Ulleri, dans la première guesthouse du village. Nous avons pris la chambre la plus chère car bénéficiant d’une terrasse pour nous deux avec vue sur l’Annapurna South ( 7219m). Notre récompense de cette première journée, bien qu’à cette heure-là nous ne la voyions pas à merveille, ce sera pour le lendemain. Je suis plutôt en forme mais Bruno, le pauvre, est épuisé. Il se remettra cependant et nous passerons une très agréable soirée, sous les étoiles à discuter avec Fabrice, un Français d’une cinquantaine d’années qui redescend justement de l’ABC. Nous partageons nos expériences de voyage, il nous raconte ses randonnées au Népal, ses voyages en Inde et ailleurs. Nous apprenons déjà beaucoup et je sais que nos difficultés ne sont pas finies.

Altitude: départ: 1070 mètres. arrivée: 1960 mètres.

Jour 2: Nous démarrons à 8h00, après un lever splendide du soleil sur les montagnes et un petit déjeuner avec Fabrice. Destination Ghorepani. C’est une journée plus facile car il n’y a pas de grosse montée. Mais c’est tout de même assez physique et cette fois, je commence à ressentir les efforts. Nous marcherons pour la majeure partie de la matinée dans la forêt et la fameuse vallée des rhododendrons, magnifique d’explosions de couleurs tout en fleurs. Rouges, roses, elles se marient à la verdure et aux eaux des rivières pour nous offrir un spectacle digne de la nature. De plus, nous bénéficions de l’ombre des arbres pour marcher au frais, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ghorepani est nichée au coeur de cette vallée et c’est une vue superbe qui nous attend de notre chambre, encore une fois.  Bruno avait choisi cet itinéraire-plus long- pour nous permettre d’admirer le printemps tout en fleurs et nous ne regrettons absolument pas ce choix. Nous ne sommes pas nombreux dans la lodge et nous passons un après-midi paisible, à lire et nous reposer.

Altitude: 2860 mètres.

Photos Day 1-2

Jour 3: Normalement, ceux qui atteignent Ghorepani le font essentiellement pour Poon Hill, un point de vue apparemment magnifique sur la chaîne de l’Annapurna. Il faut  démarrer vers 5h du matin, marcher une petite heure pour y admirer le lever du soleil, avant de rebrousser chemin jusque Ghorepani. C’est un trek en lui-même, qui prend trois à quatre jours. Nous envisagions de le faire aussi, avant de poursuivre notre route. Mais, vers 4h00 du matin, je ne vois plus les étoiles et à 5 heures, j’aperçois une masse de nuage dans le ciel. Sachant que les hautes montagnes sont promptes à se dissimuler derrière les nuages, je convaincs Bruno que cela ne sert à rien de dépenser notre énergie, car nous ne verrons probablement pas grand chose. Il n’est pas difficile à se rallier à mon avis et d’ailleurs nous avons encore besoin de sommeil. Nous quitterons Ghorepani vers 7h00, après que le guide de deux autres jeunes hommes nous ait conforté dans notre hypothèse: il n’y avait effectivement pas grand chose à voir à Poon Hill ce matin. Aha! Le troisième jour est rude, très rude. Nous devons atteindre Tadapani, et nous marcherons pendant plus de cinq heures sur un terrain difficile. En effet, il est de notoriété publique au Népal que le « plat », ça n’existe pas. La blague du pays consiste à dire que le « plat » Népalais est constitué de petites descentes et de petites montées. Ce que nous expérimentons aujourd’hui, c’est de grosses, grosses descentes avec de grosses, grosses montées. Après être gaillardement- et fièrement- monté jusque 3200 mètres de bon matin, nous voilà contraint de redescendre, au moins jusqu’à 2400 mètres, avant de remonter jusque Tadapani, perché à 2630 mètres.  Les genoux encaissent dur les chocs des descentes et le moral en prend un coup lorsque, au pied de la montagne, on comprend qu’il faut tout remonter pour arriver à destination. J’en ai poussé des cris de rage, qui ne servent à rien mais qui soulagent. Hé oui, l’Himalaya, on l’aime avec ses qualités et ses défauts! Bruno est là pour m’aider et il prend même, à mon insu, ma gourde et ma bouteille pour m’alléger! Nous y arriverons enfin, au moment où je me disais que ce village n’existait pas! La pluie et le tonnerre commencent peu après notre arrivée mais la vue de notre chambre nous offrira un splendide panorama pour le lendemain. Peu après arriveront quatre français, de 60 ans passés, Franck, Monique, Jean-Luc et Anne qui deviendront nos compagnons de route pour les jours suivants. Ils marchent déjà depuis 10 jours, par un itinéraire tracé par Franck, véritable amoureux du Népal, qu’il arpente depuis 40 ans. Leur équipe de guide et de porteurs sont tout aussi sympathique qu’eux et nous allons prendre grand plaisir à sympathiser.

Altitude: 2630 mètres.

Photos Day 3

Jour 4: Nous démarrons à 7h45 du matin, en même temps que les Français. Le ciel est splendide à cette heure et nous admirons un panorama à couper le souffle, comprenant l’Annapurna South (7219m), le Machapuchchre (6993m), le HiuCHuli (6441m). C’est magnifique. La veille déjà, de notre chambre avec vue sur l’Himalaya, nous pouvions deviner les montagnes. Ce matin, elles sont là, bien que les nuages gagnent rapidement du terrain. Immenses, s’étalant à perte de vue. L’Himalaya. Il ne pleut plus et nous démarrons sous le soleil. Cela va descendre très sec jusqu’en bas, à la rivière. Après, bien entendu, il faut tout remonter jusque notre destination du jour, Chomrong. Ce n’est pas aussi rude que la veille, car il y a plus de « plat » ‘(comprenez moins de grosses descentes et grosses montées). Nous effectuons nos 4h30- 5h00 de marche sans trop souffrir, bien que mes mollets se rappellent à mon mauvais souvenir. Bruno quant à lui souffre des genoux et du tibia. Mais tout cela est normal, nous ne nous en inquiétons pas. Nous effectuons des étirements dès que nous arrivons à destination. Nous ne partageons pas la même guesthouse que les Français, à notre regret, d’ailleurs ce soir nous sommes absolument seuls dans la lodge. C’est étrange mais le personnel est aux petits soins et nous nous régalons d’un Dal Bath ( plat traditionnel Népalais, servi à volonté, composé de riz, de lentilles, d’une soupe et de pommes de terre au curry) et d’un macaroni au fromage. C’est délicieux et cela va constituer nos repas pour l’entièreté du trek. Dans l’Himalaya, la viande est rare ou le bétail sacré et la plupart des gens se nourrissent exclusivement de légumes, ce qui ne peut pas faire de mal. Il pleut à nouveau et de ce jour, la pluie va se faire de plus en plus menaçante et présente. Ce pourquoi nous décidons de partir toujours tôt.

Altitude: 2140m

Jour 5: Nous démarrons de Chomrong, situé tout en haut de la colline ( pour les Népalais, tout ce qui est en dessous de 3000 mètres est une colline… ) à 7h30 et nous marcherons jusque midi trente. La vue du matin est tout aussi splendide que la veille, sous le soleil qui se lève. Nous avons devant nous les mêmes montagnes que précedemment, l’Annapurna Sout, le HiuChuli et le Machapuchchre. La journée est très difficile, nous devons descendre tout en bas à nouveau, traverser la rivière et remonter pendant des heures, sur des marches immenses (ils n’ont aucun sens des proportions dans ce pays, et d’ailleurs je crois qu’ils s’en fichent, eux ils grimpent comme des cabris) une montée longue et abrupte. Mes genoux et mes mollets encaissent très sérieusement les chocs cette journée-là, même chose pour Bruno. Mais nous avançons doucement, encouragé par les porteurs des Français que nous croisons régulièrement tout au long de la matinée. Notre destination est Bamboo, nichée dans le creux de la vallée, entre les montagnes. Il va pleuvoir dès notre arrivée et cela ne va plus s’arrêter. Inutile d’espérer que nos vêtements sèchent, la localisation rend l’endroit très humide et la pluie n’arrange rien. Nous ne bénéficions pas d’un panorama aussi extraordinaire que les autres jours mais quand même, nous voyons la queue de poisson du Machapuchchre se dessiner (on l’appelle aussi FishTail) à l’horizon, avec le Hiu CHuli sur sa gauche. C’est en effet entre ses deux montagnes immenses que nous allons évoluer les jours suivants. L’après-midi et la soirée se passent bien agréablement, nous faisons plus ample connaissance avec nos amis Français, Franck, Monique, Anne et Jean-Luc. J’admire leur tenacité et leur forme physique à 60 ans passés. Nous discutons du Népal, que Franck et Monique connaissent par coeur (au propre et au figuré). Je suis absolument ravie de cette rencontre, ainsi que Bruno. Nous fuyions jusqu’à présent (un peu méchamment sans doute) les jeunes trekkeurs qui semblent juste obnibulés par le fait d’avancer vite et de se dire « on l’a fait » plutôt que de s’intéresser réellement aux montagnes. Chacun sa manière de voyager bien sûr mais l’Himalaya et nous, c’est une trop grande histoire pour que je passe mon temps avec des « faux » amoureux du Népal. Alors rencontrer Franck et Monique, qui nous racontent leurs treks passés, les histoires des montagnes et de la région, c’est un véritable bonheur. Franck en est à son 13 ème trek en quarante ans et on peut dire qu’il a tout fait. Pendant des semaines, et parfois des mois, il a arpenté ce magnifique paradis qu’est l’Himalaya, en compagnie parfois de sa femme, parfois de leurs enfants, qui sont eux-mêmes de grands voyageurs. Leur guide, Nau est devenu un ami pour eux, ils ont déjà fait quelques expéditions ensemble auparavant. L’ensemble de leur équipe, avec leur deux porteurs et l’assistant-guide, est plus que sympathique et nous nous estimons très chanceux que nos routes se soient croisées. Quant à leurs amis de toujours, Anne et Jean-Luc, c’était, tout comme nous, leur premier trek au Népal et chapeau bas pour la performance car l’Himalaya, ce n’est pas une mince affaire! Notre soirée est également agrémentée d’une dame japonaise, très curieuse et quelque peu…hyperkinétique, qui sautille dans tous les coins et parle à tout le monde. Son guide, un grand Sherpa a l’air complètement épuisé et son mari ne parle pas. On se demande pourquoi… Mais elle est très gentille, nous recommande des treks (elle descend elle-même de l’ABC) et papote avec joie et bonne humeur. Le seul problème est qu’elle ne semble pas se rendre compte que les gens n’ont pas toujours envie de parler pendant des heures, spécialement le matin, n’est ce pas chers amis Français? 🙂 Mais grâce à elle, nous avons bien ri et la bonne humeur en trek, c’est essentiel à la bonne énergie! Spécialement quand la pluie et l’humidité sont de la partie toute le reste de la journée et de la nuit…

Altitude: 2335m.

Photos Day 4-5

Jour 6: Aujourd’hui, nous marcherons au delà des 3000 mètres, il s’agit de prêter attention à son souffle et ne pas avancer trop vite. Bruno et moi avons notre rythme, nous avançons lentement mais sûrement et je crois pouvoir dire que c’est ainsi que l’on va loin! Nous démarrons à 7h10, il fait à nouveau beau, c’est parti! Les deux premières heures sont faciles, pas de grosse montée ni de grosse descente, une vraie promenade! Nous mangerons paisiblement à Himalaya, avant d’entamer la grimpette finale jusqu’à Deurali, notre destination du jour. Malheureusement, la pluie commence vers midi et nous ne sommes pas encore arrivés, bien que nous voyons le village au loin, il nous manque encore 45 minutes de marche. Bienvenue dans le côté sombre de l’Himalaya. Il pleut, nous sommes au milieu des nuages et bientôt, nous ne voyons plus à 5 mètres devant nous. Nous traversons des coulées-anciennes- d’avalanche pour passer au-dessus de l’eau et tout cela ne nous dit rien qui vaille, il vaut mieux se dépêcher et avancer le plus vite possible. Nous arriverons à bon port, plus chanceux que nos amis Français et leur équipe, qui sont encore en arrière et qui endurent deux petites heures de drache Himalayenne jusqu’à Deurali. Il fait froid et ce soir-là, la guesthouse est remplie de monde. Tout ce beau peuple se serre autour de l’immense table pour se réchauffer, le propriétaire va brancher le « chauffage » c’est-à-dire un réchaud posé en dessous de la table. Bonheur absolu qui réchauffe nos pieds et nos genoux frigorifiés. Nous continuons nos conversations de bon coeur, pendant toute l’après-midi avec Franck et Monique et Marie, une jeune Française qui redescend du camp de base et qui est bloquée par le mauvais temps à Deurali. Ce jour-là, aucun panorama n’est visible, il fait gris, il pleut, il vente et l’orage gronde. Tout ça ne dit rien qui vaille pour les avalanches, très nombreuses dans cette région. Les guides sont surpris de ce temps, normalement il ne pleut pas si tôt dans la saison. Dérèglement climatique quand tu nous tiens…
Comme chaque soir, nous regagnons très tôt notre lit- entre 19 et 20h-, nous nous glissons dans notre sac de couchage et ne tardons pas à gagner le pays de Morphée, laissant la pluie s’égosiller contre les parois de l’Himalaya…

Altitude: 3265mètres.

Photos Day 6

Jour 7: Nous démarrons à 7h00, cette fois ça y est, c’est la montée finale jusqu’à l’Annapurna Base Camp. Jusque 9h30, nous grimpons, c’est difficile et glissant, nous manquons de nous étaler en passant sur les rochers mais nous avançons. Nous suivons prudemment les guides, qui enjambent la rivière. Un chemin plus direct existe mais il est barré par des branches, signe que c’est un chemin dangereux, risque d’avalanche. Seuls les porteurs et quelques inconscients s’y risquent…
Nous ferons un arrêt au Macchapuchhre Base Camp (3700m), un petit village de lodges avec une vue… qui se passe de mots… Le Macchapucchre est le seul sommet Népalais à être interdit d’alpinisme, réservé aux dieux et le camp de base est donc en fait la dernière étape avant l’Annapurna Base Camp. Nous nous y arrêtons pour manger avant la dernière ligne droite . Derrière nous, se trouve la vallée, aux sommets de glace du Macchapucchre… Devant nous, la montagne Gara Purna (7454m) et sur notre gauche, là-bas plus si loin… ELLE, notre premier 8000 (pour reprendre Maurice Hertzog), l’Annapurna 1 (8091m). Nous l’admirons de loin, pressés d’y arriver. Nous retrouvons deux Belges, que nous avions déjà rencontré plus bas, et comme elles sont flamandes, nous nous engagons de bon coeur dans une conversation en anglais, chacun reconnaissant son incapacité à s’exprimer en français ou en flamand (avis aux extrémistes qui cherchent à attiser la haine communautaire dans notre pays). Elles redescendent justement de là-haut… Et nous recommandent de prendre notre temps pour admirer… C’est un conseil que nous ne manquerons pas de suivre! Il fait beau et sitôt nos macaronis avalés, nous voilà partis. Je courrais presque tant je suis heureuse et pressée d’arriver, mais Bruno me tempère, d’ailleurs lui souffre apparemment plus que moi de l’altitude- son sac est également plus lourd- et il a besoin d’avancer plus doucement. De toutes façons, il a raison et nous progressons comme d’habitude, tranquillement. Seul Jean-Luc nous dépasse, lui aussi se sent pousser des ailes à l’approche de l’arrivée! Les autres Français sont derrière nous, Monique souffrant de problèmes aux genoux, il n’est pas question de forcer.
Nous avançons et le temps devient brume et mystère… Nous ne voyons plus l’Annapurna mais qu’importe puisque nous savons qu’elle est là… Les nuages nous enveloppent mais pas à pas nous y voilà, sous le panneau qui accueille les trekkeurs et les alpinistes « Namaste » ça y est, on a réussi, on ne voit rien mais on s’en fiche, l’important c’est qu’on y est, entouré de brumes, de mystères, sachant que derrière tout cela, se dressent d’immenses déesses aux habits de glace et de lumière… Nous avançons, nous grimpons jusqu’à notre guesthouse et là, peuvent éclater nos larmes de joie et de bonheur, nous sautons dans notre chambre, Annapurna nous sommes là!! Bientôt, nous rejoignons les Français pour un thé tous ensemble, bien qu’ils soient dans la guesthouse en face de la nôtre, les propriétaires ne font pas de difficulté pour nous laisser entrer dans leur restaurant. Nous passerons l’après-midi sous la neige, et l’émerveillement car, grande Dame, l’Annapurna et ses soeurs acceptent de se dévoiler à nos yeux… on aperçoit même un coin de ciel bleu… Nous galopons d’un bout à l’autre du Sanctuaire, on ne sait où donner des yeux, tant de montagnes nous entourent, c’est tellement beau, c’est tellement grand, on se sent si petit, si insignifiant… Ce sont les émotions qui nous étreignent depuis ces jours où nous voyons ces déesses de glace, ces immenses montagnes aux beautés imposantes, évidentes… Franck est le premier dehors, bien entendu, en vieil amoureux des montagnes Népalaises, à mitrailler tout ce qui nous tombe sous les yeux, nous l’imitons sans délai… Pourtant, toute cette beauté, cette magnificience, cet espace qui vous écrase d’évidences… Tout cela ne rentre pas dans un appareil… Ces paysages sont là pour résonner dans nos coeurs et nos mémoires et si vous voulez comprendre, il faut aller les voir par vous-mêmes…
A nos pieds, se trouve un immense glacier grisatre, et à ses côtés, une des stûpas à la mémoire des morts de l’Annapurna… C’est ici que je trouve une plaque mémoriale que j’espérais être là, celle en l’honneur d’Anatoli Boukreev, un grand alpiniste, un grand homme, un héros tout simplement. Je me permets de faire une parenthèse en son honneur (ceux qui m’ont accompagnée sur le chemin de l’Annapurna savent à quel point je l’admire, pour avoir parlé de lui tous les jours).

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Mon amour de l’Himalaya date de l’époque où j’ai eu  » Tintin au Tibet » entre les mains. Pour des raisons toujours inconnues, ces montagnes ont toujours trouvé un écho parfait en moi et depuis mon enfance, je veux aller à leur rencontre. Les années ont passé, je n’ai pas oublié mais ma fascination de l’Himalaya s’était un peu endormie au fond de moi. Et puis un jour, je me suis achetée le livre de Jon Krakauer, non pas Into the Wild (que j’ai bien sûr lu également) mais Into thin air, ou Tragédie à l’Everest en français. Ce livre m’a complètement bouleversée, de part l’aventure humaine, autant que par le drame qui s’est passé là-haut sur le toit du monde. Pour ceux qui ne connaissent pas, ou n’ont pas lu, en voici un bref résumé:
En mai 1996, trois expéditions ont été lancées sur l’Everest. Les conditions météorologiques se sont dégradées très rapidement lors de l’ascension finale jusqu’au sommet, pour faire place à une tempête de neige très violente. Le résultat fut que deux des chefs d’expéditions, de grands alpinistes, Robert Hall et Scott Fischer, un des guides de Hall, Andy Harris, et deux clients de Hall- Doug Hansen et Yasuko Pamba, perdirent la vie dans la descente. Jon Krakauer faisait partie des clients de Robert Hall, redescendu sain et sauf, il livre son point de vue sur ce qui s’est passé ce jour-là, les erreurs qui ont été faites, et son sentiment sur la tragédie. Il entre en conflit avec un des guides de Fischer, Anatoli Boukreev, l’accusant de non-professionnalisme pour être redescendu avant les clients de son équipe, et d’être irresponsable de grimper sans oxygène. Boukreev a ce jour-là sauvé trois vies en remontant, aveugle et seul dans la tempête, à la recherche des clients de Fischer. Il a redescendu, seul, trois personnes qui sans lui, auraient perdu la vie. Krakauer explique tout cela et cite dans son livre la version des faits de Boukreev, relaté dans le livre « The Climb ».
Quand j’ai eu fini « Tragédie à l’Everest », je n’ai eu de cesse de vouloir lire la version des faits de Boukreev. Cependant, son livre a été beaucoup moins médiatisé et ne se trouve pas facilement. Jusqu’à récemment, à Kathmandu, il m’est tombé sous les yeux au comptoir. Avec un cri de joie, je l’ai acheté et je ne compte désormais plus le quitter. J’ai lu ce livre durant toute la montée jusqu’au camp de base- avec « Annapurna, premier 8000 » de Maurice Hertzog- et il fait désormais partie de mes lectures favorites. Anatoli Boukreev était un homme d’une condition exceptionnelle, qui a grimpé sans oxygène dans pratiquement toutes ses ascensions. Il a escaladé plus de dix sommets au dessus de 7000 mètres et en était à 8 ou 9 au dessus de 8000 mètres au moment de sa mort. Sa modestie et son grand coeur l’ont fait aimer de tous et il était respecté parmi tous les professionnels de l’altitude (ce que n’est pas Jon Krakauer, qui le reconnaît lui-même). En mai 1996, lorsque tous les sherpas ou les clients étaient tous soit abrutis de fatigue, soit trop effrayés par la tempête pour remonter, il est reparti, à l’aveugle, uniquement guidé par sa mémoire de la montagne, jusqu’à l’emplacement où gisaient des clients de Fischer, pour les ramener à l’abri. Le lendemain, il est remonté, toujours dans la tempête, à la recherche de Fischer alors que deux sherpas étaient déjà allé jusqu’à lui et l’avaient trouvé au bord de la mort, sans aucun espoir.Il est bien sûr arrivé trop tard, Fischer souffrait d’un oedème cérébral et ne pouvait être sauvé. Il s’en voudra toujours de ne pas avoir pu sauver ni Fischer, ni Pamba-cliente de Hall qui gisait déjà presque morte auprès des clients de Fischer lorsque Boukreev les trouva. Avec l’aide d’un journaliste américain- Boukreev était russe et ne parlait pas facilement l’anglais- il relate toute l’histoire de ce jour-là, très attristé par les allégations de Krakauer. Je ne rentrerai pas plus dans les détails, si cela vous intéresse, achetez son livre. Moi, il m’a convaincu que c’était un grand homme, un héros. Il est mort dans l’Annapurna en 1997, en escaladant la face sud, celle que nous avons sous les yeux dans le Sanctuaire. Une avalanche l’a emporté, lui et un de ses compagnons, à 5700m et des poussières. Son corps n’a jamais été retrouvé. L’Annapurna l’a gardé pour elle. Mais une plaque a été posée en son nom, à ses pieds. Dans notre guesthouse au Base Camp, un grand article sur Boukreev ornait le mur, relatant son héroïsme et toutes ses escalades.
J’ai parlé de Boukreev longuement avec Franck et Monique, et j’ai fini son livre là-haut, près du dernier endroit où il a vécu. La sensation de lire ces mots sachant que son corps reposait là-bas, quelques centaines de mètres au-dessus de moi, est particulière et juste à la fois. C’était ma manière de lui rendre hommage, avec le fait de raconter son histoire à qui veut bien m’écouter. Voici sa citation sur la plaque, lorsqu’on lui demanda pourquoi il aimait tant l’Himalaya :

« Mountains are not stadiums where I statisfy my ambition to achieve. They are the cathedrals where I practice my religion ». Antoli Boukreev.

Franck a également trouvé la plaque en l’honneur d’un français, qu’une amie à lui connaissait.
La soirée se passe paisiblement, nous ne sommes pas avec les Français car chacun doit manger dans sa guesthouse. Nous sommes entourés de jeunes, qui ont pourtant l’air sympathique mais leur conversation ne m’intéresse pas. J’ai le nez dans « The Climb » et seules les discussions sur l’Himalaya peuvent m’en sortir. Nous dormirons de bonne heure pour admirer le lever du soleil du…

Altitude: 4130 m.

Photos Day 7

Jour 8: Tout le monde est dehors tôt, pour 6h, heure du lever du soleil. Même les guides et les porteurs sont là, à prendre des photos. Apparemment, nous sommes chanceux car lorqu’il neige comme la veille, il n’est pas sûr qu’il fasse ensoleillé le lendemain matin. Et bien, pour nous le Sanctuaire de l’Annapurna a décidé de se parer de sa robe blanche et ensoleillée. Encore une fois, je n’ai pas les mots pour exprimer ce que l’on ressent devant l’Himalaya. Ce matin-là, le ciel est bleu pur, il touche de sa couverture les cimes de l’Annapurna 1, de l’Annapurna South, du HiuCHuli, du Macchapucchre…. Les sommets sont enneigés, rayonnants de beauté. L’ immensité himalayenne nous écrase, nous coupe le souffle, on respire à peine et on se dit « Est ce qu’on mérite tant de beauté? Nous sommes si petits, nous n’avons encore rien compris, nous, l’espèce humaine… » Le soleil balaye de ses rayons ses Déesses préférées, les faisant luire sous leur plus beaux atours… C’est un univers minéral, de glace, de désolation et de beauté… Certains ne s’y sentent pas bien, je pourrais y rester des milliers d’années…

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Nous regardons, nous incorporons, nous respirons… Car il nous faut redescendre et rapidement, de peur que le temps ne se détériore encore. C’est une journée de descente, de 6h. Nous quittons le Sanctuaire à 7h00 et nous arriverons à Bamboo à 14h45. La partie jusque Deurali, sous le soleil, est époustouflante de beauté. Nous prenons le temps de regarder dans toutes les directions, de respirer la magie, l’immensité. Nous croisons également des gens qui grimpent, certains n’ont pas l’air bien, l’altitude fait son oeuvre. Nos genoux encaissent de nouveau dans la descente mais ils sont plus habitués que les premiers jours, nous devenons des trekkeurs plus endurcis! Nous sommes néanmoins contents d’arriver. Ce sera notre dernière soirée avec les Français, le lendemain nos chemins se séparent. Pour fêter notre rencontre et l’ABC, Franck et Monique nous offrent le pastis! Une petite bouteille, coincée au fond de leur sac, car, sachez-le, le pastis pur offre des propriétés anti-diarrhéiques de premier choix! Nous ne savions pas! Mais pour l’heure, c’est dilué dans l’eau et c’est avec toute l’équipe française que nous trinquons, porteurs, guide et assistant compris! Bruno s’est d’ailleurs lié d’amitié avec Dilkumar, le porteur qui nous encourage depuis le début, et a disputé quelques féroces parties d’échecs avec lui! C’est une belle soirée, où la pluie ne manque pas d’être de la partie…

Photos Day 8

Jour 9: C’est l’heure des aux-revoirs avec Monique, Franck, Jean-Luc et Anne. Nous promettons de garder contact et de nous revoir! Chacun prend sa route, eux ont une grosse journée de 8h00 de marche alors que nous prévoyons une petite journée de 4h00, à nouveau jusque Chomrong. Nous admirons leur énergie et leur force, à tous les quatre. Leur gentillesse et les connaissances de Franck et Monique nous ont été précieuses. Une belle rencontre que nous avons fait là.
Nous nous arrêterons au lieu dit, sans trop de souffrance bien que la montée jusque Chomrong soit longue et pénible. Nous revoyons les paysages dans l’autre sens, mais il fait décidément plus brumeux et maussade… Nous sommes heureux d’avoir pu admirer l’Annapurna sous le soleil! Nous ferons un arrêt à une boulangerie aux pâtisseries alléchantes… Et puis nous nous reposerons tout l’après-midi, la tête et le coeur encore là-haut, près des Dames de l’Himalaya…

Jour 10: Le plus pénible, non pas tant à cause de la route que de la pluie, qui ne nous lâchera pas une seule seconde. Nous empruntons un nouveau chemin pour redescendre, jusque Tolka. Nous marchons 5heures sous une drache Népalaise digne de concurrencer les plus belles ondées belges. Nous fonçons, on ne sent plus le poids des sacs et la pluie est une motivation de premier ordre. L’inconvénient majeure est la découverte que nos imperméables ne possèdent plus leur qualité première d’être… imperméable! Nous arriverons à Tolka complètement trempés. Les habitants s’étonnent que nous soyons si vite arrivés de Chomrong, en 4h30. Nous nous sècherons tant bien que mal, et papoterons l’après-midi avec les deux autres touristes de la guesthouse, deux Canadiens qui étaient avec nous là-haut et fort sympas, Maggie et Gordon. Leur guide, Babu est souriant et communicatif et, à part pester sur le mauvais temps, nous discuterons de culture, de voyage, du Népal et des échanges entre touristes et locaux… Très intéressant. La guesthouse est prisonnière des nuages, de temps en temps, une accalmie nous laisse apercevoir les vallées, les rizières, les biquettes et au loin, les montagnes-reines de l’espace… C’est notre dernière nuit parmi l’Himalaya, malheureusement le mauvais temps nous empêche de l’admirer encore.

Altitude: Chomrong: 2170m- Tolka: 1700m

Jour 11: Ca y est, c’est la fin. Nous redescendons rapidement, en quatre heures jusque Kande, le point où la civilisation rejoint la montagne. Nous bénéficions d’un temps mi sec-mi pluvieux, c’est toujours mieux que la veille. Nous commençons par une montée fort abrupte et longue avant de tout redescendre. Heureusement, deux magnifiques chiens de l’Himalaya vont nous tenir compagnie jusqu’en bas. Les habitants parfois s’étonnent « Is it your dog?? » « No they follow us! » et de nous regarder avec un grand sourire « Aaaah, good dog, good guy » apparemment, nous sommes sous la protection des chiens des montagnes… Ils nous feront quand même une frayeur, en apeurant des boeufs, qui se cabrent et galopent en tout sens, heureusement pas dans notre direction. Je récupère ma grosse voix de Loulou et hurle aux chiens de se tenir tranquille-ici-au-pied-non-mais-c’est-quoi-cette-histoire!! Et bien ils m’obéissent (on reconnait les chiens dressés) et nous pouvons continuer notre route. Je ne manquerai pas de glisser sur de l’argile, merci la pluie… Nous passerons devant un très beau lieu « L’australian camp », qui surplombe la vallée, avec l’Annapurna south comme décor..Mais il fait trop mauvais, et nos vêtements sont trop sales et trempés pour que nous nous offrions le luxe d’une nuit supplémentaire. Nous descendons donc. A Kande, ça y est, nous retrouvons les klaxons,un taxi s’arrête pile au moment où nous arrivons… Un au revoir plein d’émotion au chien (l’un a déjà rebroussé chemin quelques mètres auparavant) et nous voilà parti… Vers Pokhara… et notre guesthouse si sympathique, devant le lac…

Altitude Kande: 1770m

Photos Day 9-10-11

Nous resterons à Pokhara jusqu’au 25, pendant encore trois jours. Nous allons flâner, acheter quelques souvenirs, nous offrir un bon restaurant pour nos 10 mois de voyage… Et la tête toujours là-haut, dans les nuages et les montagnes, nous envisageons petit à petit le retour au plat pays… Mais avant cela, l’Inde nous attend, avec Denis et Jana pour commencer. Un immense pays, dont nous ne pourrons visiter que le Nord, mais c’est toujours ça que nous apprendrons.
Le Népal est incontestablement un pays où nous reviendrons, amoureux de ces montagnes enneigés, ces habitants si gentils, au coeur grand ouvert malgré l’extrême pauvreté. Nous avons encore tant de chemins à arpenter là-haut que nous avons déjà décidé de débuter chaque futur voyage par le Népal et ces sentiers qui mènent là-haut, si haut que l’on arrive dans un monde à part, aux couleurs de neige, d’or, de vallées aux fleurs rouges et rosées… Aux oiseaux si nombreux, dont nous ne connaissons pas encore le nom, aux arbres qui jalonnent les sentiers… Et puis, plus haut, à la neige qui nous entoure, aux fracas d’avalanche qui font ressentir le danger de ce pays… Mais on s’y sent bien… Notre coeur y est toujours et désormais, appartient un peu à l’Annapurna et le domaine dont elle est reine…
J’aurai souhaité écrire sur l’histoire du Népal mais je n’ai pas encore eu le temps de lire assez à ce sujet. Ce sera donc pour les mois qui viennent.

A présent chers amis-famille, je vous dit véritablement à très bientôt! Car dans cinq semaines, c’est en chair et en os que vous pourrez entendre nos histoires indiennes…même si je ne manquerai pas d’y consacrer un article, bien entendu. Je vous dis donc…
On s’voit au plat pays! On vous embrasse! D’Inde à la Belgique, dernière partie de la première épopée du grand voyage BruElobourlingos!

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Catégories : Nepal | 9 Commentaires

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