Patagonie

Fin de Patagonia, entre fauna y flora…

 

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Nous voici donc en route vers Puerto Madryn en ce 8 décembre… Ce fut long: trois jours de bus avec deux étapes. Le premier jour, nous roulons environ 12h jusque Perito Moreno, petit village argentin, dont l’attraction touristique principale est les grottes aux dessins rupestres, à quelques kilomètres du lieu-dit. On fera l’impasse, c’est cher (ah bon?) Nous passons la nuit dans une auberge avant de reprendre un bus, le lendemain après-midi pour Comodoro Rivadavia, capitale du pétrole patagonien… Si notre première journée de bus suivait la carretera 40, aux décors splendides et préservés, nous voici cette fois embarqués dans le bus-pas-pour-les-touristes (personne ne fait l’itinéraire que nous avons choisi, hormis les business man de la city et les mineurs, les touristes préfèrent remonter à Barriloche et ses discothèques olé olé, raison d’ailleurs pourquoi nous avons fui de l’autre côté). Cette fois donc, nous traversons la province de Santa Cruz, province du pétrole (ce sont les panneaux qui le disent) et le décor change: si ce sont toujours des steppes à perte de vue, elles sont à présent parsemées de centaines de puits de pétrole. Nous traversons des villages qui ont plus que des accents carolos: c’est sale, pollué, les gens ici ont l’air d’avoir été oublié , ils sont la main d’oeuvre pétrolifère mais vivent dans des conditions de misère. Le film « The wall » de Pink Floyd me traverse l’esprit et j’en vois le dessin sur un mur quelques mètres plus loin. Cela met mal à l’aise, partout des slogans de révolutions, des gens au regard dur, des enfants qui jouent au milieu de plastiques tourbillonnant dans le vent. Des gens des mines, des gens des machines. En même temps, il est bon de se rendre compte de ce côté du pays également. Nous savons l’Argentine en crise économique majeure et comme partout, il semble que ce soit les petits revenus qui trinquent…

Comodoro Rivadavia est une grosse ville dans la province de Chubut (nous vivons proche de la nature depuis presqu’un mois alors, cela fait un choc), elle a le bon goût de se trouver au bord de mer, ce qui adoucit sa fonction: un centre névralgique de l’exraction du pétrole. Des milliers de gens travaillent ici dans ce but unique, ce qui en fait une ville essentiellement industrielle. Nous y passons une nuit avant d’enfin reprendre l’ultime bus jusque Puerto Madryn, où nous arriverons vers 18h, complètement crevés… trois jours de bus à cogiter, ça vous bouffe le cerveau et les jambes ont grand besoin de se dégourdir sur la terre ferme!

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Le lendemain, pas de repos au bord de l’eau, on saute dans un mini bus avec une dizaine d’autre touristes, direction: la péninsule Valdes! Un endroit préservé, où vous avez loisir d’observer une faune marine incroyable avec en vedette: les baleines!! Ces énormes animaux de 14 mètres de long en taille adulte, sont aussi d’une sociabilité incroyable. Nous prenons un petit bateau, pouvant contenir une trentaine de personnes et nous voici, tressautant au rythme des vagues- les montagnes russes de l’océan Atlantique- à la recherche de ces animaux. Il faut de la patience car nous sommes le 9 décembre et leur migration vers le sud s’effectue début décembre. En juillet et août, période de reproduction, vous pouvez par contre en apercevoir une cinquantaine, les femelles s’accouplant à de multiples partenaires dans le seul but d’être enceinte. En ce jour, seuls quelques couples maman-enfant, sont encore présents, afin que le petit s’habitue à nager et évoluer dans le monde marin avant la grande migration. Nous naviguons plusieurs minutes et puis ça y est, elles se dévoilent: d’abord une nageoire dorsale, caudale et puis, la tête qui émerge à intervalles réguliers, suivant le mouvement de plongée… c’est absolument magique et indescriptible. Le capitaine en second demande à une poignée d’entre nous de s’avancer au maximum sur le pont avant. Nous fonçons, je suis en première place et je ne décroche pas mon regard des ces incroyables cétacés qui, pour le plaisir de nos yeux, effectuent un ballet familial en toute sérénité. Nous verrons trois ou quatre couples, dont deux baleinaux seuls. Loin d’être farouches, les baleines se rapprochent, passent sous le bateau, ressurgissent de l’autre côté. Elles respirent en libérant leur air sous forme de goutelettes d’eau dans un « pschhhhhhhhhht » impossible à imiter (j’ai essayé). Elles sont immenses. Les petits doivent mesurer 5 à 6 mètres et longent le flanc de leur mère, effectuant les mêmes gestes presqu’au même moment. Nous ne les avons pas vu sauter mais c’était tout aussi beau. Merci à elles de s’être dévoilées ainsi. La dernière que j’ai aperçue a fait un ballet complet de nageoires, en terminant par la caudale, qui s’élève dans les airs avant de regagner l’océan. J’ai pris cela pour un adieu.
Nous avons poursuivi notre découverte de la péninsule en allant observer, de loin, les lions et éléphants de mer qui se sont échoués, peinards, le long de l’Atlantique pour muer, et se sécher. Ils ne bougent pas d’un iota, conservant ainsi leur précieuse énergie leur permettant d’aller chasser. Des différences notables sont à discerner entre ces deux espèces. Pour ceux que cela intéresse, en voici les principales:
Elephants de mer: famille des phoques. Le mâle pèse 4t pour 6mètres, la femelle 700kg pour 3 mètres. La femelle possède un utérus en deux parties (!!): dans l’une, le foetus se développe, dans l’autre l’ovule fécondé est en attente. Elle est donc la seule femelle au monde a être toujours enceinte!! (Absolument horrible selon mon point de vue, qu’a donc fait cette pauvre bête pour être punie de la sorte?) Les mâles possèdent une trompe nasale qui gonfle en période de reproduction; ils restent entre eux excepté durant ce laps de temps. Leur appareil génital est interne. La période de « drague » commence en août et avant cela, les mâles sont restés en mer, à s’empiffrer. En août, chaque mâle possède son harem pouvant aller jusqu’à 40 femelles! Une fois satisfaits, ils s’échouent sur le sable et ne bougent plus durant trois mois, perdant ainsi jusqu’à 12 kg par jour (vous voyez mesdames, la recette miracle pour maigrir?). De plus, une période de mue pour une nouvelle peau est essentielle afin qu’ils tiennent les grands courants froids. Ils peuvent plonger jusqu’à 1500m et rester sous l’eau durant 1h30. La période de gestation de la femelle est de 350 jours, pour un petit.

Lions de mer: famille des otaries. Les mâles possèdent une corolle autour de leur tête à l’âge adulte, une espèce de fourrure jaune. Ils pèsent 350kg pour 2,50m et leur appareil génital est externe. La femelle, elle, pèse 70kg pour 1,50m. La période de reproduction commence en août et le mâle possède, lui aussi, son petit harem. Les petits naissent entre janvier et février après une gestation de 11 mois. Le lion de mer effectue plusieurs allers retours dans l’océan pour se nourrir et vivent plutôt sur les côtes de juin à mars.

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Et enfin, nous rendrons visite aux manchots de Magellan, un tout petit oiseau de mer qui n’a strictement rien à voir avec les pingouins du Nord. Il mesure 55 cm pour 4 à 5 kg et vit très bien dans le désert et sous la chaleur de la péninsule. Nous les avons observés, se séchant au soleil et bougeant à peine. Leurs petites ailes sont écartés, leur plumage est noir et blanc, ils incarnent la gentleman attitude de l’île car en plus, ils sont monogames et très fidèles… La période des amours s’étend de septembre à début octobre et auparavant, les mâles creusent le terrier où a femelle pondra ses oeufs, qu’ils vont couvrir à tour de rôle durant 30 à 40 jours.Messieurs les machos, ces animaux ne sont pas faits pour vous, vous l’aurez compris! Quant aux petits, ils restent auprès de leurs parents durant 11 semaines. En février, la période de mue est terminée et tous se retirent vers la mer, pour le périple migratoire qui les amène vers le nord. Notre guide prétent qu’ils se rendent au carnaval de Rio mais nous avons émis quelques doutes (peut être sommes nous trop cartésiens?) L’année d’après, près de 40% des mâles reviendront au même endroit pour récupérer leur nid.
Une très belle journée passée en compagnie des animaux. Sur la route,nous avons également croisé des guanacos (cousins des lamas), des nandous (petites autruches) et des tatous (absolument indescriptible, vous comprendrez car je l’ai pris en photo. Au mieux c’est un hérisson mutant) Nous rentrerons dans la joie et la bonne humeur à notre petite auberge.
Le lendemain, nous allons flâner au bord de l’Atlantique, il fait beau et chaud et cela fait du bien de ne rien faire. Juste de profiter de la petite ville et du temps qui passe.

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Peninsula Valdes

Puerto Madryn

Le 11 décembre, nous partons vers Esquel, notre dernière étape d’Argentine, petit village qui borde la frontière chilienne..
Esquel, après une nuit de bus étoilée, nous apparaît dans le soleil et la rosée du matin. Nous sommes fatigués et nous avons établi domicile dans un camping absolument parfait! Sous des arbres fruitiers, en haut du village, il n’y a personne ou presque et nous allons en profiter! Esquel est niché entre les collines et plus loin, les montagnes des Andes, les lointains pélerins ont investi l’endroit pour se protéger du vent (et on les comprend!!)

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Nous effectuerons deux petites randonnées, l’une jusqu’en haut du « cerro de la cruz » colline qui culmine le village. Il fait chaud, mais c’est toujours aussi beau, on ne s’en lasse pas. La Patagonie, c’est comme la mer, ce n’est pas vous qui la prenez, c’est elle qui vous attrape. Le lendemain, c’est dimanche et nous irons nous balader du côté de la laguna de la zeta, très prisée par les gens du coin. Nous nous ferons pourchasser par des taons pendant la première moitié du chemin, des sales bêtes on ne leur avait pourtant rien demandé! Puis, la chaleur aidant, nous irons nous réfugier sous des abres, le reste du temps… Deux belles journées qui ne coûtent rien, si ce n’est l’énergie des jambes pour se balader. Il existe un parc pas loin d’Esquel « el parque de los alerces » mais nous décidons de trekker plutôt du côté chilien, au parc Pumalin, juste à une petite journée de bus de là.

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Cerro de la cruz

Laguna la Zata
C’est donc le 15 décembre que nous nous mettons en route pour le Chili. En deux heures, on y est, formalité accomplie (toujours pas de fruits, pas de viande, pas de fromage au passage de frontière). La route est superbe, nous traversons des paysages toujours aussi sauvage et éclatant de couleur (on va avoir du mal à se déshabituer de tant de beauté). D’abord, arrêt à Futaleufu, petite bourgade pour les amateurs de rafting. Que nous ne sommes pas, nous allons donc poursuivre directement vers Chaiten (3 heures de route supplémentaire) et ses promesses de parc et de volcan. Pour la petite histoire, le volcan est entré en éruption en 2008, après des milliers d’années d’hibernation. Tous les habitants dans un rayon de 50 km ont été évacué et l’aéroport de Buenos Aires a même été fermé. Chaiten donc, a été un village fantôme jusqu’au moment où une centaine d’habitants ont décidé de réinvestir « leur » lieu. Ils sont environ 900 aujourd’hui contre 4000 avant l’éruption. En arrivant là bas, c’est très étrange. Personne dans les rues, personne à l’arrivée, personne. A se demander si il n’y a pas eu une éruption subite la nuit d’avant ou si on a pas fait un petit voyage dans le temps… Mais non, c’est juste qu’on est en plein milieu d’après midi et l’après midi en Amérique du Sud, on dort. Nous dégotterons une petite hospedaje où nous serons les seuls clients et nous trouvons ça un peu bizarre, avec toutes les excursions possibles à faire dans le coin. Mais aha, la réponse n’est pas loin. En effet, la seule agence du village qui peut nous conduire au parc nous fournit le pourquoi du comment: les sentiers sont fermés! Et bien oui, ce n’est pas la haute saison (elle commence en janvier) donc ils en profitent pour tout nettoyer, balayer, épousseter, bref c’est le grand ménage de la nature et tant pis pour les amoureux de la marche qui veulent trekker hors période. On est un peu (beaucoup) dégoûté. Si on avait su, on aurait été marcher en Argentine, là au moins c’est ouvert toute l’année. Bref, on boude. La seule option c’est une journée en voiture avec un guide dans le parc et encore, le guide nous précise que comme les sentiers principaux sont fermés, il faudra improviser. Nous, on comprend que ça veut dire glander en bord de route pour regarder de loin les montagnes en écoutant une leçon de botanique. C’est sans doute intéressant mais-pardon monsieur le guide-on s’en fout, nous on veut marcher. Bref, nous ne traînerons pas à Chaiten, tout au plus nous baladerons nous en bord de mer en traînaillant dans le village. Je me dois de préciser qu’il est étrange de marcher devant des maisons vides et encore recouvertes de traces de cendre. C’est une ambiance étrange mais les gens d’ici sont profondément attachés à leur terre, ce qui est compréhensible: devant la mer, derrière, la végétation et encore plus loin, les montagnes et le volcan maintenant éteint. D’où notre immense frustration d’être soumis à des règles de nettoyage.
Avec plusieurs jours d’avance sur le planning, nous nous rendons donc sur l’île de Chiloé, porte d’une culture chilienne à part. C’est aussi la fin de la Patagonie et le début de la région des Lacs. La route jusque là est parsemé de bateaux à prendre et, quitte à n’avoir pas pu marcher dans le parc Pumalin, nous en sillonnerons les bords en bateau. Evidemment c’est magnifique (on redouble de frustration) et nous profiterons du soleil pour admirer le panorama du pont supérieur. Même des dauphins se sont profilés à l’horizon!
Nous sommes toujours actuellement à Chiloé, en attendant Thomas qui nous rejoint pour un petit mois, le 29 décembre. Chiloé, c’est l’île aux églises en bois (16 sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO), de toutes couleurs et de toute beauté. Il n’y en a nul part ailleurs dans toute l’Amérique du sud, influence des jésuites au 18ème siècle et puis de la préservation du catholicisme sur ce continent. Nous nous sommes arrêtés à Castro, sa capitale pendant quatre jours, et nous avons visité les alentours durant une journée, accompagné d’un guide et d’un petit groupe bien sympathique. Beaucoup de pluie, beaucoup d’églises, de ports, d’eau, de chiens et de rencontres sympas: voilà en gros le résumé de ces journées! Sans oublier l’hospitalité généreuse des chilotes: nous avons été hébergé chez un monsieur qui partage sa maison avec les voyageurs. Un amour de grand-père, qui parle espagnol à la vitesse d’un spoutnik russe. On avait l’impression d’être chez nos grands-parents tant il a pris soin de nous.
Mais je vous en raconterai plus lors de la prochaine édition, car nous y sommes toujours, pour la Noël qui approche à grand pas. Effervescence dans les magasins, emballage cadeaux et décorations de Père Noël sont notre aperçu du genre humain du moment… Et on vous souhaite (quand même hein) de très belles fêtes de l’autre côté du monde!

Hasta luego chicos! Feliz Navidad y buen ano 2015 de BruElo 😉

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Del glaciar Perito Moreno a Fitz Roy… naturaleza, ruta 40…

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Après deux jours intensifs de repos à Puerto Natales- et un anniversaire fêté tout à fait dignement en compagnie de deux de nos co-trekkeurs Ruth et Paul (des pros!)- nous décidons donc de repasser du côté argentin, direction El Calafate, pour voir l’incontournable glacier Perito Moreno (du nom d’un grand explorateur de la Patagonie, qui n’a cependant jamais vu le glacier portant son nom…)
El Calafate, c’est cher. En fait, en Argentine, tout est toujours cher, on ne s’y fait pas trop mais il y a tellement de beaux coins à voir qu’on ne peut pas passer outre. La ville en elle-même n’est pas très attrayante, la rue principale regorge de petits restos colorés, de cafés et de boutiques en tous genres. Ce qui attire le regard, c’est le mélange de couleurs dont sont dotés les bâtiments d’Amérique du Sud, ça met de bonne humeur même si le ciel est tout gris. Contraste.
El Calafate, on y reste deux journées, la première on déambule, on fait le plein de sous (ayayayayaya) et on se repose. Oui oui, pas d’abus, le repos c’est bon pour la santé aussi! Le lendemain, direction El parque nacional de los glaciers. Premier coup dans le portefeuille: le prix du bus, attention tenez vous bien (nous on a failli s’envoler) 30 euros/personne pour deux malheureuses heures de trajet et pan! Round un. Ensuite, deuxième coup,l’entrée du parc est payante: 21,50 euros/personne SVP et bing! Round deux, Knock out, ayayayayaya le portefeuille se fait sacrément léger en exactement 1 minute (temps de payement par la Visa). Ce pays n’est décidément pas fait pour les personnes qui ont de petits budgets et qui souhaitent voyager longtemps . Mais bon, pas moyen de passer à côté de ce sacré glacier. D’ailleurs, si vous avez envie de vous faire mal encore un peu plus (ou alors si vous êtes riches), vous pouvez décider de prendre le bateau pour l’approcher (20 euros/personne clac bing pan ayayayayaya). Dimension de la bête (le glacier pas le bateau): 60 mètres de haut, approximativement, pour 15km de longueur, 4km de largeur. Avec le bateau, vous vous sentirez tout petit, insignifiant et léger (mais ça c’est parce que votre portefeuille-vide-se sera envolé) durant la petite heure que dure la navigation. Ou alors, vous faites comme nous: vous marchez! Il y a des passerelles qui longent toute une partie du glacier, construction impeccable(les passerelles, pas le glacier quoi que…) avec plusieurs étages et de très beaux points de vue où l’on peut rêvasser tout à son aise et manger son pique nique (cafétaria à l’entrée du parc mais autant vous dire que vous préfèrerez emporter votre nourriture, pour éviter à votre portefeuille de démissionner de ses fonctions)…

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Le glacier Perito Moreno est, d’après nos sources, le seul au monde à être aussi accessible. En effet, c’est (trop) simple: vous marchez, vous marchez, de haut en bas et de bas en haut pendant plusieurs heures , vous regardez et écoutez. Car ça vit, un glacier! Celui ci craque, tonne,résonne jusqu’aux montagnes et au délà. Il avance de 70 cm par jour sur les côtés et de 2m en son centre, résultat il déborde sur certains terrains de la péninsule de Magellan et de temps en temps, ça se brise et ça crée une « rupture » comme on dit. Nous n’avons pas eu la chance d’assister à cela mais nous avons quand même observé de gigantesques blocs de glace s’effondrer dans le lac qui lui lèche les pieds. Très impressionnant, tant au niveau visuel que sonore.
Nous y étions un dimanche, donc il y avait du monde. Comme d’habitude, cela nous agace (pourquoi les gens ont ils toujours besoin de PARLER et de choses futiles en plus, devant un magnifique spectacle naturel) mais on doit faire avec. On essayera d’éviter la populace la majeure partie de la journée (le meilleur moment, c’est à midi quand les riches vont tous manger à la cafétaria) et on se baladera évidemment sur tous les sentiers proposés, le dernier longe le lac qui est d’une couleur magnifique, avec les montagnes comme décor de fond… Encore une fois on se dit « roh mais c’est beaaaaauuuuuu la Patagonie! »

 

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Et vers la fin d’après-midi, nous voilà rentrés! Le lendemain, prochaine destination: El Chalten, village au pied du Fitz Roy (3405m), montagne mythique qui a représenté un challenge plus que conséquent pour les alpinistes des années 50. Et vous connaissez mon goût pour les montagnes mythiques… il n’est pas question de passer à côté! (enfin si, mais de près, pas de loin!) Trois petites heures plus tard, nous y sommes! Je dois ici confesser quelque chose: j’adore les voyages en bus! (A défaut de louer une voiture mais le conducteur doit rester concentré) Spécialement ici, nous suivons la ruta 40, route aussi mythique que le Fitz Roy et qui traverse la Patagonie, c’est la route qui vous conduit au milieu de nul part et qui vous fait sentir tout petit. J’adore le bus parce que je peux coller mon nez à la fenêtre en toute impunité et rêvasser au paysage pendant des heures (ce que la marche ne m’offre pas, les yeux sont rivés au sol pour ne pas se tordre les pieds, mais elle offre autre chose, la liberté). D’ailleurs, quand je regarde autour de moi dans un bus, rares sont ceux qui sont comme moi, en général tout le monde dort. Ou lit. Ou mange. Et (comble) a tiré les rideaux pour ne pas être gêné par les rayons du soleil. Au secours l’humanité! Le jour où le wifi sera dans tous les bus, alors sonnera le glas de l’utilité des fenêtres.
Bref, c’est en suivant une route magnifique que nous voilà à El Chalten. C’est (toujours) cher, j’avoue qu’on aurait pu choisir les campings mais vu le vent qui nous accueille, on a préféré l’auberge, au moins là, on est sûr de pouvoir dormir! Nous y resterons trois jours et demi (on débarque à midi). Premier après-midi, on dort et on essaye de se balader mais le vent souffle si fort qu’il soulève des montagnes de graviers qui clac-bing-pan-reclac viennent vous frapper les jambes avec violence aieaieaieaieaie (ayayaya version douleur physique), on court se réfugier dans un petit café. Puisque c’est comme ça, on va boire la bière d’ici c’est une autre façon de profiter de la Patagonie (j’en profite pour dire que nous fîmes honneur à la réputation des Belges, tous les patrons sont ébahis devant notre descente « vous êtes sûrs que vous voulez deux grandes bouteilles?? » « oui oui! » non mais oh!! 🙂 )
Le lendemain et le surlendemain, il fait beau, il fait chaud, le Fitz Roy se dévoile et nous on se met en marche pour les deux grandes randonnées du coin; celle qui mène au laguna torre et celle qui mène au laguna de los tres, devant le Fitz Roy donc. On décide de ne pas camper dans le parc (il y a beaucoup de monde pour un petit périmètre) et de marcher en mode vacances: avec un petit sac sur le dos. Autant vous dire qu’après notre entraînement à torres del paine, c’était du gâteau, on a fusé sur les sentiers tels deux cabris surentraînés. On a même dépassé des gens! (vous ne vous rendez peut être pas compte mais ça ne nous arrive jamais…) Les sentiers ici, sont très jolis, très pratiques, accessibles à tous, super aménagés. Résultat: on vole! L’endroit est superbe, évidemment! On en prend plein la vue et les poumons, c’est un réel plaisir de pouvoir randonner sans souffrir, pour cette fois! Le vent reste calme, si ce n’est une petite poussée lors de la grimpette (assez raide: 400m de dénivellé sur deux km, seule vraie difficulté et encore, on bondissait je vous dis!) qui mène en face du Fitz Roy et de ses comparses, le Poinçenaut (3002m) et le cerro Torre (3102m). Là haut, on en prend vraiment plein la vue; même si le Fitz Roy joue son Monsieur Timide jusqu’au bout et laisse son sommet tant convoité voilé de nuages… Le paysage est fantastique, la Patagonie c’est tous les reliefs réunis en proximité, la lande, la montagne, la neige, les glaciers, les lacs…Toute cette beauté accessible à l’homme, c’est presque trop, on s’en gaverait à perpétuité. Et accessible à tous, que ce soient grimpeurs ou trekkeurs (pour autant que vous aimiez ces sports)… Vous pouvez aussi camper et trekker pendant deux-trois jours d’affilé si vous le souhaitez. Le seul bémol, c’est de bien se renseigner sur le temps (les rangers vous font un petit briefing lorsque vous arrivez au village) car si le vent est trop violent, ils ferment les sentiers les plus exposés.
Le soir venu, nous allons nous régaler de bières et de vin argentin dans une petite gargotte plus que sympathique, devant le Fitz Roy qui se dévoile pour notre plus grand plaisir en la fin d’après-midi. C’est qu’il en impose, cet immense morceau de roc, dressé contre le vent et encerclé par ses pairs… Je peux très bien comprendre la fascination qu’il exerce sur ceux qui aiment grimper et se dépasser en conquérant les sommets de ce monde…

En ce dernier jour, comme prévu par les rangers, il pleut et donc nous en profitons pour trier, écrire et préparer la suite de notre voyage. Nous nous sommes ruinés en achetant notre billet de bus direction Puerto Madryn (deux jours et demi de bus, ayayayayaya!), immense réserve naturel d’animaux marins, unique au monde… Je vous en dirais plus dans mes prochains écrits… Mais ça promet d’être toujours aussi splendide. Après cela, il sera temps de quitter l’Argentine, décidément trop onéreuse pour nous, malgré toutes ses beautés…

Hasta luego, ciao ciao!

Les photos

Glacier Perito Merono

El Chalten

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Into the wind, into the wild! Dentro del viento, de la naturaleza!

 

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Nous voici donc posés à Puerto Natales, petite ville portuaire qui n’a, en soi, rien de particulier. On s’y sent bien, car c’est petit, c’est intime et les gens ont le sourire et l’humeur avenante. Nous nous posons dans notre auberge, Koten Aiken, petite adresse super sympa, de quelques chambres (14 euros/personne la double contre 12euros/personne en dortoir). On peut y faire sa cuisine, ce qui est un énorme avantage lorsque, comme nous, on voyage à petit budget et qu’on ne peut s’offrir des restaurants tous les jours. Les propriétaires sont adorables et veillent vraiment à ce que vous ne manquiez de rien. On décide de se reposer pendant deux jours avant d’entamer notre trek dans le parc naturel Torres del Paine, pressentant que ça risque d’être sport! Nous déambulerons donc dans le village, qui borde la mer, entre chiens errants, magasins et vent, pour finir toujours au même endroit « El living », un café-resto relax, où il fait bon se prélasser dans les canapés (aaaah le sourire de Bruno à ce mot!), en lisant ou en écrivant, pour vous préparer mentalement au trek…

Et c’est le 20 novembre que nous décidons donc de commencer! Pour vous rendre au parc, il faut prendre un bus à la station principale (15-20 minutes de marche depuis le centre environ), et il met deux heures à arriver à destination.
Pour plus de clarté, pour les potentiels intéressés, voici en gros l’explication des deux circuits principaux du parc: il y a le « W » (nommé ainsi car c’est la forme qu’il prend en le sillonnant), relativement « facile », qui comprend des trajets entre 2 et 6h maximum de campement à campement et qui vous fait visiter tous les points importants du parc en 5 jours, si vous ne vous arrêtez pas plus d’une journée entre deux campements. Vous pouvez aller voir les torres de près (attraction principale du parc, elles sont composées d’un granit unique au monde), sillonner la vallée des Français en contemplant son petit glacier et terminer par le glacier Grey, immense, en le longeant pendant deux jours ( vice versa si vous commencez dans l’autre sens). C’est (très) touristique et les logements se partagent entre refuges (très cher mais confortables) et campements entre 5 et 10 euros ( à voir si vous transportez votre matériel, si vous louez le tout sur place ce sera encore plus). Il existe quelques campings gratuits au confort basique. La facilité de ce circuit, c’est que vous pouvez souvent laisser vos affaires au campement et partir en randonnée pour l’après-midi, pour revenir au même point le soir, vous êtes légers, vous ne souffrez pas trop et vous profitez du paysage.
Et puis, il y a le « O » circuit, qui comprend le tour en O (ah bon?) du centre du parc: le W donc, plus toute la partie arrière. Celui là est réservé aux randonneurs plus expérimentés. Les trajets sont entre 4h et 7h minimum de campement à campement (plus même si vous êtes un trekkeur fou et que vous « sautez » un campement). Il y a beaucoup moins de monde, le prix des campements, concernant la partie arrière, reste pareil que pour le W, cela dépend des endroits où vous campez. Le tour complet prend 8-9 jours.
Vous pouvez aussi y rester une journée, ou deux, ou 10, en fonction de vos envies! Il y a quantité d’autres sentiers à sillonner, en dehors de ces deux là. Je précise qu’il y a tout un tas de règles très strictes à respecter pour des raisons évidentes de sécurité (et aussi de business soyons logique)… dont les deux plus importantes sont: PAS de feu et interdiction formelle de camper ailleurs que dans les endroits autorisés. D’abord parce que vous y serez à l’abri du vent (et ce n’est rien de le dire) et ensuite parce que les derniers petits malins qui ont fait du camping sauvage en 2011 ont également fait du feu, démarrant ainsi le plus spectaculaire incendie que le parc ait jamais connu, et qui a détruit plusieurs hectares de forêts… Depuis ça ne rigole plus et si vous ne voulez pas finir en prison ou surendetté, vous avez tout intérêt à respecter ce que les rangers vous disent « chef oui chef » et avanti petit!
En Patagonie, le climat est changeant je l’ai déjà dit et la pluie n’est pas rare, donc partir en prévoyant tenue de rechange, vêtements de pluie, chaussures de marche, etc etc…
Evidemment, qu’est ce qu’on a choisi…
Le O circuit! J’avoue très sincèrement que j’ai d’emblée émis des doutes sur ma capacité à enchaîner un circuit réservé aux « durs des durs », on est pas des débutants mais notre niveau d’entraînement n’est pas terrible… Mais bon, le côté (beaucoup)moins touristique et sauvage a pris le pas sur ma peur du niveau physique. De plus, nous décidons assez rapidement de ne pas faire le tour complet, pour éviter l’amas de touristes (gamins hurlants et parents extasiés ou encore petits jeunes galopants bières en mains de campement à camprement avec deux kilos sur le dos, oui d’accord j’exagère un peu mais quand même!)) et donc de ne nous arrêter aux trois quarts du circuit. De plus, je pressens fortement que mon corps criera grâce assez rapidement…
Si j’avais su… et bien je l’aurai fait quand même (je crois!) A noter que nous sommes partis en autonomie complète (à un repas près) pour une petite semaine, et que je portais l’équivalent de 15-16 kilos minimum sur mon dos. Bruno, lui, devait être à 22-23kg.

 

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Voici mon carnet de bord, avec quelques améliorations :

Jour 1 (20/11/14):

Debout à 6h30 pour prendre le bus, deux heures de trajet et enfin, 16km à parcourir, ce fut rude: beaucoup de vent, sacs à dos fort lourds, on a plus l’habitude. La nature est sompteuse, nous avons traversé des plaines immenses balayées par le vent avec, comme toile de fond, les torres, immenses crayons pointés vers le ciel et le soleil, les montagnes aux traînées enneigées.. Les lapins et les oiseaux comme compagnons de route, nous avons cheminé 4h30 durant. Pour l’heure, nous voici au campement el Seron (fort cher 10euros/personne), entourés d’une dizaine d’autres trekkeurs. Chacun respecte le calme et la tranquillité. Bien fatigués, mais une fatigue saine ça fait du bien!

Jour 2 (21/11/14)

Epuisant et effrayant. 19 km à parcourir. Nous avons gravi une colline, sans savoir que là haut, le vent nous attendait de souffle ferme (et rugissant). Je ne pouvais plus avancer, j’ai crié, j’ai hurlé, j’ai pleuré, Bruno (le malheureux qui passait par là) en a pris pour son grade (je n’allais pas insulter les plantes et le vent, quand je l’ai fait, a redoublé de force le saligaud!). 100km/h me semble une proche estimation de ce qu’il nous a fallu contrer, main dans la main, avancant pas à pas, sur un sentier instable qui pouvait nous faire plonger directement dans le lac, 200m plus bas. C’est la première fois de ma vie (et pas la dernière) que je me suis dit « Mais qu’est ce que je fous là, à marcher ici, au lieu d’être au chaud dans un canapé en train de lire un Sylvain Tesson et de vivre les émotions fortes par procuration! » pour hurler ensuite « PLUS JAMAIS DE TREK PLUS JAMAIS!!!! » (redoublement du vent pour me conforter dans mon idée). Bref, j’étais terrifiée.
Et d’autant plus émerveillée sur le paysage complètement sauvage, aux fleurs rouges sang, aux herbes vertes et jaunes dans ces immenses plaines sur lesquelles veillent les montagnes et le vent. Il est évident que l’homme n’a rien à faire ici, il est seulement invité, de passage, sans bruit et sans traces, si le vent décide de vous laisser passer. Nous avons marché 7h et tous les trekkeurs qui ont vécu ce moment, ce jour là sur la colline, s’en rappelleront toute leur vie. Nous en avons tous parlé en étant tous mi craintifs-mi extasiés (certains même complètement extasiés et pas du tout craintifs « les durs de durs » donc). Patagonie, quand tu nous tiens. Ce soir, repos à côté d’un glacier oublié, de montagnes et de silence. Sylvain Tesson me tient compagnie avec son « Eloge de l’énergie vagabonde » qui va si bien avec ce que nous vivons.

Jour 3 (22/11/14)

Une journée « facile »! Du moins pour les 3/4… Marche en forêt, terrain relativement plat, douceur des arbres et des oiseaux. Ensuite, ça grimpe plus sec pour atteindre le glacier « Los perros », absolument magnifique. Environnement minéral, là en bas, la vallée et tout autour de nous les montagnes. Nous croisons, sans le savoir, le gars qui tient le camping où nous nous rendons. Il est en short (il fait 5 degrés), barbe noire, cheveux noirs, yeux noirs, gros sac sur le dos et il déambule, peinard sur la corniche qui borde le glacier. La bête. La class. Le Chilien a l’état brut. (Si vous regardez « Games of Thrones » et bien c’est le mari de la Superwoman aux dragons, le premier. Si si je vous jure.)
Mais voici que s’invite la pluie et même… une bonne grosse drache oui oui! Nous traverserons la plaine de pierres contre vents et marées, avant d’atteindre la forêt et notre campement « Los perros ». On est tous trempé, tout le monde a monté sa tente en 5 secondes avant de se réfugier dans la bâtisse de bois prévu à cet effet, pour boire thé ou café en faisant sécher ses affaires. ( Qui ne sèchent pas d’ailleurs, il fait aussi humide dedans que dehors). Vers 17h, la pluie s’arrête et nous nous baladerons tranquillement, en apercevant même un gros renard tout roux, qui est lui, en quête de nourriture. Il a l’air un peu apprivoisé et je me demande si SuperChilien ne l’a pas adopté comme animal de compagnie. Après tout, on est isolé de tout ici. 600m d’altitude. On s’endort tôt, car le lendemain c’est THE big day.

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Jour 4 (23/11/14)

Une des journées les plus éprouvantes de toute ma vie. Partis vers 7h45 avec comme but de franchir le col John Gardner à 1200m pour basculer de l’autre côté de la vallée. Le temps est magnifique, grand soleil et ciel bleu à perte de vue. Nous avons un dénivellé de 600m jusqu’au col, en grimpant pendant 3h, d’abord par la forêt, ensuite dans la vallée de pierre, pour atteindre le col empli de neige. Je me répète mais le spectacle coupe le souffle tant c’est sauvage. On se sent vraiment petit, insignifiant. C’est beau et inquiétant. Nous serons les derniers à passer, Bruno et moi, mais en haut du col, nous partagerons la vue et la « victoire » avec nos trekkeurs australiens, ecossais et néo-zélandais, un groupe de 4 super marcheurs, très sympathiques, de vrais trekkeurs ( « j’veux être pareille quand je serais grande! »). Nous regardons ce que nous venons de grimper, la vallée encore baignée de lumière, les montagnes et la neige qui la cernent, nos pas bientôt effacés… Et puis de l’autre côté, la récompense ultime, la claque de cette randonnée,… le glacier Grey. Immense, splendide, nous le surplombons et nous sommes subjugués devant tant de beauté. Un univers de glace, de fissures bleutées, avec les montagnes qui le protègent et le vent, jamais loin, qui le préserve de trop d’avancées humaines sur son échine.. Le glacier Grey, c’est 4km de large, 16km de long, 20 mètres de hauteur. Tout autant de magnificience que la nature a réussi à préserver. Les nuages se sont amoncellés (à ma grande inquiétude) mais le soleil persiste et reste avec nous lors de la descente, très ardue jusqu’au camp « El paso » (gratuit celui-ci!), à 400 m. Nous sommes épuisés mais nous nous arrêtons, non seulement pour nous reposer mais aussi pour nous emplir du silence du glacier et de toute sa sérénité. Il rejoint le Baikal et l’Himalaya dans notre panthéon des merveilles de ce monde. Quand, enfin, nous atteindrons le camp, nous profiterons encore de la vue sur le glacier avant de nous glisser dans notre sac, bien au chaud pendant que dehors, c’est le temps de la glace qui domine le climat et notre monde isolé. Nous sommes de l’autre côté.

Jour 5 ( 24/11/14)

Journée épuisante également, 5 heures de marche sur un terrain difficile dans sa majeure partie. Tout en descente, très ardue, nos genoux demandaient grâce mais nous devions avancer! En longeant le glacier Grey, à travers la forêt, nous avions des torrents et des ravins à traverser, Indiana Jones est devenu réalité! Des échelles de métal à gravir avec nos gros sacs sur le dos, la première traversée fut rude. La deuxième est encore plus dure, encore plus haute et je suis en train de me dire que finalement, hein, je vivrai bien là, au bord du ravin, jusqu’à la fin de mes jours. De l’autre côté, deux de nos co-trekkeurs, deux Allemands, nous regardent et j’en vois un qui fait demi-tour, retraverse tout le ravin, escalade l’échelle et me dit « Give me your bag! » d’un ton décidé. Je pense que mes yeux lui ont dit « Oh mon héros! » avec gratitude (sachez que Bruno se proposait de faire pareil, il s’est juste fait doubler!) Bref, ni une ni deux, il prend mon sac, qui pour lui est si léger, et disparaît de l’autre côté en 30 secondes. Il aura une bière de remerciement arrivé au campement! Germany: 10000 points! Le groupe avec qui nous étions n’était composé que de gens gentils, gais, aimant la marche et la nature. Une espèce de famille dont nous ne connaissons ni les noms, ni les adresses mais avec qui nous avons passé des moments privilégiés.
Quand nous sommes arrivés au camping « refugio Grey » ce jour là, nous avons compris que nous avions basculé définitivement du côté touristique. Un gros camping, le luxe intégral pour nous qui venions « de l’autre côté ». Un petit magasin (rempli de produits monsanto mais j’étais en quasi hypoglycémie et j’ai fait un ravage sur le chocolat tant pis!), des douches chaudes et des terrains immenses pour planter sa tente. Plus un refuge de luxe avec restaurant. On ne s’y sent pas vraiment à notre place, c’est trop de facilité d’un coup après tout ce que nous venons de traverser. Nous décidons de marcher le lendemain jusqu’au point d’arrivée du bateau du parc, qui rejoint en 30 minutes une des trois stations de bus, et puis de rentrer soit le soir même, soit le lendemain midi. Ainsi, nous garderons dans la tête le côté sauvage et unique du parc et pas les plaines touristiques. De plus, nos corps sont épuisés, douloureux et demandent repos. Nous ne sommes pas au même niveau que les autres, c’est évident et c’est pourquoi je suis déjà très fière de ce que nous avons accompli. Eux peuvent encore caracoler pendant des jours, nous, nous savons que nous devons nous arrêter ici.

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Jour 6 (25/11/14)

La journée devait être facile. Elle ne le fut pas, jusqu’au bout la Patagonie a décidé de nous en faire baver, c’est ainsi qu’on l’aime et qu’on la craint. Le vent ne s’est pas calmé à un seul moment de nos 4h30 de marche, de face ou de dos, il souffle tellement fort que j’ai l’impression horrible de m’envoler à tout instant, de m’écraser en contrebas dans le lac Grey qui succède au glacier. Nous croisons plein de touriste au sac léger (nous les détestons profondément à ce moment là), aux pieds bien ancrés et aux bâtons de marche dans le sens qu’il faut pour ne pas tomber. Moi je ressemble à un canard qui apprend à dandiner (et encore). Bruno n’a de cesse de m’aider et malgré moi, je l’envoie valdinguer par deux fois bing, la tête dans les chardons ou presque… Je re-crie, je re-peste (« Qu’est-ce-que-je-fous-là »,bis repetitae…), le vent re-double. Je pense n’avoir jamais atteint un tel degré d’épuisement par avant.

Et nous voici, enfin, en bord du lac Pehoé, attendant le bateau qui, à cause du vent également, est en retard. (A titre informatif, le bateau coûte la modique somme de 20 euros pour une traversée de 30 minutes, mais vous épargne une ou deux journées de marche). On bouffe de la poussière, le vent hurle, mugit, grossit… et il ne se calmera jamais. Quand, avec beaucoup de chance, nous finissons par amarrer de l’autre côté, nous avons 4h d’attente avant notre bus, que nous passons tous réfugiés dans la petite cafétaria, esseulée au milieu de rien. 4h à admirer la puissance des éléments se déchaîner. Le vent souffle toujours très fort en Patagonie mais là, je pense que nous avons assisté à un pic. Le bateau n’a même pas pu retourner pour le trajet du soir, et les touristes qui voulaient accoster en soirée ont probablement été dispatchés dans des hôtels aux alentours du parc (pas une mince affaire, les hôtels sont rares en Patagonie!). Quant à nous, c’est bien fourbus que nous quittons le parc à 20h, je jette un dernier regard aux torres qui apparaissent timidement au milieu de nuages gris, me rappelant que c’est seulement 6 jours auparavant que nous les avons longées durant l’après-midi… Il me semble que c’était il y a des semaines tant nous avons vécu intensément.

Nous sommes arrivés à 22h à Puerto Natales et nous avons obtenu une chambre dans la même guesthouse qu’auparavant (ils sont vraiment adorables, je crois même qu’ils ont éjecté une réservation incertaine pour que nous aillons notre lit), nous avons mangé comme des ogres (je ne peux plus voir des pâtes lyophilisées en peinture) et nous nous sommes couchés, toujours avec le vent mugissant (oui il nous a suivi!!).
A présent, nous nous reposons deux jours, avant de poursuivre vers l’Argentine pour d’autres périples toujours Patagoniens…
Mais ce que je retiens de ce trek absolument incroyable, c’est qu’il m’a appris à me montrer plus forte que ce que je croyais (avec l’aide de Bruno bien entendu), à vivre plus intensément que tout ce que j’avais déjà vécu auparavant. La Patagonie, c’est la terre de l’extrême, c’est un lieu où la Nature vous fait et vous défait, à sa guise et souvent contre votre gré. Cela forme le caractère pour qui sait s’arrêter et s’écouter. Une expérience bouleversante, qui vous chamboule, vous épuise, vous transforme et vous ravit. Tout simplement.

 

Les photos

 

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Premiers pas dans le sud, le vrai!

 

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Nous sommes le 13/11, il est 7h34, nous voilà partis pour le second grand voyage de notre vie. En train tout d’abord de Tournai jusqu’à Bruxelles, puis jusqu’à Zaventem pour atteindre le premier de nos trois (!) avions. Hé oui, ne va pas à Ushuaïa qui veut, c’est exactement de l’autre côté du monde, à l’opposé de chez nous. Nous ferons une première escale à Rome pour ensuite voler jusqu’à Buenos Aires en 13h30 environ. Nous embarquons avec un groupe de jeunes Argentins qui rentrent au pays et qui sont très heureux de partager leur sentiment d’allégresse à l’avion tout entier: tant que nous sommes au sol c’est guitare, chants et cris de joie à nos côtés… AYAYAYAYAYA Argentina et ton peuple au grand sourire et à l’énergie débordante! Au milieu de la nuit et entre quelques zones de turbulences- je ne m’y ferai jamais, tout le monde dort et moi je suis là en train de cogiter sur les crashs d’avion, la seule solution c’est de regarder les étoiles pour me calmer. Durant 5 secondes- nous voici en dessous de l’Equateur, ça y est, on est de l’autre côté, les étoiles ont changé et nous regardons avec avidité ce nouveau monde qui approche à grands coups d’ailes.

Première grosse étape, nous sommes à Buenos Aires le 14/11 durant quelques heures, il fait jour très vite (l’été austral approche à grand pas dans le sud de l’Equateur) -nous atterrissons à 4H30 heure locale, une heure plus tard la lumière fut- et nous attendons notre vol pour Ushuaïa sous un grand soleil et de la bonne humeur. A près de 10h, nous nous envolons pour la troisième fois (je commence à me dire que j’ai mon quota d’avion pour les 10 ans à venir) et « plus que » 3h de vol et nous y voilà, on aperçoit les montagnes du bout du monde, le canal de Beagle et aaaaah, on dirait qu’on va se poser sur l’eau, la piste est minuscule, heureusement le pilote est un as et on se pose en douceur (je l’applaudis de tout mon coeur!) Bref, l’épopée du voyage en avion se termine, à mon grand soulagement et ouf oooooh que c’est beau, on peut respirer et marcher, les vacances commencent!

Ushuaïa, c’est tout d’abord un endroit avant d’être une ville. Les montagnes encerclent ce bout de terre qui n’a plus de de continuité, à près de 1000 km au sud on touche l’Antarctique, continent sacré que nul n’a le droit d’abîmer. Au milieu des sommets enneigés (qui ne sont pas bien hauts, ne dépassant pas les 1000m) s’étend le canal de Beagle, d’où partent les expéditions pour gens-très-très-riches vers l’Antarctique, où encore les bateaux de commerce remplis d’immenses containers. Le paysage est splendide mais le temps change vite, très vite, en 30 secondes vous pouvez passer du soleil à la neige, d’une vue imprenable à un brouillard complet sur le paysage. C’est assez fou à expérimenter et on se dit que les gens d’ici doivent être complètement blasés des changements climatiques.

Ushuaïa, en tant que ville, attriste beaucoup. Non pas que ce soit moche, mais l’industrie du tourisme a complètement envahi ce qui devait être à l’origine un charmant petit village du bout du monde. Pour le dépaysement, on repassera, la rue principale est un appel aux vêtements de sport: North Face par ci, Jack Wolfskin par là, plus d’autres marques qui attirent le regard, ce sera à celle qui attirera le plus les distraits ou les richards qui veulent se doter de vêtements chauds pour leurs expéditions dans le pôle sud. Et evidemment, tout cela au prix de quelques centaines d’euros. Car Ushuaïa, on le remarque très vite, c’est cher. Très cher. Autre dérive du tourisme de masse, les habitants et les grandes marques ont bien compris le profit à tirer des amateurs du pôle sud (en oubliant les pauvres petits backpakers qui ont travaillé dur pour pouvoir s’offrir deux trois jours de bout du monde en toute simplicité). Pour vous donner une idée, les prix sont pareils que chez nous avec une hausse approximative de 5 euros pour chaque payement. Nous logeons à l’extérieur du centre, dans un petit hostel de quelques chambres pour la modique somme de 30 euros/personne (!!) Nous voulions une chambre privée pour nous reposer, ceci étant les dortoirs coûtent une vingtaine d’euros… Le confort est cependant nickel, la propriétaire est juste adorable, une vraie petite maman! Le seul bémol c’est l’isolation des pièces- nulle- et qui vous donne l’agréable sensation de partager chaque moment bruyant de la maison. Y compris à 3h du matin quand le chien a décidé de réveiller tout le monde (il a du renifler un intrus-comprenez un autre chien-devant la porte), ou quand le bébé a faim (également vers 3h du matin). Mais bon, ça fait partie du voyage!

Quand nous sommes arrivés, en début d’après-midi, nous avons trouvé le courage de marcher jusqu’au centre-où nous avons découvert tous ces merveilleux magasins- de boire un chocolat, de manger un bout et puis nous sommes rentrés nous coucher, complètement épuisés. Le soleil brillait encore (à 21h) et nous, on dormait.
Le lendemain, on décide de se balader tran-quil-le-ment dans la ville et ses alentours. Oui sauf qu’Ushuaïa est construite un peu comme San Fransisco (dixit le Routard) et donc ça grimpe et ça descend dans tous les sens. Nous marchons toute la matinée, en longeant le canal de Beagle. Après un moment de neige, le soleil se montre et décide de rester, nous pouvons ainsi profiter du magnifique panorama qui s’étend tout autour d’Ushuaïa. On se pose ensuite de ci, de là, partageant notre journée entre tribulations et formalités, dont la plus importante est l’achat d’un billet de bus pour Puerto Natales (au Chili) pour le lundi. Ca coûte cher, trèèèès cher (50 euros/personne ayayayayaya) mais pas le choix, il n’y a qu’une compagnie qui fait ce trajet et donc on ne négocie pas!
Tant qu’à faire qu’on « craque notre slip », on va continuer en s’offrant une randonnée d’une journée dans le Parc Nacional del terra del Fuego, à une dizaine de kilomètres d’Ushuaïa. Ben oui, tant qu’à faire! Ce sera pour le lendemain, le dimanche donc. Alors, plus sérieusement, on a beaucoup hésité à se rendre là bas, principalement parce que c’est LA big attraction touristique du coin et que les attractions touristiques où l’on se suit gentiment à la queue-leu-leu entre 1000 gamins hurlants et des parents qui s’extasient toutes les 30 secondes devant la moindre poussière, on connaît et on a pas envie de réitérer l’expérience. Ensuite, parce que c’est payant mais tous les parcs (ou presque) sont payants en Amérique du Sud, il faudra s’y faire et c’est aussi comme cela qu’on préserve l’environnement. Et puis, cela paraît vraiment très beau, au vu des commentaires lus à gauche, à droite alors allons y!

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Le dimanche matin à 9h, après un excellent petit déjeuner à l’hostel, nous voilà partis en navette jusqu’au parc. Nous sommes très aimablement conseillés dès l’entrée par une guide parlant le français. A la base, nous voulions le sentier le plus difficile (celui où il y a le moins de risques de croiser gamins hurlants et parents extasiés), celui qui grimpe jusqu’en haut du Cerro Guanaco et qui offre une magnifique vue sur l’ensemble du parc et la cordillère dite Darwin. Mais non, c’est fermé il a neigé. Damned. Nous nous rabattons donc sur toutes les promenades dites « moyennes » et qui font le tour du parc accessible au public, un bon 7 heures de marche en tout. Et bien, non seulement on a croisé très peu de gens (ce n’est pas encore tout à fait la saison haute) mais en plus c’était magnifique. Effectivement, les sommets enneigés ne sont pas hauts de plusieurs milliers de mètres (un bon millier tout au plus), il n’y a pas de cascade frissonnante, ni de puma bondissant au détour d’un sentier mais cela reste splendide car préservé dans sa majeure partie. Nous avons marché dans la forêt qui bordait en permanence la baie Lapataia toute la matinée et longé le lac Roga une partie de l’après-midi avant de nous rabattre sur les sentiers menant à la réserve de castors et le bout de la Ruta 3 (le bout du bout, de l’autre côté c’est le Chili). C’est vrai que l’on a vu très peu d’animaux, les castors étant chassés abondamment car ils détruisent tout l’écosystème du parc (merci le gouvernement de les avoir introduit sans réfléchir il y a quelques années). Cependant, nous avons eu la « chance » de voir un léopard des mers échoué sur le rivage, au matin. Il n’avait pas l’air en forme et est sans doute venu mourir là, la pauvre bête. Ne sachant que faire, nous l’avons pris en photo (sans savoir d’ailleurs exactement ce qu’il était) et nous l’avons signalé à notre arrivée au bureau du tourisme central du parc. Notre guide française y travaille et c’est elle qui nous a expliqué que le léopard des mer est en fait dangereux pour l’homme. Ahem et moi qui voulait le remettre à l’eau (oui oui à deux une bestiole de plusieurs centaines de kilos mais je ne supporte pas de voir un animal malade)… Mais les autorités du parc étaient déjà au courant et il n’y avait plus grand chose à faire, malheureusement…
Ceci étant, nous nous permettons de signaler l’immense défaut du parc: le fait qu’il soit permis aux voitures de s’y déplacer sur toute une partie (celle qui rejoint la fin de la ruta 3). Même si la plupart des sentiers vous préservent de la route, nous avons quand même marché à côté de véhicules puants, conduits par des paresseux qui, clic-clac, descendent tous les 100 mètres prendre des photos, en laissant le moteur tourner, bien entendu. Cela reste le grand bémol de notre journée là bas. Pour le reste, nous avons passé une belle journée, au milieu de la forêt, face aux montagnes et le long de l’eau, en compagnie des canards et d’autres oiseaux. Et le fait que nous n’ayons croisé pratiquement personne ajoute bien sûr cachet du côté « bout du monde ».
Après cette grosse journée, nous sommes rentrés sur Ushuaïa manger un bout et ensuite, dodo jusqu’au lendemain.

Bilan d’Ushuaïa: on y a plutôt pour le côté symbolique que la découverte de nouveaux paysages (même si cela reste vraiment magnifique). De plus, c’est (vraiment) trop cher, et je comprend que la majeure partie des backpakers boudent le coin. Nicolas Hulot le premier l’a dit, Ushuaïa ne ressemble plus à ce qu’il était il y a une bonne vingtaine d’années… Machine à fric, quand tu fais tourner le monde…

Le lundi, nous prenons le bus à 6h30 du matin, direction le Chili, 13 heures de trajet approximativement. Nous traversons toute la région de la terre de feu en bus et, wouhahou, c’est là aussi qu’on se rend compte que c’est immense, esseulé, solitaire et unique au monde. Il n’y a rien que des plaines, des steppes, des troupeaux de mouton, de lamas, à perte de vue, juste la terre qui se marie au ciel en toute sérénité et sauvagerie. A peine quelques habitations sur plusieurs centaines de kilomètres. Les cadavres d’animaux ne sont pas rares au bord de la route, ici la nature est reine, les êtres vivants pourrissent là où ils tombent. C’est l’état sauvage et je me dis que pour survivre là dedans, il s’agit d’avoir une carte des points d’eau et être prêt à bouffer de l’herbe ou à écharper vif un mouton qui passe. Nature nature.
Nous passerons la frontière tout tranquillement (ici, on vous salue, on vous sourit, deux trois coups de tampon et passez messieurs-dames). Le seul point: le Chili n’accepte pas que vous passiez sa frontière avec des fruits ou légumes, viandes, fromages, laits etc etc (consulter leur liste) provenant d’Argentine. J’ai donc vu certains de nos co-voyageurs mâcher avidement leur stock de fruits avant la frontière… (ayayayaya la descente aux intestins…) . Mais l’eau et les biscuits et pain sont permis! Cependant, nous, on n’avait rien prévu (parce qu’on était prévenu et on a pris le conseil au pied de la lettre) et en Patagonie, hein, Elodie et Bruno ne se sont pas dits qu’il n’existe PAS de restaurants de route, ou de fritkot au coin d’un virage. Résultat, on a faim! Et soif! Mais voici qu’arrive le passage en bateau du détroit de Magellan, avec peut-être la promesse d’une collation à bord…

Tout d’abord, je dois signaler que c’est là, exactement, qu’on s’est rendu compte du sens du mot « raffale » avant le mot « vent ». Ca soufflait déjà sévère à Ushuaïa mais ayayayaya, du côté chilien ça ne rigole pas du tout: j’ai cru que j’allais décoller direction l’eau à 0 degré avant d’embarquer… On nous hurle (à cause du vent) de nous réfugier vite-vite- dans les compartiments pour les passagers, chose faite mais on a toujours faim. Et voilà qu’apparaît une affiche signalant la présence de pain saucisse à bord. En cas de survie, je bouffe de la bête tant pis! (non non je n’exagère pas), nous voilà changeant de compartiment direction le pain saucisse. Et nous avons l’explication de pourquoi les marins à bord portent des casques et des gros manteaux: SPLACH les embruns poussés par des vents à 100km/heure s’abattent sur nos dignes têtes affamés… On s’en fout, vive le pain saucisse et la sauce mayo! On a même pris un coca parce que, et bien non, ils ne vendent PAS d’eau à bord. Je savais l’Amérique du Sud sous le joug Monsanto pour la plupart des pays mais là alors… Mais tant pis on a soif! Et le thé et le café (seules autres alternatives) ne nous rafraîchiront pas…
Tout ça pour arriver, après une étape à Puerto Arenas, à Puerto Natales, le soir à 21h. Nous comptons passer deux jours à nous reposer avant de nous diriger pour un trek de plusieurs jours dans l’admirable parc Torres del Paine, à trois heures de bus d’ici. Le vent souffle comme un fou et la pluie est possible à tout moment donc, nous aviserons ce que nous pouvons faire comme sentier…

La suite au prochain épisode, chers amis-famille, Hasta luego, ciao ciao!!

Photos:

Ushuaia

Parc Terra del Fuego

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