Alta y magnifica Bolivia! Bienvenidos los amigos!

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Nous voilà partis, on est le 22 janvier, il est 8h00 du matin et Bruno et moi embarquons dans une camionnette, avec quatre autres jeunes étudiants Français (expats du Brésil et de l’Argentine) pour passer la frontière… Qui se situe à 200 mètres, honnêtement on aurait pu s’y rendre à pied! Là commence les deux heures d’attente pour le tampon de sortie du Chili (San Pedro, c’est touristique, on est au moins 50 à attendre mais ils n’ouvrent qu’un guichet… allez comprendre). Ce qui commence à nous inquiéter par contre, c’est que notre petit groupe ne reçoit pas de notre guide chilien le petit papier vert à remplir pour passer la frontière côté Bolivie… sans doute le recevrons-nous après, car il faut encore une heure de route dans des paysages désertiques avant d’atteindre le poste côté Bolivien.
Tu parles Charles! La frontière Chilo-Bolivienne n’est qu’un tracé dans le sable (véridique) et seule une petite baraque délabrée fait office d’administration. Personne pour nous contrôler, notre guide Chilien nous laisse aux bons soins de notre chauffeur Bolivien. Je l’entend néanmoins lui demander s’il n’a pas les papiers pour l’immigration. Le chauffeur répond que non, après s’être renseigné (mais c’était au chauffeur chilien de les avoir) . En gros, c’est à ce moment là qu’on est fait f…. comme des bleus. On a beau demander au chauffeur « Donde es posible de hacer un tampun en el pasaporte? », il nous répond d’abord, « Plus loin ». Bon. Sauf que « plus loin » c’est uniquement l’entrée du parc naturel, où nous avons le droit de rester 4 jours. Ce n’est pas le tampon officiel. Mais on est au milieu du désert, le chauffeur n’a pas du tout l’air stressé pour ces fichus tampons.On Verra à Uyuni, trois jours plus tard. En attendant, on découvre la Bolivie avec des yeux extasiés: le désert de ce côté ci regorge de montagnes aux teintes rosées, de lacs innombrables sur lesquelles se posent une quantité incroyable de flamands roses… Le désert de ce côté ci, ce sont des lamas à perte de vue, des étendues de sable déchiquetées de montagnes, d’eau et de geysers fumants et bouillonnants… Le premier jour, nous jouons dangereusement avec l’altitude (nous passons de 2500m à 4800m pour ensuite nous poser pour la nuit à 4200m) . Bruno passera la plus mauvaise nuit de son existence. Les guides nous disent que c’est normal et assez courant. Oui on s’en doutait un peu… chacun sa façon d’encaisser le manque d’oxygène. Les Français et moi, on s’en tire avec un bon mal de tête et de la fatigue, Bruno lui ne mangera plus, ni ne boira rien durant presque 24h, à l’exception du Mate de coca, salvateur contre le mal d’altitude. Quand je vous dis qu’il faut être prudent…
Le deuxième jour, nous sillonnons beaucoup le désert en jeep. Le bémol de cette excursion magnifique c’est que vous êtes en permanence avec 20 autres jeeps et tout le monde visite la même chose en même temps. De plus, c’est la saison des vacances pour les petits jeunes et les petits jeunes, ça grimpe partout, ça se selfie dans tous les coins, ça parle, ça crie ou alors ça médite sur le moindre rocher (impossible de prendre des photos de roche sans eux dessus!)… Bref, on se fait vieux et ils nous énervent. On passe donc notre temps à éviter la faune pour profiter des zones magnifiques du désert. Mais on est bien obligé de partager (oui en plus de devenir vieux, on devient asocial… ça ne s’arrangera pas je crois!) Le meilleur remède, c’est d’en faire de l’humour sur photo en les imitant quelque peu… ça canalise l’énervement! Je pense aussi que Bruno et moi passons un cap dans notre façon de voyager, nous préférons déambuler seuls et par nos propres efforts mais malheureusement, le Salar d’Uyuni ne se fait qu’en jeep et accompagné. Néanmoins, si vous payez le prix fort (nous, on en était déjà à 120 euros par personne pour trois jours « classiques ») alors vous pouvez vous faire un itinéraire avec guide qui suit les endroits beaucoup moins fréquentés (pour l’instant, avec l’engouement que cela apporte, dans 5 ans tout le désert sera envahi par le tourisme de masse). Oui il y a des questions à se poser (ce que ne font absolument pas les agences qui cherchent le plus de profit possible).
Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est absolument magnifique et le soleil est de la partie, en saison des pluies… On ne se lasse pas des paysages et on terminera le troisième jour par le clou de l’expédition… Le Salar!! Avant cela, nous aurons droit à une petite visite des vieilles locomotives du pays (elles ont une centaine d’années), échouées dans le désert pour le plaisir des enfants et des jeunes touristes qui les escaladent dans tous les sens… Les gens d’Uyuni ont peu à peu récupéré les matériaux mais ont laissé certains wagons intacts, pour l’histoire. Après cet intermède, en route pour le Salar! En janvier et février, le plus grand désert de sel du monde est inondé et, pour notre plus grande joie, nous avons pu le découvrir ainsi. L’infini du ciel se reflète sur l’immensité du désert à la perfection et l’impression immédiate est celle de marcher dans un rêve éveillé. On ne se lasse pas de s’y balader, pieds nus sur le sel et l’eau… On s’arrêtera à divers endroits, certains étant secs et d’autres bien humides… Nous mangerons dans un hôtel de sel, où dorment les touristes qui commencent le tour par la Bolivie. C’est assez impressionnant à observer…On photographie dans tous les sens, en sachant très bien que c’est unique au monde et absolument indescriptible dans son entièreté. Un des plus beaux endroits de cette planète et une immense richesse pour le pays…
Après ces trois jours de désert et de découvertes, on arrive à se poser à Uyuni pour deux bonnes journées de repos. Uyuni, ce n’est pas vraiment laid, mais ce n’est pas beau non plus, c’est juste la petite ville proche du désert pour tous les départs en excursion. Comme il n’y a pas grand chose à faire, on prend le temps de se reposer. Hormis, ahaha, la meilleure visite de tous nos voyages, celle faite à l’immigration! Où le chef des douaniers nous apprend gentiment qu’en gros l’agence a bien foiré, que ça fait 4 jours (nous le somme le 25) qu’on est illégaux et donc clandestins en Bolivie et par voie de loi… bing une amende, passez par la case payement et vous ne retoucherez pas d’indemnisation merciiii! Haine contre l’agence. Le chef nous explique de plus, que si nous étions contrôlés dans la rue ou dans un hôtel et bien c’était retour à la frontière et « au plaisir de ne plus vous revoir, bande de clandestins belges! » Sympa tout ça!

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Photos:

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Après toutes ces émotions, on reprendra un bus, direction Tupiza, petit village planté au milieu d’un décor de Far-West. Le bus pour nous y rendre est certainement l’ancêtre de tous les bus que nous avons déjà pris dans ce monde, ça vibre, ça balance et c’est bondé. Après trois heures de massages vibrants non demandés, on s’arrête pour changer (ah quand même!) et pour grimper dans un bus plus costaud car ça va grimper et descendre sec encore pendant trois heures. Je dois bien avouer qu’il s’agit d’une des plus belles routes que nous ayons prise mais également la plus dangereuse. Moi qui adore me coller le nez à la fenêtre, j’ai plus d’une fois détourné les yeux en aggripant le siège de devant lorsque notre grand bus tanguait dangereusement au dessus de précipices (sans garde fous ni barrière bien entendu)… au grand étonnement d’une petite bolivienne, assise au milieu du bus et qui ne se rendait compte de rien ou bien qui était blasé du chemin. C’était beau, c’était grandiose et j’ai aussi eu une des plus belles trouilles de ma vie! Enfin, on est arrivé entier (merci le conducteur trop balèze qui connaît son chemin par coeur…)

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Tupiza, plus joli qu’Uyuni mais il n’y a pas grand chose à faire dans le village même. On décide donc de s’offrir trois heures à cheval dans les décors du Far West. Pour ceux qui nous suivaient en Asie, je m’étais jurée de ne plus remettre les fesses sur un canasson depuis l’indiscipliné Goulaf, hormis si j’étais bien accompagnée. Je décide donc de faire confiance à l’auberge qui m’assure que les chevaux sont très doux, très gentils et sont habitués à tous les touristes. Mouais. C’est donc le coeur un peu battant que je grimperai sur Tortillo, le plus calme de tous les chevaux du ranch. Et bien c’était vrai! Ouf! Une balade de trois heures fantastique, au milieu de canyon, de montagnes rouges et ocres, sur des sentiers dignes du Mordor. Le guide (et éleveur des chevaux) qui nous accompagne est d’une gentillesse rare et nous fait revivre les moments passés :nous passons ainsi près d’une « porte du diable », lieu ancestral de sacrifices humains et animaux, qui était aussi l’endroit où l’on vénérait le dieu soleil et Pachamama (la déesse mère de la terre). Il nous raconte l’histoire de son bout de pays, quand les Espagnols sont arrivés au 18 ème siècle, brisant toutes les coutumes en érigeant à la place des croix et des églises. Dans un autre endroit, Wilson (notre guide) m’explique que si la Bolivie n’avait pas connu une grave révolution il y a trois ans à propos de la privatisation du gaz, et bien le Seigneur des Anneaux aurait pu se tourner dans le décor que nous avons sous les yeux (la partie du Mordor justement) En effet, j’imagine très bien Gollum sautiller de roche en roche, avec l’ammoncellement de nuages et de pluie qui s’annonce… Nous terminerons par le canyon des Incas, pas très large mais où il est possible de marcher (de grimper plutôt) sur 7 km. Nous sommes en Bolivie et rares sont les villes ou villages en dessous de 2500m. Ici, nous nous hissons à 2900 et des poussières. A part ces très beaux moments, nous avons déambulé dans la petite ville, comme à notre habitude, par le marché coloré, la place principale et les rues adjacentes.

Photos: Tupiza
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Après deux jours, nous partirons en direction de Potosi, la plus haute ville du monde (4070m), ancien eldorado des Espagnols qui l’ont pillée jusqu’à son déclin, de tout l’argent dont regorgent ses mines environnantes (au 18ème s toujours) Actuellement, certaines mines sont toujours actives et les mineurs qui y descendent savent bien qu’ils ne vivront pas vieux, ils mourront de silicose après 10 à 15 ans passés dans les galeries aux poussières mortelles. Mais les mines coopératives leur appartiennent désormais et pour vivre, il faut bien extraire du minerais. Depuis plusieurs années, les agences et hostels proposent des circuits touristiques qui descendent dans certaines mines, où l’on peut se rendre compte des conditions de travail des mineurs. Nous avons tergiversé, pesé le pour et le contre et finalement, nous n’y avons pas été. Bruno trouvait que c’était du voyeurisme déplacé et après renseignements, les pourcentages versés par les agences aux mineurs en fonction des touristes sont tellement ridicules que cela ne les aide qu’à peine. Moi, cela m’était égal si ce n’est que ma légère claustrophobie m’aurait empêché de m’y sentir « bien » (ceci dit j’ai survécu aux tunnels au Vietnam mais c’était un autre contexte). Nous avons demandé à un Islandais ce qu’il en avait pensé et nous avons pu observer l’émotion avec laquelle il nous a répondu qu’à part en Afrique, il ne devait plus exister de conditions aussi horribles de travail. Apparemment, la lampe frontale permet d’éclairer … de la poussière, de la poussière et encore de la poussière. Les mineurs sont cependant très fiers de leur travail et apprécient qu’on leur rende visite (il est d’ailleurs maintenant obligatoire de leur faire des cadeaux: dynamite, cigarette, feuille de coca…). On ne les voit pas travailler et les touristes passent de galeries en galeries. Notre ami Islandais nous a ému plus que les quelques greluches que nous avons vu rentrer à l’auberge en s’écriant « oooh it was SO amazing, you know? » « I’ve never seen that befoooooore » comme si elles s’étaient rendues à un spectacle de danse contemporaine. Bref.

A Potosi, nous avons préféré simplement nous balader et visiter deux musées: l’un est une partie restaurée du couvent Santa Teresa, qui abritaient (et abritent encore en petit nombre) des nonnes recluses de la branche Carmélite. La partie musée du couvent est restaurée et nous offre plusieurs tableaux de l’ère chrétienne (dont certains étaient confisqués durant l’Inquisition) et aussi, les anciens lieux de vie de ces nonnes, qui passaient leur journée à prier, tisser des broderies et n’avaient le droit de parler qu’une heure par jour. Leur chambre était minuscule et pourvu d’une petite fenêtre (pour les plus riches, lespauvres dormaient en salle commune). Il y avait une hiérarchisation parmi la communauté, celles dont la dot avait été conséquente prenaient toutes les décisions et les plus pauvres se chargeaient des tâches ingrates, au service de leurs supérieures. Leur famille avait le droit de leur rendre visite une fois par mois, mais derrière un voile noir et sans aucun contact. C’était une branche très dure de l’église catholique (l’Opus Dei de nos jours approximativement) et les nonnes se flagellaient également pour endurer la souffrande du Christ. La croyance voulait qu’une vie de pureté et de discipline donnaient automatiquement droit à une place au paradis. (Tiens. L’histoire des religions, finalement ne fait que se répéter).
Le deuxième jour, nous nous sommes rendus au Musée de la Monnaie, qui est le plus imposant de toutes la ville. Avec beaucoup d’intérêt, nous apprîmes comment on frappait la monnaie, depuis le 18 ème siècle jusqu’à nos jours. En gros, comment les Espagnols ont répandu le pire fléau de l’humanité dans ce pays. Comme d’habitude, on a d’abord sacrifié les animaux, les esclaves et les indigènes, jusqu’à l’évolution d’un processus mécanique et ensuite électrique. Diverses monnaies étaient utilisés, aussi bien pour les visites des nantis, que pour la vie de tous les jours. Le musée conserve beaucoup de liquidités (pas la peine de penser à un braquage, cela n’a aujourd’hui plus qu’une valeur historique 😉 ) , dont les dessins de plusieurs pièces sont finalement des moments symboliques de l’histoire. Le musée à conservé les énormes machines d’antan, qui étaient actionnés par des tractions de mules (les pauvres bêtes ne survivaient pas plus de quelques mois à ce régime) pour que l’homme indigène puisse ensuite récolter les plaques d’argent (amincies au maximum dans les machines), pour les couper, les frapper et ensuite les livrer.
Pour le reste, nous avons déambulé dans la grande ville. La Bolivie, ça grimpe et ça descend tout le temps, autant vous dire que parfois même une marche d’une heure est un véritable sport! L’avantage c’est que nous sommes maintenant complètement habitués à l’altitude et que nous pouvons profiter de tout.

Photos: Potosi

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Notre prochaine destination sera Sucre, la capitale officielle de la Bolivie, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991. Un endroit sacré où l’indépendance du pays sera proclamé par Simon Bolivar (d’où le nom du pays) et la déclaration d’indépendance signée le 6août 1825. D’emblée, nous aimons beaucoup, beaucoup Sucre. La ville regorge de facades blanches et de toits rouges, architecture amenée par la colonisation espagnole. Autant Potosi est difficile à sinuer, les rues sont étroites et les gaz qui s’échappent des pots d’échappement vous asphyxient tous les 5 mètres. Ici, les rues sont larges, propres et belles et c’est avec un grand plaisir que nous allons partir à leur découverte. La période pré-carnaval se fait sentir, les jeunes ont comme jeu ici de se balancer des ballons d’eau un peu partout, dans les appartements, dans les voitures et même sur moi… (vive l’étui de l’appareil photo qui l’a protégé d’un bain impromptu). Sucre est une ville d’étudiants et en fait, cela se sent, l’ambiance n’est plus aux mineurs ou au far-west, on se trouve ici au coeur d’une modernité Bolivienne (les idées et politiques de Sucre sont apparemment réputées pour être avancées en matière d’ouverture et de tolérance). Nous y resterons trois journées bien complètes et cela nous permet d’explorer la ville et son centre à notre aise. Nous nous rendrons au musée de l’ethnographie, oh miracle, oh bonheur, il est gratuit! S’y trouvent l’histoire des Chipayas, tribu vivant aux alentours de Sucre et qui a été persécutée, non seulement par les Espagnols mais également par leurs pairs. Ils se sont battus pour conserver leur tradition et croyance et vivent aujourd’hui toujours reculés.
Beaucoup d’agences pourraient vous proposer de leur rendre visite, en gros 4X4, armés de vos appareils photos et de votre curiosité malsaine. Je vous le déconseille, si vous avez un tant soi peu de respect pour vos semblables. Les Chipayas préfèrent de loin qu’on leur fiche une paix royale et que vous vous absteniez de braquer vos appareils photos sous leur nez. Quand on voyage, il faut apprendre qu’on ne va pas partout en toute liberté, nous avons déjà pu constater les nombreux dégâts de l’industrie du tourisme dans les pays que nous avons déjà traversé. Soyez responsables et posez vous les bonnes questions avant de vous embarquer dans n’importe quelle expédition, aussi alléchante paraît-elle. Si vous vous intéressez à eux, j’ai trouvé ceci en ligne, un gros et très précis travail universitaire sur les Chipayas. A noter que de nombreux scientifiques, ethnologues et anthropologues se sont intéressés à eux, car leurs conditions de survie étaient extrêmes et leur histoire fascinante.

http://www.erudit.org/livre/aidelf/1981/000704co.pdf

Le musée de l’ethnographie recèle aussi une collection de masques ahurissante et parfois même effrayante! Les explications vous révèlent qu’ils sont utilisés lors de carnavals ou de fêtes et que chacun a son rôle bien précis à y jouer (vous avez la mort, le diable, la vache,… et tant d’autres dont j’ai déjà oublié les noms!) Et enfin, des expositions temporaires, nous, on a eu droit à des peintures très class de dames… et aussi des publicités françaises depuis le début des années 1900! Une évolution jusqu’à nos jours, très, très intéressante et qui nous a bien fait rire suivant certains slogans. Il est toujours comique de se dire que l’on est en Bolivie afin de découvrir leur culture… pour se retrouver nez à nez avec la nôtre ou presque!
Le lendemain, nous nous sommes rendus à la casa de la Libertad, endroit historique puisque c’est là que se sont prises toutes les décisions pour l’indépendance et la bonne marche du pays. Notre visite est guidée et très instructive. L’endroit est resté le même, et la déclaration d’indépendance trône dans la salle principale, sous les tableaux de Bolivar ses comparses: Hugo Ballivian et San José de Sucre. A cette époque, les classes sociales étaient bien différenciées. Enfin… c’est toujours le cas aujourd’hui et les dames très colorées aux amples jupes que vous croisez dans les rues et qui sont si représentatives de la Bolivie, sont en fait les dames les plus pauves, imitant le style vestimentaire des  Espagnoles de la haute voilà 3 siècles. Ceux qui ont participé à la mise en place d’un système législatif, exécutif et judiciaire étaient des hommes espagnols, nés sur la terre Bolivienne. L’histoire dans son entièreté, des guerres d’indépendance jusqu’à aujourd’hui est trop longue à restituer, je me bornerai à vous donner ce lien sérieux sur l’histoire de Bolivar:

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Sim%C3%B3n_Bol%C3%ADvar/109361

Sachez cependant que la Bolivie a connu plus de 60 présidents, du à de nombreux coups d’état militaire. Une dictature s’y est même installé pendant un temps, avant de voir la démocratie revenir à l’oeuvre. L’actuel président, Evo Morales est grandement apprécié de son peuple de part son origine indigène et de ses combats pour la préservation de son pays.
Hormis ces deux musées tout aussi intéressants l’un que l’autre, nous nous sommes baladés un peu partout, du parque Bolivar (très vert) jusqu’au point le plus haut de la ville, qui offre une vue de maisons blanches et de collines. Nous avons aussi visité le Templo Nuestra Senora de Merced, qui est un mélange saisissant de sobriété et de décoration luxueuse: l’autel, les murs et la chaire sont un mélange d’or, d’architecture de la Renaissance et d’ajouts baroques (sic le Lonely Planet). On peut grimper sur son toit et admirer la vue sur la ville, très agréable également. Bref, on a bien profité de cette ville magnifique aux accents de Séville (selon notre guide de la casa de la Libertad). Pour terminer, nous nous sommes rendus au cimetierre national, absolument immense et aux mausolées gigantesques pour les familles de l’époque coloniale. Sont aussi présentes des mausolées dédiés aux congrégations religieuses, ainsi que des centaines de vitres abritant les cendres des défunts..

Photos: Sucre

Arrive ensuite la deuxième partie de notre voyage, de la Paz jusqu’au lac Titicaca mais ce sera pour un autre article. Comme vous l’aurez remarqué, nous remplissons nos lacunes culturels en Bolivie, la saison des pluies ne permet pas de faire de treks tel que nous les aimons et donc, nous avons privilégié les villes à la campagne (sachant de plus que les tribus sont ici très méfiantes des étrangers, voire même hostiles)

Je ne tarderai pas à mettre le post suivant en ligne… Pour l’heure j’ai le Titicaca qui s’étend devant ma fenêtre d’hôtel (écolo et aytpique mais chuuut.. prochaine fois j’en parlerai!)… Et il est temps de sortir se balader!
Ciao ciao y suerte los amigos!

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Catégories : Bolivie, Info | 4 Commentaires

Billet d’humeur du 7 et 8 janvier 2015

Un billet d’humeur. J’aime bien ces mots. Cela fait quelques semaines que je songe à étrenner la rubrique « actualité » par un billet d’humeur sur le massacre de 17 personnes le 7 et 8 janvier, dans les rues de Paris et au journal satirique « Charlie Hebdo ».
Cela fait bientôt un mois et la psychose ne fait que commencer. Cependant, c’est surtout les réactions de l’homme en tant que tel qui ne laissent jamais de m’étonner. Dès qu’une tragédie a lieu, on entend tout et n’importe quoi, on s’insurge, on condamne, on philosophe, on réclame plus de sécurité, plus de culture… au choix. Mais on attend toujours qu’une tragédie ait lieu pour réagir. Le terrorisme, ce n’est pas nouveau. Ca a même plutôt toujours existé, suivant la définition que l’on donne à un tel mot.
Je ne vais pas me réclamer de tel ou telle auteur(e), économiste, philosophe, sociologue, anthropologue. Je vais juste utiliser, moi aussi, ma liberté d’expression.
La tragédie se déroule en deux parties : l’une contre des journalistes aux grandes gueules, l’autre contre des juifs anonymes. Au milieu, des flics qui ont juste essayé de faire leur boulot et un pauvre gardien de maintenance dont c’était le premier jour de travail. Une analyse en deux parties, en soi.
La première réaction, très humaine, qui a suivi ce massacre a été la descente, pacifique et citoyenne, de millions de Français dans les rues. Simplement, uniquement parce qu’ils étaient choqués, outrés, horrifiés qu’un tel malheur soit arrivé chez eux. La seconde réaction est la protesation « Vous ne toucherez pas à notre liberté d’expression! », ce qui a permis la naissance du très célèbre mouvement « Je suis Charlie ». Soudainement, quasi unanimement, des millions de personnes de notre planète se sont sentis « Charlie », par solidarité, par tristesse, par rébellion. Et, quoi qu’on en dise, je pense que cela reste un très beau mouvement de départ.
Bien entendu, les critiques et détournements d’un tel mouvement ne se sont pas fait attendre. Que serait l’humain s’il ne pouvait pas ouvrir sa grande gu… et vitupérer dans tous les sens. C’est une qualité et un défaut à la fois.
Les critiques les plus virulentes ont d’abord été que les politiques s’empressaient de dénoncer les attentats en s’attribuant les premières places. Ils se prennent en gros pour des « Charlie »de la nation alors même que les dessinateurs du journal les tournaient en dérision dès qu’ils le pouvaient. Mais, me suis je dit, pensons naivement: pourquoi cela étonne-t-il encore les gens? La fonction première de nos politiciens n’est telle pas justement de se mettre en avant dès qu’ils le peuvent? Ne sont-ils pas là pour représenter le peuple, par le peuple? Ne sont-ils pas élus pour justement représenter nos aspirations, nos envies, nos colères, nos frustrations? J’ai trouvé, par les critiques virulentes, que cette colère contre les politiciens représente bien que quelque chose pourrit au royaume du monde. On ne s’identifie presque plus à ceux que l’on a élu, la jeunesse française est même depuis plusieurs années complètement déçue et ne va plus voter. Personnellement, je trouve que c’est un tort très grave car cela permet aux extrêmes de monter. Les imbéciles ont ceci d’intelligent qu’ils utiliseront toujours leurs droits pour se faire entendre. Cependant, même les partis modérés ne remplissent plus leur fonction. Nous les regardons comme des nantis, des gens avides de pouvoir et de profit, juste bon à se déclencher des guerres économiques, avec toujours plus de profit à la clé, au détriment des 3/4 de l’humanité. Eux-mêmes sont à la botte des multinationales, avec de grands accords dont la majorité de la planète ne veut plus, qui se négocient sans le peuple mais dont nous serons les premiers à trinquer. Oui, tout cela est un autre débat mais quand je vois les réactions en chaîne lors du défilement de la « marche républicaine » je n’ai pu m’empêcher de me dire  » Tout est lié ».
Ma pensée à moi? Toutes les marches pacifistes sont belles, peu importe qui s’y mêle, chacun a le droit d’y aller. Le fait d’accorder plus d’importance à la fonction politique qu’à l’homme qui marche est une dérive de jugement qui fait que l’homme n’ « est » que par ce qu’il « fait » comme travail. Nous jugeons toujours les autres sur leurs actes et cela est bien légitime. Mais si on décidait d’accorder moins d’importance, lors d’évènements comme ceux là, à la présence de politique au sein d’une marche pacifiste, non seulement je suis persuadée que cela les détrônerait de leur piedestal mais en plus, nous nous sentirions heureux de n’avoir pas « joué leur jeu » comme on dit si souvent. Mais non, on râle, on bouscule, on met le tout en une des journaux pour encore mieux critiquer sur les réseaux sociaux. Du coup, le mouvement « Je suis Charlie » perd de sa superbe et passe carrément du côté de l’hypocrisie. Dommage. A la base, il s’agissait d’un mouvement citoyen, d’un défilement pour des idées, des convictions, tel que la France n’en a plus connu depuis bien longtemps. Et le fait que trop de gens se soient centrés sur les politiciens du premier rang a gâché une belle partie de l’idée. Vraiment dommage. Si j’avais le talent d’un caricaturiste de Charlie hebdo, je n’aurai pas manqué de les rendre transparents, avec le peuple éclatant de couleur en arrière plan. Une marche par le peuple et pour le peuple. Au nom de la culture, de l’éducation.
La critique la plus virulente, et sans aucun doute pertinente, est également que ces caricaturistes morts se battaient contre ce système, contre l’hypocrisie politique, contre le pouvoir des religions. Et, d’un coup, des millions de gens de toutes confessions, de toutes nations, de toutes classes sociales se sont découverts un élan commun de solidarité avec eux. Alors que de leurs vivants, les gens prenaient leurs distances avec de tels hurluberlus. « Qu’ils s’expriment soit, mais nous n’avons rien à voir avec eux! » est sans doute un exemple type d’un bien pensant.
Mais, comme je l’introduisais plus haut, l’être humain « moyen » se montre toujours au sommet de son art lorsqu’il a à faire face à une tragédie qui le touche de près. Je suis en effet persuadée que ce mouvement d’unité nationale est étroitement lié à une troisième critique, que je trouve toujours bizzarement naïve. Celle qui fait dire « 17 morts à Paris, cela donne des millions de personne dans les rues, mais des milliers de mort au Nigeria/Somalie/Lybie/Cameroun/Congo etc etc (liste asolument non exhaustive) là par contre cela n’intéresse personne! »
Vrai. En majeure partie (beaucoup de gens travaillent dur et dans l’ombre tous les jours pour la sauvegarde d’humains en détresse). Mais c’est parce que nous nions un côté inévitable et irrémédiablement ancré en nous: l’égocentrisme. Que des atrocités se passent de l’autre côté du monde, cela nous fera mal au coeur le temps du JT de 20 heures ou à la lecture du journal du matin. C’est triste, c’est affreux mais enfin « On ne peut pas sauver tout le monde n’est ce pas! » ou encore « Mais que pourrions nous bien faire, on est si loin » ou alors, la pire « Chacun sa merde! » (je hais cette expression,tellement révélatrice de notre nombrillisme).
Mais. Mais. Mais. Que cela arrive « par chez nous », dans le pays voisin, sur nos terres, près de notre maison, alors là c’est branle bas de combat. Avec beaucoup de cynisme, je pense que l’être humain réfléchit inconsciemment comme ceci « Comment, on a osé nous attaquer nous aussi! » « Mais mais, cela aurait pu être nous, abattu dans les rues, ma mère, mon père, ma soeur, mon cousin, mon chien, mon singe en peluche » etc etc etc…
Nous sommes outrés. Horrifiés, éberlués. Sur le cul comme on dit chez nous. Parce que, et bien non, on ne pense pas que cela peut arriver aussi « chez nous », chez les bien pensants, dans les sociétés dites « évoluées ». Nous avons survécu à la seconde guerre mondiale, plus jamais ça, nous écrions nous! Le 11 septembre, ah oui c’est vrai. Mais enfin, c’était toujours de l’autre côté du monde et puis hein les Etats-Unis font partie des toutes puissances mondiales et en plus ils fourrent toujours leur nez partout, pas étonnant qu’on les attaque. Quand aux attaques dans les métros anglais et espagnols, c’est loin aussi tout ça, c’était quand déjà?
C’est méchant? Peut-être. Réaliste? Peut-être aussi. Tout dépend de ce que vous êtes prêts à entendre.
Mais ces deux données mises ensemble: notre nombrillisme exacerbé, ajouté à la proximité des attaques a donné lieu à la plus grande manifestation depuis au moins 50 ans (je prend manifestation au sens large, il y en a eu dans beaucoup d’endroits). Que Marine Lepen soit élue présidente de la République ne jetterait pas plus de monde dans les rues.
Je ne lisais pas Charlie Hebdo, à quelques rares exceptions faites. Je ne connaissais même pas bien le parcours de chacun d’entre eux. Mais je sais une chose, c’est que je suis humaine et pourvue des mêmes défauts que beaucoup d’entre nous. Que des hommes, puits de haine et de stupidité (pour reprendre une expression de Sylvain Tesson sur un des auteurs de l’attentat du 11 septembre), aient assassiné froidement et dans la joie 17 personnes me remplit de consternation et de tristesse. Oui, c’est arrivé près de chez nous. Et oui, je l’assume, cela me touche plus profondément que les milliers de morts de Boko Haram. Alors que je me revendique humaniste et solidaire du monde. Mais c’est ainsi. Et ce massacre en règle me donne encore plus envie de brandir ma plume virtuelle ou réelle et d’écrire, toujours plus.

Mais je n’ai pas fini, car le 8 janvier, c’est une attaque ciblée contre des Juifs qui a tourné au massacre. 4 morts, dont la presse a relativement peu parlé, ce qui fait vendre c’est Charlie et ses figures de proue.
4 personnes anonymes, massacré par un idiot de plus, au nom du racisme alors même que le Judaisme et l’Islam se rejoignent sur bien des points. Mais la guerre incessante Israel Palestine ne cessent de réveiller des vocations de « soldats de Dieu » et il faut tuer pour obtenir son paradis sans juifs. Ce qui est encore plus consternant dans ce cas ci, c’est que les meurtres ont été gratuits. Un « bonus » en somme. Si la « mission divine » des frères machin fut d’éliminer quelques caricaturistes du prophète au nom du blasphème, le meurtre de 4 Juifs fut totalement et complètement gratuit. Un peu plus de violence pour montrer aux infidèles la force des imbéciles.
J’ai lu beaucoup de rancoeur sur les réseaux sociaux de la part de personnes juives quant au presqu' »oubli » de ces morts et je les comprend pour cela. Ils se sont fondus dans la masse Charlie, au même titre que les policiers abattus. Cela a donné lieu à beaucoup de réactions très vives, sur la minimisation des agressions apparemment très fréquentes des Juifs en France.
C’est evidemment grave et consternant mais on peut se poser la question du pourquoi? Pourquoi ce sentiment d’insécurité provenant de la communauté juive en France et ailleurs? Je pense qu’une partie de l’explication réside dans la guerre Israel Palestine, qui remporte dans nos pays une large adhésion pour les Palestiniens, privés de leur terre par la colonisation il y a plus de 50 ans et annihilé de leur culture, de leurs droits, durant toutes les années qui sont suivi. Israel nous énerve et nous emmerde. Nous sommes très nombreux à le penser et il faut pouvoir le dire. Autant que les Juifs ont le droit de défendre leur mère patrie, face au Hamas qui n’est pas non plus un parti qui prône l’ouverture d’esprit (Il est loin le temps d’Arafat et Yitzak Rabin). Cette guerre incessante et sans fin créent chez les Islamistes radicaux beaucoup de vocations de « soldats de Dieu » à l’encontre des Juifs et provoquent des réactions très grave comme le négationnisme du génocide juif de la seconde guerre Mondiale (ce qui fait que des types comme Dieudonné font office de parole d’Evangile aujourd’hui.) A moindre réaction, il existe quasiment depuis toujours un climat de tension entre « juifs et arabes », une méfiance réciproque, basée sur des histoires de religion (qui pourtant se rejoignent sur bien des points) et la colonisation de la Palestine. Or, en France il y a environ 5.000.000 de Musulmans pour environ trois fois moins de Juifs. Cette communauté se sent-elle en sous effectifs en comparaison de leurs frères ennemis? Est ce là d’où leur vient leur sentiment d’insécurité? Mais que dire dans ce cas des millions de Musulmans qui sont désormais assimilés à de potentiels terroristes sur la terre qui les a vu naître? Eux aussi souffrent des stéréotypes, de préjugés. La solution la plus évidente et la plus simple serait la création de lieu de débats entre juifs et musulmans, de lieux d’échanges, d’éducation, de partage d’idées (probablement que cela existe déjà mais il en faudrait tellement plus, surtout pour l’éducation des enfants). On est pas obligé d’être d’accord mais on devrait se sentir obligé de se mettre à la place de l’autre et de balayer devant notre porte. Cela vaut aussi pour nous, personnes bien pensantes qui ne nous salissons les mains que lorsque l’urgence s’en fait ressentir. Ouvrons notre esprit et nos actes à plus de solidarité et d’échanges, eu lieu de nous enfermer devant nos JT et l’internet aux infinis publications. Sortons, parlons, échangeons, voyageons. Soyons d’accord pour ne pas être d’accord mais pour nous respecter, toujours. Et surtout, sachons rire de nous.

Un billet d’humeur donc. Et je vois la psychose qui s’installe, je vois les gouvernements investir dans l’armée, la sécurité, la peur, le repli sur soi au lieu d’ouvrir des écoles, des lieux de débats sur les religions, les cultures, la tolérance, l’ouverture. On joue le jeu du terrorisme, on tue, on suspecte, on veut dresser des listes de Musulmans, contrôler chaque personne au faciès suspect. Quelle pitié. On nous prend pour des cons, on nous entretient la peur de l’Autre, de la différence. C’est à nous de ne plus nous laisser faire, d’agir différemment. Bien sûr qu’il faut de la sécurité, un contrôle du territoire. Mais la véritable sécurité viendra du fait de se comprendre, de se côtoyer, tous autant que nous sommes. Elle viendra d’écoles où un Juif, Un Musulman, un Athé, un Catholique, un Bouddhiste, peuvent tous se parler sans se faire insulter ni menacer de mort pour un dessin, une pique, une remise en question. Je me dis que décidément non, les politiciens ne nous représentent plus, nous, les gens qui veulent « autre chose ».

Commençons par nous même et nous changerons ce monde. En tout cas, c’est ce en quoi, moi, je crois. C’est ma foi. J’assume que l’on me traite de naïve, de pacifiste à la noix. Je préfère ça plutôt que la violence et la peur qui règne en ce moment.
Libre à vous d’en débattre avec nous!

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Ciao Chile, entre lago y desierto…

DSCF3477 (Copier) Et voici venue… la dernière partie du Chili! Je vous avais laissés à Pucon, lors de notre retour de randonnée en forêt. Nous resterons dans le petit village encore deux nuits, ce qui nous permet de nous reposer et aussi de rencontrer beaucoup de gens avec lesquels nous passons une excellente soirée, dans un petit bar-resto tenu par les tenanciers de notre auberge. Entre chants des habitants d’ici, musique à la guitare, nous discutons sous les étoiles, le verre de vin à la main (bien entendu, il n’y en eut pas qu’un… ) Ensuite, c’est parti pour deux jours de voiture, afin de remonter jusqu’à Valparaiso, une vraie ville remplie de 300.000 habitants (et encore on est certain qu’ils se sont multipliés depuis la publication du Routard!) La première journée de voiture fut assez éprouvante pour Thom et moi qui avons souffert de la chaleur: envie de vomir, plus d’énergie… lorsque nous sommes enfin arrivés, après plus de 8h de route sous un cagnard abrutissant, dans un camping typiquement chilien, nous ressemblions à deux zombies, juste bon à s’effronder à terre, à côté du lac. Bruno lui, s’en sort à merveille et gazouille, monte la tente, prend des bières… bref, on est pas né avec les mêmes capacités c’est certain! L’étape du soir est néanmoins très agréable, avec le vent qui se lève et nous rafraîchit enfin. Il forcira même durant la nuit, nous donnant l’impression de dormir au milieu du lac… Le matin, ce sont les vols silencieux des hérons, qui frôlent le lac à la recherche de poissons, qui nous accueilleront… poésie du Chili…

La deuxième journée se passe bien, il y a moins d’heure de route et nous faisons une halte à la isla negra, endroit où est enterré le très célèbre poète Pablo Neruda, dans le jardin de sa maison qui fait face à l’océan Pacifique. C’est lundi, et le lundi, la maison-musée et bien c’est fermé! Mais ce n’est pas bien grave car on l’aperçoit très bien de la plage… Nous contemplerons l’océan, qui n’a de Pacifique que le nom car il est déchaîné et ce sont des vagues immenses qui viennent se fracasser sur les rochers… Interdit à la baignade, vous seriez emportés avant même d’avoir eu le temps de crier! Cependant, le spectacle est toujours aussi fascinant… Quand les éléments se déchaînent, l’homme n’a plus qu’à se taire et observer… DSCF3431 (Copier) Photos: Casa Pablo Neruda

Ensuite, nous arrivons à Valparaiso. C’est un choc, c’est une vraie ville et je dois reconnaître que nous n’aimons pas trop ça Bruno et moi. Ceci étant, Valparaiso possède un charme certain, juchée sur des collines et bourrée de street art. Nous nous baladerons le premier après-midi dans le quartier de notre auberge, en déambulant au hasard des rues et nous aboutirons sur le port, antre du capitalisme, au milieu de containers et de bateaux gigantesques, voués au ballet incessant des imports-exports… Le soir, nous retrouvons Julie, une amie de Thom rencontrée complètement par hasard au sortir du parc d’Huerquehue (le monde est petit hé oui) et son copain, Joachim. Nous passerons la soirée encore une fois bien accompagnés, à boire de la bière et à discuter… J’ai par contre la « chance » d’assister à une descente de flics, juste en face du bar et c’est là que je me suis dit qu’on avait vraiment remis les pieds dans les endroits dits « civilisés ». Apparemment, Valparaiso n’est absolument pas sûre en certains endroits, surtout pour les touristes et mieux vaut éviter de se balader dans certains quartiers, même en journée. Ceci mis de côté, il est très agréable d’y déambuler à son rythme, car ça grimpe sec! Mais Thom vous en dira plus car c’est lui qui s’y est le plus promené, à la recherche de points de vue, d’arts et de beauté… Il a fait de jolies rencontres, mais je lui laisse le soin d’écrire quelques mots lui-même, que j’intègrerai ensuite à mon récit… DSCF3524 (Copier)   Photos: Valparaiso

Valparaiso, c’est surtout pour nous la ville des rerencontres car nous retrouverons Jérémy, Français du Nouvel An, qui sillonne le continent à vélo depuis deux ans et demi (un dur, un vrai!)… Là par contre, il a joué de malchance en se faisant voler passeport, cartes et argent dans un bar de Puerto Montt. Il est donc bloqué ici en attendant de tout récupérer…via la France! Nous passerons néanmoins une chouette soirée en sa compagnie.

Le lendemain, nous partons direction la Serena, avant d’atteindre Vicuna et l’observatoire des étoiles! Un grand moment que nous attendons avec impatience… La voiture est rendue à Valparaiso, c’est donc en bus (trajet de 8h) que nous ferons d’abord étape à la Serena, une très vieille ville chilienne, qui borde le Pacifique, où nous planterons nos tentes dans le jardin d’une auberge. Le lendemain, petit bus d’une heure et nous arrivons, sous le soleil et un ciel pur à Vicuna, petit village perdu. Et bien, nous on s’y sent très bien! Il est évident que Bruno et moi en tout cas nous ne sommes pas faits pour les villes, nous ne trouvons de réel charme que dans la nature… Nous n’y resterons qu’une nuit malheureusement… mais c’est le 16 janvier, anniversaire de Bruno et pour couronner cette journée, on apprend que notre visite se fait finalement le soir même! (Initialement prévue pour le 17 mais ils n’ont jamais enregistré notre réservation…petit conseil au Chili: pour réserver, privilégiez le téléphone!! Les mails, ils les oublient!) Après un repas concocté par nos 6 mains solidaires (steak/purée/salade pour honorer Brubru!), nous nous rendrons, à 22h, à l’observatoire qui est juché à plus de 2000 mètres d’altitude. Nous sommes un petit groupe de 10 personnes et tout le monde est excité comme des enfants en attente des cadeaux de Noël… Un rendez vous avec l’univers, c’est pas tous les jours!

Et ce fut… magique, fabuleux, extraordinaire, unique, lyrique, poétique, scientifique… Je manque de superlatifs pour décrire cette soirée… Notre astronome s’exprime en français, d’une voix douce dans le noir de la nuit… Nous regarderons tour à tour dans le téléscope géant, qui grossit jusqu’à 150 fois les merveilles que nous avons sous les yeux: nous commencerons par Uranus, qui n’est situé « qu’à » 3 années lumière de nous… ensuite nous plongerons nos yeux dans 2.000.000 d’étoiles (véridique!) un concentré extraordinaire de lumière, très loin, là bas dans l’univers… en levant la tête, on aperçoit des dizaines et des dizaines de constellations, Sirius, la Croix du Sud, Orion… et bien entendu des étoiles filantes… Ensuite, on replonge dans le téléscope qui nous montre une supernova (étoile morte qui crache toute sa matière), qui date de 1054… La dernière en date… et nous verrons par la suite, la suivante, celle qui est prévu d’exploser dans les 4 siècles à venir… Mais accrochez vous car c’est un fantôme que nous regardons, à 7500 années lumière de nous… En effet, quand on regarde les étoiles, c’est le passé qui nous entoure. La lumière met tellement de temps à nous arriver que ce n’est jamais ce qui est, mais bien ce qui était, que nous avons sous les yeux… La supernova, a en effet explosé il y a déjà 7000 ans et il faudra encore environ 4 siècles pour qu’elle nous parvienne… les lueurs déchireront la nuit durant plusieurs jours, laissant la terre baignée dans une lumière constante… Un spectacle que rêvent d’observer les astronomes… (et nous aussi!) Nous observerons une galaxie identique à la nôtre, à plusieurs millions d’années lumière nous, nous plongerons dans les nuages de Magellan afin d’observer une nébuleuse (endroit où se forment les étoiles), nous en verrons trois sur la soirée (dont une charmante que l’on nomme tarentule…) les trois plus belles… sans oublier la comète qui s’approche de la terre, drapée d’une traînée blanche…On vous rassure, il n’y a pas d’impact prévu avec notre planète! Et j’en profite pour préciser que la méthode « Armageddon » de Bruce Willis et bien, ça ne fonctionne pas! Sachez, amateurs du ciel, que toute comète que l’on pulvérise garde sa trajectoire, même en millions de petits morceaux… en gros c’est pire que mieux! Et puis, nous finirons par Jupiter… qui se lève derrière les montagnes, immense, brillante, traversé de ses nuages tropicaux (Jupiter tourne sur lui même en 9h seulement! Tout y est extrême!!) et entouré de ses 4 lunes parfaitement alignées (dont l’une créée une éclipse solaire sur la planète au moment où nous l’observons) … Notre astronome à la voix si douce répond à toutes nos questions, et semble enchanté de nos réactions d’enfant… Il nous apprend qu’un projet vise à installer de la vie sur une des lunes de Jupiter, un jour… (horreur et damnation, nous n’arrêterons jamais de coloniser!) Mais voilà, le temps est venu de se quitter, il est 1h du matin et nous nous séparons dans la nuit presque noire… en effet, nous sommes à un endroit de la terre où le ciel n’est pas noir à 100%, la poussière cosmique de l’univers nous permet quelques pâles éclaircies…

Et puis cette phrase de notre astronome, en nous séparant: « c’est bien que vous soyez venus, trop de gens oublient que nous avons des étoiles au dessus de nos têtes… » nous c’est promis jamais jamais on oubliera, au contraire, on va s’y intéresser encore plus! C’est la tête remplie de rêves et d’étoiles que nous rentrons à l’auberge, pour finir la soirée à la lueur des bougies et du ciel, un verre de rouge à la main… 32 ans pour Bruno et une soirée absolument inoubliable…   DSCF3565 (Copier) Le lendemain, 17 janvier, nous rentrons à la Serena pour attraper le bus de 16h, direction San Pedro de Attacama, notre ultime destination au Chili et l’endroit où nous quittons Thomas. Nous y arriverons le lendemain vers 9h. Bienvenus dans le désert, il fait chaud, il fait poussiéreux et la ville est à l’image de son environnement: couleur sable, poussiéreuse, chaude et attractive… c’est une ville touristique mais pas autant qu’on peut l’imaginer, hormis les rues principales bondées d’agences et de restaurants, il suffit de s’éloigner un peu pour profiter du calme et de la vie d’ici. D’ailleurs, notre auberge très routarde (10 euros/nuit en dortoir, ce qui n’est pas cher pour le Chili, surtout ici!) se situe au dessus de l’arrêt de bus et nous donne une vue imprenable sur la chaine de volcans de la cordillera del Sal. Face à nous, le Licancabur (haut de 5960m) se dresse et ne cesse de changer de couleur, au fur et à mesure des heures. Le désert a un côté magique et envoutant que nous avions déjà très fort ressenti en Inde. Il se confirme ici. Le lendemain, nous passerons une grosse matinée sur nos vélos (4 euros environs pour 6 heures de location), à pédaler dans la vallée de la Luna (dénommée ainsi par un curé Belge Gustave Le Paige, amoureux de cette contrée en des temps coloniaux). Nous avons fait la connaissance d’Erwan, un jeune Français qui voyage pendant 1 an sur le continent et il nous accompagnera durant la durée de notre séjour ici. Nous nous rendons donc à 4 dans le désert et…c’est magnifique, nous sommes presque seuls au milieu d’une immensité désertique, à pédaler sous une chaleur de plus en plus écrasante.

Comment décrire le désert… même les photos ne rendent jamais assez compte de la magie d’un tel endroit: des rochers, des dunes, des étendues à perte de vue couleur sable, couleur sel… au prix d’une route horriblement cabossée (je mets pied à terre plus d’une fois en pestant comme je sais si bien le faire) nous découvrirons une authentique mine de sel, avec les cavités creusées pour recueillir le précieux minéral… et des vues, des vues, à perte d’oeil…

Pour Bruno et moi, ce sera la seule activité que nous pratiquerons ici. Tout est très cher (le Chili n’en finit pas d’augmenter ses prix) et nous tenons à garder nos économies pour la Bolivie et le Pérou. Ainsi, le lendemain nous reprenons de vieilles bonnes habitudes et nous nous rendrons au musée de San Pedro, fondée par notre bon curé Belge, le musée porte d’ailleurs son nom et son ancienne maison est située juste à côté. C’est un petit musée très intéressant, qui nous apprend le temps du nomadisme préhistorique, les premiers pas vers le sédentarisme, l’influence Bolivienne et les invasions Inca du Pérou, qui ont façonné leurs céramiques, leurs croyances (le culte du soleil vient des Incas), leurs modes de vie… San Pedro existe depuis 12000 ans BC autant vous dire qu’on se balade dans un endroit ancestral et chargé d’histoire (qu’on ne ressent pas toujours trop, merci le tourisme de masse dont nous faisons malheureusement partie…) Une chouette petit matinée. Thomas quant à lui se met en tête d’escalader le volcan Lascar (oui oui) à 5600m d’altitude, départ à 4800m environ (une voiture se hisse jusque là). Si ça vous tente, soyez prêt à débourser une centaine d’euros et surtout, prenez le temps de trouver un (très) bon guide, car on ne rigole pas avec l’altitude et vous vous prenez plus de 3000 mètres de dénivellé dans la tronche sur toute la journée, San Pedro étant perché à 2500m. Thomas a très bien survécu à sa journée, avec un excellent guide et des photos absolument magnifiques (je lui laisse le soin de poster un mot lui même sur son expérience). Néanmoins, l’altitude agit de façon différente sur chacun et il existe beaucoup d’agences à San Pedro, certains étant amateurs, j’insiste donc vraiment sur le fait d’être prudent et de prendre son temps pour choisir son guide. Le soir du 20 janvier, nous nous offrons un resto digne de ce nom, c’est à dire une addition où le prix des bouteilles de vin a largement dépassé celui du repas en lui même… Erwan nous quitte le lendemain et nous prolongerons donc notre soirée par un (ou deux, ou trois…) bons digestifs dans un autre bar. Sachez qu’à San Pedro, les bars ferment à 1H en semaine et que la plupart des fêtards du coin terminent la soirée dans un coin baptisé « La playa » quelque part dans le désert… avis aux amateurs, nous on y a pas été (on avait largement notre compte et Thom s’était quand même levé aux aurores pour son Lascar).

C’est ainsi que notre dernière journée au Chili se passe sous l’astre communément appelé « gueule de bois » et donc on est bon à rien, à part traînailler et manger des glaces dans un endroit absolument génial: semi ranch, semi maison de thé et tenu par une Française et un Chilien: les glaces sont faites maison et par 35 degrés à l’ombre croyez bien que ça passe comme un verre de Pisco/Whisky en soirée: pas de problème on en redemande! Thom, lui, boucle son ultime excursion: deux jours de cheval dans le désert avant de reprendre l’avion direction l’Europe le 23 au soir… Je lui laisse également le soin de raconter son périple qu’il nous a décrit « merveilleux et empli de sérénité ». Quant à nous, nous avons bouclé un tour jusqu’à Uyuni, en Bolivie, qui démarre le 22 au matin, de San Pedro, on passe la frontière et ensuite, c’est parti pour en prendre plein les yeux de l’autre côté… Pero eso, queridos amigos y familia, es una otra historia que voy a racontar la proxima vez… Abrazo grande ciao ciaoooo!

Photos: San Pedro de Atacama

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Region de los lagos, adios Patagonia, y bienvenido Thomas!

 

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Nous voici donc dans une nouvelle partie du Chili, la région des Lacs. Avant de l’explorer plus en avant, nous passons Bruno et moi 10 jours sur la Isla de Chiloé, en attendant Thomas qui arrive le 29 décembre à Puerto Montt, à trois heures de bus de l’île. 10 jours sur l’île, c’est un peu long (rappelez vous que nous sommes en avance sur notre planning, du au fait que nous n’avons pas pu marcher dans le parc Pumalin) mais nous en profitons pour nous reposer vraiment. La Isla de Chiloé est un pan à part de la culture chilienne, les jésuites l’ont envahie au 18 ème siècle et y ont répandu la sainte odeur du christiannisme à tous les vents. Quand ils ont du fuir, chassés par les colons, leur héritage est resté. Résultat: plus de 300 églises de bois et de couleur sont aujourd’hui présentes sur l’île!! 16 d’entre elles sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO (qui commencent sérieusement à détenir les 3/4 de la planète…) et ce sont elles qui valent essentiellement le coup d’oeil. D’abord, direction Castro, la capitale de l’île, comprenez par là que c’est le plus gros village et qui détient la plus belle église de bois, selon les critère chilotes. Nous logeons chez un vieux monsieur absolument adorable, un veuf solitaire qui nous accueille donc dans sa maison familiale à un prix tout à fait correcte (10 euros!) Nous passons une journée à nous balader dans Castro, en admirant la belle église jaune et mauve, tout de bois vêtue et en flânant le long du port. Nous aboutirons dans un restaurant, affamés et nous dégusterons le plat typique de l’endroit: le curanto! Une fois mais pas deux, bien que ce soit fort bon c’est énooooooorme et bourratif: Un lit de moules mutantes (gigantesques mollusques, nos moules Belges font pâle figure à côté d’elles!) avec une montagne de coquillage et de viande! Plus une soupe pour faire passer le… plat (le monstre quoi!) Le tout arrosé d’un vin chilien, une valeur sûre! La soirée se révèlera très très arrosée car nous croisons une Belge que nous avons retrouvé à plein d’endroits de notre voyage. Audrey est liégeoise et voyage seule durant 6 mois. Pour ce soir là, nous voyagerons ensemble au pays des vins et des papotes interminables (au grand bonheur des serveurs qui nous ont même refilé quelques moules gratos pour nous caler l’estomac, résultat, je ne sais plus en avaler une… au moins durant quelques mois!). Bref, le lendemain on ne sert à rien. Grande journée que celle là. Nous réussissons tout de même à organiser une journée voiture avec quatre autres personnes, afin de visiter les autres églises de l’île, pour le lendemain. Audrey, elle, remonte jusqu’à Santiago.
Le lendemain donc, la tête plus ou moins à l’endroit, on embarque pour une demi journée de soleil (chance car sachez que sur Chiloé, il pleut en moyenne 300 jours/an!! Alors les Belges, on fait moins les fiers hein!) Nous roulons donc jusqu’à Tenaun, pour ensuite embarquer sur la petite isla de Quinchao. Durant la journée, nous visiterons trois à quatre petites églises de bois, aux styles et aux couleurs toujours différents en nous arrêtant pour manger dans un brasserie typique de l’île dont je vous laisse deviner les plats…: fruits de mer à toutes les sauces youhou! Pour achever de me dégoûter pour un petit temps de ces inestimables produits, nous commandons une « pailla marina » soupe très salée qui déborde d’araignée de mer, de moules, de coquillages etc etc etc… Ce fut très bon sur le moment même, mais nous avons frisé l’overdose quand même…

La journée s’est donc déroulée très agréablement en bonne compagnie: un couple chilien, deux Françaises et notre chauffeur. Nous projettons de nous rendre à Chonchi, un autre petit village de l’île avec Pascale (une des deux Françaises, une dame extraordinaire de 60 ans) le lendemain: une église de plus à notre actif et des balades sympathiques le long du port, un dimanche semi ensoleillé.
Ensuite, nous remonterons jusqu’à Ancud, le village le plus proche de Puerto Montt, où il est possible d’aller observer d’autres manchots sur de petites îles alentour,avec interdiction d’y accoster. Ancud est plus jolie que Castro, selon nous, il est plus agréable de s’y balader, surtout le long de l’eau. Nous prenons une chambre dans une petite hospedaje pour une semaine, temps qui nous reste avant d’accueillir Thomas. Une semaine, c’est un peu long mais la famille qui nous héberge est tout aussi adorable que notre vieux monsieur de Castro et nous allons vraiment nous sentir comme chez nous parmi eux. Nous partageons nos journées entre repos, films, détente et balade sous la pluie ou le soleil, selon les moments! La veille de Noël, nous irons rendre visite aux manchots, accompagné d’un chauffeur-guide qui nous montrera quelques points de vue marquants de Chiloé. Nous ne savions pas qu’ici a eu lieu le tremblement de terre le plus intense de toute l’histoire de l’humanité: en 1960, d’une magnitude de 9.5 (!!) sur l’échelle de Richter et il a duré 10 minutes!! Notre chauffeur nous explique que cette catastrophe a complètement remodelé l’île, des pans entiers se sont effondrés, les arbres n’ont jamais repoussés laissant place aux marécages. C’est avec un autre oeil que nous observons la végétation si jolie de l’endroit. Plus loin, nous embarquerons avec 5 autres personnes dans un petit bateau pour nous approcher des rochers réservés aux manchots de Magellan et de Humbolt (espèce beaucoup plus rare en ces lieux). De nouveau, nous nous émerveillons de ces tout petits êtres qui s’ébattent tranquillement dans leur domaine, intouchable par l’homme. Ils s’ébrouent, plongent, se sèchent au soleil et nous regardent passer d’un oeil blasé. Nous apercevrons également des pléiades d’oiseaux de toutes couleurs (l’île en regorge) et des loutres qui jouent à cache cache avec les vagues. Des moments rigolos, chouettes et qui nous font rendre compte de la diversité de notre petit monde.

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Puis arrive le soir du 24, que nous pensions passer dans notre chambre, tranquillement afin de laisser nos hôtes fêter Noël en famille. Que nenni! Nous sommes royalement conviés au repas! Même si je ne comprend absolument rien (le chilien chilote est bourré d’accents et ils parlent à une vitesse phénoménale) la soirée est superbe: Bruno tourne d’un air viril l’agneau qui cuit à la broche, sous le regard aprobateur du père. Nous partageons des moments précieux avec cette famille, composée des parents et de trois enfants, tous adultes, plus un ami de la famille (ainsi que Salita, la petite chienne). Nous rions, buvons, mangeons. Il y a également à table deux autres voyageuses, une Belge qui vit à Santiago depuis 8 ans et une Russe (qui ne parlera pas de tout le repas, mystère insondable). Ce sont des instants du voyage où on se dit que là, on peut laisser une trace quelque part et repartir en emportant avec émotion toutes ces rencontres dans son coeur et sa tête.
Car le 28 en effet, nous remontons jusqu’à Puerto Montt, bien reposés de ces 10 jours sur l’île. Nous avons marché un peu, observé beaucoup, visité les petits musées et partagé simplement la vie des gens d’ici. Une belle page se tourne.

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Isla Chiloe

Et le 29, voilà Thomas qui nous rejoint, nous sommes heureux de nous retrouver, comme toujours et tout excités de passer un mois ensemble dans ce pays! Nous passerons une bonne soirée Pisco (alcool d’ici) dans un bar de Puerto Montt, à nous raconter nos derniers mois et à trinquer au voyage… Autant vous dire que le réveil le lendemain, fut épique! Il faut bien avouer que dans ces pays, la fête est souvent au rendez-vous, surtout en cette période estivale de fin d’année… Nous embarquons néanmoins dans un petit bus en direction de Puerto Varas (une vingtaine de km de là), petite ville touristique et charmante, où nous comptons passer Nouvel An. En effet, Puerto Montt ne recèle rien de particulier, c’est une ville portuaire, et par là plutôt glauque en certains coins. Puerto Varas en revanche, lorsqu’il ne pleut pas, offre un superbe panorama sur les volcans Osorno et Calbuco et le lac Llanquihue, qui s’étend à leurs pieds. Nous prévoyons d’y rester deux nuits. Quand on arrive, il drache (c’est très courant dans la région des Lacs, on se croirait vraiment par chez nous) et en plus, l’auberge où nous avons réservé n’a pas enregistré notre demande: résultat, nous passerons une nuit là et la nuit suivante dans une autre auberge du centre. Mais ce n’est pas grave car l’ambiance est vraiment sympa, les deux auberges sont tenus par des Français travaillant avec des Chiliens et ils sont tous débordant d’énergie positive. On sent qu’on va passer un bon Nouvel An et on ne se trompe pas: nous formons un petit groupe franco-chilien le soir du Nouvel An et tout le monde s’est mis à l’oeuvre pour la soirée: nous avons tous concocté un plat et ramené à boire en suffisance! L’avant minuit se passe à l’auberge, à papoter, manger, boire comme partout dans le monde, qui le fête au rythme des fuseaux horaires. A minuit, nous sommes à trois (nous avons égaré les autres en l’espace de quelques secondes) et le feu d’artifice de Puerto Varas se déclenche: il est magnifique et dure une petite demi-heure… le long de l’eau, la tête entre les étoiles et les feux, que demander de plus pour bien commencer l’année? Une bouteille de champagne? Mais bien sûr et nous irons la vider avec allégresse le long du lac avant de rejoindre les autres dans un petit café bien sympa, pour le reste de la nuit… je déclare forfait avant les autres et je regagne mon lit pendant que Bruno met le feu à la piste en se déhanchant comme un beau diable (si si!)
Le lendemain, ce n’est pas fini, car Nico, le propriétaire de l’auberge absolument adorable et doté d’un coeur en or, nous emmène boire des chopes dans le seul bar ouvert de la ville, juste à côté de l’auberge… Thom ira se balader avec une partie du groupe jusqu’à Frutillar (petit village à côté de Puerto Varas) pendant que Bruno et moi et bien… nous buvons et nous papotons avec Nico, principalement. Il nous explique la vie ici, qui n’est pas si facile, la privatisation des terres à 90% environ, les décalages énormes de revenus entre une frange élite de la population et l’autre partie. Il y a beaucoup de choses à changer, comme partout. Un premier de l’An arrosé de houblon et de révélations. De plus, nous attendons… la voiture!! Nous avons en effet décidé d’en louer une pour deux petites semaines, c’est plus rentable à trois et Bruno et Thom pourrons se relayer au volant. Mais premier de l’An oblige, le jeune homme qui doit nous l’amener est de 1 en retard et de 2 n’a pas encore la voiture parce que les précédents touristes ne l’ont toujours pas rendue. Evidemment, un jour de l’An, le monde fonctionne à l’envers voire pas du tout. Nous en sommes donc réduits à boire des bières jusque 18h, heure d’arrivée de notre petite Hyundai blanche. Thom qui lui est resté raisonnable, prend le volant et nous voilà partis direction Petrohue, tout petit village perdu, qui longe le plus grand lac de la région, le lago Todos los Santos, surplombé par le volcan Osorno. C’est également l’entrée du parc Vicente Perez Rosales, le plus vieux du Chili (il date de 1926). Nous camperons durant les trois nuits de notre séjour là bas. Les Chiliens sont en vacances pendant deux mois, et il y a du monde. Néanmoins, nous fonctionnons en bonne harmonie avec nos voisins (généralement). Nous profiterons de nos journées pour prendre le bateau qui traverse le lac et vous offre ainsi deux heures de paysages sublimes: trois volcans, des milliers d’arbres et des petites îles, jusqu’à atteindre Peulla, qui borde la frontière argentine et Barriloché. Peulla, on s’y baladera quelques heures mais c’est surtout un endroit de transit pour les voyageurs, qui comprend quelques lodges très chics, un restaurant et qui propose une pléiade d’activités pour touristes accompagnés: canopée (comprenez glissade entre les arbres environnants sur un fil métallique, trek avec guide (ahem) ou encore balade à cheval, voire même petit tour en hélico au dessus du lac (AHEM). Tout ça très certainement au prix coûtant. Bref, nous n’y resterons que quelques heures, à déambuler et à suivre un sentier qui grimpe sec au milieu des arbres. Ce qui compte dans cette journée, c’est la traversée en bateau qui vous donne un panorama absolument splendide sur la nature environnante.

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Le lendemain, nous partirons pour une bonne journée de randonnée dans le parc, nous commençons par monter jusqu’à atteindre la plaine désertique qui borde le volcan Osorno, surplombé de son glacier, un dôme blanc parfait qui lui donne l’air d’une boule de glace attendant d’être mangée. Ensuite, nous redescendrons vers les arbres et la bordure du lac, avec un chien noir et blanc qui nous tient compagnie toute la journée (bien que les chiens soient interdits dans le parc, on peut lui pardonner de n’avoir pas su lire le pannneau à l’entrée…)
Le soir, c’est toujours très tranquille, la lune se lève, presqu’entière et resplendissante sur le lac bleuté et illumine le volcan alentour de ses lueurs. Nous papotons autour du feu en discutant de tout et de rien, comme à notre habitude…

Petrohue

Ensuite, nous repartons direction Pucon, petite ville très touristique mais qui offre la perspective d’un beau trek de 4 jours dans le parc Huerquehue, peuplé d’arbres qui vivent là depuis l’ère Jurassique… Notre journée de voiture, sous une chaleur quand même accablante, est pourtant très chouette car nous la partageons entre autoroutes et petits sentiers de la région, lesquels offrent de superbes panoramas et un calme absolu, car ils ne sont pas très fréquentés. C’est donc le 4 janvier que nous débarquons à Pucon, où nous dénicherons une petite auberge fort sympathique (le prix pourtant l’est moins, la haute saison chilienne oblige… 11000 pesos pour un dortoir/personne). L’endroit est petit et touristique: il y a ici plus de restaurants, de cafés et de magasins que dans toute la Patagonie. La principale attraction est l’ascension du volcan Villarica (2847m) et ce sont des centaines de personnes qui s’y hissent, avec guides bien entendu, chaque matinée. Même si le panorama et la vue du cratère parfois encore fumant doit être extraordinaire, on préfère laisser ça aux autres, trop de monde et pas énormément de sécurité. On passera une journée à déambuler tranquille, le lac qui borde la ville est empli de bateaux, Bruno ira contempler d’un oeil intéressé les voiliers qui s’engagent au gré du vent… Nous découvrons également qu’ici, il y a des restaurants qui fonctionnent uniquement aux produits locaux et de saisons, et ça fait du bien après toute la nourriture grasse et bourrée d’OGM que nous avons déjà du manger… le restaurant « L’école » est un excellent exemple de cuisine végétarienne et locale. On vous le recommande si jamais vous passez par ici un jour!

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Le 6 janvier, c’est chargé de nos sacs à dos que nous entrons le parc Huerquehue pour une marche en forêt de quatre jours, qui nous conduira jusqu’aux eaux thermales qui borde le rio Blanco. Il fait chaud et nous sommes bien contents d’avoir le couvert des arbres pour nous protéger. C’est un trek qui nous change de nos paysages sauvages et désolés de Patagonie: ici, douceur des lagunes, des arbres, des lézards qui passent entre les plantes en silence, des oiseaux qui chantent… et malheureusement, des mouches qui bourdonnent à nos oreilles de temps à autre! Ici, elles sont grosses et vous piquent la peau si par malheur vous les laissez se poser (petit détail cocasse: elles sont attirées par les vêtements de couleur sombre, white power pour les vêtements donc!) Pas de magasins sur le chemin, il faut donc porter sa nourriture. C’est une balade qui se fait en boucle, avec possibilité de varier l’itinéraire au retour. Le niveau n’est pas très compliqué même si la première journée commence par une solide petite grimpée de 3 heures. Le camping rustique qui nous accueille la première et troisième nuit est niché au creux d’une vallée et offre un beau ciel ouvert sur les étoiles et les montagnes remplie d’un couvert végétal (12000 pesos pour le camping pour trois et vous pouvez y dormir autant de nuits que vous le souhaitez). Le deuxième jour, nous irons jusqu’aux thermes, véritable récompense après 5h de marche sous un soleil brûlant. Nous y dormirons et c’est un plaisir de se plonger dans une eau naturellement tiède pendant une bonne heure… (le prix ici est assez élevé: 7000 pesos par personne pour le camping et les thermes, haute saison oblige toujours…)
Puis nous reviendrons par un autre chemin, respirant en majeure partie sous les arbres et l’ombre délicieuse qu’ils nous offrent… Une vraie balade forestière, sans trop de difficultés et qu’on vous recommande, surtout dans sa deuxième partie, qui n’attire pas grand monde. La majorité des gens viennent juste pour une journée, se dorer la pilule au bord de la laguna verde (après les 3h de montée) et repartent le soir même. Alors, quand vous dépassez cette étape, vous êtes seuls avec la nature et cela fait le plus grand bien! Pour la précision, les arbres Araucaria qui peuplent le parc existaient déjà il y a 225.000.000 d’années… imaginez que leurs ancêtres ont vu passer des dinosaures et vous vous sentirez un peu hors du temps, en les frôlant… Il y a également beaucoup de bambous, des cascades à admirer et bien entendu les oiseaux à écouter…

Parc Huerquehue

Pour l’heure, nous sommes de nouveau à Pucon et nous repartons demain direction Valparaiso, dont pratiquement tout le monde nous dit qu’il s’agit d’une ville superbe, dédiée au street art… Nous mettrons probablement deux jours pour y arriver, et ensuite, nous continuerons notre progression vers le nord et d’autres contrées…

En hommage aux morts de l’attentat de ce 7 janvier 2015, au siège de Charlie Hebdo et dans les rues de Paris, j’ajoute simplement que nous vous souhaitons une année 2015 bourrée d’humour, de projets sans peur et sans reproche, de rêves fous et à partager, de tolérance et de gaieté. Nous, c’est ce que nous essayons de vivre un peu tous les jours, avec toujours l’envie d’apprendre et d’avancer.

Hasta luego, ciao ciao!

 

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Fin de Patagonia, entre fauna y flora…

 

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Nous voici donc en route vers Puerto Madryn en ce 8 décembre… Ce fut long: trois jours de bus avec deux étapes. Le premier jour, nous roulons environ 12h jusque Perito Moreno, petit village argentin, dont l’attraction touristique principale est les grottes aux dessins rupestres, à quelques kilomètres du lieu-dit. On fera l’impasse, c’est cher (ah bon?) Nous passons la nuit dans une auberge avant de reprendre un bus, le lendemain après-midi pour Comodoro Rivadavia, capitale du pétrole patagonien… Si notre première journée de bus suivait la carretera 40, aux décors splendides et préservés, nous voici cette fois embarqués dans le bus-pas-pour-les-touristes (personne ne fait l’itinéraire que nous avons choisi, hormis les business man de la city et les mineurs, les touristes préfèrent remonter à Barriloche et ses discothèques olé olé, raison d’ailleurs pourquoi nous avons fui de l’autre côté). Cette fois donc, nous traversons la province de Santa Cruz, province du pétrole (ce sont les panneaux qui le disent) et le décor change: si ce sont toujours des steppes à perte de vue, elles sont à présent parsemées de centaines de puits de pétrole. Nous traversons des villages qui ont plus que des accents carolos: c’est sale, pollué, les gens ici ont l’air d’avoir été oublié , ils sont la main d’oeuvre pétrolifère mais vivent dans des conditions de misère. Le film « The wall » de Pink Floyd me traverse l’esprit et j’en vois le dessin sur un mur quelques mètres plus loin. Cela met mal à l’aise, partout des slogans de révolutions, des gens au regard dur, des enfants qui jouent au milieu de plastiques tourbillonnant dans le vent. Des gens des mines, des gens des machines. En même temps, il est bon de se rendre compte de ce côté du pays également. Nous savons l’Argentine en crise économique majeure et comme partout, il semble que ce soit les petits revenus qui trinquent…

Comodoro Rivadavia est une grosse ville dans la province de Chubut (nous vivons proche de la nature depuis presqu’un mois alors, cela fait un choc), elle a le bon goût de se trouver au bord de mer, ce qui adoucit sa fonction: un centre névralgique de l’exraction du pétrole. Des milliers de gens travaillent ici dans ce but unique, ce qui en fait une ville essentiellement industrielle. Nous y passons une nuit avant d’enfin reprendre l’ultime bus jusque Puerto Madryn, où nous arriverons vers 18h, complètement crevés… trois jours de bus à cogiter, ça vous bouffe le cerveau et les jambes ont grand besoin de se dégourdir sur la terre ferme!

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Le lendemain, pas de repos au bord de l’eau, on saute dans un mini bus avec une dizaine d’autre touristes, direction: la péninsule Valdes! Un endroit préservé, où vous avez loisir d’observer une faune marine incroyable avec en vedette: les baleines!! Ces énormes animaux de 14 mètres de long en taille adulte, sont aussi d’une sociabilité incroyable. Nous prenons un petit bateau, pouvant contenir une trentaine de personnes et nous voici, tressautant au rythme des vagues- les montagnes russes de l’océan Atlantique- à la recherche de ces animaux. Il faut de la patience car nous sommes le 9 décembre et leur migration vers le sud s’effectue début décembre. En juillet et août, période de reproduction, vous pouvez par contre en apercevoir une cinquantaine, les femelles s’accouplant à de multiples partenaires dans le seul but d’être enceinte. En ce jour, seuls quelques couples maman-enfant, sont encore présents, afin que le petit s’habitue à nager et évoluer dans le monde marin avant la grande migration. Nous naviguons plusieurs minutes et puis ça y est, elles se dévoilent: d’abord une nageoire dorsale, caudale et puis, la tête qui émerge à intervalles réguliers, suivant le mouvement de plongée… c’est absolument magique et indescriptible. Le capitaine en second demande à une poignée d’entre nous de s’avancer au maximum sur le pont avant. Nous fonçons, je suis en première place et je ne décroche pas mon regard des ces incroyables cétacés qui, pour le plaisir de nos yeux, effectuent un ballet familial en toute sérénité. Nous verrons trois ou quatre couples, dont deux baleinaux seuls. Loin d’être farouches, les baleines se rapprochent, passent sous le bateau, ressurgissent de l’autre côté. Elles respirent en libérant leur air sous forme de goutelettes d’eau dans un « pschhhhhhhhhht » impossible à imiter (j’ai essayé). Elles sont immenses. Les petits doivent mesurer 5 à 6 mètres et longent le flanc de leur mère, effectuant les mêmes gestes presqu’au même moment. Nous ne les avons pas vu sauter mais c’était tout aussi beau. Merci à elles de s’être dévoilées ainsi. La dernière que j’ai aperçue a fait un ballet complet de nageoires, en terminant par la caudale, qui s’élève dans les airs avant de regagner l’océan. J’ai pris cela pour un adieu.
Nous avons poursuivi notre découverte de la péninsule en allant observer, de loin, les lions et éléphants de mer qui se sont échoués, peinards, le long de l’Atlantique pour muer, et se sécher. Ils ne bougent pas d’un iota, conservant ainsi leur précieuse énergie leur permettant d’aller chasser. Des différences notables sont à discerner entre ces deux espèces. Pour ceux que cela intéresse, en voici les principales:
Elephants de mer: famille des phoques. Le mâle pèse 4t pour 6mètres, la femelle 700kg pour 3 mètres. La femelle possède un utérus en deux parties (!!): dans l’une, le foetus se développe, dans l’autre l’ovule fécondé est en attente. Elle est donc la seule femelle au monde a être toujours enceinte!! (Absolument horrible selon mon point de vue, qu’a donc fait cette pauvre bête pour être punie de la sorte?) Les mâles possèdent une trompe nasale qui gonfle en période de reproduction; ils restent entre eux excepté durant ce laps de temps. Leur appareil génital est interne. La période de « drague » commence en août et avant cela, les mâles sont restés en mer, à s’empiffrer. En août, chaque mâle possède son harem pouvant aller jusqu’à 40 femelles! Une fois satisfaits, ils s’échouent sur le sable et ne bougent plus durant trois mois, perdant ainsi jusqu’à 12 kg par jour (vous voyez mesdames, la recette miracle pour maigrir?). De plus, une période de mue pour une nouvelle peau est essentielle afin qu’ils tiennent les grands courants froids. Ils peuvent plonger jusqu’à 1500m et rester sous l’eau durant 1h30. La période de gestation de la femelle est de 350 jours, pour un petit.

Lions de mer: famille des otaries. Les mâles possèdent une corolle autour de leur tête à l’âge adulte, une espèce de fourrure jaune. Ils pèsent 350kg pour 2,50m et leur appareil génital est externe. La femelle, elle, pèse 70kg pour 1,50m. La période de reproduction commence en août et le mâle possède, lui aussi, son petit harem. Les petits naissent entre janvier et février après une gestation de 11 mois. Le lion de mer effectue plusieurs allers retours dans l’océan pour se nourrir et vivent plutôt sur les côtes de juin à mars.

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Et enfin, nous rendrons visite aux manchots de Magellan, un tout petit oiseau de mer qui n’a strictement rien à voir avec les pingouins du Nord. Il mesure 55 cm pour 4 à 5 kg et vit très bien dans le désert et sous la chaleur de la péninsule. Nous les avons observés, se séchant au soleil et bougeant à peine. Leurs petites ailes sont écartés, leur plumage est noir et blanc, ils incarnent la gentleman attitude de l’île car en plus, ils sont monogames et très fidèles… La période des amours s’étend de septembre à début octobre et auparavant, les mâles creusent le terrier où a femelle pondra ses oeufs, qu’ils vont couvrir à tour de rôle durant 30 à 40 jours.Messieurs les machos, ces animaux ne sont pas faits pour vous, vous l’aurez compris! Quant aux petits, ils restent auprès de leurs parents durant 11 semaines. En février, la période de mue est terminée et tous se retirent vers la mer, pour le périple migratoire qui les amène vers le nord. Notre guide prétent qu’ils se rendent au carnaval de Rio mais nous avons émis quelques doutes (peut être sommes nous trop cartésiens?) L’année d’après, près de 40% des mâles reviendront au même endroit pour récupérer leur nid.
Une très belle journée passée en compagnie des animaux. Sur la route,nous avons également croisé des guanacos (cousins des lamas), des nandous (petites autruches) et des tatous (absolument indescriptible, vous comprendrez car je l’ai pris en photo. Au mieux c’est un hérisson mutant) Nous rentrerons dans la joie et la bonne humeur à notre petite auberge.
Le lendemain, nous allons flâner au bord de l’Atlantique, il fait beau et chaud et cela fait du bien de ne rien faire. Juste de profiter de la petite ville et du temps qui passe.

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Peninsula Valdes

Puerto Madryn

Le 11 décembre, nous partons vers Esquel, notre dernière étape d’Argentine, petit village qui borde la frontière chilienne..
Esquel, après une nuit de bus étoilée, nous apparaît dans le soleil et la rosée du matin. Nous sommes fatigués et nous avons établi domicile dans un camping absolument parfait! Sous des arbres fruitiers, en haut du village, il n’y a personne ou presque et nous allons en profiter! Esquel est niché entre les collines et plus loin, les montagnes des Andes, les lointains pélerins ont investi l’endroit pour se protéger du vent (et on les comprend!!)

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Nous effectuerons deux petites randonnées, l’une jusqu’en haut du « cerro de la cruz » colline qui culmine le village. Il fait chaud, mais c’est toujours aussi beau, on ne s’en lasse pas. La Patagonie, c’est comme la mer, ce n’est pas vous qui la prenez, c’est elle qui vous attrape. Le lendemain, c’est dimanche et nous irons nous balader du côté de la laguna de la zeta, très prisée par les gens du coin. Nous nous ferons pourchasser par des taons pendant la première moitié du chemin, des sales bêtes on ne leur avait pourtant rien demandé! Puis, la chaleur aidant, nous irons nous réfugier sous des abres, le reste du temps… Deux belles journées qui ne coûtent rien, si ce n’est l’énergie des jambes pour se balader. Il existe un parc pas loin d’Esquel « el parque de los alerces » mais nous décidons de trekker plutôt du côté chilien, au parc Pumalin, juste à une petite journée de bus de là.

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Cerro de la cruz

Laguna la Zata
C’est donc le 15 décembre que nous nous mettons en route pour le Chili. En deux heures, on y est, formalité accomplie (toujours pas de fruits, pas de viande, pas de fromage au passage de frontière). La route est superbe, nous traversons des paysages toujours aussi sauvage et éclatant de couleur (on va avoir du mal à se déshabituer de tant de beauté). D’abord, arrêt à Futaleufu, petite bourgade pour les amateurs de rafting. Que nous ne sommes pas, nous allons donc poursuivre directement vers Chaiten (3 heures de route supplémentaire) et ses promesses de parc et de volcan. Pour la petite histoire, le volcan est entré en éruption en 2008, après des milliers d’années d’hibernation. Tous les habitants dans un rayon de 50 km ont été évacué et l’aéroport de Buenos Aires a même été fermé. Chaiten donc, a été un village fantôme jusqu’au moment où une centaine d’habitants ont décidé de réinvestir « leur » lieu. Ils sont environ 900 aujourd’hui contre 4000 avant l’éruption. En arrivant là bas, c’est très étrange. Personne dans les rues, personne à l’arrivée, personne. A se demander si il n’y a pas eu une éruption subite la nuit d’avant ou si on a pas fait un petit voyage dans le temps… Mais non, c’est juste qu’on est en plein milieu d’après midi et l’après midi en Amérique du Sud, on dort. Nous dégotterons une petite hospedaje où nous serons les seuls clients et nous trouvons ça un peu bizarre, avec toutes les excursions possibles à faire dans le coin. Mais aha, la réponse n’est pas loin. En effet, la seule agence du village qui peut nous conduire au parc nous fournit le pourquoi du comment: les sentiers sont fermés! Et bien oui, ce n’est pas la haute saison (elle commence en janvier) donc ils en profitent pour tout nettoyer, balayer, épousseter, bref c’est le grand ménage de la nature et tant pis pour les amoureux de la marche qui veulent trekker hors période. On est un peu (beaucoup) dégoûté. Si on avait su, on aurait été marcher en Argentine, là au moins c’est ouvert toute l’année. Bref, on boude. La seule option c’est une journée en voiture avec un guide dans le parc et encore, le guide nous précise que comme les sentiers principaux sont fermés, il faudra improviser. Nous, on comprend que ça veut dire glander en bord de route pour regarder de loin les montagnes en écoutant une leçon de botanique. C’est sans doute intéressant mais-pardon monsieur le guide-on s’en fout, nous on veut marcher. Bref, nous ne traînerons pas à Chaiten, tout au plus nous baladerons nous en bord de mer en traînaillant dans le village. Je me dois de préciser qu’il est étrange de marcher devant des maisons vides et encore recouvertes de traces de cendre. C’est une ambiance étrange mais les gens d’ici sont profondément attachés à leur terre, ce qui est compréhensible: devant la mer, derrière, la végétation et encore plus loin, les montagnes et le volcan maintenant éteint. D’où notre immense frustration d’être soumis à des règles de nettoyage.
Avec plusieurs jours d’avance sur le planning, nous nous rendons donc sur l’île de Chiloé, porte d’une culture chilienne à part. C’est aussi la fin de la Patagonie et le début de la région des Lacs. La route jusque là est parsemé de bateaux à prendre et, quitte à n’avoir pas pu marcher dans le parc Pumalin, nous en sillonnerons les bords en bateau. Evidemment c’est magnifique (on redouble de frustration) et nous profiterons du soleil pour admirer le panorama du pont supérieur. Même des dauphins se sont profilés à l’horizon!
Nous sommes toujours actuellement à Chiloé, en attendant Thomas qui nous rejoint pour un petit mois, le 29 décembre. Chiloé, c’est l’île aux églises en bois (16 sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO), de toutes couleurs et de toute beauté. Il n’y en a nul part ailleurs dans toute l’Amérique du sud, influence des jésuites au 18ème siècle et puis de la préservation du catholicisme sur ce continent. Nous nous sommes arrêtés à Castro, sa capitale pendant quatre jours, et nous avons visité les alentours durant une journée, accompagné d’un guide et d’un petit groupe bien sympathique. Beaucoup de pluie, beaucoup d’églises, de ports, d’eau, de chiens et de rencontres sympas: voilà en gros le résumé de ces journées! Sans oublier l’hospitalité généreuse des chilotes: nous avons été hébergé chez un monsieur qui partage sa maison avec les voyageurs. Un amour de grand-père, qui parle espagnol à la vitesse d’un spoutnik russe. On avait l’impression d’être chez nos grands-parents tant il a pris soin de nous.
Mais je vous en raconterai plus lors de la prochaine édition, car nous y sommes toujours, pour la Noël qui approche à grand pas. Effervescence dans les magasins, emballage cadeaux et décorations de Père Noël sont notre aperçu du genre humain du moment… Et on vous souhaite (quand même hein) de très belles fêtes de l’autre côté du monde!

Hasta luego chicos! Feliz Navidad y buen ano 2015 de BruElo 😉

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Catégories : Patagonie | 7 Commentaires

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