Thailande

Thaïland, Korp kun kra, korp kun krap!! (part 2)

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Et voici nos dernières journée en terre thaïlandaise! Nous revenons de Birmanie le 21 mars, le temps pour nous de nous poser une nuit à Bangkok, avant d’attraper un train le lendemain soir pour le sud et les plages magnifiques de Thaïlande!

Ceci est un article dédié à la glande, la farniente, la vie douce au fil de l’eau… Comme je sais que notre pays et ses voisins croulent sous la neige, je préfère vous prévenir… Ames jalouses et sensibles à l’hiver, s’abstenir! 😉

Vous êtes toujours là?? Bon. Vous l’aurez voulu! Je continue.

Le 22 mars, on a choisi notre plage, parmi une multitude d’autres, nous optons pour Koh Phangan. Pourquoi donc? Et bien tout d’abord car nous n’aurons pas le temps pour notre baptême de plongée, comme nous avions tout d’abord pensé le faire. Le PADI, que beaucoup de touristes viennent passer dans ce pays, ce ne sera pas pour cette fois-ci! En effet, il nécessite 5 jours de formations intenses avant de vous certifier apte pour la plongée en Thaïlande, suivi d’autres journées supplémentaires si vous désirez augmenter votre champ de plongée et votre profondeur. Ca fait rêver mais non, pas les sous et pas le temps, notre avion pour le Népal décolle le 30 mars et pour rien au monde, on ne manquerait ce départ pour l’Himalaya.  Alors, nous éliminons les îles qui se consacrent exclusivement à cela, au point de vous virer si vous ne payez pas de cours de plongée. Tel Kho Tao par exemple-du moins c’est ce que  relate notre guide du National Geografic et le lonely. Mais pas de panique, il y a plus que le choix! Ensuite, nous recherchons… le calme! Si, si, on y tient mordicus, on se persuade que c’est possible en Thaïlande, peu de touristes et un coin de plage presque UNIQUEMENT pour nous (comment ça impossible? Impossible n’est pas français, ni belge par ailleurs!)

On trouve des bungalows pas trop chers sur un coin isolé, au nord de koh Phangan. Bon, évidemment, la publicité se fait dans le lonely mais on se dit qu’on peut espérer moins de monde pour deux raisons principales:

1) Nous sommes en train de sortir de la saison haute.

2) Nous tombons en pleine période de full moon party. Au sud. Nous sommes à l’exact opposé, on peut donc espérer raisonnablement que les guindailleurs vont se ruer sur les bungalows au sud de l’île. Nous n’avions pas tout à fait bon pour ce coup là.

Bref, on réserve pour quatre nuits notre petit coin de paradis et le soir du 22 mars, c’est parti, on embarque- et ça fait longtemps- dans un train de nuit! Le train, ça nous manquait et nous avons choisi des couchettes car, après l’expérience de la Chine, nous avons compris que les nuits sont précieuses dans  un voyage au long cours, et donc, autant dormir plutôt que de rester assis et serré au milieu d’autres pauvres gens en troisième classe. Nous sommes toujours pauvres, certes, mais pas à ce point. Et bien nous en a pris parce que nous devons bien admettre que les couchettes de deuxième classe sont confortables à souhait! Le matelas le plus moelleux depuis longtemps et le luxe de regarder les étoiles, allongée sur ma couchette en écoutant ma musique n’a pas de prix pour moi, j’ai des souvenirs du transsibérien qui me reviennent, nostalgie russe que fais-tu là, au milieu de l’Asie? Par contre, pour continuer sur notre lancée birmane, l’arrivée est prévue à 4h25 du matin. Grr. Mais il n’y avait pas d’autre choix. Donc vlan, avec les autres blancs du train, nous sommes sur le bitume à l’heure plus ou moins annoncée.  Mais nous sommes immédiatement pris en charge-efficacité Thaï toujours- par des dames qui nous dispatchent dans les bons bus, en fonction des îles choisies. Une petite heure de bus et nous voilà à l’embarcadère, où nous attend un énorme cargo, qui naviguera jusqu’à Koh Phangan pendant deux heures et demi.

C’est ici que la magie de la mer de Thaïlande commence sa danse…

Ici, les eaux sont si claires qu’on pourrait presque se mirer dedans. L’eau et le ciel ne forment qu’une couleur suivant les heures du jour ou de la nuit… Les îles devant lesquelles nous passons, de loin, se dressent fières et rivalisent de beauté. L’horizon donne un éclat bleuté à tout ce qui l’entoure et si vous observez la surface de l’eau, vous y verrez, par dizaines, des éclats d’argents sautiller de ci de là… Les poissons sont nombreux et heureux par ici…

Nous sommes fatigués mais déjà heureux d’être là… Nous nous rendons bien compte que la full moon party du 26 mars attire une quantité certaine de bons fêtards mais on se dit qu’ils iront à l’opposé de nous… Et de fait, une fois à Koh Phangan, les trois quarts du bateau s’en iront vers le sud ( elles-sont-où-les-bières-et-les-autres-drogues) et nous partons en petit groupe de huit vers le nord, en touk-touk. Après cela, Bruno et moi sommes les seuls de la matinée à nous rendre encore plus loin, par petit bateau, vers notre plage qu’on espère déserte et magnifique. Magnifique, elle l’est, déserte mmmm, c’est presque ça. Les bungalows ne sont pas tous remplis (alléluillaaaaa) et les personnes qui sont ici, y sont pour les mêmes raisons que nous, en majorité: du calme et personne n’embête personne. Donc, nous adorons, bien entendu, cet endroit. Nous craquons et achetons un hamac – de toutes façons, ça fait trois mois que je fais des gros sous-entendus à Bruno sur les bienfaits d’un hamac- pour nous balancer devant la mer, qui est bien sûr au pied de notre bungalow…

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Aaaaaaaaah. Et c’est tout. Car nous n’allons presque pas bouger- excepté pour manger- de notre périmètre de plage. L’eau est délicieuse, le soleil tape dur, mais nous bénéficions d’un emplacement parfait, avec un grand arbre et même une balançoire (??) juste devant chez nous. Pas de balade dans la jungle derrière. Pas de plongée. Juste nager, dormir, lire, écrire et réfléchir. Manger et boire quand nous le voulons. Le seul bémol est l’arrivée, de midi jusque quatre heures de l’après-midi, des envahisseurs des autres plages- aux hôtels plus luxueux et au confort d’internet je présume- qui viennent squatter NOTRE (oui oui NOTRE) bout de sable, en débarquant par bateau et en poussant des cris. Je me sens l’âme d’une indigène au temps des colonisations « c’est-qui-ces-gens-j’aime-pas-leur-tronche-je-veux-qu’ils-dégagent ». Ca doit se voir sur mon visage parce que quelques personnes me regardent d’un air gêné et vont étendre leur serviette plus loin. Il faut dire que de mon hamac je les regarde sans sourire, en télépathisant très fort qu’ils me bouffent mon oxygène et mon paysage. Grr. Je suis à deux doigts de dresser les chiens de la plage pour qu’ils aillent les emmerder mais je n’en ai pas besoin, une femelle Louloute va s’étendre d’elle-même sur toutes les serviettes à proximité. Entraînant une réaction de hauts cris et de repli de jambes bronzées. Nierk nierk nierk. Oui, oui je sais c’est mauvais pour mon kharma. Mais tant pis. Bruno et moi devenons parfaitement asociaux et remarquablement sélectifs pour le partage des coins merveilleux de la terre. C’est l’effet Thaïlande. Je tiens d’ailleurs à préciser que nos voisins sont en majorité comme nous, ils s’effacent à ces heures-là, chacun dans son  bungalow ou son hamac.

Ceci mis à part, nos moments préférés sont l’aube, le crépuscule et la tombée de la nuit. Plus d’envahisseurs, plus de grosse chaleur, juste nous, les habitants des bungalows. Le matin, nous nous baignons seul dans l’immensité. C’est unique et merveilleux quand on sait le nombre de touristes dans ce pays. Le soir, les couleurs sont si belles que je me suis demandée si même un peintre de génie pourrait arriver à les enfermer sur une toile. Le dernier bain de la journée, aux lueurs mauves, bleutées et aux éclats d’argent, goûte une saveur toute particulière, mélange d’or de la journée et de noirceur étoilée.. . La solitude et l’immensité vous font comprendre qu’on est bien chanceux d’avoir cette planète et toutes ces merveilles naturelles, et d’en plus pouvoir en profiter. Les repas sous les étoiles, les balancements du hamac sous le vent, le clapotis des vagues qui vient lécher le sable… Merci la terre de nous offrir tout cela, malgré les égoïstes qui te peuplent et ne te respectent pas…

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Ce sont des heures douces, à la réelle saveur des vacances, que nous avons passé en cet endroit. Le soir de la pleine lune, nous avons admiré les jeunes en tenue de combat pour la nuit folle qui les attendait au sud de l’île. Ils sont revenus tôt le matin, bariolés de toutes couleurs et beuglant pour la forme mais ils sont vite rentrés dormir. C’était notre dernier matin et nous avons pu profiter d’une matinée exceptionnellement calme.

Et comme l’Himalaya nous attend, nous nous sommes extirpés de cette superbe plage pour revenir vers Bangkok, toujours par un train de nuit, au milieu des zombies de la full moon party. Une nuit bruyante mais plaisante, au milieu du fracas du train par les fenêtres grandes ouvertes, une lune orangée et un orage de nuages…

Nous sommes à présents fin prêts pour le Népal, un de nos grands rêves, une de nos destinations phares… L’Himalaya, que je connais depuis Tintin au Tibet…

Petit à petit, nous approchons également de la fin… Quand on est parti depuis 9 mois, deux mois et demi semblent petits, mais nous savons pertinemment que nous les remplirons de multiples endroits, d’amitié et de marche dans l’Himalaya… Que de rêves encore sur le point d’aboutir et d’endroits à respirer et à aimer…

Surtout avec vous qui me lisez et toujours, qui nous supportez…

Merci les amis-familles! On se revoit dans un mois, tout là-haut, tout là-bas!

Kho Phangan

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Thaïland Sawatdi Ka- Sawatdi Krap! (part 1)

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La première partie de notre séjour en Thaïlande se termine aujourd’hui, le 9 mars. Dans quelques heures, nous nous envolons pour la Birmanie, avant de revenir ici pour neuf jours, le 21 mars. Me voici donc déjà en train de vous conter nos deux premières semaines…

Le 25 février, c’est la fin du séjour en terre de la nature, en terre Laos. Nous embarquons, à 8h du matin, dans un mini-van qui nous mène jusqu’à la frontière, quatre heures plus tard. De là, nous traversons le fleuve sur une petite pirogue avant de nous retrouver en terre Thaïlandaise, en trois minutes, pif, un tampon par ci, paf un tampon par là, et voilà un visa gratuit de 15 jours pour le pays! Que l’entrée soit gratuite n’est pas pour nous déplaire et l’on se rend vite compte qu’ici tout est minuté, réglé, précisé, hop deux motobikes qui nous attendent (il faut préciser que nous avions déjà tout payé depuis Luang Nam Tha), hop ils nous emmènent jusqu’à la station de bus pour atteindre Chiang Rai, notre première étape, tout au nord. Bien bien tout ça! Nous prendrons un bus de locaux, ce que nous adorons. Oui c’est vrai il n’y a pas d’air co, c’est plus lent, et le bus roule toutes portes ouvertes mais on est les seuls blancs et on aime ça! En tout, le voyage en bus nous prend deux grosses heures et nous voilà débarqués, en milieu d’après-midi, sous une chaleur étouffante, sur le bitume de Chiang Raï. Heureusement (avantage de prendre les bus locaux plutôt que les bus pour touristes, déportés loin de la ville) nous ne sommes pas loin de notre hostel, en plein centre-ville. Et bien cette fois ça y est, terminé la nature, bienvenue en Thaïlande chers amis-famille!
Nos premières impressions sont… un gros choc! Après nous être reposés, nous sortons en début de soirée pour manger. Au bout de trois pas, je m’exclame tout haut « Nan mais on est revenu en Europe ou quoi?? », Bruno approuve, silencieusement. Déjà, un million de touristes blancs, tout frais, tout beaux au mètre carré. Ca grouille dans tous les sens, partout, tout le temps. Argh au secours. Ensuite, ooooh mais qu’est ce que c’est ça?? UN MAGASIN. Un vrai, tout beau, tout climatisé, et GRAND. Avec plein de produits utiles et (surtout) inutiles poussant à la surconsommation. Depuis le Laos, on nous avait vanté cette petite merveille qui s’appelle le « 7 Eleven ». Bon, tant qu’à faire, je craque pour du chocolat les jours suivants, ça fait plusieurs semaines que j’y pense. Et on trouve aussi les piles indispensables à nos lampes frontales et introuvables au Laos. Certes, retrouver un peu du capitalisme n’est pas trop mauvais, mais là c’est beaucoup d’un coup pour les deux petits êtres sortis de la jungle et de deux mois dans des pays pauvres, ayant le strict nécessaire pour vivre. (Hormis dans les capitales, fournies en chaînes de magasins aux produits du monde entier, mais du coup, excessivement chers). Même si on le savait, on s’en doutait et on le redoutait, ça fait quand même un peu mal d’y être. La tête toujours au Laos, au milieu de la jungle, nous avons donc procédé à une acclimatation en terre Thaï. Ici, c’est moderne, c’est développé, c’est grand. Le lendemain, nous partons donc à la découverte de la ville, boudée par les touristes qui fuient dans la nature alentour pour faire des treks. Vu le monde qu’il y a ici, on est bien content que notre trek se soit fait de l’autre côté de la frontière. Et nous avons donc Chiang Raï pour nous seuls, petits blancs, ou presque. En fait, ce n’est pas très grand, ce n’est pas très beau non plus, c’est une ville moderne! Emplie de motos à vendre, à louer, partout, mais clinquantes et flambantes neuves (ou en donnant une excellente impression), un marché de jour toujours sympa, au parfum local, et puis des temples à gauche, à droite, que nous nous amuserons à dénicher. Sinon, comme toutes les villes modernes, de la pub partout, des magasins partout, pour tout, sur tout. Oui, le choc est grand. Les deux jours suivants, je vais les passer à rédiger le blog pour votre plaisir de lire, et Bruno se repose, crevé par la jungle et ses chaussures de marche qui lui ont fait éclore une énorme cloche sous l’ongle de son orteil, douloureux pour lui de marcher dans ces conditions! Le soir, nous partons manger dans le marché de nuit, qui, comme tous les marchés de nuit, revêt ce parfum si unique de l’Asie et dont je ne me lasse jamais: des couleurs, des effluves, et des gens qui marchandent, qui papotent, qui mangent et boivent dans tous les sens. A Chiang Raï, il y a en plus une scène au centre du marché, où des groupes chantent ou dansent toute la soirée jusque minuit. C’est notre moment préféré, parce que c’est ici que je réalise soudain « Hééééé mais… (regardant les danseuses) elle, là c’est un mec!! », Bruno rigole et observe à son tour. Héhé, bienvenue au pays des « Lady Boy » les amis! Et wouahou qu’est ce qu’ils font ça bien!! C’est juste en prêtant attention aux traits du visage et aux jambes (parfois trop musclées) que l’on peut deviner… Après beaucoup d’hésitations… Que ah ben oui ça devait être un homme! Des dizaines de touristes les filment, blancs ou jaunes, se trémousser sur scène, au masculin-féminin! Quoi qu’il en soit, les deux soirs, le spectacle était sympa et les chanteurs pourvus de jolis voix!

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Chiang Rei
Le 28 février, on embarque dans un « green bus » direction Chiang Maï. En Thaïlande, point besoin de réserver trop à l’avance, il y a des bus toutes les deux heures, dans quasiment toutes les directions. Efficacité et modernité. Le bus met six-sept heures à arriver, cette fois-ci c’est un bus pour touristes (la distance est plus longue, pas de bus local), climatisé et télévisé. On récupère le rythme d’Asie, un arrêt toutes les deux heures, voire toutes les trois heures. Ca file après le Laos! Cette fois-ci nous sommes débarqués à l’extérieur de la ville, un touk-touk est donc indispensable pour nous rendre au centre-ville. C’est ici que je remarque, pour la première fois, que les conducteurs ne connaissent pas leur ville, en tout cas certains endroits. Dans les autres pays, quasiment tout le temps, le conducteur connaît votre guesthouse, l’endroit où vous vouliez vous rendre. Mais ici,non. Notre chauffeur, très gentil monsieur au demeurant, nous emmène bien dans le centre mais après il ne sait plus. Il tente d’appeler notre hostel, qui ne répond pas. Bon, pas grave, on est pas loin de toutes façons, on va trouver. Et on trouvera, après quelques errances (et énervements). La Thaïlande est vicieuse, ici, plein de petites rues cachées, de sens interdits, de demi-tour nous attendent. Enfin bref, modernité.

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Chiang Maï, nous allons y passer trois jours entiers. Tout d’abord, le premier après-midi, on se rend compte qu’on ne s’est pas assez renseigné. Nous étions en effet persuadés qu’une fois en Thaïlande, nous n’aurions aucun problème à demander une prolongation de visa jusqu’à la fin du mois, puisque notre première entrée gratuite s’arrête le 11 mars et que nous avons un avion réservé le 30 pour nous emmener au Népal (ahahahahaaaa, mais je vous réserve mon amour du Népal dans deux mois). Bref, la prolongation d’une vingtaine de jours et bien en fait c’est compliqué. Il y a deux ans, il était tout à fait possible de faire une demande de visa supplémentaire, à un coût normal, sans aucun souci. MAIS. MAIS. La Thaïlande attirant un certain type de tourisme, comprenez le tourisme sexuel, les choses ont changé. En effet, ces charmants (ou pas) messieurs, amoureux de ces charmantes (ou pas) demoiselles Thaï, ont tellement abusé sur les entrées et réentrées, voire des rerererererererentrées de visa en Thaïlande afin de subvenir aux besoins des demoiselles (et de combler les leurs bien sûr) que le gouvernement a sévi. Désormais, c’est 15 jours par voie terrestre gratuits et ensuite, si vous souhaitez rester encore, cela vous coûtera 40 euros pour 7 jours de rallonge. Aaaargh. Merci les mâles! Pour la peine, payer plus de 80 euros pour avoir le droit de rester jusqu’au 30, ça nous brise un peu les…nerfs et donc la décision s’impose: on s’en va! Et où? Et bien c’est tout vu, en Birmanie pardi! A force d’entendre tellement d’échos positifs sur ce beau pays, on regrettait justement de ne pas y avoir mis les pieds. On décide donc de nous rendre en Birmanie du 9 au 21 mars, retour avion à Bangkok où nous aurons à nouveau droit à une entrée gratuite de 30 jours cette fois, car nous revenons par voie aérienne. De plus, on sent bien que le décalage en Thaïlande par rapport aux autres pays est un peu trop fort pour nous, on a encore envie de respirer de l’air pur, de rouler sur des routes défoncées et de nous rendre dans des magasins de locaux où il y a tout et n’importe quoi à moindre coût. Nous sommes sûrement un peu injuste envers la Thaïlande, qui est porteuse de magnifiques paysages et de plages splendides, le problème c’est le tourisme et sa modernité. Je n’ai jamais vu autant de mâles en rut au centimètre carré. Souvent, en nous baladant, il n’était pas rare de ne voir QUE des mecs blancs dans les bars, avec une bière au comptoir, attendant la nuit et son cortège de filles. Je me suis demandée quel serait le pourcentage de mâles blancs célibataires (ou en tout cas seul en Thaïlande) comparé au reste de la population. Je suis sûre que le chiffre dépasserait ce qu’on peut imaginer. Enfin bon, on le sait depuis toujours, mais rien ne prépare vraiment à ce qu’on va voir d’un pays, même si on a beaucoup lu ou entendu de choses à son sujet avant de s’y rendre. Le décor de mâles et de joli(e)s Thaï excepté, Chiang Maï est une charmante ville.

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Nous nous baladerons le premier soir dans le centre, assistant au coucher du soleil tout en déambulant dans les rues parsemées de petits restos, de petits magasins et des temples, de nouveau à profusion! Ils sont toujours d’une exceptionnelle beauté et en Thaïlande, on peut sentir la richesse du pays, supérieure à celle de ses voisins, juste en les observant. Les bouddhas d’or sont légions, l’or lui-même semblant être le matériau premier pour tout lieu de culte. C’est vraiment magnifique, la lumière du soir aidant, on se sent toujours envahi d’une paix tranquille lorsqu’on se promène dans ces lieux spirituels. Le lendemain, nous allons poursuivre nos explorations, de temple en temple, jusqu’au marché de jour de Chiang Maï et ensuite nous reviendrons dans le centre, accablé par la chaleur qui se fait de plus en plus insistante au fil des mois qui passent. Après une petite pause dîner, nous reprendrons la direction d’un des temples les plus éloignés du centre, curieux car personne, ou presque ne s’y rend. De fait, nous n’allons pas croiser de blanc, nous passons par les quartiers Thaï et ça fait du bien, comme toujours, de se sentir dans le côté local, avec les enfants qui sortent des écoles, les échoppes de nourriture à tous les coins de rue, les gens qui vous dévisagent « Ils se sont perdus?? » mais qui vous sourient, les voitures qui vous frôlent parce que les trottoirs ça n’existe pas (ou ils sont tellement étroits qu’ils ne servent à rien) et enfin le voilà ce sacré temple. Tiens en fait, il n’a rien de particulier à moins que… déjà,il n’y a pas un blanc. Juste les moines qui vaquent à leurs affaires et c’est aussi la première fois que je remarque deux choses: la première, ce sont des écriteaux sur les arbres, reflétant la philosophie Thaï et la seconde, c’est l’accès d’un temple interdit aux femmes. On serait donc dans un lieu beaucoup plus strict et filtrant le tourisme. Intéressant comme toujours lorsqu’on découvre des nouveaux pans de culture. Et non, je ne me suis pas déguisée en « boy lady » pour entrer dans le temple, je l’ai scruté de loin lorsqu’un moine y est entré. J’ai vu Bouddha. Je l’ai déjà vu ailleurs et le reverrait encore, ça va tant pis si celui-là ne veut pas de moi! Le reste de notre soirée se passe paisiblement dans un petit resto et puis au dodo!

Car le lendemain, nous avons programmé une journée très attendue, la visite au « Tiger Kingdom » la place des tigres d’Indochine! Ce n’est pas à proprement parlé un zoo, car il n’y a que les tigres qui y vivent, mais ils sont enfermés (évidemment). Le point extraordinaire c’est que les touristes sont autorisés à entrer dans les enclos pour les voir, les toucher, leur faire de gros câlins et même des bisous. Agagaga, on y vaaaaa! Nous voilà sur la route, en motobike à deux têtes comme d’habitude. Bruno prend de nouvelles habitudes: ici, on respecte le code de la route (ils démarrent à peine 5 secondes avant le vert et ne brûlent les feux rouges que modérément, oui c’est normal comme chez nous quoi! Comment non? Personne n’a jamais observé le trafic?) et surtout, on roule à gauche! Et bien à gauche parce que toi, petit motobike à deux têtes, tu n’es rien du tout au milieu de toutes ces voitures et ces énormes camions (je hais les camions, c’est haut, c’est grand, ça pue et tu ne gagnes jamais contre eux!). Prudence donc, mais Bruno s’en sort très bien. Et vers 10h30, en ce matin chaud, nous y voilà, au royaume des félins! L’entrée est chère mais le félin est un animal rare et précieux en ces lieux donc, on ne rechigne pas. Nous optons pour le package à trente euros: visite des petits (1 mois et demi et trois mois et demi), des « ado » (15 mois) et ensuite les « big cat » (miaou ils ont 22 mois).

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Et bien allons-y! D’abord, les petits! Nous avons droit à une vingtaine de minutes par cage, il y a énormément de monde qui vient pour les voir et il ne faut pas être trop nombreux à la fois. Donc pendant 20 minutes, nous voilà en train de gagatiser devant les petits, endormis pour la plupart (les félins ça dort le jour et ça vit la nuit!) mais que nous chouchoutons quand même. Les soigneurs sont très gentils et essayent de faire obéir un petit, bien réveillé, pour qu’il pose sur la photo en notre compagnie mais bébé-chat n’en a cure et n’en fait qu’à sa tête. Il a bien raison et nous, ça nous fait bien rire. Ils sont tellement beaux et c’est tellement extraordinaire de pouvoir profiter de leur compagnie que nous n’avons pas besoin de poses photos. Les règles à respecter sont simples: on ne touche pas la tête, on ne les approche pas de face (ils pensent sinon que vous voulez jouer. Je suppose que personne n’a envie de jouer avec un tigre…) et il ne faut pas laisser les bébés jouer avec vous. Les soigneurs sont très attentifs. Nous poursuivons avec les ados: ils sont déjà, hum, hum, beaucoup plus gros… Mais pas de soucis, on est bien entouré, le personnel est super sympa et nous les présente, ils sont tous de la même famille par enclos, et du même âge quasiment. Seul, un ancêtre tigre de quatre ans est dans une cage à part et j’ai bien l’impression que lui, personne ne peut l’approcher à part le personnel… Mes vieux souvenirs du « Livre de la Jungle » me reviennent en mémoire avec Serkan, le méchant tigre… Mais celui-là repose, pépère le long du grillage et je vais donc tenter un brin de causette avec lui. Il n’a pas l’air offusqué que la misérable petite humaine que je suis ose converser… mais le grillage nous sépare et je suppose qu’il y a une bonne raison à cela! Enfin, nous terminons par les gros gros chats. Et oui, wouahou, ils sont grands. Et gros. Et avec de graaandes dents! Mais ils se comportent comme des agneaux, étendus à l’ombre et dormant comme des bienheureux. Bruno va d’ailleurs sympathiser, il en caresse un, qui, manifestement satisfait, se retourne sur le dos (poussant Bruno par la même occasion qui manque de s’étaler trois mètres plus loin ahahaha) afin donc que les câlins-gratouilles puissent continuer sur le ventre (endroit préféré des mammifères).

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Bruno obtempère donc (vous avez déjà essayé de dire non à un tigre? Nous, on oserait pas!)et gros tigre va d’ailleurs rester dans cette position, assez loufoque, pendant tout le reste de la visite. Un panneau « gratouilles SVP messieurs-dames » à ses côtés aurait été le bienvenu je pense…

Enfin, cette grosse heure à leurs côtés nous a rendu heureux commes des enfants. Nous décidons donc d’encore profiter de leur présence, si belle et majestueuse, en mangeant au restaurant de l’endroit, qui donne sur les enclos. Nous allons donc encore les observer pendant quelques heures et nous aurons le plaisir de les voir jouer avec les soigneurs, courant, sautant, éclaboussant tout le monde, fiers et tellement puissants qu’on ne peut qu’ être heureux que l’humain soit un ami pour eux. Bref, c’est une journée magique, bien que, bien sûr, on aimerait qu’ils possèdent plus d’espace pour vivre. Nous espérons de tout coeur que l’argent que les touristes versent à l’endroit servira à l’améliorer, l’agrandir.

Chiang Mai

Les tigres
C’était notre dernière journée à Chiang Maï. Le lendemain, nous embarquons pour une longue journée de bus jusqu’à Bangkok, où nous débarquerons à 20h. Nous savions déjà que Bangkok est une ville à buildings, où l’économie bat son plein mais olàlà,… Je pense réellement que c’est en voyageant que l’on se rend compte où l’on peut vivre ou pas et Bruno et moi, nous sommes d’accord pour dire que ce ne sera jamais dans une grosse ville. Et Bangkok en est un exemple parfait: tout y est plus cher pour commencer, nous peinons à trouver une guesthouse correcte à 15 euros, alors que la moyenne du pays est de 10-12 euros. Ensuite, mentalité des grandes villes, on arnaque le touriste! Les chauffeurs de taxi, les touk-touk proposent trois fois le prix normal d’un Thaï et si vous n’êtes pas d’accord, pfuiit ils disparaissent. Ca nous énerve. Ca nous exaspère. Mais c’est comme ça. Nous allons nous y poser une semaine, trois jours pour recevoir notre visa pour la Birmanie, et trois jours pour explorer. De plus, Bruno est fatigué, nous bougeons sans cesse et il est vrai que parfois, on souhaiterait pouvoir rester plus d’une semaine au même endroit. Même si Bangkok n’est pas du tout notre endroit préféré, c’est d’ici que nous décollerons pour la Birmanie, donc, autant prendre la peine de l’explorer! Le premier jour, nous déambulons à pied, en nous perdant principalement, on avait oublié à quel point les rues peuvent être en cul-de-sac, ou bloqué pour raisons de travaux, d’espaces privés etc etc etc… On passera par ChinaTown- et vraiment vraiment, je nous croirai de retour à Pékin-et ses alentours, cette ville est immense, grouillante de monde, et du bitume partout, tout le temps. Nous sommes tellement habitués à la nature que cela nous fait mal au coeur mais c’est ainsi. Pour nous redonner confiance en Bangkok, le lendemain nous décidons de nous rendre au Royal Palace, le lieu le plus touristique, abritant les anciens bâtiments des rois passés, et surtout la pagode et son Bouddha d’Emeraude, hautement sacré et pour lequel de nombreux bouddhistes se déplacent. Une fois encore, l’entrée est chère (l’équivalent de 10 euros) mais le site est immense. La première impression lorsqu’on passe la première porte c’est « Oh ben dis donc, on se croirait à DisneyLand, il est où le SpaceMountain? ». Déjà par le population, blanche, jaune et nombreuse et surtout par l’explosion de couleurs, qui vous en met plein la vue, accompagnée des parures de pierres précieuses et d’or qui ornent presque tous les bâtiments. Nous allons passer presque trois heures dans l’ensemble du site, une visite obligatoire au Bouddha d’Emeraude, il est si petit, drapé dans sa tenue d’hiver (oui, oui il possède trois vêtements selon les saisons chaude- pluvieuse-hivernale, et tout changement se fait en la présence Royale avec une grande cérémonie), si petit disais-je au milieu de ce temple immense et pourtant nous avons sous les yeux un des Bouddhas les plus respectés de toute l’Asie et pour lequel les Laotiens et les Thaï se sont beaucoup battus.

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Hormis Sa Divinité Bouddha, on se balade entre les différents bâtiments, les temples à proprement parlé, le bâtiments où repose les cendres dans anciens souverains- facile à retenir, Rama 1, Rama 2, Rama 3, Rama 4- la salle des archives, le Panthéon. Plus loin, nous voilà devant l’ancien Palais, immense et abritant aujourd’hui le Musée des armes (qui nous intéresse moyennement), et encore deux salles dont la Royauté se sert encore en de rares occasions, pour le couronnement par exemple.
Après cela, nous dirigeons nos pas jusque Wat Pho, le seul temple que nous visiterons à Bangkok. Il est réputé pour abriter le plus long Bouddha couché (et donc en état d’Eveil) de Thaïlande, 45 mètres de long, avec des immenses pieds où sont gravés les 108 états de Bouddha. Le temple est, comme d’habitude, entourée de Stupas, et de lingam. Les Stupas sont à l’effigie des quatre rois. En effet, si les sites sont aussi grands, c’est parce que chaque roi a fait construire son propre bâtiment, à peu de choses près.

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C’était donc une journée haute en couleur et en bouddhisme. Les autres jours, nous nous rendrons au Parc Dusit, dans le quartier Royal et du Parlement (on voit des militaires partout) afin de visiter la plus grande maison en tek du monde, la résidence principale de la famille Royale auparavant. C’est très réglementé, pas de photos et il faut suivre les sentiers fléchés! Ensuite, une petite visite au musée de la joaillerie, du textile et où trône… l’ancien trône royal! Nous aurions bien voulu visiter l’actuel bâtiment où se déroule les cérémonies aujourd’hui mais je n’étais pas en jupe et les femmes doivent être en jupe pour entrer (un peu énervant quand on sait que 1) je n’ai pas de jupe et 2) je suis couverte des épaules aux pieds dans mon pantalon et mon écharpe mais l’étiquette c’est l’étiquette) donc on ira pas, je n’ai pas envie de m’acheter une jupe juste pour cette occasion, tant pis!

Pour clore Bangkok en beauté, nous passerons une journée shopping dans le quartier commercial de Bangkok. Il est en fait un de nos coins préférés car il y a plus d’espace, des escaliers en hauteur sont construits partout pour vous aider à traverser et on peut s’y balader sans risque de se faire écraser ou bousculer (quasiment ça dépend les endroits bien sûr!).
Et le 9 mars, nous voilà fin prêt pour la Birmanie, notre coup de coeur pour 12 jours qui seront bien remplis!
On s’y voit les amis-famille! A bientôt!

Bangkok

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Catégories : Thailande | 3 Commentaires

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