Vietnam

Cam on Vietnam…It was the middle of the way…

Notre deuxième mois au Viêtnam se termine, me revoici trente jours en arrière pour vous conter la seconde partie de nos aventures au pays des chapeaux pointus, des  » Hello hello you, motobikes?? »ou encore » motoboats?? », des « Hello hello you buy something for meee my friend?? » « Hello, you want easy rider (traduction: conducteur de moto qui vous emmène partout dans la nature du Viêtnam)?? Don’t be lazy be crazyyyyyy! » (à cinquante dollars la journée t’as intérêt à l’être crazy!) 🙂 et tant d’autres phrases types qui font partie des couleurs si belles de ce pays…

DSCF2174 (1024x768)

Nous nous arrêterons à Hoi An pour quatre jours. C’est une petite ville, bordée par un fleuve et la mer de Chine n’est qu’à dix minutes en bicyclette, une petite ville extrêmement charmante, jolie, comprenant un vieux centre historique, mais malheureusement bondé de touristes (j’ai déjà dit que « vieux » signifie » touristique »). Les vieilles maisons de couleur jaune sont la plupart du temps reconverties en magasins, en échoppes mais ne perdent cependant pas de leur beauté, tout au plus leur authenticité. La particularité de Hoi An réside également dans ses lampions, qui illuminent le centre de la vieille ville chaque soir, excepté les soirs de pleine lune. Le premier soir, nous ne les verrons pas, traînant aux alentours de notre hostel durant la soirée. Mais les jours suivants, nous ne manquerons pas de nous attabler en plein centre, afin de ne rien manquer de la magie des lampions, les uns après les autres, s’illuminant dans la nuit qui s’avance, autant de petites lucioles aux multiples couleurs qui font tout le charme de cette ville…

DSCF1605 (1024x768)

Durant deux jours nous prendrons énormément de plaisir à déambuler dans tout le centre, longeant le fleuve, les petites ruelles moins fréquentées… Nous prendrons également un tour vers « My son », je sais que vous allez le prononcer  comme tous les occidentaux anglophones mais ce n’est pas le cas, « My son » se prononce « Me sun » en gros (ne me demandez pas plus de précision sur l’accent viet qui est bien plus compliqué qu’on ne le pense et qui de plus varie en fonction des régions, voire des villes!) et signifie « Belles montagnes ». C’est un site protégé par l’UNESCO (encore) comprenant les restes des temples de la tribu des Chams, qui ont peuplé l’endroit du 10ème au 13ème sièce. D’inspiration indonésienne, ces temples étaient d’une très grande beauté, consacrés strictement à la prière et situés en plein coeur de la jungle vietnamienne.  Les différentes guerres firent de ce lieu un endroit déserté et à l’abandon pendant de nombreux siècles et ce n’est qu’en 1885 que des explorateurs français découvriront l’endroit. Parmi eux, Henri Parmentier qui va délimiter l’immense site en cinq groupes distincts (A B C D E). Lorsque Parmentier découvre l’endroit, les temples sont intacts, il y en a une soixantaine. Les années suivantes, les Français pilleront les temples et ses richesses, décapitant les statues, les enlevant de leur socle sacré et creusant partout afin de déterrer l’or et les bijoux que les Cham consacraient au Dieux. Lorsque les Français seront finalement jetés dehors à la fin de l’Indochine, ce sont les Américains qui prendront le relais, bombardant le site car celui-ci servait de repère aux VietCong (car situé en plein coeur de la jungle). Notre guide nous précisera tout de même que les Américains ignoraient qu’ils bombardaient un site historique, c’était la guerre et chaque patrie faisait ce qu’elle avait à faire. Lorsque nous visiterons le site, il ne reste plus qu’une dizaine de temples et quelques statues, la plupart décapitées. Le travail de l’UNESCO permet la restauration des lieux mais cela prend du temps. Les chercheurs ont également mis à jour des morceaux de statues, des stèles réunis dans une pièce. Le point très particulier des temples réside dans son architecture, aucune pierre n’a été cimentée ni scellée à une autre. Les Cham avaient une technique secrète pour les empiler, certains pensent qu’ils utilisaient du sucre de canne. En réalité, personne ne le sait vraiment et lorsque nous observons de près, nous remarquerons effectivement l’énorme différence entre les parties d’origine et celles restaurées. Les restaurées sont bien plus grossières!  Mais ne vous méprenez pas, c’est une endroit que nous avons trouvé magnifique bien que chargé comme toujours de touristes. Nous sommes conscients d’en faire partie mais il existe quelques différences entre certains d’entre eux et nous, je m’exprimerai dans une autre rubrique sur le sujet.

DSCF1661 (768x1024)

Notre guide nous expliquera également les croyances de l’endroit, comme celle en le dieu Shiva,dont on peut débattre longtemps sur le sexe véritable et qui serait en fait mi-homme mi-femme, ambivalence parfaite du Dieu, et… l’incontournable lingam! Le lingam, présenté d’un ton fallacieux par notre mâle de guide est, pour les novices, un phallus fièrement brandi vers les cieux, associé à Shiva et sa puissance créatrice! Il est plus grand et plus vrai que nature, tout en pierre posé devant un des temples de My Son et représente le pouvoir de la Vie avec un grand V! Nous avons beaucoup ri devant l’invitation du guide à introduire le sexe de chacun des mâles présents dans le trou au milieu du lingam, sexe qui devrait, selon la croyance, devenir plus gros et plus efficace par la suite! Pour les femelles, caresser le lingam à son sommet devrait apporter beaucoup de plaisir par la suite… Mais non, personne ne se soumettra à l’expérience, l’être humain devient plus timide avec le temps… (ou honteux??:-)) )

Nous reviendrons de l’excursion en bateau, moment bien agréable car nous nous arrêterons sur le chemin pour visiter une petite île où les habitants travaillent le bois, afin d’en faire les magnifiques statues que chacun peut admirer dans les temples, dans les maisons, partout en Asie et ailleurs dans le monde. Bref, nos journées à Hoi An se sont déroulées très agréablement, en général.

Hoi An

My Son

Du neuf au onze décembre, nous bronzerons à Nha Trang, notre première plage depuis longtemps. L’endroit est splendide, plage de sable blanc et de cocotiers, c’est la première fois que je me trouve sur une plage comme celle-là et je ne cesse de m’en émerveiller! Nous irons nous baigner, à nos risques et périls car ici, les vagues font facilement deux à trois mètres de haut. Il est intéressant de constater que la plupart des femmes (dont je ferai partie) scrute la mer pendant quelques minutes, cherchant la faille pour entrer dans l’eau sans se faire retourner par les vagues. La plupart renonce, les autres tenteront l’aventure… et se feront avoir, si ce n’est pas en entrant, c’est en sortant. J’y ai perdu ma bague mais pas mon maillot, heureusement! Bru, lui, comme la plupart des hommes, va s’amuser énormément à plonger dans les hautes vagues, disparaissant, réapparaissant et ce pendant des heures!

DSCF1810 (1024x768)

Le cocasse de Nha Trang… ce sont les Russes! On ne les a plus vus depuis la Russie et ici, les voilà qui réapparaissent à foison, les menus des restaurants et les enseignes des magasins sont même traduits en Russe pour leur plaire (car ils ne parlent pas ou ne veulent pas parler anglais). Ils sont présents sur toute la côte Est du Vietnam, le lac Baïkal est trop froid en cette saison, leur zone de vacance c’est donc le Viêtnam. La plupart ne viennent d’ailleurs pas chercher que du soleil mais également du « boum boum » avec les jeunes prostituées vietnamiennes. Business business…

Le dernier soir, nous allons un peu « craquer » notre budget et nous payer un restaurant sur la plage, prix à l’européenne, vue imprenable et très bonne nourriture, quoi qu’un peu avare en fruits de mer! Mais de temps en temps, s’offrir un caprice fait du bien quand on voyage en budget serré et nous ne le regrettons pas!

Nha Trang

Le douze décembre, nous rentrons dans les terres, direction Dalat et son micro-climat. Depuis Hué, nous flirtons avec les quarante degrés, heureusement la côte apporte son lot de vent et de rafraîchissement. Cependant, Dalat est une exception. Entourée de vallées, cette ville vit sous 25 degrés maximum en cette saison. Et nous allons adorer l’endroit. La ville en elle-même est sympathique, de plus, à l’approche de Noël, les guirlandes, les pères Noëls, les sapins fleurissent dans  tous les coins, pour le plus grand bonheur de nos yeux! Nous nous sentons dépaysés à admirer toutes ces décorations sous trente degrés et plein soleil mais… on n’va pas s’en plaindre! Le premier jour, nous nous baladerons dans la ville, tranquilles et détendus… Un petit tour jusqu’à la pagode (pour rappel, une pagode est un temple) qui est superbe et surtout si calme… En pleine agitation urbaine asiatique cela fait du bien! Le lendemain, nous poussons la balade plus loin, nous rendant à la résidence d’été de Bao Dai, dernier empereur du temps des Nguyen et exilé en France au début de la guerre. La résidence est immense, le jardin également. Lui et sa femme ont eu cinq enfants, dont certains vivent encore. Le trajet jusque là est pourvu de curiosités: Dalat, de part son micro-climat, bénéficie d’une température idéale pour la floraison et les plantations autre que les rizières. C’est ainsi que le chemin est coloré de fleurs, d’arbres…et de maisons au style colonial français! Ici, tout n’a pas été détruit et dans certaines rues, on pourrait presque se croire dans le sud de la France, avec ses riches villas et ses rues hautes en couleurs! C’est déconcertant et charmant de couleurs tout en fleurs! L’après-midi, nous ferons le tour du lac de Dalat, 7km tout de même ce n’est pas mal pour une étendue d’eau! Le temps se fait gris souris, il pleut, décidemment cet endroit nous rappelle notre pays! Nous irons nous réfugier dans notre QG, un charmant petit restaurant pas cher au doux nom de « Chocolat »!

DSCF2209 (1024x768)

Le lendemain, nous partons pour un tour guidé à deux seulement avec un guide, cela fait du bien! Et ce sera une journée passionnante, notre guide nous emmène tout d’abord dans les serres de Dalat, nous fait découvrir les différentes sortes de roses et la façon de les cultiver. Ensuite, direction les plantations de café! Hé oui, ainsi que nous l’apprenons en ce jour, peu d’Européens le savent mais le café du Vietnam est un des meilleurs au monde, les occidentaux font malheureusement trop souvent l’amalgame avec le café Colombien (bien aidé par la publicité des grandes marques…). Sachez donc, messieurs-dames les caféophiles que le « Robusta », « Arabica » existe en version vietnamienne. Le café le plus cher du monde se cultive ici, le « Weasel ». Qu’est ce qu’un weasel? Et bien il s’agit d’un petit animal, rongeur, qui s’empare des graines de cafés et les mange. Lors du processus digestif, la première écorce de la graine disparaît. Lorsque la graine ressort de manière… postérieure si je puis dire… elle est dépourvue de la première couche et les humains peuvent ainsi l’utiliser pour en faire du très, très, très bon café! Selon notre guide, le café Weasel se vend à plus de 100 dollars le kilo! Ici, au milieu des plantations, nous allons en déguster une tasse…à 50000 dongs la tasse, ce qui fait l’équivalent de 2 euros! Mais notre argent part aux cultivateurs et dans ce genre de cas, nous ne refusons pas de payer un prix excessif. Depuis la baie d’Halong, je bois du café très fréquemment, le meilleur selon moi est le café crémé glacé, un délice, un vrai dessert à moins d’ un euro! La crème du fond est semblable à la crème Nestlé en tube que l’on trouve chez nous. Je pourrais en avaler un pot entier tellement c’est addictif chez moi!

Ensuite, direction les récoltes de criquet! Pour la petite histoire, le propriétaire de cet endroit a découvert que les criquets se mangent à la fin de ses études. Il ne savait pas quoi faire et a donc pris le chemin du Cambodge pour trouver du travail. En passant la frontière, il a découvert que les Cambodgiens mangeaient les criquets. Sans hésiter, il a fait demi-tour et a ouvert un commerce de criquets au Viêtnam. Bien lui en a pris, il a vite acquis une renommée et aujourd’hui, il fournit tous les restaurants de la région! Nous allons y goûter et, avec une petite sauce piquante, cela donne un excellent en-cas, semblable à des chips! Nous visiterons ses ateliers, incroyable pour nous car en Europe, personne ne penserait à cela, des récoltes de criquet mais pour quoi faire?? Les manger, bêêêêêh!

Après cet interlude culinaire original, nous voilà en route pour une usine de fil de soie! Très intéressant pour nous, nous voilà au parfum de la soie! Les vers à soie sont triés, tissés par des femmes à la chaîne, travaillant très vite et avec beaucoup d’efficacité. Nous nous baladerons parmi elles, nous qui avons toujours peur de déranger, elles n’en ont cure, trop concentré sur leur travail. Les fils de soie défilent à une vitesse impressionnante, tissés ensemble par centaines et ensuite brodés de couleurs selon des modèles prédéfinis. Cela donne à la fin ce que tout le monde peut admirer dans les différents magasins de soie, de magnifiques vêtements…

Après cela, direction les chutes d’eau, communément appelées « Elephant Waterfall » par ici, car les rochers rappelleraient la forme d’un éléphant… Parfois, nous restons sceptiques devant l’imagination asiatique mais c’est tellement drôle qu’on en redemanderait presque! Après s’être rafraîchis quelque peu, nous irons visiter l’énorme pagode de l’endroit, les temples sont toujours beaucoup plus grands et impressionnants à l’extérieur des villes, et nous irons honorer l’immense « Happy Bouddha » qui trône dans le jardin en compagnie d’autres divinités. Personnellement nous l’avons trouvé bien sympathique ce bouddha au grand sourire, nous sommes restés quelques minutes ébahis devant son immense panse et ses graaaaaandes oreilles!

DSCF2409 (1024x768)

Ensuite, nous reviendrons dans Dalat même, en passant par les vallées qui cernent la ville. Le paysage alentour est encore une fois magnifique, de la verdure, des collines, des ravins surplombant des rivières… Qui a dit que le Vietnam ne valait pas la peine? Nous ne sommes pas d’accord et si nous revenons un jour, ce sera pour louer une moto et traverser ce pays par nos propres moyens maintenant que nous avons vu ces endroits, nous y reviendrons avec plaisir, mais en fuyant certains touristes!

L’après-midi, après avoir dîné dans un restaurant légèrement trop cher à notre goût (mais nous n’avions pas le choix, dans les tours guidés ils sont souvent en partenariat avec les restaurants et la nourriture n’est que très rarement comprise dans le prix du tour, bien entendu), nous nous rendons à l’ancienne gare de chemin de fer de Dalat. Nous voilà au milieu de locomotives du temps des colonies, c’est assez rigolo et Bruno, comme la plupart des hommes et comme tous les Sheldon du monde (ceux qui regardent la série « The Big Bang Theory « me comprendront;-) ) se prend de passion pour le fonctionnement du train et s’amuse comme un petit fou! Nous sommes entourés de touristes asiatiques et de jeunes mariés. La mariée est en vert, quelle drôle d’idée, et ils posent devant les trains. Pourquoi pas! Une ligne fonctionne encore pour les touristes qui le souhaitent, Dalat-jusqu’à-un-petit-patelin-dont-j’ai-oublié-le-nom, qui permet de faire un tour dans les alentours de la ville.

Pour finir, nous terminerons par « The crazy house », un architecte hurluberlu s’est pris de passion pour un espèce de mélange d’architecture Dali-Gaudi et a construit une guesthouse tout en courbes, escaliers fous, chambres-grottes, bref un endroit « crazy », qui est pour l’instant en rénovation et qui se visite donc en majeure partie. C’est vraiment rigolo de se balader dans cet endroit, en plein milieu du Vietnam, cette ville a résolument un accent européen tout en sachant préserver l’authenticité vietnamienne. Nous rentrerons absolument ravis de notre journée. Dalat est définitivement un endroit où nous souhaiterions retourner. De plus, leurs légumes sont délicieux, toujours grâce au climat, le paradis des végétariens!

Dalat

Le lendemain, hop, direction MuiNé et la côte une fois de plus! Nous n’y resterons que deux petites journées car nous y reviendrons plus tard, en compagnie de ma bande de Vietnamiens occidentaux: Thuy An ( Twitwi pour les intimes), Cuong et Tra-Mi. La côte, c’est la côte, mais MuiNé c’est LA côte des occidentaux et il y a plus de blancs que de jaunes au m2. Nous nous poserons sur la plage, admirant les KiteSurfeurs faire leurs pirouettes en l’air avant de filer le long de l’eau comme si c’était élémentaire… Cela donne un joli paysage, ces planches à voiles et ces kitesurfs, glissants, voguants, sautants sur les vagues jusque loin à l’horizon… Si MuiNé est réputée chère car attirant tous les blancs, c’est pourtant l’endroit où nous avons dormi et mangé pour presque rien! Il existe un seul restaurant pour locaux et touristes (les autres sont des restaurants chers pour blancs riches) et c’est là que nous souperons les deux soirs, ici les prix sont réellement bas et la nourriture très bonne. Quant à notre hostel, nous dormons dans un bungalow à 12 dollars, déniché après avoir marché pendant 15 minutes dans la rue des hôtels de luxe. Les vraies petites perles se cachent toujours mais quand on cherche, on trouve!

Sur la plage ensoleillée...

Sur la plage ensoleillée…

Mui Ne

Le 17 décembre, en route pour Saïgon ou HoChiMinh city comme vous préférez… Nous y resterons jusqu’au 20 décembre, date à laquelle nous rejoignons nos amis à Phan Thiet, le long de la côte, à 20 kilomètres de MuiNé.

Saïgon est une drôle de ville. Nous avons été un peu surpris en y arrivant le soir, d’y découvrir moults buildings, à l’image des grandes villes économiques. Si Hanoï est la véritable capitale de coeur du Vietnam, Saigon en est le poumon de la finance, ici ça « trade » ça « transfer », bref ça vit au rythme de l’argent et des transactions mondiales mmmm tout ce que Bru et moi fuyons… Nous allons donc nous balader pendant une journée pour dénicher les petits trésors du « district 1″… donc le « quartier touristique ». C’est sympathique en fait, nous déambulons le long de routes larges et bétonnées, devant l’Opéra, le célèbre Hotel Continental (qui apparaît apparemment dans le film « A quiet American » que nous n’avons pas vu…), devant la cathédrale Notre-Dame (oui oui Notre-Dame est à Saigon!), nous passerons par le marché intérieur, dont nous ressortirons tout aussi vite, je me fais agripper le bras tous les dix mètres pour essayer une chemise, un pantalon, des bijoux raaaaah noooon je-n’ai-pas-de-sous! Courage, fuyons!Le trafic ici concurrence solidement celui d’Hanoï, à chaque traversée de rue c’est la bataille, le but ultime, final étant d’arriver en un morceau et sans provoquer d’accident de l’autre côté! Saïgon possède peut-être de très larges trottoirs mais si vous pensez que vous y êtes en sécurité détrompez-vous! Ici, le piéton a toujours tort et les deux roues grimpent et fusent sur les trottoirs sans vergogne. Evidemment, s’ils vous écrasent, ils sont dans leur tort, mais cela vous fera une belle jambe! (Pour peu qu’ils vous en restent encore!)

Le deuxième jours, nous nous baladons tout aussi tranquillement jusqu’au Musée d’Histoire de la ville, excentré quelque peu du quartier des touristes, cela nous prendra une grosse heure pour le rejoindre. Et croyez-nous, une grosse heure sous la canicule cela vaut pour trois petites heures de marche par temps frais!Ce musée-ci retrace l’histoire des invasions chinoises et des heures de gloire de la dynastie des Nguyen, qui a petit à petit donné au Vietnam son indépendance et sa force, jusqu’à l’arrivée des occupants français. La Chine envahira le Vietnam durant plusieurs siècles, dont le point de départ se situe des centaines d’années avant l’an 0 ou l’année du Christ pour les catholiques. Toujours aussi intéressant, nous avons le sentiment d’avoir fait un beau tour d’histoire du Vietnam! Nous comprenons donc pourquoi dans certains endroits, certaines pagodes, existent toujours les caractères chinois. Pourquoi aussi la nourriture et certains pans de culture Vietnamienne sont empreints de « traits culturels chinois ». D’aucuns critiquent cela, nous, nous trouvons plutôt qu’après quelques siècles de domination chinoise, ils s’en sont très bien sortis,  ils ont réussi à dégager une identité, un alphabet, une nourriture, bref toute une culture propre au Vietnam. Qu’il reste des traces d’un lourd passé est inhérent à chaque pays, chaque présent s’inspire du passé pour se tourner vers l’avenir paraît-il non? Et dans la tradition bouddhiste, passé-présent et futur sont toujours intimement et étroitement liés. Nier l’un ou l’autre reviendrait à fausser toute l’équation de la Vie.

DSCF2818 (1024x768)

Pour le reste, nous irons nous réfugier près du palais de la réunification pour boire un jus de fruits bien frais car il fait réellement étouffant. Le palais de la réunification est un ancien bastion de la guerre, qui abritait tous les ressortissants du pouvoir pro-américain. Il tombe aux mains du Nord le 30 avril 1975, lorsque la chute de Saïgon est proclamée. Il est situé dans un grand parc, et nous nous abriterons à l’ombre d’une terrasse tout en le scrutant de l’extérieur. Il est énorme, sans nul doute qu’il s’agit là d’un des bâtiments les plus importants de toute la guerre du Vietnam.

Saigon

Et c’est ici que se termine notre épopée en duo car le lendemain, nous embarquons dans notre bus, direction l’Amitié pendant une semaine avec Twi, Cuong et Tra-Mi, qui sont en vacances pendant trois semaines et qui passent du coup un peu de temps dans leur famille restée au Vietnam! Je connais Thuy et Cuong depuis plus de 10 ans maintenant et Tra-Mi, même si je l’ai rencontrée moins souvent a toujours été quelqu’un que j’apprécie beaucoup aussi! Tra-Mi et Cuong sont frère et soeur, Thuy An est la copine de Cuong et la grande soeur de Chuong, un ami très précieux resté en Belgique et qui est papa depuis le 17 décembre, j’en profite pour ajouter encore une fois FELICITATIONS aux deux parents et bienvenue à Jade, petit bébé merveille!! Nous les rejoignons donc à Phan Thiet, petite ville de pêcheurs, boudée par les touristes qui lui préfère MuiNé, beaucoup plus animée. TANT MIEUX! Du 20 au 23 décembre, nous nous « fondons » dans le paysage (bien que deux blancs dans cet endroit se remarquent rapidement), nous partageons les repas dans la famille de Cuong et Tra-Mi, Bruno apprendra à conduire une moto vietnamienne, pendant toute une journée, nous nous échappons dans les alentours à cinq plus un oncle de la famille, splendide paysage, nous repassons par MuiNé pour y visiter les dunes de sable, nous poussons la balade beaucoup plus loin, cherchant des points d’eau, endurant le vent et le sable de face, nous nous encrassons mais on s’en fiche, on est seuls sur les routes pratiquement tout le temps, le paysage est magnifique et on est entre amis, elle est pas belle la vie? On se baignera à la fin de la journée, avant de retourner boire quelques bières, ils ont poussé la gentillesse jusqu’ à nous ramener du saucisson et de la Duvel, que demander de plus? Nous avons fait un petit 100 km aller-retour en moto cette journée là, et c’est bien plus fatiguant qu’on peut le croire! Les autres jours se partagent entre  billard, détente, cocktail et repas, les vacances, les vraies! Le 23 au matin, nous irons visiter un cimetière vietnamien, on accompagne la famille sur les tombes, les laissant à leur recueillement, nous sommes agréablement surpris par leur cimetière, les tombes sont en couleurs, c’est très joli et évacue la tristesse qui peut imprégner ce genre de lieu.  Nous apprendrons par la même occasion qu’ici, c’est à chaque famille d’entretenir les tombes et de veiller sur les emplacements. En effet, il est courant de réserver son emplacement très longtemps en avance afin d’être sûr d’avoir sa place. Il en est de même chez nous mais ici, en plus, les gens viennent eux-mêmes bêcher, enlever les mauvaises herbes, bref un nettoyage en bonne et due forme. C’est une belle marque de respect.

DSCF3110 (1024x768)

Nous repartons vers Saigon du 23 au 25, cette fois-ci nous rencontrons la famille de Thuy An. Nous sommes même logés chez son oncle, très gentil, pendant les deux nuits. Nous sommes au district 10, autant vous dire qu’ici, les blancs ne font pas légion non plus! En tout sincérité, nous sommes plutôt contents d’être à nouveau dévisagés, interpellés tous les 5 mètres dans un mauvais anglais « hellooo where do you from??? », ça nous manquait depuis la Chine ce dépaysement soudain, cette sensation d’être réellement en terre inconnue. Grâce à nos amis, nous découvrons l’authenticité des familles, le plaisir de manger dans la rue avec les locaux (chose que nous n’avions pas beaucoup expérimenté jusque là et que nous comptons bien corriger!), et le partage sans se comprendre avec les familles. On adore, on en redemande encore, encore, encore!

Je suppose que vous vous posez tous la question « Mais qu’est ce que vous avez fait pour Noëëël?? » Et bien, rien de bien spécial! A Phan Thiet, il y a effectivement des crèches géantes tous les cinq mètres dans la rue et une messe de minuit car il s’agit d’un coin très catholique du Vietnam. Dans le reste du pays, même si les sapins et les décorations sont omniprésents partout, c’est surtout pour les touristes car finalement, le Vietnam ne fête pas réellement Noel. Seul les chrétiens demandent un congé spécial pour le 25 décembre sinon la vie y est normale, les gens travaillent et il n’y a pas de repas de fête ou de tradition spéciale. Quant à nous, nous devions rentrer pour 23h chez l’oncle car il se lève tôt pour travailler et il ne s’agissait pas de l’ennuyer à rentrer à des heures pas possibles, de toutes façons, les bars au Vietnam sont ouverts souvent jusque minuit maximum et encore, dans les endroits touristiques! Le 24 au soir cependant, après avoir déambulé dans le Saïgon touristique encore une fois durant la journée et par la même occasion emmené Brubru chez un barbier, nous nous rendrons dans un café-concert pour quand même marquer Noël d’un bon cocktail au rock Vietnamien! Oh surprise, l’alcool à l’honneur est le Jagermeister!! Enorme pensée pour notre ami Denis, qui en a fait son alcool préféré depuis qu’il habite avec Jana, allemande de l’est. Nous rions de voir ce tort-boyaux allemand migrer jusqu’au Vietnam! Santé Denis!:-)

DSCF3273 (1024x768)

Le moment fort de cette soirée… C’est le tirage de la tombola! En effet, on se voit tous remettre un ticket avec notre entrée. Au bout de trente minutes, je ne sais plus où est le mien, mais de toutes façons peu importe je ne gagne jamais rien! Tout au plus on retient le numéro 526 car nos numéros se suivent. Le tirage commence, le cocktail fait son effet, je me rend au toilette, j’émeus d’ailleurs une vietnamienne en me rendant dans les toilettes des hommes, libre, alors que la dame occupant le trône féminin ne se décide pas à sortir. Je reviens à table, pour trouver des amis et un amoureux déchaînés qui me regardent de tout leurs grands yeux bridés et ronds:

Eux (en choeur): ELO T AS GAGNE LE TICKET OU EST LE TICKET???

Moi (pas dupe): Ouais ouais c’est ça ahahaha, je vous crois tiens!

Eux (vociférants de plus en plus dans le désordre): MAIS SI… PUTAIIIIN… LE TICKET T AS GAGNE ON TE DIT!!!! IL EST OUUUUUUU????!!!!

Moi (désarçonnée-par-les-regards-et-me-rendant-compte-que-c’-est-pas-une-blague-DU-TOUT!): Ah mais heuuu merde je sais pas moi!!! Je l’ai plus je vous dit!  (lâchement):D’ailleurs je crois que je l’ai filé à Bru »

(Tout le monde regarde Bruno)

Bru (outré): Mais non enfin!!!!

Me connaissant bien, il farfouille dans le sac une seconde fois (il avait déjà tout retourné pendant mon épisode toilette) et se jette sur le petit sac de l’appareil photo. Bingo, ya quoi dedans?? Le ticket gagnaaaaaant!! On hurle tous en choeur  « AAAAAH STOOOOP ON A LE TICKET!!! »  moment de confusion sur la scène, ils ont bien entendu tiré un autre ticket gagnant. Mais, beaux joueurs, nous avons droit à un lot de consolation. Au lieu de la bouteille de Jager (oui oui Denis je sais ne me tue pas), nous gagnons un tee-shirt à la même effigie! Finalement c’est mieux car Thuy, Tra-Mi et Cuong ne sont pas fan du Jager et boire la bouteille en entier à deux (et chaude) équivaudrait à un coma lent mais douloureux pour Bruno et moi. Résultat on a bien ri! Bruno, que j’ai lâchement envoyé sur scène pour échapper à la photo, se retrouve donc sur le site de « jager Vietnam » entourée de deux mignonnes vietnamiennes! L’émotion passée, ils me raconteront leur désarroi devant mon absence durant le tirage au sort, Cuong si calme hurlant dans son fauteuil « Mais merde elle a gagné faut qu’on le dise, faut qu’elle y aille! » Thuy le calmant « Chuuuut on a pas le ticket arrêteuu c’est la honte!! » Bru retournant tout le sac à la recherche du maudit précieux et Tra-Mi rigolant…jaune! Bref, ce réveillon, on est pas près de l’oublier et désormais, je pense que le numéro 526 pourrait me porter chance après tout! Joyeux Noel le monde!

Le 25, entorse à notre principe de base qui était « pas-d’avion-sauf-absolue-nécessité » mais quand on aime on ne compte pas… Et on les aime beaucoup nos amis… Donc, en route vers l’île de Phu Quoc, dans le sud du Vietnam! Il est bien entendu possible de la rallier par bus et ensuite par bateau mais cela prendrait beaucoup plus de temps et les trois autres prennent d’office un avion, une demi-heure pour atteindre Phu Quoc depuis Saigon, efficacité garantie!  Comme le but est de passer du temps avec eux, nous nous fendons d’une quarantaine d’euros pour le trajet. L’île est très touristique et de plus, nous sommes en période de vacances, l’hôtel est donc très cher, mais tant pis! De plus, cadeau d’anniversaire, nos amis m’offrent une des deux nuits d’hôtel sur place! Sans compter qu’ils nous ont aussi payés pas mal de verres, offert un logement et des repas grâce à leur famille, bref des amis comme tout le monde en voudrait! Nous sommes donc très heureux d’être avec eux et, en dehors de Noel, de franchir le cap de nos six mois de voyage en leur compagnie! Car en effet, le 23, ça y est on a fait plus de la moitié du chemin, six mois de voyage ce n’est pas rien! Et ce n’est pas fini!

Phu Quoc n’est pas trop bondée finalement, la mer y est calme et du côté Ouest, ce qui nous permet d’admirer de magnifiques couchers de soleil… C’est répétitif un coucher de soleil mais c’est tellement unique à chaque fois qu’on ne s’en lasse pas…surtout lorsque le soleil entre dans la mer… pour se relever plus loin, par chez vous, de l’autre côté de la terre… Tra-Mi et Thuy me suivent invariablement sur les plus belles photos de notre semaine ensemble, je dois bien avouer que j’ai l’appareil photo le moins performant mais j’y tiens, bébé appareil nous accompagne sans failles depuis six mois!

DSCF3375 (1024x768)

Le 25 décembre, c’est donc une journée glandage, en bord de mer qui nous occupe! Le lendemain, nous partons toute la journée sur un bateau, voguer aux alentours de l’île et nager, nager,nager! Petit détail cocasse… Notre bateau paume son ancre une heure après le démarrage…Oui oui c’est possible! Comme l’activité de la journée c’est tuba et masque ou encore simple nage, les plongeurs forcenés ont leur défi: retrouver le tas de ferraille! Mais sans bonbonne, c’est impossible, il y a plus de 20 mètres de profondeur et on ne voit…RIEN! l’eau est opaque! Les meilleurs s’y risqueront, des hommes grands et forts et Suédois et des petits, forts et vietnamiens (sachant nager ce qui est très rare dans ce pays)mais rien! Résultat nous tournons en rond sans pouvoir amarrer et les capitaine hèle tous les bateaux alentours à la recherche d’une ancre de secours! Nous, ça nous fait rigoler, on nage, on barbote, Cuong et Bruno testent  des palmes,du masque et du tuba, Thuy et moi préférons la nage et « un peu de masque-et-de-tuba-pour-dire-qu’on-a-tenté-ah-oui-tiens-c’est-joli! » j’essayerai en Thailande car ici, il n’y a pas grand chose, des petits poissons bleus et des bancs de poissons noirs mais le Vietnam n’est pas connu pour être le plus beau pays de la plongée. Quant à Tra-Mi, elle ne bougera pas du transat, roupillant comme une bienheureuse toute la sainte journée! Les vacances c’est fait pour se reposer nan? Et bien, elle est le parfait exemple du Repos avec un grand R! Tout au plus daignera-t-elle nous accompagner pour le repas sur le bateau bien sûr! Au menu, oursins fraîchement pêchés et longuement préparés, riz, nouilles, poissons! Miam miam qu’c’est bon!! Après le repas, de la nage et encore de la nage! En rentrant, encore une petite halte sur une autre plage (le coup classique des tours pour vous pousser à consommer dans les endroits plus chers) et puis finalement soirée peinarde à l’hôtel car on est tous bien fatigués de la journée! Avant cela, une petite balade jusqu’au marché de l’île pour y prendre notre souper. C’est sympa et c’est local, tout ce qu’on mange est affiché…en vrai! Crustacés, poissons fruits de mer en tout genre!

Le lendemain, on se quitte pour reprendre nos routes… Bru et moi prenons le bateau vers Can Tho, dans le Delta du Mékong tandis que nos trois amis reprennent l’avion pour Saigon avant d’aller fêter l’an 2013 en Thaïlande. C’était une semaine haute en paysages, rigolade, bières, cocktails, soleil et papotes! Merci les loulous pour ces bons moments passés avec vous!! Parfait pour nous donner de la bonne humeur pour 2013 et nos cinq mois de voyage restants! Et comme promis, on se fait un Amadéo en rentrant!

Famille Nguyen!

Et ainsi se dessinent nos dernières étapes du Vietnam… Tout d’abord Can Tho, où nous restons deux jours. Bruno est malade, air conditionné et courant d’airs en tous genre ont eu raison de sa santé. On se repose donc au bord du Delta, il faut chaud et humide, Can Tho est une grosse ville mais nous flânerons dans le centre, le long de l’eau qui apporte un peu de fraîcheur! Son marché flottant y est célèbre mais nous en avons vu d’autres et puis nous devons relativiser notre budget et à l’avenir sélectionner nos tours guidés!

DSCF3759 (768x1024)

Can Tho

Chau Doc

Nous sommes à présent à Chau Doc, ultime petite ville de ce pays. C’est très joli, au bord du delta bien sûr et nous verrons l’an 2013 arriver avec douceur et repos! Nous sommes le 31 décembre 2012, dernier jour de l’année, dernier jour au Vietnam, demain nous naviguons jusqu’au Cambodge avec sa première étape Phnom Penh!

Avant de terminer, je souhaite déposer une « spéciale dédicace » comme on dit quand on est branché:-)

Si-Chuong Nguyen, il y a plus de 10 ans, tu m’as fait connaître la culture du Vietnam en Belgique de part tes origines et ta famille. Alors merci du fond du coeur car c’est grâce à toi que j’ai découvert et tant aimé ce pays. Grâce aux soirées familiales, à tes voyages racontés, à tout ce que tu as bien voulu me faire partager de cette  origine que tu portes en toi. Merci Chuong pour tout cela. Merci de m’avoir présenté ta soeur Thuy An et Cuong, qui sont devenus des amis très précieux aussi et qui ont encore agrandi ma connaissance, qu’elle soit culinaire, parlée ou vécue! Merci. Sois un papa heureux pour Jade, un amoureux attentif pour ta jolie Mélina, et fais leur partager ce pays dès que tu le peux, ce n’est que du bonheur pour les yeux et le coeur!

Chuong, Twi, Cuong, c’est grâce à vous que je suis tombée sous le charme il y a bien longtemps du Vietnam. C’est grâce à vous que j’en ai fait un rêve et aujourd’hui je l’ai vécu, avec Bruno comme compagnon à mes côtés. Petite note supplémentaire, Thuy, Cuong et Tra-Mi c’était parfait de vous avoir avec nous pour clôturer mon vieux rêve en terre vietnamienne.

Merci enfin à vos parents, vos familles, que ce soit il y a plus de 10 ans ou aujourd’hui, je me trouve à chaque fois enrichie de ces contacts sincères et dépourvus d’intérêt autre que l’accueil et la gentillesse de nous héberger, nous nourrir et nous enrichir de votre belle culture.

Merci. De nous deux à vous tous. De moi à vous.

C’est ainsi que nous vous laissons les amis-familles, que 2013 soit pour chacun de vous une année où les projets se réalisent, où les rêves deviennent réalité, où la magie d’une rencontre,d’une idée, d’un voyage, d’un enfant, d’une famille, d’un mariage vous porte toujours plus loin dans la Vie avec toujours plus d’Amour et de partage pour le monde qui nous entoure.

Rendez-vous de l’autre côté, pour une nouvelle année!! On vous aime et on vous embrasse avec tout notre coeur d’amoureux bourlingueurs!!

DSCF3421 (1024x768)

Publicités
Catégories : Vietnam | 10 Commentaires

Goooooooood mooooooooooooorning Vietnam!!!!

21 (1024x768)

Bienvenue au Vietnam les amis-famille… Un petit retour au point de la frontière…

Nous voici donc dans le bus, qui nous mènera de Kunming à Lao Cai, de la Chine au Vietnam le 7 novembre… Nous sortirons comme nous sommes entrés c’est-à-dire en bus couchettes! Le grand luxe, étendre nos jambes et même dormir, nous n’y sommes pas habitués avec les bus chinois! Trajet sans histoire, nous sommes cinq blancs à bord, Barbara, Bruno et moi plus un couple d’Allemands très sympas! L’anecdote de ce voyage… se situe au passage de la frontière! En effet, comme d’habitude, hop hop hop tout le monde donne son passeport et les douaniers chinois vérifient suspicieusement notre identité. Nous zyeutons par la fenêtre, ils ont l’air bien jeune ces douaniers! Et d’ailleurs… l’un deux rentre dans le bus, l’air très embêté. Un passeport à la main. Gesticulations chinoises il veut savoir à qui cela appartient. Et… hé ben on dirait bien que c’est le mien! L’air très embêté il me regarde et me pose une longue question… en chinois. Je le regarde avec l’air de quelqu’un qui ne comprend rien au chinois.De plus en en plus embêté, il répète sa question en regardant autour de lui, espérant l’aide de ses compatriotes. Bien entendu, tout le bus se regroupe pour l’aider. Une dame me regarde et articule « where-do-you-come-frooom?? » je réponds « Belgium » le plus distinctement possible sachant très bien ce qui va suivre, nous avons eu le coup des dizaines de fois… Ca ne rate pas « Beijing?? » me demande-t-elle l’air perplexe « Noooooo BEL-GIUM » . Hé oui, papa-gouvernement ne remplit pas ses devoirs d’enseignement et le peuple bisounours ne sait pas ce que c’est la Belgique. Ni Bruxelles. Ni même (une fois) Paris! Bref, en attendant le douanier a l’air embêté car effectivement c’est son boulot de connaître les pays bienvenus en Chine et là je le rends ridicule avec mon petit pays d’Europe inconnu du grand peuple chinois. Il redescend. On s’attend à la suite, si moi j’ai eu droit à la question, ce n’est qu’une question de minutes, Bruno aura son tour! Effectivement, quelques minutes plus tard, le numéro recommence, douanier-à-l’air-de-plus-en-plus-embêté remonte dans le bus et cette fois ci s’adresse à Bruno, toujours en chinois. La demoiselle allemande se joint à nous pour expliquer « Belgiuuuuum » avec tous les accents possibles rien à faire et de plus il persiste à nous parler en chinois, le pauvre ne sait plus à quel Bouddha se vouer. Incroyable, nous sommes entourés de nos deux pays voisins, deux Allemands et une Française mais les Belges ne sont pas dignes d’intérêt de papa gouvernement (peut-être apprennent-ils la géographie en fonction de la Coupe du Monde??) Barbara se marre, la demoiselle allemande regarde par la fenêtre et se marre à son tour, elle vient de voir les deux douaniers, à grands renforts de google Map se renseigner sur notre petit pays.. Ouf, c’est bon, ils ont trouvé, l’honneur est sauf et au passage, on leur a appris quelque chose! Et nous on peut enfin postuler pour le Vietnam!

Nous passerons la frontière de très bonne heure, dès son ouverture! Nous sommes cinq blancs et quelques commerçants qui eux, font l’aller-retour Chine Vietnam tous les jours. Et c’est très rapide, du au fait que nous sommes peu nombreux et que les Vietnamiens n’ont pas l’air suspicieux. Pourtant, nous sommes en territoire communiste encore et toujours. Mais nous voilà, passant cette frontière à pied sans aucun souci, en 30 minutes, ça y est, un de mes rêves se réalise, j’ai les pieds dans le Vietnam, Barbara, toujours en Chine de l’autre côté de la frontière, me fait des grands signes, elle connaît mon vieux rêve pour avoir le même, elle me lance des grands sourires, sautille sur place et crie « Ca yeeeeeeest t’es au Vietnam!!!! », tout cela sans que le moindre officier ne fasse de  zèle, flegme asiatique quand tu nous tiens… Je dois dire que j’ai la patate d’y être, sans réaliser vraiment, ça fait plus de 10 ans que ce pays m’intéresse et m’appelle et voilà, aussi simplement qu’un regard militaire approbateur et un tampon sur mon passeport, un rêve devient réalité! Bruno répète à tire-larigot « Noursette au Vietnam, Noursette au Vietnam » et moi je me sens juste heureuse, quel bonheur d’être avec eux pour partager ce moment…

Mais nous voilà de retour dans la réalité pure et dure, nos amis Allemands changent leur argent et nous attendons notre tour et je vois le jeune homme, Mathias, qui s’enflamme brusquement, tape du point sur le guichet et prend un papier pour écrire le change auquel il a droit. Hunhun, ça sent l’arnaque donc. Mathias nous prévient « ok le taux de change est correct mais le type est un filou comptez bien vos billets! ». Sa copine, toute calme a côté, me précise qu’il est prof de maths et donc difficile à duper quand il s’agit de compter… La vie met toujours des gens bien sur le chemin lorsqu’on en a besoin… Mathias va rester à côté de Bruno et Barbara pour le change et de fait, le vilain bridé essaye sans vergogne d’arnaquer, rend des billets de 5000 au lieu de 500000  sachant très bien que nous ne sommes pas habitués aux nombreux billets et à leur couleur. Il essaye de virer Mathias, mais Barbara se cramponne à lui et tonne « No, he stays with us and-give-me-my-moneyyyy!!!!! » L’escroc est d’ailleurs seul dans son jeu, comme d’habitude, nous sommes entourés d’une horde d’Asiatiques et personne ne le supporte (ni ne nous aide mais il ne faut pas pousser et d’ailleurs ils ne comprennent pas tous l’anglais). Bruno finira par avoir le change mais Barbara non. Le type doit être fatigué d’être honnête et lui rendra ses yuan chinois. Merci Mathias, sans toi nous n’aurions peut-être pas été aussi vigilants! Et je retire tout ce que je pense des profs de maths en général:-))

Lao Cai, nous voilà, après avoir un peu erré dans la ville, nous négocions sec pour une navette jusque Sapa, à trois quarts d’heure de là. Le conducteur finit par accepter, après tout il a 5 blancs pour le prix de 30 Vietnamiens, il est toujours gagnant. Comprenez-nous bien, nous sommes conscients que nous ne pouvons pas avoir le prix vietnamien, ils gagnent peut-être 50 dollars par mois et nous, même nous considérant comme pauvres, nous n’atteignons jamais un seuil aussi bas. Mais il faut toujours négocier car le blanc est le pigeon et heureusement pour cela je suis très bien accompagnée et je deviens petit à petit comme Bruno et Barbara, c’est-à-dire intransigeante devant les prix proposés. Et de toutes façons, c’est le jeu en Asie!

En route pour Sapa, il fait gris, humide, chaud, cela nous change de la Chine, le Vietnam est humide, changeant et de ce fait, très troublant… La route est magnifique, nous roulons au-dessus de rizières, du vert du vert et encore du vert! L’humidité au Vietnam confère une flore exceptionnelle, malheureusement nous sommes des amateurs et nous ne pourrons assez nous en émerveiller.

DSCF9529 (1024x768)

Sapa, notre ville tant attendue pour une semaine de repos bien mérité. Nous sommes très fatigués de notre mois chinois et nous avons l’intention de ne RIEN faire pendant quelques jours, ça nous changera! Sapa est une ville très touristique, montagneuse, entourée de rizières et dont la brume est la reine. Lorsque nous arrivons, nous sommes immédiatement suivis, poursuivis par des gens nous proposant leur hostel, mais Bruno, Barbara et moi savons déjà où nous logeons. Les dames H’Mong (la tribu dominante du Nord du Vietnam) nous suivent jusqu’à notre auberge, je connais déjà leur boulot, qui est de suivre et poursuivre les touristes partout pour qu’ils achètent leurs bijoux ou autres babioles. C’est de ça qu’elles vivent pendant que leurs maris travaillent aux champs, ou arpentent les montagnes pour les récoltes. Petites filles, on ne les emmène pas à l’école mais dans la rue afin de leur apprendre à traquer le touriste. C’est triste, et nous aurons largement le temps d’observer (et de fuir) leur babillage insistant. De notre balcon à l’hostel, je les regarde, elles vont rester assises pendant au moins deux bonnes heures à guetter si on ressort (car évidemment nous n’avons rien acheté) en espérant pouvoir nous vendre quelque chose à la sortie. Ce n’est pas de chance car nous ne sommes pas d’humeur gambadeuse, nous allons nous reposer et mettre à jour notre blog pendant les deux jours qui suivent. Le temps est incroyablement changeant, nous aurons droit à deux jours de soleil et six jours de brume, de pluie, une petite éclaircie de temps en temps pour remonter le moral mais aussitôt avalée par la brume qui règne décidément en maîtresse sur ces contrées. Sapa est touristique effectivement et cela fait bien longtemps que nous n’avons pas vu autant de blancs au mètre carré. Le point extrêmement positif de notre hostel c’est qu’il est un peu en dehors de la ville, nous profitons du calme environnant pendant les jours suivants. Nous nous baladons un peu, nous avons élu domicile dans un restaurant, nous nous y rendons chaque soir (le patron nous fait 15% de remise dès le premier soir devant notre belle table) et pendant une petite semaine nous allons essayer quasiment toute la carte! Cela nous fait vraiment du bien de prendre du temps pour discuter, écrire, nous balader tranquillement avant de reprendre notre route, chacun de notre côté car c’est ici que nous nous séparerons de Barbara. Nous passerons une très belle soirée avec  nos amis Allemands ainsi que Charlène et Gwendal (nos amis Français rencontrés en Mongolie et retrouvés à Sapa!) dans un petit resto typique déniché par Mathias et ensuite dans un bar non moins typique, avec Mojitos et billard pour se détendre! Et le lundi 12 novembre, c’est notre dernière journée et soirée avec Barbara. Nous la passerons tranquillement, nous rendant une dernière fois dans notre resto préféré pour y manger une fondue vietnamienne digne de ce nom! Derniers instants de proximité pour cette belle amitié commencée il y a maintenant presque deux mois… Le lendemain, Barbara part à l’aube pour Hanoi, un dernier gros bisou, un dernier au revoir, vas-y Barbara, continue ta route, on se reverra d’ici quelques mois!! Quant à nous, après beaucoup d’hésitations, nous avons réservé un trek pour le Mont Fansipan, le mont le plus haut de l’ancienne Indochine et regroupant donc le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Il s’élève à 3143 mètres et constitue un bon challenge pour nous. De plus, nous voulions éviter tous les treks où nous serions suivis en permanence par les dames H’Mongs, ce qui ne nous laissait pas beaucoup de choix. Mais, d’abord et avant tout, c’est l’appel des hauteurs qui nous tient et l’envie de relever un beau défi. Mais nous n’y arriverons pas, à ce sommet tant espéré et attendu. Pour commencer, Bruno est toujours un peu malade lorsque  nous commençons l’ascension le mardi 13 vers 10h du matin. Problèmes de digestion que nous connaissons bien mais cela affaiblit. De plus, il porte plus de 10 kilos sur son dos, nous avons bien un porteur mais lui-même porte déjà plus de 25 kilos (ces gens forcent mon admiration, ils gambadent, grimpent, cuisinent sans glisser, sans tomber, sans fatigue) et il n’a plus de place dans son sac pour caser quoi que ce soit. La première partie de la journée, jusque midi trente se passe bien, nous passons par la jungle des montagnes, oh combien touffue et intéressante. Ca grimpe, mais ça va, nous nous y attendions. Pause dîner, nous sommes à 2100 mètres d’altitude, et nous avons commencé à 1800 mètres approximativement. C’est après que ça se corse. La seconde partie du trek est de loin beaucoup plus difficile, ça grimpe en permanence mais surtout, surtout, ça glisse, il faut se servir des mains et des pieds pour se hisser de rocher en rocher, sauf pour notre guide et notre porteur, qui, en vieux habitués, gambadent et sautent de pierres en pierres comme des cabris. Je commence à me sentir vraiment très mal, j’ai beau m’arrêter pour respirer, me reprendre, rien n’y fait, j’ai des nausées, je me sens faible que se passe-t-il? Nous sommes à 2500 mètres d’altitude, notre guide nous dit gentiment que nous avons payé beaucoup pour grimper, nous sommes à deux petites heures du camp  pour la nuit peut-être trouverons nous la force d’y arriver. Ma réponse est que je vomis tout mon repas. Ca va un peu mieux après cela, et après avoir évalué la situation, Bruno me conseille de continuer, la descente sera aussi dangereuse et fatigante mieux vaut atteindre le camp. Nous le ferons et encore aujourd’hui je me demande comment nous avons fait. Tous les deux épuisés, malades, nous avons grimpé, escaladé ces rochers, ces sentiers de boues, de terres et de racines jusqu’à ce camp où j’ai sérieusement envisagé de passer le reste de ma vie, n’imaginant plus pouvoir faire un seul pas de plus désormais. Il était 17h30 et nous sommes à 2800 mètres d’altitude, le record pour nous deux est battu.  Il faut bien comprendre que la montagne au Vietnam n’est comparable à aucune montagne d’Europe, c’est humide, glissant, les rochers servent de chemin les trois quarts du trek et c’est réellement épuisant. Il est complètement déconseillé de faire ce trek seul et si vous demandez à un Vietnamien, il vous forcera à prendre un guide, pas pour les sous mais pour votre sécurité. Des Suédoises rencontrées lors de ce trek ont croisé un gars qui montait tout seul, il leur a donné le numéro de sa mère au cas où il y aurait un problème. Ce n’est pas l’Himalaya, mais c’est quand même une jungle et un accident est vite arrivé avec l’humidité et tous ces rochers. Notre nuit ne sera pas meilleure, nous nous couchons dès 18h et je n’avalerai rien du souper que notre porteur nous a préparé. A peine trois grains de riz et je bois beaucoup d’eau, espérant de toutes mes forces que le lendemain j’irai mieux pour le sommet qui n’est plus qu’à 300 mètres. Malheureusement, je revomirai trois heures plus tard, un autre guide est soucieux et demande s’il peut faire quelque chose pour m’aider. Malheureusement non, il n’y a rien à faire, je crois que j’ai une gastro, peut-être un mal d’altitude, et surtout, mon corps est en train de me dire que je fais un trop gros effort, cette montagne est au dessus de mes capacités.Bruno ne va pas mieux, il passera sa nuit en aller-retour toilettes et nous partageons le camp avec un groupe de Malaisiens. Dont une dame qui n’arrête pas de gigoter à côté de Bruno, et dès quatre heures du matin ils seront réveillés, allons y pour les lampes frontales dans la tronche, les blablas à haute voix (à cet instant je les hais tous autant qu’ils ont de voix) et la dame à côté de Bruno me paraît délirante. Elle n’arrête pas de réclamer de l’eau, quand elle en a, ça ne va pas, il faut plus, et puis où sont ses affaires, que quelqu’un l’aide etc etc etc… Le départ pour le sommet est prévu à 5h, les Malaisiens s’en vont enfin et nous sommes résignés, nous n’avons pas assez de forces ni de sommeil pour continuer. Continuer la montée c’est prendre l’énorme risque de s’effondrer de fatigue lors de la descente. Or, cette montagne ne se monte qu’à pied, il n’y a pas de route, personne ne sait venir nous chercher, sauf peut-être à débourser une fortune pour un hélicoptère! Me reviennent en mémoire toutes mes lectures sur la montagne, sur l’Everest (mon obsession et un autre de mes rêves, grimper jusqu’au camp de base à plus de 5100 mètres d’altitude et plus haut encore, 6000, 7000 mètres si un jour nous en sommes capables). Les meilleurs alpinistes ont tous un jour fait demi-tour et nous ne sommes que de simples randonneurs, j’écoute donc les conseils de mes lectures et surtout de mon corps. Nous redescendrons, et c’est lors de la descente que nous nous rendons compte de tout ce que nous avons grimpé. Nous sommes fiers de nous d’être allés si loin, amers de ne pas avoir atteint le sommet mais ce fut une bonne expérience pour nos limites. Depuis, j’ai compulsé tous les sites parlant du Fansipan, un seul seulement prévient qu’il faut être un trekkeur endurci pour s’y attaquer. J’ai lu aussi que des sportifs s’arrêtent comme nous à 2800 mètres. Ceci dit, beaucoup de gens y arrivent aussi. On y retournera un jour, c’est certain. Lorsque nous aurons fait de bonnes marches ailleurs, dans les Alpes, dans les Cévennes, pour nous entraîner et nous former aux treks de l’Asie.

DSCF9603

Sapa

Bref, c’est épuisé et les muscles douloureux que nous passerons notre dernière journée à Sapa. Nous revenons le mercredi après-midi de la montagne et nous partons le vendredi matin pour Dien Bien Phu. C’est un détour avant Hanoi mais nous sommes férus d’histoire du Vietnam et nous tenons à voir cet endroit mythique où les Français ont capitulé. Nous y arriverons le vendredi soir, Dien Bien Phu n’est pas un endroit touristique, il ne se situe qu’à 34km du Laos et logiquement les touristes y font arrêt une nuit avant de prendre le bus tôt le lendemain pour la frontière. Nous, nous y restons toute la journée du lendemain, avec un bus pour Hanoi le soir à 18h. C’est une journée un peu étrange, nous nous baladons dans la ville semi-moderne jusqu’à son point le plus haut, une espèce de plate forme avec une statue mémoriale. La vue alentour permet bien de comprendre à quel point les Français n’ont pas dû réfléchir pour se poster à cet endroit. L’endroit est entouré de vallées, de la jungle, une aubaine pour les Vietnamiens qui pendant des mois ont approvisionné l’endroit en armes, courant dans la jungle sans se faire voir, se dérobant au regard de l’ennemi, dont la grosse erreur a été de penser que les Vietnamiens étaient dépourvus de toute artillerie. Lorsque l’assaut sera lancé, le commandant en chef de l’artillerie française va se suicider, le commandant Pirot abandonne ainsi ses hommes à leur triste sort par sa faute, car il avait affirmé que jamais les Viet Minh ne pourraient être armés en artillerie.

Nous poursuivrons notre route jusqu’à la colline A1, là où tout s’est joué, là où les Français sont tombés. L’endroit est reconstitué, les tranchées et les souterrains, il y a toujours une espèce de cuvette (trou d’obus, effondrement de terrain?) également… que nous supposons authentique bien entendu…  C’était étrange de se poser en haut de cette colline, un chapiteau derrière nous rempli de gens pratiquant la méditation… Lorsque vous êtes pourvus d’une bonne imagination il n’est pas difficile de se représenter les atrocités d’ il y a 60 ans en ces lieux. Le reste de notre après-midi, nous déambulerons dans la ville qui est toute petite. J’ai le sentiment que les gens nous regardent vraiment bizarrement, en plus nous parlons français. Il y a peu de blancs ici, l’ambiance est particulière il faut savoir que le gouvernement a modernisé la ville pour l’intérêt historique il y a seulement 10 ans. Auparavant, ici il n’y avait que des paysans, des petites maisons disséminées de ci de là, peut-être les habitants n’apprécient-ils pas trop ce changement. Peut-être aussi suis je un peu paranoïaque mais c’est un des endroits de notre voyage où je me suis le moins sentie à ma place. Partout en Asie la population nous observe, c’est normal, ici les regards me semblent plus incisifs, moins ouverts. Mais ce ne sont que mes impressions, renforcées d’autant plus que notre repas tout simple nous a coûté un prix excessif, nous avons été bêtes de ne pas demander avant mais jusqu’à présent, tout nous avait souri, mais le voyage c’est aussi cela, apprendre des expériences mauvaises pour ne plus les répéter par la suite!

DSCF9665 (1024x768)

Dien Bien Phu

Nous quitterons donc Dien Bien Phu, contents d’avoir vu ce lieu mais heureux d’avancer plus bas. Hanoï nous attend, nous y arriverons le lendemain très tôt, il n’est pas encore 6h00, mais déjà des centaines de Vietnamiens sont debout, ce peuple appartient à l’aube, ils s’activent si tôt que cela me donne des complexes, on est si paresseux chez nous? J’avais déjà remarqué ce fourmillement en Chine, il se poursuit donc ici. Nous, nous sommes fatigués et nous prenons un taxi jusqu’à notre hôtel, dans le vieux quartier d’Hanoi. Quand je dis vieux, comprenez toujours « touristique ». En ce dimanche 18 novembre, nous allons nous reposer et déambuler l’après-midi dans Hanoï, la ville folle! Accrochez-vous ici, c’est la vie en permanence, la fourmilière centrale du Vietnam, des centaines de scooters jaillissent sans cesse des rues, des plus étroites aux plus larges avec pour seul code de la route d’écraser le moins de gens possible. Comment repérer les touristes à Hanoi, c’est simple ce sont ceux qui n’osent pas traverser d’un coup! Il nous faudra quelques heures pour nous habituer, nous venons de coins calmes, ici c’est tout le contraire! Mais cela nous plaira, nous resterons à Hanoi jusqu’au mercredi, nous promenant dans ses multiples artères, jusqu’au Mausolée d’Ho Chi Minh (Oncle Ho pour les intimes!), l’opéra d’Hanoi à l’architecture européenne et donc détonnante, nous tournerons autour d’un de ses lacs (cela nous rappelle les étangs d’Ixelles) et nous nous rendrons au Musée de l’ethnologie (photos), passionnant et très très bien structuré, jusqu’aux reconstructions à l’extérieur des différentes maisons au Vietnam, suivant les tribus qui l’occupent.

DSCF9734 (1024x768)

Hanoi

Le mercredi 21, nous partons jusqu’au vendredi pour un endroit magnifique, unique… La Baie d’Halong bien entendu! Nous avons choisi un tour « de luxe », un peu plus cher que les tours basiques, qui nous permet de dormir deux nuits là-bas, une sur le bateau et une dans un bungalow avec vue sur la Baie. Tout cela agrémenté de kayak, de vélo, avec une nourriture de la mer et un paysage absolument fascinant! Nous avons choisi ce budget en pensant à mon anniversaire, on est pas tous les jours au Vietnam pour ses 27 ans! Le mercredi, nous allons passer une partie de l’après-midi sur le bateau, nous sommes une quinzaine, pas mal de jeunes, nous allons faire connaissance avec un couple de Hollandais, un couple anglo-namibien et aussi un couple d’Australiens! La vue est tout simplement magique, la nourriture à bord est délicieuse et le soleil est de la partie! Parfait donc! Le seul inconvénient c’est que bien entendu des dizaines d’autres bateaux font le même trajet que nous et nous ne sommes jamais seuls dans la Baie aux multiples rochers. Pour l’histoire du Vietnam, la Baie d’Ha Long doit son nom à la légende selon laquelle un dragon serait descendu du ciel pour vaincre les courants marins à cet endroit. Seulement, en bougeant, sa queue aurait heurté la montagne et ce faisant, le niveau de l’eau a monté et seuls les sommets les plus élevés ont émergé. Ha Long signifie en Vietnamien « là où le dragon est descendu ». Les Vietnamiens, comme beaucoup d’autres Asiatiques, vouent un profond respect au dragon, créature mythique dont ils sont les descendants car ils vivent sur sa terre.

9 (1024x768)

Cet après-midi-là nous allons aussi faire du Kayak, c’est la première fois que j’en fais et je dois dire que je n’ai pas choisi l’endroit le plus moche de la planète! Brubru est comme un poisson sur l’eau, il gère l’arrière, fait des virages, freine en frein à pagaie, bref on s’éclate! Auparavant, nous avons visité la « Surprising Cave », la grotte la plus belle de toute la Baie apparemment… C’est effectivement grand et très joli mais c’est bondé de touristes et la plupart des Européens ont vu mieux en Europe. Mais cela reste sympathique. Notre guide, Anna (de son faux nom, dans la baie d’Ha Long, les guides se donnent tous des noms européens, plus faciles à prononcer pour les touristes), nous montre tous les animaux qu’elle aperçoit dans les roches, ce qui nous fait rire, nous pensions plutôt apprendre comment cette grotte s’était formée mais nous finirons par croire qu’elle n’en a aucune idée…

Notre soirée se passera paisiblement sur le bateau, entre un souper délicieux, des papotes agréables et de la détente sur les transats à l’étage… Notre guide viendra discuter avec certains d’entre nous, expliquant qu’au Vietnam, ce n’est pas facile pour les femmes d’avoir un métier, de se créer une situation. Les modes de vie restent assez conservateurs, la femme au foyer et l’homme travaillant dans les champs, les rizières et les montagnes. Les jeunes essayent de changer cela mais c’est difficile. Les Vietnamiens ont droit à deux enfants par famille, et il faut impérativement que l’un soit un garçon sinon c’est perte d’énergie, qui tiendra la famille?  Elle nous parle, un peu triste sous les étoiles et entourée de ces magnifiques rochers… Son témoignage est important à nos yeux, on apprend pas toujours les mêmes choses dans les livres ou les musées. Nous lui souhaitons que le pays change, que les jeunes aillent à l’école en majorité, plutôt que d’apprendre à traquer le touriste ou travailler dans les rizières. Qu’ils aient le choix d’étudier ou de rester en famille. Il faut garder l’espoir, l’avenir nous dira…

Le lendemain, nous quittons notre endroit de dodo pour aller naviguer jusqu’à l’île de Cat Ba, où nous allons faire du vélo, un peu, 12 km c’est parfait pour la non-cycliste que je suis! C’est très joli, nous longeons l’eau pendant une demi-heure mais attention à la route, jonchée de pierres et bien entendu, les vélos de là-bas ne sont pas ceux de nos maisons! Mes freins fonctionnent approximativement et ce n’est pas un VTT, je serre donc le guidon pour sauter sur les petites pierres. Un garçon d’un autre groupe va d’ailleurs faire un vol plané et s’écorcher méchamment les pieds et les mains, distrait par le beau paysage…  Parfois ça grimpe sec, je ne suis pas, haaaaaan c’est duuuuur de pédaler, je saute de mon vélo (comme la majorité) seul Brubru et quelques autres viendront à bout de ces montées infernales! C’est d’ailleurs là bas que je me promets de me remettre au vélo quand je rentre! Na! Après cela, vient la partie la plus amusante de notre périple… Le trek dans la jungle vietnamienne! Quarante minutes de marche. A trente. Quel trek! Nous nous suivons à la queue-leu-leu, attention à un moment ouuuuuh nous quittons le sentier (panique parmi les touristes asiatiques) pour entrer ouuuuuuuuuh sous les arbres ouuuuuuuh. Le guide, je ne l’ai pas vu mais on nous l’a raconté, sort sa machette et fait style « attention j’ouvre le chemin pour vous! » alors qu’on voit très bien que des centaines de personnes avant nous ont marché ici, et qu’un petit chemin est déjà bien ouvert. Le résultat c’est que pendant qu’il s’amuse avec sa machette, nous on attend. Embouteillage dans la jungle, du jamais vu. Et bien entendu, à l’arrêt, les moustiques s’en donnent à coeur joie, je saute sur mon produit, les autres aussi, ou se munissent de grandes feuilles pour les chasser. Qu’est ce qu’on s’amuse! Enfin voilà, après notre petit tour sous les arbres, nous comprenons, c’est asiatique, ils veulent occuper leurs touristes le plus possible en diversifiant au maximum leurs activités. Alors que nous, on aurait préféré pédaler une demi heure de plus par exemple. Mais cela nous sert de leçon. L’après-midi, nous arrivons sur notre île pour la nuit, endroit paradisiaque, des bungalows charmants, un décor de rêve. Nous sommes censés manger et ensuite, ah mais non ce n’est pas fini, nous pouvons réembarquer pour nous rendre sur l’île des singes, où nous pouvons marcher pendant une heure en espérant voir les bestioles sus-nommées. Après l’expérience de ce matin, nous sommes plusieurs à rester sur notre plage de rêve pendant toute l’après-midi, pendant que les autres iront gambader ou nager une heure avec nos ancêtres. Nous, nous nagerons tranquille pendant l’après-midi, tout en nous reposant dans les chaises longues, une bière ou un cocktail à la main. Moment de délice dans la vie d’un backpaker où l’on se pose et où l’on ne fait…rien! Juste profiter du décor et de l’instant… Tout le monde peut se projeter dans les films, magazines, ou documentaires relatant ces endroits de rêve, nous on ouvre bien grand les yeux, héhé, c’est pour du vrai!! Le soir venu, barbecue au menu, c’est toujours aussi bon (et ils font des frites délicieuses!!), nous passerons la soirée avec nos amis Hollandais et le couple anglo-namibien, à parler de voyage, de politique, et à jouer aux cartes! Une belle soirée, dans un endroit parfait avec des gens intéressants et sympathiques, que demander de plus? A part Loulou, je continue à le reconnaître en chaque chien que je croise…

60 (1024x768)

Et le vendredi c’est le retour, certains parmi le groupe ont une sacrée gueule de bois et bien entendu comment se remettre d’une gueule de bois à part en continuant à boire?? C’est ainsi que le retour est épique, nous, les êtres sobres, sommes au dessus, profitant du paysage et du vent, tandis que les bourrés sont en dessous, buvant, chantant, hurlant. Nous changeons de bateau pour rentrer au port, tandis que les bourrés poursuivent le périple un jour de plus, j’aperçois l’équipe du bateau complètement déconcertée par ces spécimens humains qui chantent et boivent à 9h du matin. Je crois bien que leurs oreilles auront souffert ce jour là! Les aléas d’être guide touristique…:-)

Pour notre part, nous profiterons jusqu’au bout du paysage, nous remplissant les yeux et le coeur de cette Baie Unique et dont tout le pays est si fier.  Nous respirons ces rochers, ces villages flottants et ces habitants pêcheurs… nous restons même stoïques sous la pluie fine, cela fait partie de la magie du paysage, le bateau tangue, s’enroule sous les vagues, c’est la vie, la liberté de quelques heures, presque seuls au coeur de la huitième merveille du monde…La Baie compte plus de 1200 îlots, on pourrait y naviguer des semaines entières et ne pas s’en lasser… Mais comme toujours, il faut bien rentrer… et laisser un rêve accompli devenir un magnifique souvenir.

49 (1024x768)

Baie d’Halong

Nous rentrons à Hanoï, jusqu’au samedi soir où nous partons pour Ninh Binh. La Baie d’ Ha  Long terrestre, comme le surnomment les étrangers. Ninh Binh n’est qu’à deux heures de route d’Hanoï, le climat y est semblable, ainsi que le paysage! Le dimanche, il fait très beau et nous irons naviguer sur Trang Anh, la balade sur l’eau la moins touristique du coin. Les Européens vont tous à Tam Coc, réputé pour sa beauté. Mais Trang Anh est tout aussi splendide et les rameuses ne font pas ici la chasse au pourboire ni n’essayent de nous vendre des babioles. Nous sommes deux couples dans la barque avec notre rameuse et pendant deux heures nous allons ramer avec elle (une façon de la remercier) et profiter du paysage splendide et des grottes par lesquelles elle nous emmène. Roches, verdure, écureuil, soleil et nuages… Des grottes basses , stalactites, lumières floues, échos inquiétants… nous adorons ces moments!  Après cela, emmené sur des motobikes, nous nous rendons à Hoa Lu, l’ancienne capitale du Vietnam en l’an 1000, gouvernée par deux dynasties consécutives, Le et Dinh. La citadelle est presqu’ entièrement détruite mais il reste deux temples, chacun consacré à la gloire des deux empereurs, personnifiés par des statues, entourés de leurs enfants et leur femme. Les vieux murs tiennent encore debout et le site est charmant et reposant. Nous grimperons jusqu’à l’endroit où repose l’Empereur Dinh Tien Hoang. Mais nous serons harcelés par deux petites vieilles et nous n’allons pas nous attarder. Notre dimanche et mon ultime jour de 26 ans s’est donc parfaitement déroulé, entre merveilles de la nature et histoire du pays. Le lendemain, j’ai 27 ans, et c’est la journée la plus pluvieuse et venteuse que nous ayons jamais eu depuis notre départ! Contrairement à nos habitudes, nous ne bougerons donc pas de notre chambre, la pluie ne s’arrêtera jamais, nous sortirons uniquement le soir pour manger un hamburger et boire un bon cocktail, quand même! Cela me laissera le temps de lire tous les messages et de me dire qu’un anniversaire sans l’entourage c’est quand même étrange. Mais c’est surtout parce qu’en voyage tout est tellement unique et incroyable que son propre anniversaire paraît banal à côté de tout ce qu’on a déjà vécu et qu’on vivra encore!

DSCF0520 (1024x768)

Trang An

Hoa Lu

J’ai 27 ans donc et le lendemain il ne pleut plus! Il fait gris mais doux, nous prenons des vélos et iront pédaler dans Tam Coc, autour des rizières et des rochers, une journée splendide de beauté! Cette fois ci nous sommes en VTT, les pierres n’ont qu’à bien se tenir et nous sommes seuls dans ces immenses rizières, c’est magique, c’est magnifique!  Presque trois heures de vélo sur la journée, seuls dans la nature vietnamienne… Parfois nous apercevons les barques remplies de touristes, voguer au fil de l’eau parmi les merveilles de l’endroit.

DSCF0869 (1024x768)

Tam Coc

Le soir, c’est parti, direction Hué! Nous y arriverons le mercredi matin, changement de climat il fait beaucoup plus chaud et le soleil est de la partie! Nous resterons à Hué une semaine, jusqu’au 5 décembre, en partie parce qu’il y a pas mal de choses à faire et en partie car nous effectuons notre prolongation de visa jusqu’au 3 janvier. Du 28 au 30 novembre nous allons parcourir Hué à pied, découvrant sa citadelle, ses vieux murs et l’histoire passée des empereurs Nguyen. Beaucoup de temples ont été détruits mais petit à petit, le gouvernement travaille à la restauration de ceux tenant encore debout.

DSCF0948 (1024x768)

La Citadelle

Hue

Nous irons nous balader le long de la rivière aux Parfums et sillonneront les rues pour voir la pagode (comprenez temple) de Hué. Il fait très chaud et le samedi, je souffre d’un début d’insolation qui nous fait passer la journée au frais dans la chambre. Le dimanche il fait plus nuageux et nous décidons de prendre le bus pour aller explorer les tombes des Empereurs, à 15 et 12 km de la ville. Il existe plusieurs tombes mais les plus belles sont évidemment payantes et pas qu’un peu! Trois euros l’entrée, nous en verrons donc deux, avec un guide qui nous explique l’histoire de l’Empereur. Nous verrons la tombe de Khai Dinh,  dernier Empereur-marionnette aux mains des colons Français de 1916 à 1925. Il essayera de résister mais n’y arrivera pas et ne possède finalement aucun pouvoir. Il passera sa vie à fumer de l’opium ce qui causera sa mort. Pour se venger des Français, il s’est fait construire un mausolée splendide, qui prendra onze ans de travail, avec un tunnel secret, aujourd’hui bouché, menant à l’étage le plus haut du site et où aujourd’hui repose son corps. C’est vraiment grandiose comme endroit, les statues des mandarins et des soldats protègent l’entrée, veillant pour l’éternité sur le corps d’un Empereur déchu de ses droits par l’envahisseur.

Le second site est le plus connu, il s’agit de Tuc Muc, Empereur au temps des Français dont le mausolée fut construit entre 1864 et 1867. Lui résistera et pendant longtemps les colons n’auront aucun accès à son jardin secret. C’était un Empereur-poète qui eut 104 femmes et concubines dans sa vie, sans aucune descendance. Il finira par comprendre que c’est lui qui ne peut engendrer d’enfant, ayant en dernier recours pris une femme ayant déjà un enfant. Ils adopteront. C’était un Empereur qui se réfugiait souvent dans son jardin (comprenez parc) pour écrire, pêcher, chasser, loin des soucis de son Empire et de ses problèmes personnels. Il est aujourd’hui enterré quelque part sur le site, personne ne sait où mais une tombe représente sa présence. Sa femme et son fils reposent également pas loin de lui. L’endroit est splendide et reposant. C’était un après-midi agréable bien que je regrette à chaque fois que les guides soient pressés et ne nous donnent que peu de temps sur un site. Nous avons hésité à prendre un motobike pour y aller mais la route n’est pas facile et de plus, le danger d’insolation nous a fait pencher pour le bus. De plus, sans le guide nous n’aurions pas appris autant de l’histoire de ces Empereurs. Il s’agit donc de la dynastie des Nguyen et aujourd’hui encore la majorité des Vietnamiens s’appellent Nguyen, tradition dynastique se poursuivant au fil du temps…

DSCF1337 (1024x768)

Les tombes

Le lundi, nous partons toute la journée pour un tour guidé dans la zone démilitarisée, à deux heures de route de Hué. Nous passerons beaucoup de temps dans le bus car il y a beaucoup de distances à couvrir pour explorer l’endroit symbolique de l’American War comme l’appellent les gens d’ici. Notre guide, une femme, est remarquable et nous retrace l’histoire de son pays avec précision. Nous roulerons ainsi jusqu’au Dakrong Bridge menant à  l’Ho Chi Minh trail, le suivant toute la journée pour explorer la zone. Le chemin Ho Chi Minh était immense et s’étendait à l’époque des colonies jusqu’au Laos, afin de résister à l’envahisseur. Nous passerons par les collines où les Américains se postaient pour surveiller le pays.  Nous visiterons un musée à l’endroit où les Américains ont capitulé, Khe San combat base, l’endroit est aujourd’hui calme, avec des reconstitutions d’avions, de bunkers et d’obus. Le musée rend hommage aussi bien aux soldats Vietnamiens qu’aux soldats Américains car ils souffraient tous des même pénuries, en eau, en nourriture. Notre guide nous expliquera qu’encore aujourd’hui, des vétérans Américains se rendent sur ce site pour essayer d’aller mieux et  comprendre ce qui s’est passé dans leur jeunesse. Elle nous précisera que beaucoup de soldats ne souhaitaient pas être là, obéissant aux ordres et se battant jusqu’à la mort parfois sans savoir pourquoi. Ce pourquoi le Vietnam aujourd’hui accueille ses rescapés pour les aider. Les corps des soldats Américains étaient reconnaissables à leur médaille d’identification militaire, mais pas les Vietnamiens, qui n’en ont pas. Notre guide nous explique donc que des centaines de corps n’ont jamais été identifiés et pour ce peuple croyant en l’au-delà, c’est une tragédie car sans le corps et le nom, on ne peut prier et officier pour le passage dans l’autre monde.

Nous passerons également sur le pont mythique qui séparait le Nord du Sud au long du 17 ème parallèle. Le Nord, dévoué au système Ho Chi Minh, les Viet Cong et le Sud, au mains des Américains et des Vietnamiens à leur solde. La paix règnera jusqu’en 1966 où les Américains lanceront une offensive sur le Nord, brisant la trêve. Nous nous rendrons jusqu’au petit village de Vinh Moc, la zone la plus bombardée, où les Viet Cong ont pendant 18 mois, creusé des tunnels sous la terre afin de s’y réfugier. Nous irons dans ces tunnels et moi qui suis un peu claustrophobe je peux vous dire que j’en suis ressortie avec une admiration renforcée pour ces gens qui y ont vécu six longues années! Ces tunnels sont construits sous trois niveaux, 12, 15 et 23 mètres. Ils ne vivaient qu’au deux premiers niveaux, le dernier étant trop humide et servant de cache pour leurs armes. Nous avons vu les caches leur servant d’appartement, les maternités- 17 enfants sont nés sous terre, ils vivent actuellement dans le village- les zones de « meeting ». Ces gens restaient parfois 10 jours sous terre sans voir la lumière du jour. Je ne peux vous transmettre ce qu’on ressent en se baladant là-dessous. Autant l’ingéniosité des Vietnamiens m’a toujours épatée, autant là il s’agit de leur survie, de leur combat pour leur propre vie et même si l’on peut critiquer le gouvernement actuel, je reste sans voix devant le courage et le mental de ces soldats, ces familles, ces femmes et ces enfants qui ont vécu sous la terre jusqu’à la délivrance.

Nous terminerons la journée en retournant par un autre endroit symbolique, le Ben Hai River, là où le drapeau vietnamien flotte maintenant avec grandeur et force, à l’époque deux drapeaux flottaient de chaque côté de la frontière. Notre guide nous expliquera que dans cette zone, il y a encore des mines actives, il ne faut donc jamais se balader seul en dehors des sentiers. Elle nous expliquera également qu’aujourd’hui, beaucoup de femmes mettent au monde des enfants handicapés, difformes, à cause du napalm et des produits toxiques utilisés pendant la guerre. Cela existe bien sûr en Amérique aussi, nous précisera-t-elle dans un souci de justesse.

Le camp de base américain

Le camp de base américain

Cette journée historique, nous l’avons adorée. Nous la connaissions déjà, merci au plus grand professeur d’histoire que nous ayons jamais eu, Monsieur Gotovitch à l’ULB, mais cette dame nous l’a remise en mémoire, sur le site même de cette guerre. Elle nous a fait partager l’histoire de son pays avec justesse et humanité là où l’humain avait presque cessé d’exister pour n’être plus qu’une bête poussée par sa survie…  Avec tristesse et amour de ses compatriotes, elle nous a replongés dans le Vietnam des années de guerre, à nous maintenant de ne jamais oublier et de respecter ce peuple qui pendant  des siècles a subi des envahisseurs, Français, Chinois, Japonais, Américains, pour vivre aujourd’hui dans la paix. Le gouvernement n’est certes pas le plus enviable mais cela est un autre débat.

DMZ

Je termine cette première partie de notre voyage au Vietnam sur ces pensées… Nous poursuivons maintenant vers le sud avec ses plages et plus de légèreté…

A bientôt pour la suite de nos aventures au Vietnam, un pays que je n’ai pas besoin d’apprendre à aimer, il est dans mon coeur depuis bien longtemps… Et je suis heureuse de partager ce rêve avec Bruno, lui qui comprend et ressent toujours les choses si justement…

On vous embrasse les amis-familles, belle journée, beau mois de décembre sous la neige, les sapins et les lumières… Que les couleurs et la bonne humeur vous accompagnent jusque 2013!

DSCF1380 (1024x768)

Catégories : Vietnam | 9 Commentaires

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.